Saint Kentigern (Mongho)
Évêque de Glasgow
Résumé
Évêque de Glasgow au VIe siècle, Kentigern (dit Mungo) fut un grand évangélisateur de l'Écosse et du Nord de l'Europe. Après un exil au pays de Galles où il fonda un monastère célèbre, il revint organiser l'Église écossaise. Il est célèbre pour ses miracles impliquant des animaux, notamment le saumon à l'anneau figurant sur les armes de Glasgow.
Biographie
SAINT KENTIGERN, ÉVÊQUE DE GLASGOW (601).
Né vers l'an 516, Kentigern était du sang royal des Pictes, et fut placé dès sa plus tendre jeunesse sous la conduite de saint Servan, abbé et évêque de Colros. L'innocence de ses mœurs, sa douceur et sa piété le rendirent cher à tous ceux qui le connaissaient ; ce qui lui fit donner le surnom de Mongho, qui signifie le bien-aimé. S'étant retiré dans un désert près de Glasghu, où il menait une vie fort austère, il fut obligé de quitter sa solitude et de céder aux instances du clergé et du peuple qui le demandaient pour évêque.
Après son sacre, il rassembla à Glasgho, aujourd'hui Glasgow, un grand nombre de personnes pieuses qui retraçaient la vie des premiers chrétiens. Il faisait souvent la visite de son vaste diocèse, et toujours à pied, répandant partout la lumière de l'Évangile ; partout, aussi, répandant les lumières de la civilisation, partout apprenant aux montagnards écossais à défricher leurs terres. Les païens, touchés de ses instructions, renonçaient à leurs faux dieux, et venaient en foule demander le baptême. Son zèle ne se bornait pas à détruire l'idolâtrie, mais il s'appliquait à maintenir parmi son troupeau la pureté de la foi et à le préserver du pélagianisme qui faisait alors des progrès en Écosse.
Les travaux apostoliques de saint Kentigern étaient animés par l'esprit de prière qui lui avait fait prendre pour règle de réciter chaque jour tout le chœur. Il se livrait aussi à d'autres pratiques de piété, et affligeait son corps par des martyres étonnants, passant tout le Carême dans la solitude où il ne s'entretenait qu'avec Dieu. Comme il brûlait du désir d'étendre le royaume de Jésus-Christ, il forma des disciples qu'il envoya prêcher la foi dans le Nord de l'Écosse, les îles d'Ockney, la Norvège et l'Islande.
Le pieux Byddech Haël, roi des Pictes méridionaux, ayant été détrôné par l'impie Morcant, le saint évêque de Glasgow, dont il était le parent et le protecteur, fut obligé de se réfugier, en 512, chez les Bretons du pays de Galles. Il passa quelque temps avec saint David à Mencvie, ensuite il alla fonder, au confluent des rivières d'Elwy et de Clyde, un monastère qui fut nommé Klenalwy. Il y établit une école qui devint célèbre et d'où il sortit un grand nombre de personnages renommés pour leurs vertus et leur science. On y compta bientôt jusqu'à neuf cent soixante religieux divisés en trois classes : la première, de ceux qui n'avaient point fait d'études et qui étaient employés aux travaux agricoles ; la deuxième, qui n'était guère plus lettrée, était chargée des ouvrages domestiques ; la troisième, composée des plus instruits, avait pour emploi de faire l'office divin, et elle était divisée en plusieurs sections qui se succédaient au chœur, pour chanter sans interruption les louanges de Dieu le jour et la nuit.
Kentigern confia le gouvernement de cette nombreuse communauté à saint Asaph, le plus illustre de ses disciples, qui fonda un évêché auquel on a donné son nom, et qui écrivit la Vie de son maître. Byddech ayant été rétabli sur son trône après la mort de l'usurpateur Morcant, saint Kentigern revint à Glasgow vers l'an 509, et, en 505, il eut une conférence avec saint Colomb, qui évangélisait les Pictes septentrionaux, auxquels le saint évêque avait déjà envoyé des missionnaires. Byddech et ses successeurs avaient tant de confiance en notre Saint qu'ils n'entreprenaient rien sans le consulter. Ils secondaient ses pieux projets pour le bien de la religion. Saint Kentigern mourut en 601, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, et fut enterré dans la cathédrale de Glasgow, qui le choisit pour son patron principal. Son tombeau y a toujours été en grande vénération jusqu'à l'établissement du calvinisme en Écosse.
On a représenté saint Kentigern conduisant une charrue traînée par des daims, ou par un daim et un loup. On raconte qu'une peste bovine ayant enlevé les attelages du monastère, on se trouvait dans l'impossibilité de faire les semailles. Saint Kentigern appela une troupe de daims qui parcouraient la forêt voisine et les transforma en bêtes de trait pour la charrue. Mais un loup, tenté par la facilité de ravir ces animaux ainsi enchaînés vint, un beau jour, faire son premier repas de l'un d'eux, en attendant qu'il pût croquer le second : mais il avait compté sans leur propriétaire. Celui-ci ordonna au loup de prendre la place du daim qu'il avait dévoré, et ainsi le labour put continuer. Il y a là plus qu'une légende : c'est une vivante image des travaux apostoliques de saint Kentigern, qui n'avait rencontré dans les montagnes de l'Écosse que des hommes cruels comme les loups dont il fit des chrétiens doux comme des agneaux.
