Saint Étienne de Hongrie

Premier roi et apôtre des Hongrois

Fête : 2 septembre 11ᵉ siècle • sainte

Résumé

Premier roi chrétien de Hongrie, Étienne convertit son peuple, organisa l'Église nationale et reçut la couronne royale du pape Sylvestre II en l'an 1000. Souverain pieux et bâtisseur, il plaça son royaume sous la protection de la Vierge Marie. Il mourut en 1038 après un règne marqué par la justice, la charité envers les pauvres et l'affermissement de la foi.

Biographie

SAINT ÉTIENNE,

PREMIER ROI ET APÔTRE DES HONGROIS

Noli aviditate imperandi ponere tibi ante oculos provincias latissimas, qua tua regna difundas; terram quam portas, rege.

Dans votre ambition de commander, ne jetez pas les yeux sur d'immenses provinces pour les fondre dans votre empire; gouvernez la terre que vous portez.

Saint Augustin.

La Hongrie, appelée autrefois Pannonie, à cause de l'abondance des blés et de toutes sortes d'autres biens qui y naissent, a pris son nom des Huns, qui la conquirent sur les Romains et s'y établirent. Geysa, le quatrième duc des Huns, ou Hongrois, conçut une grande estime pour notre sainte religion, par les conversations qu'il en eut avec quelques prisonniers chrétiens. Des missionnaires qui vinrent dans le pays firent fructifier ces premières impressions et le convainquirent de la divinité de cette même religion, dont les maximes lui paraissaient si belles et si raisonnables. Il résolut donc de l'embrasser. L'éclat que devait faire cette démarche, la férocité d'un peuple attaché à ses anciennes superstitions, ne purent ralentir son zèle pour la vérité. Il reçut le baptême avec Sarloth, sa femme, et plusieurs des principaux seigneurs de sa cour.

La princesse Sarloth fut si frappée des mystères et des grandes vérités du christianisme, qu'elle tendit à la perfection avec une ferveur digne des Saints. Quelque temps après, elle devint enceinte. Pendant sa grossesse, elle eut une vision dans laquelle saint Étienne lui assura que l'enfant qu'elle portait dans son sein achèverait l'œuvre qu'elle et son mari avaient commencée, et qu'il exterminerait le paganisme du milieu de son peuple.

Cet enfant naquit en 977, à Gran ou Strigonium, qui était alors la métropole du pays. Il reçut au baptême le nom d'Étienne, à cause de la vision qu'avait eue sa mère. Les historiens d'Allemagne et le Père Stilling prétendent que ce sacrement lui fut administré par saint Adalbert, évêque de Prague, qui prêcha quelque temps l'Évangile aux Hongrois. On lui donna pour gouverneur le pieux Théodat, comte d'Italie, qui, de concert avec saint Adalbert, lui inspira de bonne heure de vifs sentiments de religion.

Étienne sut prononcer le nom admirable du Sauveur avant de savoir demander du pain, ni saluer son père et sa mère. On vit en lui, dès l'enfance, de si belles inclinations pour la piété, qu'on ne douta point qu'il n'accomplît fidèlement ce que le ciel avait promis et prédit. Il fit les plus rapides progrès dans ses études. On le voyait presque toujours aux côtés de

saint Adalbert, et ce fut dans les exemples et les leçons d'un si sage prélat qu'il acquit une grande sainteté. Il ne pouvait souffrir les mœurs barbares et inhumaines que les Hongrois, venus des Scythes, avaient conservées jusqu'alors. Il les en reprenait souvent avec véhémence, et, les assemblant par troupes autour de lui, il leur représentait, au contraire, la beauté, l'innocence et la pureté de la loi de l'Évangile. L'oraison et la contemplation des vérités divines étaient le plus doux entretien de son âme ; il s'y appliquait le plus qu'il pouvait, et, lorsque le secours des pauvres et des autres malheureux, pour lesquels il avait une bienveillance particulière, l'occupait au dehors, il ne laissait pas d'avoir Dieu devant les yeux et de converser amoureusement avec lui. Quand il eut passé quinze ans, son père se déchargea sur lui d'une partie des affaires de son État, et, voyant que Dieu l'avait doué d'une prudence singulière, il déférait beaucoup à ses avis et ne faisait rien sans l'avoir appelé à son conseil. Il lui confia même le commandement général de ses armées.

