Le Bienheureux Boniface de Savoie
Prince de la maison de Savoie et moine chartreux, Boniface devint archevêque de Cantorbéry au XIIIe siècle. Il se distingua par sa réforme des mœurs en Angleterre, sa prudence politique comme régent et sa grande charité. Il mourut en Savoie en 1270 après vingt-cinq ans d'épiscopat laborieux.
Ses contemporains
Figures et repères situés autour de l’époque normalisée de cette fiche.
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LE BIENHEUREUX BONIFACE DE SAVOIE,
Origines et jeunesse
Fils du comte Thomas Ier de Savoie, Boniface est décrit comme un prince accompli et d'une grande beauté, doté de plusieurs fiefs en Bugey et en Savoie.
Ce prélat, l'un des principaux ornements de la royale maison de Savoie, était fils du comte Thomas Ier ; c'était le prince le plus accompli de son temps. Sa beauté l'avait fait surnommer
l'Abaillon de Savoie. Il eut pour apanage les terres de Rossillon, de Virieu-le-Grand, en Bugey, et autres fiefs en Savoie.
Engagement religieux
Il rejoint l'Ordre des Chartreux à la Grande-Chartreuse pour se consacrer à la prière et à l'étude du droit canon et de la théologie.
Pour se soustraire aux séductions du monde, il entra dans l' Ordre de Saint-Bruno , et fit profession à la Grande-Chartreuse . Son temps, dans cette pieuse solitude, était entièrement partagé entre la prière, l'étude de la théologie et celle du droit canon, où il se rendit très-habile.
Ascension ecclésiastique
Après avoir administré les diocèses de Belley et de Valence, il est nommé archevêque de Cantorbéry en Angleterre, succédant à saint Edmond.
Son unique ambition était de vivre ignoré et de faire oublier ses talents. Mais le ciel avait d'autres vues sur lui. On fit violence à sa modestie en le nommant au prieuré de Nantua, et en lui confiant successivement l'administration des diocèses de Belley et de Valence. Quoique fort jeune encore, il montra tant de maturité, de prudence et de capacité pour les affaires, que l'église de Cantorbéry étant devenue vacante par la mort de saint Edmond , son archevêque, Boniface fut jugé digne de monter sur ce siège, le plus éminent de l'Angleterre.
Il fut consacré solennellement à Lyon par le pape Innocent IV , qui se trouvait dans cette ville pour tenir un concile général.
Réforme et diplomatie
En Angleterre, il lutte contre les abus sociaux et religieux. Il exerce également des fonctions politiques majeures, assurant la régence du royaume pour Henri III.
Les guerres et les calamités de ces temps malheureux avaient porté le dérèglement à son comble dans toutes les classes de la société, et ce n'était certainement pas chose facile, surtout pour un prélat étranger, d'attaquer des abus accrédités par l'usage et par les exemples les plus imposants. Mais l'ascendant des vertus de Boniface, sa patience, sa fermeté, sa prudence triomphèrent de toutes les oppositions et de tous les préjugés. Peu à peu les désordres furent réprimés, les abus corrigés, les vices flétris, et la piété remise en honneur.
Pasteur vigilant, apôtre zélé, sage dispensateur des mystères célestes, Boniface fut toujours l'homme de Dieu dévoué à toutes sortes de bonnes œuvres. Sa charité embrassait sans distinction toutes les infortunes et tous les besoins. Fidèle à son Dieu et à son roi, il défendit tour à tour, et, avec un égal courage, les intérêts de l'Église et ceux du Souverain, prouvant par ses exemples que les ministres de Jésus-Christ ont pour principe, comme leur divin chef, de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César.
De graves dissensions ayant éclaté dans les États de Savoie, durant la minorité du successeur d'Amédée IV, le saint Archevêque accourut, et rétablit la bonne harmonie par son intervention. Le souverain Pontife, à qui il alla rendre compte de tout ce qu'il avait fait dans son diocèse, approuva tout, et lui donna des marques signalées de son estime et de sa confiance. Le roi Henri III , obligé de s'éloigner de l'Angleterre, lui laissa la régence du royaume, et, dans une autre circonstance, il voulut qu'il l'accompagnât en France, pour l'aider de ses talents dans des négociations difficiles.
Fin de vie et sépulture
Il meurt en Savoie en 1270 après vingt-cinq ans d'épiscopat. Son corps est inhumé à l'abbaye de Haute-Combe où il est retrouvé intact trois siècles plus tard.
