Saint Guérin

Abbé de Notre-Dame d'Aulps et Évêque de Sion

Fête : 1er septembre 12ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine de Molesmes devenu abbé de Notre-Dame d'Aulps au XIIe siècle, Guérin y imposa la réforme cistercienne et assura l'indépendance du monastère. Nommé évêque de Sion par obéissance au pape, il maintint sa rigueur monastique tout en réformant son diocèse. Il mourut en 1150 lors d'une retraite à Aulps, où ses reliques sont toujours vénérées, notamment pour la protection du bétail.

Biographie

SAINT GUÉRIN

ABBÉ DE NOTRE-DAME D'AULPS ET ÉVÊQUE DE SION

Saint Guérin, né à Pont-à-Mousson, en Lorraine, entra de bonne heure à l'abbaye de Molesmes. Ses progrès rapides dans les voies de la vertu et la direction des âmes le firent choisir, vers 1110, pour aller diriger l'abbaye de Notre-Dame d'Aulps, fondée en Chablais, dans le diocèse de Genève, vers l'an 1094.

Par son humilité, son esprit de pénitence, sa vive piété, il acquit assez d'influence sur ses religieux pour y rétablir la discipline, faire disparaître les cellules éparses, interdire l'entrée du monastère aux femmes, et faire enfin adopter la réforme de saint Bernard de Clairvaux. C'est ensuite de ce changement que le pape Callixte II, ancien métropolitain de la Viennoise, déclara, en 1120, l'abbaye d'Aulps indépendante de celle de Molesmes. Saint Guérin peut en être considéré comme le second fondateur. Il avait donné, en effet, à cette maison un surcroît de vigueur tel que l'année suivante elle put fournir un essaim de religieux pour aller fonder une nouvelle maison sur la montagne de Cessens, appelée Haute-Combe, près de Rumilly, en Savoie. Les libéralités de la maison de Savoie attirèrent ces religieux sur les bords du lac du Bourget, où ils transportèrent leur monastère, avec son nom de Haute-Combe, en 1125. Il subsiste encore. C'était un des lieux de sépulture de la maison de Savoie.

La réputation de la maison d'Aulps, croissant de jour en jour, lui attira des donations importantes. Le saint abbé ne les acceptait qu'en vue du service de Dieu, et il envoyait, dans chaque paroisse dont les évêques lui confiaient la direction, des prieurs qui y portaient l'esprit du monastère. Il contribua également aux libéralités dont furent l'objet les abbayes de Bonmont et d'Abondance, quoique d'un autre ordre, dans le même diocèse. Son habileté dans les affaires n'était guère moindre que sa piété. C'est ainsi qu'il fut, en 1124, un des arbitres du différend entre Humbert, évêque de Genève, et Aymon, comte du Genevois, relatif à leurs droits temporels.

Saint Bernard de Clairvaux en fait l'éloge dans une lettre de 1135, à Ardutius, évêque de Genève, à qui il recommande l'abbaye d'Aulps, de Bonmont et de Haute-Combe. L'année suivante, dans une lettre au saint abbé d'Aulps, celui de Clairvaux approuve sa piété et sa persévérance à entretenir la discipline de son monastère.

L'évêque de Sion, en Valais, étant mort en 1138 en revenant de Jérusalem, les vœux du clergé et du peuple appelèrent à lui succéder l'abbé d'Aulps, dont la sainteté et la prudence éclataient de plus en plus dans tout le voisinage. Mais il fallut un ordre réitéré du pape Innocent II pour lui faire accepter cette charge. Promu à l'épiscopat, il ne changea rien à ses habitudes de religieux. Il se mit à l'œuvre avec une grande activité dans ses nouvelles fonctions. Il rétablit la discipline et les mœurs par ses exemples et sa prédication incessante, malgré son grand âge. De temps à autre, il revenait se retremper dans les exercices spirituels de la solitude d'Aulps. À la dernière de ces retraites il tomba malade et voulut néanmoins revenir dans son diocèse. Mais à peu de distance, il se sentit affaissé et put rentrer au monastère où il rendit à Dieu sa belle âme, pleine de mérites, en 1150. Un oratoire, qui vient d'être restauré, marque encore le lieu où il avait été obligé de rebrousser chemin.

Son corps fut gardé au monastère qu'il avait si longtemps édifié. À la Révolution, les religieux furent dispersés, l'église et le monastère pillés et dévastés. Mais les restes précieux du Saint furent cachés et sauvés, et plus tard exposés à la vénération des fidèles sur l'autel de gauche de l'église paroissiale de Saint-Jean d'Aulps, élevée à peu de distance des ruines du monastère. Il est l'objet d'un pèlerinage pour l'épizootie dans les diocèses d'Annecy, de Tarentaise et de Sion, où sont élevées de nombreuses chapelles, en son honneur, dans les montagnes. On conserve à la paroisse d'Armoy, en Chablais, la clef de son cilice, que les religieux faisaient autrefois toucher aux animaux affectés de maladies. Sa fête se célèbre au 1er septembre dans le diocèse de Tarentaise.

M. l'abbé Ducis, archiviste de la Haute-Savoie.

Événements marquants

  • Entrée à l'abbaye de Molesmes
  • Nomination comme abbé de Notre-Dame d'Aulps vers 1110
  • Adoption de la réforme de saint Bernard de Clairvaux
  • Indépendance de l'abbaye d'Aulps en 1120
  • Arbitre d'un différend entre l'évêque de Genève et le comte du Genevois en 1124
  • Élection à l'évêché de Sion en 1138 sur ordre d'Innocent II
  • Mort au monastère d'Aulps en 1150