Saint Colomb (Colomkille)
Abbé en Irlande et Apôtre des Pictes
Résumé
Issu de la noble maison de Neil en Irlande, Colomb fonda de nombreux monastères avant de s'exiler en Écosse en 565. Il convertit les Pictes du nord et établit le célèbre monastère d'Iona, centre spirituel majeur. Réputé pour son austérité et sa gaieté sainte, il mourut en 597 après avoir prophétisé sa fin.
Biographie
SAINT COLOMB OU COLOMKILLE,
ABRÉ EN IRLANDE ET APÔTRE DES PICTES (597).
Il était de l'illustre maison de Neil, et naquit en 521, à Cartan, dans le comté de Tyrconnel. Il étudia la sainte Écriture sous le saint évêque Finian, et ayant été fait prêtre en 546, il ouvrit lui-même une école où il forma plusieurs disciples.
Il fonda le grand monastère de Dale-Mogh ou du Champ-des-Chênes, appelé aujourd'hui Durrogh; il fut aussi le fondateur de quelques monastères moins considérables, tels que ceux de Doire ou Derry, dans l'Ultonie, et de Surd, dans la province de Leinster. En même temps il composa, pour l'usage de ses religieux, une Règle qui était principalement tirée de celle des anciens moines d'Orient. Son nom de Colombille veut dire en irlandais Fondateur de cellules.
Son zèle à reprendre les vices publics lui ayant fait encourir l'indignation du roi Dermot ou Dermitius, il quitta l'Irlande et passa dans la partie septentrionale de la Bretagne, connue aujourd'hui sous le nom d'Écosse. Il emmena avec lui douze de ses disciples. Bède place son arrivée l'an 565 de Jésus-Christ, le neuvième du règne de Bridius, le plus puissant roi des Pictes.
Il est dit du Saint qu'il convertit les Pictes au christianisme par ses prédications, ses vertus et ses miracles : mais ceci ne doit s'entendre que des Pictes du nord, ainsi que de ceux qui habitaient les hauteurs, et qui étaient séparés des autres par le mont Grampus. En effet, nous apprenons de Bède que les Pictes méridionaux avaient reçu l'Évangile longtemps auparavant, et qu'ils en étaient redevables aux prédications de saint Ninyas, premier évêque de Whit-Herne, dans le comté de Galloway.
Les Pictes, ayant embrassé la foi, donnèrent à saint Colomb la petite île de Hy ou de Jona, qui est à douze milles de la terre ferme, et qui de son nom fut depuis appelée Y Colm-Kille. Il y bâtit un grand monastère qui, durant plusieurs siècles, fut le principal séminaire des Bretons du nord. Les rois d'Écosse y eurent longtemps leur sépulture. On y enterra aussi les corps d'une multitude presque innombrable de Saints. Ce monastère donna naissance à plusieurs autres que saint Colomb fonda en Écosse. Ce fut là que se formèrent les célèbres évêques Aidan, Finian et Colman, qui convertirent à la foi les Anglois-Northumbres. Dans la suite, le monastère de Hy embrassa la Règle de Saint-Benoît.
Le genre de vie que suivait saint Colomb était fort austère ; il couchait sur la terre nue et n'avait qu'une pierre pour oreiller. Ses jeûnes étaient rigoureux et continuels. La piété cependant ne le rendait ni sombre, ni mélancolique. Une aimable gaieté paraissait toujours peinte sur son visage, et annonçait à tous ceux qui le voyaient que son âme jouissait d'un calme inaltérable, et de cette joie pure que produit la présence du Saint-Esprit. Sa ferveur était si grande, que dans toutes ses actions il paraissait être plus qu'un homme. Autant qu'il était en lui, il ne laissait échapper aucun moment sans le consacrer à quelque chose qui eût la gloire de Dieu pour objet, comme à prier, à lire, à écrire ou à prêcher. Sa douceur et sa charité, qui ne se démentaient en aucune occasion, lui gagnaient les cœurs de tous ceux avec lesquels il conversait. Ses vertus, relevées encore par le don de prophétie et par celui des miracles, lui attiraient une vénération universelle. Il avait une telle autorité, que les rois mêmes ne faisaient rien sans le consulter. Aidan ou Edhan, qui, en 570, succéda sur le trône à Kinatel, son parent, voulut recevoir de sa main les ornements royaux.
