Saint Exupère d'Arreau
Évêque de Toulouse
Résumé
Évêque de Toulouse mort à Blagnac, Saint Exupère est traditionnellement considéré comme un fils de laboureur. Son corps, retrouvé un siècle après sa mort grâce au songe d'un paysan, repose à la basilique Saint-Saturnin de Toulouse. Il est particulièrement invoqué pour la protection des récoltes contre la grêle, notamment à Arreau.
Biographie
CULTE ET RELIQUES.
Saint Exupère fut enseveli, à Blagnac, dans l'oratoire où il aimait à se retirer et qui était près de la maison où il avait rendu le dernier soupir. On commença bientôt à l'honorer comme un serviteur et un ami de Dieu. Cent ans après sa mort, l'oratoire étant venu à crouler, les fidèles perdirent la mémoire du lieu de sa sépulture. Un laboureur acheta cet emplacement et y construisit une petite maison. Il fut averti en songe du trésor qui y était caché et reçut l'ordre d'aller en instruire le clergé de Toulouse; celui-ci ayant refusé d'ajouter foi à sa parole, il alla raconter la vision qu'il avait eue aux moines de Saint-Saturnin qui partirent aussitôt pour Blagnac accompagnés d'un grand nombre de fidèles et trouvèrent le corps du saint prélat à l'endroit que le laboureur leur avait montré. La translation de ces précieuses reliques à la basilique se fit avec une grande solennité. Depuis lors, sur le lieu où il avait reposé durant un siècle, connu encore au XVIe siècle sous le nom de Désert de Saint-Exupère, on a élevé une modeste chapelle qui, par son extérieur, rappelle l'humilité de notre Saint.
Les moines de Saint-Saturnin placèrent ses précieux restes dans une chasse d'argent. Le chef fut séparé plus tard du corps et mis, avec quelques autres ossements, dans un buste d'argent dû aux libéralités de Pierre de Saint-Martial, archevêque de Toulouse. Ces saintes reliques furent exposées sur l'autel de la chapelle du Saint-Esprit, et renfermées ensuite dans une armoire placée à l'un des côtés de l'autel.
L'élévation solennelle de son corps eut lieu le 13 avril 1585, par François de Simizne, alors abbé de Saint-Saturnin. Ses ossements furent placés dans une grande chasse de bois revêtue de lames de vermeil, et placés derrière l'autel de la chapelle de Saint-Esprit. Les reliques contenues dans le buste furent successivement vérifiées au mois d'avril 1621, au mois d'octobre 1644 et le 10 janvier 1739. La grande chasse fut dépouillée de ses lames de vermeil le 27 février 1794, en présence des commissaires du district. La caisse renfermant les ossements fut déposée dans la sacristie des corps saints, où elle demeura pendant la Révolution. L'authenticité des reliques qu'elle renfermait fut vérifiée le 6 juillet 1807, par M. de Barbazan. Cette dernière chasse a été dorée en 1834 et placée dans l'armoire de la chapelle du Saint-Esprit, au côté de l'Évangile, comme on le voit aujourd'hui. La tête et les reliques partielles du Saint furent transportées hors de la basilique et gardées avec soin pendant la Révolution. Le 23 juillet 1795, elles furent de nouveau apportées dans l'église, et leur authenticité vérifiée le 15 juin 1807 par M. de Barbazan; elles ont été placées en 1817 dans le buste où elles sont encore aujourd'hui.
Un inventaire du trésor de Saint-Saturnin, fait en 1849, mentionne les objets suivants: un cercueil recouvert d'argent et orné de figures renfermant le corps de saint Exupère; la pierre de son anneau pastoral enclâssée dans le pied d'un petit reliquaire d'argent; un grand bras d'argent, renfermant le bras de saint Exupère, entouré de pierres précieuses et portant un anneau d'or au doigt; deux mitres; un calice renfermant des fragments du calice de verre de saint Exupère.
