Saint Landulphe (Lau)

Chanoine, Évêque d'Évreux et Confesseur

Fête : 13 aout 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Chanoine puis évêque d'Évreux au VIIe siècle, saint Landulphe (ou Lau) mena une vie de contemplation et de pénitence extrême dans une grotte isolée. Sous son épiscopat, il découvrit miraculeusement le corps de saint Taurin, premier évêque de la ville, guidé par une colonne de lumière céleste. Il est honoré comme un prélat exemplaire ayant allié la solitude de l'ermite aux devoirs du pasteur.

Biographie

CHANOINE, PUIS ÉVÊQUE D'ÉVREUX ET CONFESSEUR.

Vers 640. — Papes : Sévérin ; Jean IV. — Rois de France : Sigebert II ; Clovis II.

Ceux qui se meurent sont morts à leur volonté propre, mais ils vivent en Dieu par la charité la plus brûlante.

Saint Denys le Chartreux.

Ce saint prélat vivait à la fin du VIe siècle et au commencement du VIIe ; son histoire nous apprend qu'il a été chanoine de l'église cathédrale de la ville d'Évreux, et qu'ensuite il en fut fait évêque ; mais, en quelque qualité

SAINT LANDULPHE OU LAU, CHANOINE.

que nous le considérions, on assure qu'il a toujours mené sur la terre une vie plus angélique qu'humaine. Sa plus grande occupation était de contempler Dieu en lui-même, s'occupant plutôt de la grandeur de Celui qui était l'auteur de toutes choses, que des choses même les plus excellentes qu'il avait créées, imitant en cela Dieu même, qui est le principal objet de sa connaissance et de son amour.

Ce saint prêtre était si fortement attiré à la contemplation des perfections divines, qu'il n'avait de satisfaction que dans la retraite et dans l'éloignement de toute créature; c'est dans cette vue qu'étant chanoine, il avait choisi pour sa demeure une grotte dans un lieu solitaire, éloigné d'une bonne lieue de la ville d'Évreux. Les autres chanoines demeuraient, à la vérité, dans des lieux qui étaient aussi un peu éloignés de l'église cathédrale; mais notre Saint avait choisi l'endroit le plus écarté et le moins fréquenté, pour avoir moins de relations avec les hommes et plus de familiarité avec son Dieu. On ne le voyait même jamais sortir de sa grotte que dans les temps où il était obligé par son devoir de se rendre aux offices divins; il y assistait avec une attention et une modestie extraordinaires, car il n'avait rien qui pût le distraire de la pensée de son Dieu, et il s'éloignait avec une précaution extraordinaire de tous les objets qui pouvaient diminuer le feu du divin amour dont il était embrasé.

Sa fidélité dans le service de Dieu, les faveurs qu'il en recevait, ne lui donnèrent jamais de vaine confiance en lui-même; mais il pratiquait toutes sortes de mortifications pour se rendre toujours maître de ses sens et avoir une parfaite conformité avec Jésus-Christ. Il n'avait point d'autre lieu, pour se reposer la nuit, que la terre nue de la cellule où il demeurait; et ce n'était pas une médiocre pénitence pour lui que d'être obligé d'aller de sa grotte à l'église cathédrale pour y assister aux divins offices; car il fallait pour cela qu'il supportât, pendant l'hiver, toutes les injures du temps et les excessives chaleurs de l'été; les saisons les plus rigoureuses ne furent jamais un obstacle pour l'empêcher d'aller rendre fidèlement ses devoirs à son Dieu. Sa dévotion augmentait à la pensée que l'église dans laquelle il se rendait avec tant d'exactitude était dédiée à Dieu sous l'invocation de Notre-Dame, que saint Taurin, premier évêque d'Évreux, avait donnée pour patronne et pour protectrice spéciale à ce diocèse, dès les premiers siècles.

Les jeûnes et les abstinences de notre Saint étaient extraordinaires, et il se faisait un plaisir de manquer des choses même nécessaires à la vie. Le terrain où il avait ménagé sa grotte étant alors inculte, et ne produisant aucune nourriture convenable aux besoins des hommes, il se trouvait obligé de ne s'appuyer que sur les soins de la divine Providence, et de se contenter de quelques herbes crues: l'esprit de pénitence et de mortification les lui faisait trouver aussi bonnes que les mets les plus exquis. Sa pauvreté était extrême, n'ayant dans sa petite cellule que les quatre murailles qui la composaient, sans aucune commodité ni ornement. Il trouvait des richesses inestimables dans cette privation de toutes les commodités de la vie. Il était persuadé de cette grande maxime des Saints, que les trésors de la grâce abondent où les biens de la nature manquent, et que jamais on ne jouit mieux de Dieu que quand on est privé de tous les appuis humains. Ce fervent solitaire était toujours si éloigné du commerce des créatures que personne ne pouvait être témoin d'une foule de belles actions de vertu qu'il pratiquait dans sa solitude; mais ce qu'il cachait avec tant de soin aux yeux des hommes était remarqué et admiré des anges: ces esprits célestes,

