Saint Léobon de Saint-Étienne de Fursac
Solitaire
Résumé
Solitaire du VIe siècle originaire de la Creuse, saint Léobon vécut en ermite près de Fursac puis à Salagnac. Il est célèbre pour avoir résisté à une tentation en se couchant indemne sur des charbons ardents. Ses reliques furent invoquées avec succès contre l'épidémie du mal des ardents en 994.
Biographie
SAINT LÉOBON DE SAINT-ÉTIENNE DE FURSAC, SOLITAIRE,
AU DIOCÈSE DE LIMOGES (VIe siècle).
Léobon naquit au Ve siècle au bourg de Saint-Étienne de Fursac (Creuse, arrondissement de Guéret, canton de Grand-Bourg), au diocèse de Limoges. Ayant senti de bonne heure le vide et le néant des choses de la terre, et résolu de dire au monde un éternel adieu, il se retira sur une montagne voisine de Saint-Étienne, s'y bâtit un petit ermitage et y mena la vie solitaire. Tout son temps était partagé entre la prière, la méditation des choses éternelles, les saintes lectures, le travail des mains. Il était courageux dans les tentations, soumis et résigné dans les afflictions, humble et modeste dans ses actions et son langage, pauvre d'esprit et de volonté, chaste de corps et de cœur.
Il donna de cette dernière vertu un éclatant exemple. De jeunes débauchés envoyèrent une nuit dans sa cellule une femme de mauvaise vie pour le corrompre ; alors, sous les yeux de cette courtisane, le Saint se coucha sur des charbons ardents en la priant de faire de même. Or, le feu ne lui fit aucun mal : un tel miracle effraya cette malheureuse qui se hâta de prendre la fuite. Touchés de ce prodige, les jeunes gens vinrent eux-mêmes implorer un pardon qu'il leur accorda généreusement. Néanmoins, Léobon ne crut pas devoir rester plus longtemps en ce lieu ; il le quitta pour aller se fixer à Salagnac (Dordogne), où il trouva une retraite convenable et continua sa vie de pénitence et de mortification.
Ce fut surtout après la mort de Léobon que Dieu manifesta sa sainteté par des miracles : les plus célèbres furent ceux qui eurent lieu en 994. À cette époque, un feu pestilentiel, connu sous le nom de mal des ardents, exerçait de cruels ravages dans toute l'Aquitaine. Comme toutes les ressources de l'art étaient impuissantes contre cette étrange maladie, une solennelle supplication fut ordonnée dans tout le diocèse de Limoges, et partout les reliques des Saints furent portées en procession. Les habitants de Salagnac sortirent donc de sa retraite la châsse de saint Léobon, l'ouvrirent, et, prenant les ossements qui y étaient renfermés, ils les faisaient tremper dans du vin que les malades buvaient ensuite et qui les guérissait. Pendant qu'on portait le saint corps à Limoges, un jeune homme accourut de la Jonchère (Haute-Vienne, arrondissement de Limoges, canton de Laurière) à sa rencontre et fut guéri publiquement du feu pestilentiel, près d'Ambazac.
Saint Léobon est patron de Salagnac, où son chef se voyait encore en 1405, et où on l'invoque pour être guéri des fièvres aiguës. Il est aussi un des patrons de l'église de Ladignac (Haute-Vienne), et il avait une chapelle dans celle de Saint-Hilaire-Lastours (arrondissement de Saint-Yrieix) ainsi que dans la cathédrale de Limoges. Il y avait autrefois, le jour de sa fête, grand concours de peuple, exposition du Saint-Sacrement et sermon, dans l'église de la Brugère, près Limoges, où on l'honorait comme patron secondaire de cette petite paroisse.
Propre de Limoges ; Sainte du Limousin, par Labiche de Steignefort.
Événements marquants
- Naissance au Ve siècle à Saint-Étienne de Fursac
- Retraite dans un ermitage sur une montagne voisine
- Épreuve des charbons ardents face à une courtisane
- Installation à Salagnac pour une vie de pénitence
- Miracles posthumes lors de l'épidémie du mal des ardents en 994
Miracles
- Insensibilité au feu sur des charbons ardents
- Guérison du mal des ardents par le contact des ossements trempés dans du vin
- Guérison publique d'un jeune homme près d'Ambazac