Saint Philippe et Saint Jacques le Mineur

Apôtres

Fête : 1er mai 1ᵉʳ siècle • sainte

Résumé

Ce texte relate la découverte historique des corps des apôtres Philippe et Jacques le Mineur le 15 janvier 1873 sous le maître-autel de la basilique des douze Apôtres à Rome. Une expertise scientifique et archéologique a confirmé l'authenticité des restes, notamment par comparaison avec la tête de saint Jacques conservée à Ancône. Un décret du cardinal Puteisi a officiellement authentifié ces reliques pour la vénération des fidèles.

Biographie

SUPPLÉMENT

PREMIER JOUR DE MAI

### SAINT PHILIPPE ET SAINT JACQUES.

Quand nous écrivions, en 1872, les vies de saint Philippe et de saint Jacques le Mineur, apôtres, nous ne pouvions, pour traiter la question des reliques, que nous servir des documents fournis par les Bollandistes et tous les anciens hagiographes. Or, il s'est fait, le 15 janvier 1873, une découverte précieuse dont nous sommes heureux aujourd'hui de pouvoir entretenir nos lecteurs : nous voulons parler de l'invention des corps des deux Apôtres.

Extrayons quelques lignes du décret publié à cette occasion par Son Éminence le cardinal Puteisi, doyen du Sacré Collège, archiprêtre de l'église de Latran, vicaire général de notre Saint-Père le pape Pie IX :

« La basilique des douze Apôtres, fondée, croit-on, au milieu de Rome, dès le temps de Constantin le Grand ; ensuite reprise dès ses fondements et sur un plan plus vaste par le pape Pélage Ier, et achevée par le pape Jean III, qui la consacra le premier jour de mai de l'an du Seigneur 560 à Dieu et à l'honneur de ses douze Apôtres, mais principalement à Philippe et à Jacques le Mineur, se glorifiait de posséder, outre un très-grand nombre de reliques insignes de Saints, les corps sacrés des Apôtres susmentionnés, Philippe et Jacques le Mineur, ensevelis sous le maître-autel.

« Et en effet, bien qu'à cause d'incendies, de dommages et de son état menaçant ruine, cette basilique eût été restaurée et remise à neuf par plusieurs Souverains Pontifes, et qu'en dernier lieu, du temps de Clément XI et de Benoît XIII qui la consacra, les religieux mineurs conventuels de Saint-François, à la garde desquels elle avait été confiée par le pape Pie II, la rebâtissent de fond en comble avec un art, une grandeur et une majesté vraiment merveilleux, la tradition d'après laquelle les dépouilles sacrées des apôtres Philippe et Jacques le Mineur reposaient sous le maître-autel de ladite basilique, demeura toujours constante, confirmée qu'elle était par le consentement des écrivains, et par une antique inscription existant toujours dans le portique de la même basilique.

« Or, il est arrivé en ces jours, non sans un conseil de la divine Providence, que dans les restaurations qui sont faites à la basilique par les soins et la piété des mêmes religieux mineurs conventuels qui la décorent de nouvelles peintures et de dorures, aux parois aussi bien qu'à la voûte ; qui y font un pavé tout de marbre et y construisent un nouvel hypogée sacré afin d'y conserver avec plus de pompe les reliques des Saints ; ce sacré trésor des corps des saints apôtres Philippe et Jacques le Mineur ont été retrouvés.

« En effet, le 15 janvier de l'année courante, il nous fut donné de les découvrir sous le maître-autel qu'on voulait exhausser et rendre plus splendide, tout à fait au-dessous de la mense de l'autel, à l'intérieur du Loculus, revêtu en son entier de magnifiques plaques de marbre phrygien et de construction du VIe siècle, dans lequel, selon la tradition ancienne et reçue, étaient déposés les restes sacrés des deux Apôtres.

« Comme l'exigeait un si grand événement, une inspection longue et très-minutieuse fut ensuite faite par les experts dans l'art de la physique, et en même temps ils comparèrent les saintes reliques qu'on tenait pour celles de saint Jacques le Mineur avec la tête sacrée de ce même Apôtre, qu'on conserve et vénère dans l'église cathédrale d'Ancône ; de plus, ceux qui sont attachés à la commission d'archéologie sacrée en firent plusieurs fois en notre présence un sérieux et

SUPPLÉMENT. — 14 MAI.

mûr examen ; en présence des seigneurs cardinaux de la sainte Église romaine, Antoine-Marie Panebianco, prêtre du titre de la basilique, et Antonin Deluca, protecteur de l'Ordre des Mineurs Conventuels ; qui notre promoteur fiscal, nous ne pouvions goûter une plus grande jouissance qu'en prononçant et en déclarant, comme pour la gloire de Dieu tout-puissant et en vénération de ses Saints, nous prononçons et déclarons, en vertu de notre autorité ordinaire : « Qu'il conste de la vérité des corps récemment découverts sous le maître-autel de la basilique des saints Apôtres de Rome ; et que, selon la tradition constante, on doit retenir que ces corps sont ceux des bienheureux apôtres Philippe et Jacques le Mineur, frère du Seigneur, et que par conséquent ils doivent être, comme il est juste, vénérés comme tels par tous les fidèles ».

« Nous voulons d'ailleurs que ces précieux gages de l'Église catholique soient renfermés dans une urne de marbre et déposés dans l'hypogée récemment construit directement sous ledit maître-autel, pour le culte et la vénération toujours croissante des fidèles.

« Nous voulons en outre qu'un exemplaire de ce décret en parchemin, avec l'indication du notaire dans les minutes duquel est conservé le procès-verbal de reconnaissance des saints corps de Philippe et de Jacques le Mineur, soit placé dans l'urne de marbre.

« Donné de notre résidence, le 19 avril 1873.

« Le cardinal-vicaire,

« P. chan. PETACCI, secrétaire ».

Événements marquants

  • Fondation de la basilique des douze Apôtres à Rome sous Constantin le Grand
  • Consécration de la basilique par le pape Jean III le 1er mai 560
  • Invention (découverte) des corps des deux apôtres le 15 janvier 1873
  • Reconnaissance officielle des reliques par le cardinal Puteisi le 19 avril 1873

Citations

Qu'il conste de la vérité des corps récemment découverts sous le maître-autel de la basilique des saints Apôtres de Rome

— Décret du cardinal Puteisi, 19 avril 1873