Saint Exupère étant, d'après la tradition, fils de laboureur et s'étant lui-même occupé d'agriculture, c'est pour la conservation des fruits de la terre qu'on implore plus spécialement son intercession. Un grand nombre de personnes, dans des contrées même éloignées, placent leurs récoltes sous sa protection, et leur confiance n'a jamais été altérée. De tous les pays environnants on fait dire, dans l'église qui lui est dédiée à Arreau, des messes pour la conservation des fruits de la terre et surtout pour les préserver de la grêle. La confiance des peuples à cet égard était même répandue dans l'Aragon, et, jusqu'en 1793, la belle lampe qui décore son église était alimentée d'huile par la piété des Espagnols. Cet usage a cessé depuis cette époque. La population d'Arreau vénère toujours avec la même ferveur la mémoire du Saint et conserve en sa protection une très-grande confiance; elle l'invoque dans les périls, dans les calamités publiques ou privées, et spécialement contre les fléaux destructeurs des récoltes.
On célèbre deux fêtes de saint Exupère: l'une le 28 septembre, jour de sa mort; l'autre le 14 juin, jour de sa translation de Blagnac à Saint-Saturnin. Quelques hagiographes en indiquent une au 8 avril sans que l'on sache quelle circonstance rappelle ce jour. Au diocèse de Tarbes, dans lequel se trouve englobé aujourd'hui Arreau, on a adopté le 22 octobre. L'office y est du commun des confesseurs pontifes, l'oraison est celle du nouveau missel de Comminges. L'église d'Auch honore sa mémoire le 3 octobre.
L'oratoire de Blagnac, élevé sur le lieu où fut son tombeau, conserve de ses reliques une phalange de la main et une partie de l'occiput. Une confrérie y est érigée sous son invocation et on y chante des litanies qui lui sont spéciales.
SAINT EXUPÈRE D'ARREAU, ÉVÊQUE DE TOULOUSE.
L'église paroissiale de Saint-Exupère à Toulouse possède également de ses reliques et une coursière en son honneur. Toulouse avait autrefois un collège sous l'invocation de saint Exupère; il fut supprimé avec plusieurs autres, en 1554, et réuni à celui des Jésuites.
Le corps de notre Saint sort une fois par an de la basilique de Saint-Saturnin avec tous ceux que possède cette église si riche de reliques insignes. Cette procession solennelle se fait le jour de la Pentecôte. Autrefois chaque corps saint était porté par les divers corps d'état. Le 28 octobre 1644, à l'occasion de l'élévation du corps de saint Edmond, roi d'Angleterre, et de cinq autres Martyrs, eut lieu une procession générale des corps Saints; celui de saint Exupère y fut porté par douze pâtissiers, et la tête par quatre capucins, deux tailleurs de pierre, deux pelletiers et quatre potiers porteurs de flambeaux allumés. De même le 19 novembre 1653, dans une autre procession qui eut lieu en actions de grâces pour la cessation d'une peste épouvantable qui avait, l'année précédente, désolé Toulouse et les environs, sa tête fut portée par les Capucins et son corps par les pourpointiers.
A Blagnac encore est une fontaine à laquelle le peuple attribue le pouvoir de guérir la fièvre; elle porte le nom de Fontaine de Saint-Exupère. Ce Saint l'avait sans doute sanctifiée par sa présence et son usage, comme saint Bertrand celle de l'Île-en-Jourdain, sainte Geneviève celle de Juilly et plusieurs autres.
Quelquefois une simple niche renfermant sa statue se montre au bord du chemin et rappelle sa mémoire au passant qui tient à conserver ce témoignage de la vénération de ses pères. On en voit sur plusieurs points du pays de Comminges, à Arreau, à Cassagne, etc.