Geysa étant mort en 997, Étienne lui succéda. Son premier soin fut de conclure une paix durable avec tous les peuples voisins. Il s'appliqua ensuite avec le plus grand zèle à établir solidement le christianisme dans ses États, mais un nombre considérable de Hongrois, opiniâtrement attachés à leurs superstitions, prirent les armes contre leur souverain. Quand ils se sentirent en forces, ils assiégèrent la ville de Vesprin. Étienne, plein de confiance en Dieu, se prépara à la guerre par le jeûne, l'aumône et la prière ; il sollicita aussi le secours du ciel par l'intercession de saint Martin et de saint Georges. Il livra bataille aux rebelles, et quoiqu'il leur fût inférieur en nombre, il remporta sur eux une victoire complète et tua leur chef. Pour signaler sa reconnaissance, il fit bâtir près du lieu où s'était donnée le combat un monastère sous l'invocation de saint Martin, lequel fut depuis connu sous le nom de Montagne sainte. Il dota richement ce monastère, auquel il donna d'ailleurs la troisième partie des dépouilles enlevées aux ennemis. Il relève immédiatement du Saint-Siège et porte en Hongrie le titre d'archi-abbaye. Étienne, se voyant en liberté, reprit son premier dessein de procurer la gloire de Dieu par toutes sortes de moyens. Il fit venir des prêtres et des religieux recommandables par leur piété ; et ces saints missionnaires, en répandant de proche en proche la connaissance de Jésus-Christ, civilisèrent le peuple encore plongé dans la barbarie, fondèrent des monastères et bâtirent des églises. Quelques-uns d'entre eux obtinrent la couronne du martyre.

Le prince zélé fonda dix évêchés et l'archevêché de Gran ou de Strigonium. Après quoi, il envoya à Rome Astricus ou Anastase, nouvellement élu pour remplir le siège de Coloctz ; il priait le pape Sylvestre II de recevoir la Hongrie nouvellement convertie au nombre des États chrétiens et catholiques, de lui donner sa bénédiction apostolique, d'approuver l'érection des évêchés, de confirmer les évêques nommés, et, en même temps, d'agréer qu'il prît la qualité de roi et qu'il en portât les marques, afin de donner plus de poids et d'autorité à tout ce qu'il réglerait pour l'honneur de Dieu et pour la propagation de la foi et de la religion chrétienne.

Miceslas, duc de Pologne, qui, en épousant la fille de Boleslas, duc de Bohême, avait embrassé le christianisme en 965, avait aussi envoyé demander au Pape le titre de roi ; le Pape avait fait préparer une riche couronne qu'il devait mettre le lendemain entre les mains du chef de son ambassade. Mais, la nuit suivante, un messager céleste l'avertit en songe que cette couronne ne devait pas être pour le Polonais, mais pour Étienne, prince de

2 SEPTEMBRE.

Hongrie, dont les députés se présenteraient le matin devant lui, parce que ses insignes vertus et son ardeur pour l'établissement de l'Évangile lui faisaient mériter cette préférence. En effet, Anastase eut audience le matin même. Le souverain Pontife, apprenant ce qu'Étienne faisait pour le christianisme, confirma ce qu'il avait fait, et lui donna un plein pouvoir apostolique, pour fonder des églises et ériger des évêchés et des archevêchés, et pour y nommer les personnes qu'il jugeait dignes de les remplir; il lui permit de faire porter la croix devant lui comme un apôtre et lui envoya, avec une croix précieuse, la couronne royale dont nous avons parlé. Lorsque Étienne apprit le retour de son ambassadeur, il alla au-devant de lui, et s'étant fait lire les bulles du Pape, il les écouta debout par respect. Il se fit sacrer, l'an 1000, par l'évêque qui lui avait apporté de Rome la couronne royale, et soumit son royaume à l'Église romaine.

Il fit de très-saintes lois pour abolir les coutumes barbares des Scythes et des Hongrois, et il en publia de très-sévères contre le meurtre, l'adultère, le vol, le blasphème et plusieurs autres crimes. Il pourvut à la protection des veuves, des pupilles et des orphelins, et à la subsistance des pauvres familles; il défendit aux chrétiens de s'allier par le mariage aux infidèles, et obligea tous ceux qui n'étaient ni religieux, ni ecclésiastiques, à se marier, pour déraciner à la fois l'incontinence et l'idolâtrie. Peu de temps après son sacre, il épousa Gisèle, sœur de l'empereur saint Henri, princesse digne de cet honneur. Il la fit sacrer et couronner reine, et depuis elle coopéra avec lui à l'augmentation du culte de Dieu et à la propagation de la religion catholique. Étienne ne cessa point de fonder des églises dans tous les endroits de sa domination, et Gisèle en fit surtout bâtir une très-magnifique à Vesprin, à laquelle elle donna des ornements fort précieux avec de grands revenus pour entretenir des chanoines.

