Saint Barlaam et saint Josaphat, ermites

Les Petits Bollandistes racontent la conversion du prince Josaphat, instruit par l’ermite Barlaam, puis sa vie de solitude au désert de Sennaar. La notice donne le récit du Père Giry et indique une époque incertaine.

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SAINT BARLAAM ET SAINT JOSAPHAT, ERMITES,

Vie 01 / 02

Barlaam et Josaphat, ermites

Fils d’un roi de l’Inde orientale, nommé Abenner, Josaphat était d’une beauté extraordinaire : parmi les astrologues consultés sur sa destinée, un d’eux ayant dit qu’il serait chrétien, son père, partisan acharné de l’idolâtrie, afin d’empêcher l’accomplissement de cette prédiction, le fit élever dans un château séparé, où on lui donna des officiers et des domestiques, sur la fidélité desquels il se reposait entièrement. Cette prudence humaine fut inutile ; Josaphat sortit de l’enfance, et commença à faire des réflexions judicieuses sur tout ce qu’il voyait. Il en faisait particulièrement sur l’état de contrainte dans lequel on le tenait, et, voulant en savoir le sujet, il s’adressa à l’un de ses précepteurs qu’il aimait plus que les autres et lui demanda pourquoi le roi, son père, le laissait ainsi prisonnier. Celui-ci lui avoua tout. Ses paroles touchèrent le cœur de Josaphat, et le Saint-Esprit, les accompagnant de sa grâce, lui inspira le désir de connaître la vérité.

Dieu révéla quelle était la disposition de son cœur à un saint ermite appelé Barlaam, afin qu’il allât l’instruire. Le solitaire obéit à cet ordre du ciel, et, quittant le désert de Sennaar , où il demeurait, il monta sur un vaisseau et se rendit en habit de marchand au château de Josaphat. Là, il fit connaissance avec le précepteur dont nous avons parlé, et lui dit qu’il avait une importante communication à faire au jeune prince. Celui-ci désira voir le solitaire. Barlaam lui fit une belle et touchante explication de tous les mystères de la religion chrétienne, des maximes de l’Évangile, de la nécessité des sacrements, de l’inconstance de toutes les choses de la terre, de la récompense des justes dans le ciel, des épouvantables châtiments des pécheurs dans les enfers, et enfin de toutes les vérités du salut. À mesure qu’il parlait, Notre-Seigneur versait sa grâce dans le cœur du jeune prince ; de sorte qu’après plusieurs conférences, il reçut le saint baptême sans craindre l’indignation du roi, son père. Le saint solitaire l’exhorta ensuite à la pratique des bonnes œuvres, au mépris de la vanité, à la persévérance dans l’état qu’il venait d’embrasser et à l’étude de la perfection chrétienne.

Le père de Josaphat conçut le plus violent désespoir lorsqu’il apprit la conversion de son fils au christianisme ; il employa néanmoins tous les moyens pour le ramener à la religion de ses pères. Mais tous ses efforts furent inutiles ; le jeune néophyte quitta le monde et s’en alla dans le désert à la recherche de son cher Barlaam. Il souffrit des fatigues incroyables ; car, comme il n’avait emporté aucune provision, il ne vivait que d’herbes sauvages, manquait souvent d’eau, et se trouvait, presque à tous moments, réduit à un état digne de compassion. Mais l’amour divin lui faisait surmonter avec joie toutes ces difficultés. Après avoir cherché deux ans entiers ce qu’il désirait, il trouva enfin Barlaam dans le désert de Sennaar. Il le pria de le recevoir comme son disciple et lui promit une parfaite obéissance. Sa vie fut dès lors tout angélique, et il entreprit les exercices de la solitude avec tant de zèle, que son maître, qui y était accoutumé, admirait de se voir surpasser par un jeune prince élevé dans toutes sortes de délicatesses.

Comme ils jouissaient ainsi l’un et l’autre des douceurs des solitaires, il plut à la bonté divine d’appeler Barlaam de ce monde pour le récompenser de ses travaux. Il eut révélation du temps de son décès, et il en donna avis à son cher disciple, afin de le disposer à cette séparation. Il employa le peu de vie qui lui restait à l’encourager à la persévérance au service de Jésus-Christ. Voyant son heure proche, il célébra les divins mystères, auxquels il le fit participer, et, après lui avoir fait un adieu avec des paroles pleines de tendresse, il mourut dans la joie du Seigneur en faisant le signe de la croix au milieu de la ferveur de sa prière. Dès qu’il eut les yeux fermés, Josaphat embrassa son corps, l’arrosa de ses larmes, et, l’ayant enseveli dans le cilice qu’il avait reçu de lui au temps de sa conversion, il passa un jour et une nuit à chanter des psaumes et l’enterra, avec beaucoup de respect, dans une fosse auprès de sa caverne. À la fin de cette sainte cérémonie il se laissa aller au sommeil, durant lequel il eut une vision, où le bienheureux défunt lui apparut pour lui faire connaître la gloire dont il jouissait dans le ciel, et l’assurer qu’il en recevrait une pareille s’il persévérait jusqu’à la mort dans sa bonne résolution. Cette espérance le combla de joie et lui inspira de nouvelles forces pour pratiquer avec une fidélité inviolable tous les exercices dignes de sa vocation. Il le fit jusqu’à l’âge de soixante ans, dont il en passa trente-cinq dans les déserts. Un ermite, qui lui avait enseigné la grotte de Barlaam, eut révélation de sa mort et prit soin d’enterrer son corps avec celui de son maître.

Ce récit est du Père Giry.

Source 02 / 02

Source et note éditoriale

Cette notice reproduit le texte historique des Petits Bollandistes, relu sur les pages numérisées. Les traditions et appréciations de l’auteur appartiennent à l’époque de l’ouvrage.

Paul Guérin, Les Petits Bollandistes, tome 13, p. 646–647. Exemplaire numérisé par la Bibliothèque nationale de France : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30743s

Note éditoriale : La source indique expressément « époque incertaine » et attribue ce récit au Père Giry. Il s’agit du récit hagiographique de Barlaam et Josaphat, distinct de la vie de l’archevêque Josaphat Kuncewicz.

Source officielle Les Petits Bollandistes, par Mgr Paul GUÉRIN, camérier de Sa Sainteté Pie IX.

Réseau du récit

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Questions fréquentes sur Saint Barlaam et saint Josaphat, ermites

Qui était Saint Barlaam et saint Josaphat, ermites ?

Les Petits Bollandistes racontent la conversion du prince Josaphat, instruit par l’ermite Barlaam, puis sa vie de solitude au désert de Sennaar. La notice donne le récit du Père Giry et indique une époque incertaine.