Quatre ans avant sa mort, le Saint eut une vision qui lui fit verser beaucoup de larmes. Il pleurait, parce que des anges lui avaient appris que Dieu, touché par les prières des églises de Bretagne et d'Écosse, prolongerait encore sa vie de quatre années.
Sentant approcher sa dernière heure, il dit un dimanche à Diermit, son disciple : « Ce jour est appelé le Sabbat, c'est-à-dire le jour du repos ; il sera véritablement tel à mon égard, puisqu'il mettra fin à mes travaux ». Il se trouva le premier dans l'église à minuit, qui était le temps où se disaient les Matines. S'étant mis à genoux devant l'autel, il reçut le saint Viatique ; puis, après avoir donné sa bénédiction à ses frères, il s'endormit tranquillement dans le Seigneur, en 597. Il était âgé de soixante-dix-sept ans. On l'enterra dans l'île de Hy. Son corps fut ensuite transporté à Down, en Ultonie, et déposé dans un caveau avec ceux de saint Patrice et de sainte Brigitte.
Saint Colomb était autrefois honoré parmi les principaux patrons d'Irlande et d'Écosse.
Tiré de Bède, *Hist.*, liv. III, ch. 4, et de la Vie du Saint, écrite par Cumnonde, abbé de Hy, en 557.
## X JOUR DE JUIN
## MARTYROLOGE ROMAIN.
En Écosse, sainte HARGUERITE, reine, renommée pour sa charité envers les pauvres et pour sa pauvreté volontaire. 1093. — À Rome, sur la voie Salaria, le supplice de saint Gétule, personnage très-illustre et très-docte, et ses compagnons Céréal, Amanoe et Primitif : arrêtés sur l'ordre de l'empereur Adrien par le consulaire Licinius, ils furent premièrement battus de verges, ensuite jetés en prison, enfin, livrés aux flammes ; mais, n'en ayant reçu aucune atteinte, ils eurent la tête brisée à coups de bâton, et consommèrent ainsi leur martyre. Symphonose, femme de saint Gétule, enleva leurs corps et les fit inhumer fort honorablement dans une sablonnière de sa maison de campagne. 126. — À Rome encore, sur la voie Aurélienne, la fête des saints martyrs Basilide,
MARTYROLOGES. 543
Tripoée, Mandale, et de vingt autres, qui souffrirent sous l'empereur Aurélien, par les ordres de Platon, préfet de la ville. IIIe s. — À Nicomédie, saint Zacharie, martyr. — À Pruso, en Bithynie, saint Timothée, évêque et martyr, sous Julien l'Apostat. Vers 362. — En Espagne, les saints martyrs Crispule et Restitut. — En Afrique, les saints martyrs Arèse, Rogat et quinze autres. — À Cologne, saint MAURIN, abbé et martyr. — À Petra, en Arabie, saint Astère, évêque, qui souffrit beaucoup de la part des Ariens pour la foi catholique, et, ayant été exilé en Afrique par l'empereur Constance, mourut glorieux confesseur. IVe s. — À Auxerre, saint Consure, évêque. Vers 500.
## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.