Ce sage monarque, non-seulement avait soumis son royaume et son diadème au Saint-Siège, mais il les avait encore mis sous la protection spéciale de la sainte Vierge, Reine du ciel et de la terre, à laquelle il portait une singulière dévotion: il fit bâtir, sous son invocation, une belle église dans la ville d'Albe, que l'on a surnommée la Royale, parce qu'il y faisait sa résidence ordinaire. Il étendit aussi sa piété hors de ses États et jusqu'à dans Rome, dans Constantinople et dans Jérusalem; il fonda à Rome une église collégiale pour douze chanoines, et un hôpital pour les pèlerins de Hongrie. Il fit bâtir à Constantinople un temple, qu'il fournit de tout ce qui était nécessaire pour y entretenir le service divin; et il fit construire à Jérusalem un monastère, auquel il affecta des revenus suffisants pour la subsistance d'une communauté de religieux. Cette libéralité envers les églises ne l'empêchait pas d'en exercer une très-grande envers les pauvres; il ne les aimait pas moins que s'il eût vu Jésus-Christ en leur personne: aucun ne se retirait mécontent de sa présence. Il choisissait souvent la nuit pour exercer ces œuvres de charité, prenant plaisir à laver en secret les pieds des pèlerins et à cacher ses aumônes dans le sein des affligés et des mendiants. Un jour, ayant pris une bourse pleine d'argent, il s'en alla en habit déguisé, et sans nulle marque de sa dignité royale, pour en faire la distribution aux pauvres. Les premiers qu'il rencontra ne le reconnaissant point, et voulant tout avoir pour eux, se jetèrent sur lui, le renversèrent par terre, lui firent plusieurs outrages, jusqu'à lui tirer les cheveux et lui arracher la barbe, et lui prirent enfin sa bourse et tout son argent. Le saint Roi ne s'en émut point; au contraire, se réjouissant d'avoir enduré quelque chose pour Jésus-Christ, il s'adressa à la sainte Vierge et lui dit: « Vous voyez, Reine

du ciel et de la terre, mon aimable Princesse, comment vos soldats ont traité celui que vous avez fait roi : si cette injure m'avait été faite par un ennemi, je ne la souffrirais pas, et, étant assuré de votre secours, j'entreprendrais d'en tirer vengeance ; mais puisqu'elle m'a été faite par ceux que votre Fils appelle les siens, je les en remercie, et je ne puis avoir que de l'indulgence et de la tendresse pour eux. Je sais que le divin Sauveur a dit que nul cheveu de notre tête ne périra ; ainsi je m'attends, pour cet affront, à recevoir de ses mains la couronne de la vie éternelle ». Après cet accident, il prit la résolution de ne jamais refuser la charité à aucun pauvre ; et, de fait, il fit de si grandes distributions à toutes sortes de nécessiteux, qu'on ne comprenait pas comment tous les revenus de son domaine y pouvaient suffire. Notre-Seigneur, pour favoriser les inclinations de sa charité, lui donna la grâce de guérir les malades. De plus, il lui accorda aussi le don de prophétie, de sorte qu'il connaissait les choses à venir, comme si elles se fussent passées devant ses yeux. On raconte qu'une nuit il fit partir en diligence un courrier, pour avertir les paysans des frontières de se retirer au plus tôt dans les villes, parce que les barbares allaient faire une irruption dans le pays : ce qui arriva effectivement, mais sans beaucoup de dégâts, parce que les habitants de la campagne s'étaient déjà enfuis avec ce qu'ils avaient de plus précieux.