On voit encore saint Kentigern rendant la vie à un oiseau ; cet oiseau appartenait au professeur qui formait son enfance. Or, notre Saint avait reçu la mission de le nourrir. Par un beau jour, un de ses condisciples eut la damnable idée de tordre le cou au volatile ; craignant la férule et la grosse voix du magister, saint Kentigern pria Dieu de rendre la vie à l'animal et fut exaucé. — Les poissons ont encore joué un rôle dans la vie de cet ami de Dieu : une femme avait perdu son anneau de mariage auquel elle tenait beaucoup. Désespérée, elle alla prier notre Saint de s'interposer en sa faveur ; il pria, et un saumon vint déposer l'anneau sur le sable du rivage de la Clyde. Il y a un saumon dans les armes de la ville de Glasgow, et on prétend en faire remonter l'adoption à cet acte charitable du grand évêque.
LE BIENHEUREUX GODEFROI, COMTE DE KAPPENBERG. 325
## SAINT GOMEZ ET SAINT SERVUS-DEI DE CORDOUE (852).
Tolède avait vu naître Gomez : ses parents, qui désiraient le voir entrer dans la milice sacerdotale, l'amenèrent encore enfant à Cordoue. Devenu diacre, il se consacra à former de pieux maîtres pour la jeunesse : son école était près de la basilique des trois martyrs Fauste, Janvier et Martial, dont le glorieux combat est inscrit au martyrologe romain le 13 octobre.
Plus tard, Gomez fut donné pour pasteur à une paroisse de la campagne de Cordoue ; mais un jour qu'il vint à la ville, accompagné de Servus-Dei, ils furent dénoncés au juge musulman et décapités : c'était sous Abdémone II, en 852. Leurs corps, enlevés furtivement par les chrétiens, furent ensevelis dans l'église Saint-Christophe, au-delà du Guadalquivir.
## LE BIENHEUREUX GODEFROI, COMTE DE KAPPENBERG
## ET RELIGIEUX DE PRÉMONTRÉ (1127).
Né l'an 1097, au château de Kappenberg, en Westphalie, Godefroi descendait de Charlemagne du côté paternel, et sa mère était issue de la maison impériale de Souabe. Prenant pour modèle le bienheureux Herman, son aïeul, il se fit remarquer de bonne heure par une tendre piété, et par un grand éloignement pour le monde. Sa naissance lui faisant une espèce d'obligation d'embrasser la carrière des armes, il s'en dégoûta bientôt à la vue des injustices et des cruautés qu'elle entraîne après elle ; il y renonça donc pour entrer dans l'ordre des Prémontrés que venait de fonder saint Norbert. Comme il était marié, il obtint sans peine le consentement de sa femme qui suivit son exemple, ainsi que son frère Othon, sa sœur Béatrix et plusieurs autres de ses parents. Ils se préparèrent à leur consécration au Seigneur par le jeûne et la pénitence. Godefroi distribua ensuite aux pauvres la plus grande partie de ses biens, ne se réservant que quelques maisons avec le château de Kappenberg, qu'il employa à la fondation des monastères de Kappenberg, de Varlard et d'Ilmstadt, tous trois de l'ordre de Prémontré. Il se retira dans le premier et y devint un des plus fervents religieux. Il y priait presque continuellement, ne vivait que de pain et d'eau, s'imposait les plus grandes mortifications, et ne sortait de sa cellule que pour rendre service aux malheureux. Après deux ans de retraite, il prit l'habit avec son frère Othon, et saint Norbert l'envoya en France à l'abbaye de Prémontré, afin qu'il servît de modèle à cette communauté naissante. Mais le saint fondateur ayant été nommé à l'archevêché de Magdebourg en 1126, il écrivit à Godefroi pour l'appeler près de lui, afin de l'aider de ses lumières dans le gouvernement de son vaste diocèse. Godefroi, entièrement soumis aux ordres de son supérieur, partit aussitôt pour Magdebourg ; mais s'étant arrêté quelques jours au monastère d'Ilmstadt, il y tomba malade et y mourut le 13 janvier 1127 à l'âge de trente ans. Le bienheureux Othon, son frère, transporta son corps à Kappenberg en 1147, ainsi que Godefroi l'avait demandé en mourant, mais il laissa aux religieux d'Ilmstadt quelques-unes de ses reliques pour les dédommager de la perte de ce précieux trésor. Il s'opéra plusieurs miracles par l'intercession du bienheureux Godefroi à qui on rendit bientôt un culte public : on lui donne même le nom de saint dans plusieurs martyrologes, et il est honoré en Espagne le 16 septembre.
Saint Godefroi de Kappenberg est représenté : 1° tenant une tête de mort, et foulant aux pieds une couronne : près de lui on voit sous ses vêtements de religieux apparaître une cuirasse, qui rappelle son ancienne profession d'homme d'armes : pour faire allusion à la vie mondaine qu'il avait abandonnée, certains peintres ont placé près de lui un amour ayant les yeux bandés : cela nous plaît médiocrement ; 2° tenant, en sa qualité de fondateur, une église canoniale sur la main ; 3° il avait coutume de recevoir les contrariétés auxquelles il fut en butte dans le monde et dans le cloître par ces paroles : « Que les messagers du Seigneur soient les bienvenus ? » Les peintres placent ces mots sur un cartouche ou une banderole ; 4° près de lui un pain et un broc d'eau pour rappeler, soit sa vie mortifiée, soit ses charités ; 5° visitant un pauvre.
Événements marquants
- Naissance vers 516
- Éducation par saint Servan à Colros
- Retraite dans un désert près de Glasghu
- Sacre comme évêque de Glasgow
- Exil au pays de Galles en 512 suite à l'usurpation de Morcant
- Fondation du monastère de Klenalwy
- Retour à Glasgow vers 509 (date texte contradictoire)
- Conférence avec saint Colomb en 505 (date texte contradictoire)
- Mort en 601 à l'âge de 85 ans
Miracles
- Transformation de daims et d'un loup en bêtes de trait pour labourer
- Résurrection d'un oiseau dont le cou avait été tordu
- Découverte d'un anneau de mariage perdu dans le ventre d'un saumon