Saints Basilide, Cyrin, Nabor et Nazaire
Martyrs
Résumé
Martyrs romains du début du IVe siècle, Basilide, Cyrin, Nabor et Nazaire furent décapités pour leur foi. Leurs corps, respectés par les bêtes sauvages, furent plus tard transférés en Austrasie par saint Chrodegand au VIIIe siècle. Saint Nabor donna son nom à la ville de Saint-Avold, tandis que saint Nazaire devint un objet de pèlerinage populaire.
Biographie
SAINTS BASILIDE, CYRIN, NABOR ET NAZAIRE,
MARTYRS
Commencement du IVe siècle.
Voti, tempore persecutionis, christianiterat pro Christi nomine gladio percuti.
Mourir par le glaive pour le nom du Christ était le vœu des chrétiens pendant l'ère des persécutions.
tête tranchée. La sentence ayant été exécutée, on jeta leurs corps aux bêtes sauvages pour leur servir d'aliment ; mais ces animaux leur portèrent tant de respect, qu'on ne put jamais les forcer à y toucher ; ainsi les chrétiens eurent la liberté de les inhumer, et les enterrèrent dans les catacombes.
L'année du martyre que nous venons de raconter n'est pas certaine ; il est cependant probable qu'il arriva en 303.
RELIQUES DES SAINTS NABOR ET NAZAIRE.
Les reliques des deux saints, Nabor et Nazaire, furent apportées en France. Il ne faut pas les confondre avec deux autres saints du même nom, exécutés à Milan, en compagnie, l'un de saint Félix, l'autre de saint Celse, petit enfant, honorés au 12 et au 23 juillet.
En 763, saint Chrodegand, évêque de Metz, fit transférer de Rome les corps des saints martyrs Gorgon, Nabor et Nazaire, qu'il avait obtenus du saint pape Paul Ier. Quelques auteurs disent que ce prélat alla lui-même à Rome les chercher ; d'autres assurent qu'il se contenta de les faire demander, et que le souverain Pontife les lui envoya par Willibarius, évêque de Sion, en Valois. Quoi qu'il en soit, on lit dans l'histoire de cette translation, écrite par un religieux de Gorze, que les peuples accoururent au-devant des corps saints jusqu'aux Alpes, et que les moines d'Aganne ou de Saint-Maurice, ayant dérobé pendant une nuit celui de saint Gorgon, qu'on avait mis en dépôt dans leur église, saint Chrodegand en porta plainte au roi Pépin, qui envoya les évêques de Toul et de Verdun, avec le duc de la province, pour obliger les moines à rendre les reliques du saint Martyr. Arrivés en Austrasie, on les déposa à Verengéville, où l'on bâtit depuis une église et un prieuré en l'honneur de saint Gorgon ; de là, elles furent transférées au monastère de Gorze, que saint Chrodegand venait de fonder, et déposées, en 769, dans l'église, par saint Angelrame, son successeur. Saint Gorgon devint le principal protecteur de la célèbre abbaye et de la ville qui s'est formée autour d'elle. Une des anciennes paroisses de Metz était sous le vocable du saint Martyr, et il est encore aujourd'hui le titulaire de plusieurs paroisses du diocèse.
Le corps de saint Nabor fut donné au monastère d'Hilariacum ou de Neuve-Celle (Nova-Cella), qui prit de là le nom de Saint-Nabor, par corruption de Saint-Avold. Hilariacum ou Helera n'était, à l'origine, qu'un oratoire ou un petit monastère bâti par saint Fridolin en l'honneur de saint Hilaire de Poitiers. Fridolin, irlandais de naissance, avait quitté sa patrie et s'était rendu au monastère de Saint-Hilaire de Poitiers, dont il devint abbé. Il le quitta vers l'an 509, pour aller fonder dans une île du Rhin la célèbre abbaye de Seckingen. Sur son chemin, il fonda plusieurs monastères en Austrasie et en Bourgogne, en particulier celui d'Hilariacum, sur la Rosselle, à huit lieues de Metz, où il déposa quelques reliques du grand défenseur de la divinité de Jésus-Christ dans les Gaules. Saint Sigchaud, le prédécesseur de saint Chrodegand sur le siège de Metz, répara ce monastère, y rétablit l'observance et en augmenta les revenus ; bienfaits qui lui ont mérité d'en être regardé comme le fondateur. Depuis cette époque, il porta le nom de Nova-Cella, sous lequel il fut connu jusqu'à ce qu'il prit celui de Saint-Nabor. L'abbaye fut depuis comblée des libéralités de saint Angelrame, évêque de Metz, qui en avait été religieux. Pleinement secondé par Charlemagne, il orna magnifiquement le tombeau du saint Martyr, comme l'atteste Alcuin (Epig. 164). L'illustre prélat étant mort en Pannonie, l'an 791, à la suite de Charlemagne, auprès de qui il remplissait les fonctions d'archichapelain et d'apocrisiaire du Saint-Siège, son corps fut transporté et inhumé à Saint-Nabor, où avait été enterré saint Sigchaud. Les religieux de Saint-Nabor ou de Saint-Avold étaient de l'Ordre de Saint-Benoît. L'abbé occupait le premier rang parmi les abbés du diocèse. Il prenait le titre de premier baron de l'évêché. Les évêques de Metz avaient institué, dans la petite ville qui s'était élevée autour de l'abbaye, une cour qui était présidée par le comte de Nassau-Surrebruck, premier vassal de l'évêque et son avoué héréditaire.
Le couvent de Saint-Nabor, ou Saint-Avold, a cessé d'exister. Mais l'église paroissiale de Saint-Avold, qui n'est autre que celle du couvent, possède encore le chef de saint Nabor. Le reste du corps de ce saint Martyr aura sans doute été donné, à diverses époques, à d'autres églises ou abbayes par les religieux de Saint-Avold qui en étaient possesseurs.
Saint Chrodegand destina les reliques de saint Nazaire à l'abbaye de Lauresheim ou de Lorch, fondée deux ans auparavant (763) par plusieurs de ses parents, à trois lieues de Worms. Le bruit des miracles opérés au tombeau du saint Martyr y attira une grande multitude de peuple.
Saint Nazaire est le patron d'Armancourt, au diocèse d'Amiens, où l'on se rend en pèlerinage le 12 juin, pour faire marcher plus vite les enfants, ou pour les guérir du carreau.
La cathédrale de Coutances possède aussi, depuis longtemps, des reliques des saints Nabor et Nazaire.
12 JUIN.
Événements marquants
- Condamnation à avoir la tête tranchée
- Exposition aux bêtes sauvages qui refusent de les toucher
- Inhumation dans les catacombes de Rome
- Translation des reliques par saint Chrodegand en 763
Miracles
- Animaux sauvages refusant de dévorer les corps
- Miracles nombreux au tombeau de saint Nazaire à Lorch
Citations
Voti, tempore persecutionis, christianiterat pro Christi nomine gladio percuti.