À Chartres, saint Aignan ou Agnan, cinquième évêque de ce siège. — À Celles, en Berri, saint Séverin, moine. Il reçut saint Ysis en son petit ermitage, où se trouvait une communauté dont il était le supérieur, et qui devint ensuite le monastère de Percy. Vers 540. — À Paris, saint LANDRY, évêque de cette ville, qu'on dit être fondateur de l'Hôtel-Dieu. Ce fut à lui que Marcelle adressa ses formules. Son corps était à Saint-Germain l'Auxerrois. 656. — À Mayence, saint BARDON, d'abord abbé de Folde et puis archevêque de cette ville. 1051. — Au diocèse de Sées, saint ÉVREMOND, abbé de Fontenay, que Dieu a rendu glorieux par beaucoup de miracles. Son corps a été porté à Creil-sur-Oise, en Beauvoisins, où il est reconnu pour patron. Il fut brûlé par les Calvinistes. Vers 720. — Aux diocèses de Cambrai et d'Arras, le vénérable Hildebrand, neveu du comte de Flandre, Arnoul, qui se distingua plus encore par sa piété que par sa naissance. Il gouverna simultanément les deux monastères de Saint-Vazet d'Arras et de Saint-Bertin. On ne connaît pas l'année de sa mort. — À Binche, en Hainaut, sainte Amalberge, veuve, mère de sainte Pharaïlle, de sainte Reneilde et de sainte Goule ou Gudule. Vers 680. — Au diocèse d'Autun, le bienheureux Aurélien, archidiacre de cette ville et abbé des monastères d'Aisnay, de Saint-Eugend et de Nantes, et fondateur du monastère de Sayssieu, dans le Bugey. Son mérite l'éleva sur le siège de Lyon, en 875. Quelques hagiographes lui donnent le titre de Saint. On célébrait autrefois sa fête dans l'église de Saint-Nizier. 895. — Dans l'ancienne province d'Anjou, la sœur Anne de Beauvais, religieuse ursuline. 1620. — Dans la Champagne, le vénérable Félix Vialart de Berse, quatre-vingt-sixième évêque de Châlons-sur-Marne. Ses vertus, ses aumônes secrètes aux pauvres honteux, ses aumônes publiques aux hôpitaux, à une foule incroyable de nécessiteux, sa patience héroïque dans ses infirmités, ses mortifications effrayantes, dont le hasard rendit public les instruments sanglants, ses prières ferventes, son tendre amour pour Dieu, ses saintes dispositions à la mort, ont rendu sa mémoire très-chère aux Champenois. Il mourut à l'âge de soixante-sept ans, et fut inhumé au bas du sanctuaire de la cathédrale de Châlons sous une tombe de marbre blanc marquetée, sur laquelle est gravée son épitaphe qui est un abrégé des principaux faits de sa vie. On admire maintenant cette belle tombe derrière le maître-autel. On attribue à ce saint personnage plusieurs guérisons instantanées, avant et après sa mort. 1680. — À Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire), le martyre de Louis-Jacques Lacroix, curé de cette paroisse, condamné à mort, comme prêtre réfractaire ou non assermenté, par le tribunal révolutionnaire d'Angers. 1793.
## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.
**Martyrologe des Dominicains.** — À Bodo, la fête du bienheureux Jean-Dominique, archevêque de Raguse et cardinal de la sainte Église romaine, qui travailla beaucoup à l'abolition du schisme et brilla dans l'Église de Dieu par la sainteté de ses mœurs. 1419.
10 JUIN.
## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.
Chez les Grecs, saint Benjamin, martyr. Sous les premiers empereurs païens. — À Roseth, en Numidie, les saints Mammaire, prêtre, Félix et Victorien, diacres, Albin, Bomaie et onze autres, martyrs. 234. — Près d'Antioche, le bienheureux Théophane, reclus, et sainte Pansemne, pénitente, qui, de pécheresse publique, devint chère à Dieu par l'entremise de son serviteur. — Chez les Grecs, saint Apollon, évêque en Orient, et saint Alexis, évêque de Bithynie. — En Cappadoce, saint Canide, reclus. Vers 460. — En Angleterre, saint Yves, évêque en Perse, et trois de ses compagnons qui furent ensevelis dans cette contrée. VIIe s. — À Rochester, en Angleterre, saint Emar ou Ilhamar, évêque. 656. — À Palerme, en Sicile, sainte Olive, vierge et martyre. Vers le IXe s. — En Pologne, saint Bogomile ou Théophile, qui quitta le siège archiépiscopal de Gnesne pour se faire camaldule et solitaire. 1182. — À Bologne, la bienheureuse Diane d'Andalo, fondatrice du monastère de Sainte-Agnès de cette ville. Cette femme bénie était remarquable par sa haute sagesse et sa suave éloquence. Sa rare beauté et ses vertus la rendaient aimable et gracieuse aux yeux de tous. Elle était si appliquée au service divin, à la prière et à l'oraison que souvent, à sa seule vue, les sœurs se prenaient à fondre en larmes. Dans son humilité profonde, elle aimait à porter les vêtements les plus vils ; en un mot, elle embellit le monastère qu'elle avait fondé par ses paroles et ses exemples, par ses conseils et ses vertus. 1236. — À Bologne encore, les bienheureuses vierges Cécile et Aimée, de l'Ordre de Saint-Dominique. 1236. — À Trévise, ville du royaume d'Italie, le bienheureux Henri de Bolzano, célèbre dans le pays par ses nombreux miracles. 1315. — À Rome, le bienheureux Bonaventure, de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, et cardinal-prêtre du titre de Sainte-Cécile. Il fut en relation avec le poète Pétrarque ; il écrivit des sermons et plusieurs ouvrages. 1368.