En 1269, il revint en Savoie, à la prière de son frère Philippe, pour voir sa famille. Ce fut là le terme de sa sainte carrière. Atteint d'une maladie grave, et usé par un épiscopat laborieux de vingt-cinq ans, il mourut à Sainte-Hélène-du-Lac, le 14 juillet 1270.
Son corps, inhumé dans l'abbaye de Haute-Combe , et déposé dans un très-beau tombeau, fut trouvé sans corruption près de trois siècles après sa mort. Ce fait extraordinaire, joint à plusieurs miracles obtenus par l'intercession du saint Prélat et au souvenir de ses vertus, le rendit l'objet de la vénération des fidèles. On venait de tout côté vénérer son tombeau, et il était journellement visité par un grand nombre de fidèles ; mais les Français s'étant emparés de la Savoie à la fin de 1792, poussés par l'impiété révolutionnaire, détruisirent ce monument et chassèrent les religieux de Haute-Combe de leur monastère. Le roi de Sardaigne, ayant, en 1814, recouvré la Savoie, rendit cette abbaye à son ancienne destination, et fit rétablir, en 1826, le tombeau du bienheureux Boniface dont le culte a été approuvé par Grégoire XVI , le 7 septembre 1838.
Culte et postérité
Malgré la destruction de son tombeau durant la Révolution française, son culte est officiellement approuvé par le pape Grégoire XVI en 1838.
Tiré de l'Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, par Guichenon, t. I, et le Propre du royaume de Sardaigne. Cf. Mgr Depéry, Hagiologie de Belley, et un mémorandum de Mgr Turtoaz (1839) : ce dernier document nous a été communiqué par l'évêché de Tarentaise.
Sources
La biographie s'appuie sur les travaux de Guichenon, de Mgr Depéry et des documents de l'évêché de Tarentaise.
Tiré de l'Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, par Guichenon, t. I, et le Propre du royaume de Sardaigne. Cf. Mgr Depéry, Hagiologie de Belley, et un mémorandum de Mgr Turtoaz (1839) : ce dernier document nous a été communiqué par l'évêché de Tarentaise.
Iconographie
Signes et attributs
Entités
Réseau du récit
Les noms, lieux et notions les plus présents dans la fiche, pondérés par leur centralité dans le texte.
Le surnaturel dans sa vie
Les miracles de Le Bienheureux Boniface de Savoie
Questions fréquentes sur Le Bienheureux Boniface de Savoie
Qui était Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Prince de la maison de Savoie et moine chartreux, Boniface devint archevêque de Cantorbéry au XIIIe siècle. Il se distingua par sa réforme des mœurs en Angleterre, sa prudence politique comme régent et sa grande charité. Il mourut en Savoie en 1270 après vingt-cinq ans d'épiscopat laborieux.
Quels sont les patronages de Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Domaines de patronage de Le Bienheureux Boniface de Savoie : Maison de Savoie.
Comment reconnaître Le Bienheureux Boniface de Savoie dans l’art chrétien ?
Dans l’iconographie, Le Bienheureux Boniface de Savoie est reconnaissable à : habits épiscopaux et insignes d'archevêque.
Quels miracles sont attribués à Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
2 miracles lui sont attribués, notamment : Incorruptibilité et Signe / prodige.
Quels saints étaient contemporains de Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Parmi ses contemporains figurent : Saint Antoine de Padoue (Ferdinand), Saint Arthaud de Belley, Saint Thomas d'Aquin et Saint Bernard de Clairvaux.
De quand date la mort de Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Le Bienheureux Boniface de Savoie meurt vers 1270.
Quels sont les autres noms de Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Autres formes du nom : L'Abaillon de Savoie.
Qui sont les proches de Le Bienheureux Boniface de Savoie ?
Proches de Le Bienheureux Boniface de Savoie : Thomas Ier (père), Amédée IV (frère) et Philippe (frère).
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Entrée à la Grande-Chartreuse
- Nomination au prieuré de Nantua
- Administration des diocèses de Belley et de Valence
- Consécration comme Archevêque de Cantorbéry à Lyon par Innocent IV
- Régence du royaume d'Angleterre pour Henri III
- Retour en Savoie en 1269
- Mort à Sainte-Hélène-du-Lac en 1270
- Inhumation à l'abbaye de Haute-Combe
- Confirmation du culte par Grégoire XVI en 1838
Citations
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Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César
Texte source (principe de vie)