L'église d'Arreau, dédiée à saint Exupère, possède un objet d'art renfermant une relique insigne du Saint: c'est une monstrance en forme de bras qui semble dater du XVIe siècle. La main est levée et forme le geste de la bénédiction épiscopale. Autour du poignet on voit le bord de l'aube et un peu plus bas la manche de la dalmatique. Il repose sur un piédestal. Au milieu du bras est une ouverture carrée par laquelle on peut voir la relique. Le tout est en argent, sauf la bordure qui enclot l'ouverture carrée, le bord de la manche de la dalmatique et une bande au-dessus du piédestal qui sont en or et figurent une guirlande de fleurs entremêlées de pierres précieuses. Les reliques qui y sont renfermées sont des fragments de l'avant-bras droit, des fragments du crâne et quelques autres fragments grêles. Elles ont été visitées à trois époques: le 28 septembre 1647, par Mgr Gilbert de Choiseul du Plessis-Praslin, évêque de Comminges; le 10 septembre 1668, par Mgr Louis de Goron de Rechigne-Voisin; et enfin, le 19 septembre 1847, par Mgr Bertrand-Sévère Laurence, évêque de Tarbes. Les procès-verbaux de ces trois visites sont renfermés dans le reliquaire. Il est orné de rubans frangés à leur extrémité, de tresses argentées au bout desquelles pendent des pierres précieuses montées sur argent, de croix et de plusieurs bijoux. Tous ces objets proviennent de dons faits à la relique par de notables habitants d'Arreau. Avant la Révolution, il était orné encore d'une belle croix d'or qui renfermait aussi des reliques du même Saint. Après les calamités de la Terreur, les églises se trouvant sans vases sacrés, on eut recours à cette croix, qui fut vendue pour faciliter l'achat d'un calice, et les reliques furent déposées dans un petit reliquaire qui a été soigneusement conservé. En 1793, des personnes pieuses de la localité, MM. Salle, Estradère et Soulé, craignant que la relique ne devînt la proie de l'impiété de ces temps, la cachèrent avec soin et la restituèrent aussitôt que le danger fut passé.
A côté de l'église et contre le porche est une maison du XVIe siècle, comme il en reste encore quelques-unes à Arreau; elle porte le nom de Maison de Saint-Exupère, parce qu'elle occupe, suivant la tradition, l'emplacement de la maison paternelle du Saint. Elle a été reconstruite à la même époque que l'église, et, dit-on, avec les matériaux mêmes de la maison primitive. Elle est toujours demeurée propriété communale et a toujours été affectée aux écoles publiques de la ville. La porte offre, avec les monogrammes I. S. D. M. H. I. S. A. M., la date 1554. Tout, porte, fenêtres, murs, toiture, est du même temps. On voit à l'intérieur une grande cheminée à montants et manteau de marbre portant au milieu un évêque bénissant en buste. Celle qui lui correspond à l'étage supérieur offre trois écussons vides et la date 1555.
Le champ qui est derrière cette maison et qui se prolonge jusqu'au chevet de l'église porte le nom de Champ de Saint-Exupère. C'est celui que le Saint cultivait avec son père lorsque les députés de Toulouse vinrent le chercher.
Nous nous sommes servi, pour compléter cette biographie, de l'Histoire de l'Église de Toulouse, par M. l'abbé Salvan; de deux Vies du Saint, par M. E. P. et par M. Louis de Flancette, baron d'Agus.
28 SEPTEMBRE.
Événements marquants
- Mort à Blagnac dans un oratoire
- Oubli du lieu de sépulture pendant cent ans
- Découverte du corps par un laboureur suite à un songe
- Translation des reliques à la basilique Saint-Saturnin
- Élévation solennelle du corps le 13 avril 1585
- Vérifications des reliques en 1621, 1644, 1739, 1807 et 1847
Miracles
- Révélation du lieu de sépulture par un songe à un laboureur
- Pouvoir curatif de la fontaine de Saint-Exupère à Blagnac contre la fièvre