Florence, ils étaient pauvres des biens de la fortune, mais riches en vertus. Les visites qu'il fit dans sa jeunesse aux Dominicains de Sainte-Marie la Nouvelle lui inspirèrent le désir de consacrer sa vie dans cette maison au service de Dieu. On fit d'abord difficulté de l'y admettre, puis enfin l'on se rendit à la parole d'un frère qui prédit que ce jeune homme serait une grande lumière dans l'Église de Dieu. Jean Dominique, en effet, devint un savant théologien et un habile prédicateur. Ses œuvres furent nombreuses et éclatantes. Il ramena, dans la Toscane et dans Rome, un grand nombre de pécheurs à Dieu, fonda plusieurs couvents, rétablit la discipline dans ceux où elle s'était relâchée, prêcha la croisade contre Bajazet, gagna à la pitié Antonio, plus tard archevêque de Florence, et travailla à l'extinction du schisme d'Orient. Après avoir refusé l'archevêché de Raguse que lui offrit Grégoire XII, il accepta le titre de cardinal dont il se démit au concile de Constance, à la grande édification de tous les évêques présents. Après avoir inutilement travaillé à faire rentrer les Hussites dans le sein de l'Église, il mourut à Bodo, le 10 juin 1119. Il était âgé de soixante ans. Le pape Grégoire XVI approuva son culte le 7 avril 1892.
Les religieuses de Sainte-Agnès la regardèrent désormais comme leur patronne et leur protectrice. Dix-sept ans après elles transportèrent son corps dans l'église de leur nouveau couvent, bâti dans l'enceinte de la cité, et le placèrent près du maître-autel dédié à sainte Agnès, avec l'inscription suivante : « Ici repose la bienheureuse Diane d'Andalo, qui fit les vœux de religion entre les mains du bienheureux Dominique, édifia le monastère de Sainte-Agnès, et, après y avoir vécu très-saintement pendant treize années, passa au Seigneur en 1236 ».
L'église de Sainte-Agnès fut incendiée en 1796 et détruite en 1819. Les reliques de la bienheureuse Diane furent alors dispersées, mais son culte n'eut à subir aucune interruption, tant il était cher à la foi et à la piété des Sédésiens. Les Frères Prêcheurs de Bologne ont recouvré il y a quelques années la table de l'autel de Sainte-Agnès, où Fontana, peintre distingué de l'école Bolonaise, a représenté Diane faisant profession entre les mains de saint Dominique. Un riche propriétaire bolonais devenu possesseur de la cassette qui renfermait ses ossements l'a fait transporter dans l'ancienne église du couvent de Roneano.
La cause de la bienheureuse Diane, introduite depuis longtemps à Rome, a été reprise naguère avec beaucoup de zèle et d'activité.
Événements marquants
- Naissance en 521 à Cartan
- Études sous l'évêque Finian
- Ordination sacerdotale en 546
- Fondation du monastère de Durrogh
- Exil d'Irlande vers l'Écosse en 565
- Conversion des Pictes du nord
- Fondation du monastère de Hy (Iona)
- Vision de la prolongation de sa vie quatre ans avant sa mort
- Mort le jour du Sabbat (dimanche) en 597
Miracles
- Conversion des Pictes par des miracles
- Don de prophétie
- Vision angélique prolongeant sa vie de quatre ans
Citations
Ce jour est appelé le Sabbat, c'est-à-dire le jour du repos ; il sera véritablement tel à mon égard, puisqu'il mettra fin à mes travaux