L'empereur saint Henri, beau-frère et intime ami de notre saint monarque, étant décédé, Conrad, qui lui succéda, envoya une puissante armée en Hongrie, pour lui faire la guerre et s'emparer de ses États. Notre saint Roi mit aussitôt des troupes sur pied, pour s'opposer à cet ennemi ; mais, parce qu'il savait que les plus grands ennemis n'ont que de la faiblesse, s'ils ne sont soutenus par la force invincible du bras de Dieu, il s'adressa à la sainte Vierge, pour obtenir ce secours par son intercession : « Voulez-vous », lui dit-il, « glorieuse Vierge Marie, que cette partie de votre héritage soit en proie à ceux qui nous haïssent, et que cette nouvelle plante du Christianisme soit étouffée dans sa naissance ? Si cela est, que votre sainte volonté soit faite : mais agréez que ma défiance et ma lâcheté n'en soient pas les causes. Me voilà prêt à combattre ; donnez-moi la prudence et le courage qui me sont nécessaires pour m'acquitter dignement de ce devoir ; et si j'ai mérité quelque châtiment, trouvez bon que je l'endure tout seul, et ne perdez pas ce peuple innocent avec son prince coupable ». Après cette prière, il se mit généreusement à la tête de ses troupes ; mais, dès le lendemain, un courrier arriva de la part de l'empereur à ses capitaines, pour faire retourner ses gens ; de sorte que notre Saint demeura victorieux sans combattre et délivré de la fureur de ses ennemis, sans que, de part ni d'autre, il y eût de sang répandu. Conrad, qui n'avait point effectivement contremandé son armée, fut bien étonné de la voir revenir sans avoir rien fait ; mais, quand il sut de ses officiers qu'ils n'étaient revenus que par un ordre venu de sa part, il vit bien que Dieu s'était mêlé de cette affaire et que le courrier avait été envoyé par un plus grand Maître que lui, qui prenait saint Étienne sous sa protection.

La coutume de ce saint Roi était de donner le jour au gouvernement de son royaume, de rendre la justice à son peuple, et de consacrer les nuits à la prière, à la contemplation des vérités divines, à la pénitence et aux larmes. Son esprit était alors tellement transporté en Dieu, que son corps même le suivait quelquefois : un jour qu'il priait dans sa tente, il fut enlevé avec elle en l'air par les anges, jusqu'à ce que son oraison fût achevée. Sa réputation devint si grande, que ses voisins n'osèrent plus l'attaquer ; les

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Barbares mêmes, qui étaient aux environs, lui portaient un singulier respect. On venait de loin en Hongrie, pour avoir le bonheur de le voir, comme la reine de Saba vint à Jérusalem pour être témoin de la sagesse incomparable du roi Salomon.

Il fallait, pour consommer la vertu de ce sage monarque, qu'elle fût éprouvée et purifiée par des peines et des afflictions. Il en eut de très-grandes, qui eussent jeté tout autre dans le chagrin et l'impatience. Il fut tourmenté d'une maladie aiguë qui dura trois ans. Ensuite, la mort lui enleva ses enfants : il ne lui restait plus que son aîné, Emeric, qui commençait à porter une partie du poids du gouvernement ; il était le soutien, la consolation de son père. Étienne le vit mourir sans postérité. Ce coup terrible jeta tout le royaume dans la consternation, mais ne put ébranler la constance de notre saint roi. Il se soumit aux ordres de la volonté divine, il en adora la conduite, lui rendit même grâce de la faveur qu'elle avait faite à son fils de l'appeler dans son royaume, à un âge où l'abondance des prospérités de la terre n'avait pu ternir son innocence. Il augmenta ses charités envers les églises, les monastères et les pauvres, pour soulager l'âme de ce cher fils, dont la sainteté éclata par des miracles, et pour en obtenir de Dieu un digne successeur.

Quelque temps après, il retomba lui-même malade d'une fièvre lente qui le mina tellement, qu'il ne pouvait plus se soutenir. Quatre palatins en profitèrent pour attenter à sa vie. Ils étaient irrités de l'exactitude avec laquelle il faisait observer la justice, sans acception de personnes. Un d'entre eux entra pendant la nuit dans sa chambre, cachant son épée nue sous son manteau, pour exécuter son malheureux dessein. Mais Dieu, qui veille à la garde des rois, permit qu'il laissât tomber son épée ; le Saint l'entendit, il était d'ailleurs instruit par révélation : il demanda ce que c'était ; le parricide, tremblant, se jeta à ses pieds, et lui demanda pardon. Étienne lui accorda sa grâce ; mais ses complices furent exécutés comme le bien de l'État l'exigeait.

Enfin, l'an 1038, selon Baronius, le jour de l'Assomption de la sainte Vierge, que les Hongrois, par le commandement de ce bienheureux prince, appellent la fête de la Grande-Dame, après avoir reçu dévotement les sacrements de l'Extrême-Onction et de l'Eucharistie, et exhorté les évêques, les ecclésiastiques et les seigneurs du royaume à y maintenir la religion catholique et à lui donner un digne successeur, il rendit paisiblement son âme entre les mains de Notre-Seigneur, pour recevoir la récompense due à sa piété et aux travaux de son apostolat.