13 AOÛT.

charmés de sa fidélité et de la sainteté de sa vie, descendaient sur la terre pour lui tenir compagnie, et publier, de concert avec lui, les divines perfections de leur commun Seigneur. Ce fut à l'occasion des louanges que ces esprits angéliques chantaient en l'honneur de saint Taurin, ancien évêque d'Évreux, qu'il forma le dessein de chercher où était le corps de ce grand prélat, qui avait été caché jusqu'alors. Pour mieux réussir dans cette entreprise, il dit à Viateur, qui gouvernait alors le diocèse, qu'il avait entendu les esprits célestes qui chantaient les louanges de saint Taurin. Le prélat, qui connaissait le mérite de saint Lau, ne fit pas difficulté d'ajouter foi à ce qu'il lui disait, et se joignit de tout son cœur à lui pour faire la recherche d'un trésor si cher à tout le diocèse; on ordonna pour cet effet beaucoup de prières, afin qu'il plût à la divine Bonté de favoriser la piété des peuples dans un si pieux dessein; mais, quoique ces prières et ces vœux fussent fort agréables à Dieu, ils n'eurent pas néanmoins leur effet aussitôt qu'on le souhaitait alors, la divine Providence voulant réserver la découverte de ce précieux dépôt pour l'épiscopat de saint Lau.

En effet, Viateur étant décédé, on procéda à l'élection d'un nouveau pasteur en sa place; on crut qu'on ne pourrait trouver un plus digne personnage pour gouverner cette église, que le pieux saint Lau, si connu de tout le monde pour la conduite de sa vie, toujours également exemplaire : il fut élu unanimement pour remplir cette dignité. À peine eut-il pris connaissance des affaires de son diocèse, qu'il renouvela ses vœux pour obtenir du ciel ce qui ne lui avait été que différé, nous voulons dire pour apprendre le lieu où reposait le corps du bienheureux saint Taurin. Ses prières furent enfin exaucées; car, un jour qu'il priait avec plus de ferveur, il aperçut une colonne toute brillante de clarté et éclatante comme un soleil, laquelle paraissait d'une prodigieuse hauteur, et demeurait droite sur un certain endroit, qui était le vrai lieu du sépulcre de saint Taurin. Il fit aussitôt faire des fouilles; on y trouva un cercueil sur lequel étaient écrits ces mots : « Ici repose le bienheureux Taurin, premier évêque de la ville d'Évreux ».

Le bruit de cette découverte s'étant répandu, une multitude innombrable vint implorer le secours de ce grand Saint; il se fit beaucoup de miracles, et tant de prodiges engagèrent saint Lau à faire bâtir une chapelle au lieu où on avait trouvé ce saint dépôt; mais, comme les miracles se multipliaient de jour en jour, cette chapelle a été depuis changée en une grande église. Enfin, saint Lau, ayant saintement rempli tous les devoirs de l'épiscopat, étant favorisé d'une grande abondance de bénédictions de la part du ciel, ayant été aussi puissant en œuvres qu'en paroles et ayant toujours fait paraître une très-vive foi dans toute sa conduite, décéda dans la paix du Seigneur pour aller recevoir la récompense due à ses travaux. S'il eût pris moins de soin à se cacher aux yeux des hommes, on n'aurait pas été privé de la connaissance de tant de belles actions que son humilité lui inspirait de faire dans le secret de la solitude et du silence. Comme il ne désira pendant toute sa vie que de plaire à Dieu seul, il fut aussi toujours content de n'avoir que Dieu seul pour témoin de ce qu'il faisait pour son seul amour.

Cf. Acta Sanctorum, 13 août.

LE B. JEAN BERCHMANS, NOVICE DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 343

Événements marquants

  • Chanoine de la cathédrale d'Évreux
  • Retraite dans une grotte solitaire à une lieue d'Évreux
  • Vision et audition d'anges chantant les louanges de saint Taurin
  • Élection à l'évêché d'Évreux après la mort de Viateur
  • Découverte miraculeuse du corps de saint Taurin grâce à une colonne de lumière
  • Construction d'une chapelle sur le lieu de l'invention des reliques

Miracles

  • Audition de chants angéliques
  • Vision d'une colonne de lumière indiquant le sépulcre de saint Taurin

Citations

Ceux qui se meurent sont morts à leur volonté propre, mais ils vivent en Dieu par la charité la plus brûlante.

— Saint Denys le Chartreux (en exergue du texte)