On représente saint Étienne de Hongrie : 1° avec un drapeau qui porte l'image de la très-sainte Vierge, afin de rappeler qu'il avait mis son royaume sous la protection de la Mère de Dieu ; 2° avec une église sur la main : non content de faire rentrer la nation magyare dans le giron de l'Église, ce qui lui valut du Saint-Siège le titre de roi apostolique, il fonda deux archevêchés et dix chaires épiscopales, sans compter les nombreuses églises qui s'élevèrent par ses soins ; 3° avec une épée à la main, pour indiquer les fréquentes occasions qu'il eut de tirer le glaive pour l'honneur de Dieu ; 4° en groupe, avec saint Gérard, évêque de Czanad, dont il fut le coopérateur pour la conversion des Magyars.

SAINT ANTOINE DE LIAROLES, ERMITE. 427

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Les grands miracles qui se firent au tombeau de saint Étienne furent des marques certaines de sa béatitude. On y entendait aussi quelquefois une mélodie céleste et on y sentait un parfum agréable, qui faisait voir que son corps était destiné à être un jour glorieux dans le ciel.

Son corps, ayant été levé de terre, fut renfermé dans une chasse et déposé dans une chapelle de l'église Notre-Dame, à Bude, quarante-cinq ans après sa mort, le 29 août. Cela ne se fit pas sans un grand nombre de nouveaux miracles : comme une foule de malades accouraient de toutes parts, pour participer à la bénédiction de cette translation, ceux qui ne purent pas arriver assez à temps, et qui étaient alors en chemin, ne laissèrent pas de recouvrer la santé.

On trouva ses ossements sacrés nageant dans une liqueur comme du baume, qui exhalait un parfum plus doux que tous ceux de la terre. On tâcha de l'épuiser avec des linges dont on prétendait se servir pour le soulagement des malades ; mais plus on la vidait, plus le tombeau se remplissait d'une semblable liqueur, ce qui obligea d'y remettre celle qu'on en avait tirée, et alors, par un miracle surprenant, le cercueil, qui était plein, reçut toute la liqueur précédente sans dégorger ni paraître plus plein qu'il n'était auparavant.

Parmi les personnes considérables qui reçurent alors la guérison par les mérites de saint Étienne, une des plus renommées fut la comtesse Mathilde, qu'une maladie de quinze ans avait réduite aux dernières extrémités. Ses gens la menèrent près du Saint, et elle y trouva le soulagement à son mal, qu'une infinité de remèdes n'avaient pu lui procurer.

On fut fort surpris, à l'ouverture du mausolée, de n'y trouver ni la main du saint Roi, ni l'anneau qu'on lui avait mis au doigt. Mais elle avait été enlevée invisiblement, encore en chair et en os, par un ange, et déposée entre les mains d'un saint religieux nommé Mercure. Il fut quelque temps sans découvrir ce secret ; mais il le découvrit enfin, ce qui donna un nouveau sujet de joie au peuple et fit connaître, de plus en plus, le mérite des aumônes de saint Étienne.

Benoît IX le canonisa, et Innocent XI fixa sa fête au 2 septembre.

Nous avons, dans Surins, une vie composée par un évêque de Hongrie, nommé Chartrais. Antoine Boufinins en a encore donné une plus détaillée dans la seconde décade de son Histoire de Hongrie. Baronius en parle avec beaucoup d'honneur, tant dans ses Annales que dans ses Notes sur le martyrologe romain.

Événements marquants

  • Naissance en 977 à Gran
  • Baptême par saint Adalbert de Prague
  • Succession à son père Geysa en 997
  • Victoire contre les rebelles à Vesprin
  • Sacre royal en l'an 1000 avec la couronne envoyée par le pape Sylvestre II
  • Fondation de dix évêchés et de l'archevêché de Gran
  • Mariage avec Gisèle, sœur de l'empereur Henri
  • Mort le jour de l'Assomption 1038

Miracles

  • Lévitation pendant la prière dans sa tente
  • Guérisons de malades
  • Don de prophétie (avertissement d'une invasion barbare)
  • Victoire sans combat contre l'armée de Conrad par intervention divine
  • Liqueur parfumée s'écoulant de ses ossements lors de la translation
  • Préservation miraculeuse de sa main droite

Citations

Vous voyez, Reine du ciel et de la terre, mon aimable Princesse, comment vos soldats ont traité celui que vous avez fait roi

— Paroles adressées à la Vierge après avoir été violenté par des mendiants