Saint Phal (Phèle)
Coadjuteur de saint Vincent (selon certains auteurs)
Résumé
Saint Phal était un moine connu pour sa longue retraite et ses nombreux miracles. Ses reliques, d'abord conservées à l'abbaye de la Celle près de Troyes, furent dispersées entre plusieurs églises de Champagne et du Poitou. Certains auteurs le considèrent comme le coadjuteur de saint Vincent, évêque de Troyes.
Biographie
MONASTÈRE DE SAINT-PHAL ; — SES RELIQUES.
C'est sans doute après sa mort que son monastère prit le nom de Saint-Phal, lorsque beaucoup de miracles, succédant à ceux qu'il avait faits pendant sa longue retraite, firent briller d'autant plus sa réputation de sainteté. Cent ans après cet événement, ses reliques furent transportées au monastère de la Celle, qui venait d'être construit dans le suburbium de Troyes. C'était, peut-être, par suite de la ruine du sien, que les troubles de ces temps difficiles durent exposer, comme tant d'autres, à de fréquentes et décisives invasions. Après ce revers, l'importance de l'établissement diminua, mais il traversa les siècles en dépit de son amaincissement, et, en 1779, Saint-Phal était encore un prieuré de l'abbaye de Molesme, Ordre de Saint-Benoît, au diocèse de Langres.
Aujourd'hui la mémoire de la pieuse demeure continue de vivre sur le sol qu'elle avait béni. Devenu le chef-lieu d'une paroisse, le village de Saint-Phal a multiplié son vocable pour d'autres églises de la Champagne et de la Bourgogne. Nous ne savons comment ce nom vénéré est allé s'établir au voisinage de la Gartempe, dans le Poitou, si ce n'est qu'à une époque incertaine, mais fort reculée, la possession de quelque relique du Saint, ou un acte de pieuse reconnaissance pour quelque faveur du ciel obtenue par lui, y ait fait construire l'église qui porte son nom.
Cette église existe encore en partie dans une rue du bourg, dont l'issue au couchant ramène vers la rivière. C'était un charmant édifice de la transition, abandonné et vendu nationalement en 1792, et racheté, en 1811, pour faire la chapelle d'une école de jeunes filles, dirigée par les humbles filles de la Croix. La nef a été divisée en classes et autres annexes convenables à ce but ; l'élévation, coupée par un plancher, a permis de conserver comme lieu sacré l'ancien sanctuaire, dont la voûte élégante laisse retomber ses nervures légères sur des chapiteaux à feuillages parfaitement traités et qui couronnent de solides colonnes gothiques.
Saint-Phèle de Maillé était, en 1789, un bénéfice-cure à la collation de l'évêque de Poitiers ; un assez gros revenu s'y rattachait, et le presbytère y attenait avec son jardin et quelques autres dépendances, dont les sœurs institutrices n'ont qu'une très-petite part. L'une de ces dépendances, fort vaste et encore existante, est toujours désignée sous le nom de la Grange d'Évêque.
Enfin deux chapellenies, l'une de Notre-Dame, l'autre de Saint-Roch, étaient desservies dans Saint-Phèle de Maillé. Elles étaient aussi à la collation du curé de Saint-Pierre. Cette dernière valait vingt-cinq livres de rente, sur lesquelles une messe était due par le chapelain.
Les reliques de saint Phal furent, pendant de longs siècles, conservées dans l'abbaye de Meutier-la-Celle.
Le 5 janvier 1640, sa tête fut donnée à la paroisse qui porte son nom, dans le diocèse de Troyes : cette relique fut visitée le 23 mai 1842 et replacée dans une châsse neuve.
Le 24 août 1791, le district révolutionnaire accorda sa châsse à l'église Saint-André-lès-Troyes : le 11 mai 1802, cette châsse ayant été ouverte, on y trouva les authentiques. En 1828, elles furent de nouveau reconnues par l'autorité épiscopale.
En 1863, Mgr de la Tour-du-Pin avait enrichi sa cathédrale d'un ossement extrait de la châsse de l'église Saint-André.
Quelques auteurs veulent que saint Phal ait été coadjuteur de saint Vincent, évêque de Troyes.
Cf. l'Ancien Propre de Troyes ; Probationes cultus Sanctorum dioecesis Treirecis : il y a dans ce mémoire, présenté à Rome par Mgr Ravinet, toute une mine de précieux renseignements ; Soincis et Soincies d'Auvergne, par J. Branche ; Notes d'un voyage archéologique à Saint-Pierre de Maillé (Vienne), par M. l'abbé Auber, etc.
16 MAI.
Événements marquants
- Longue retraite monastique
- Translation des reliques au monastère de la Celle cent ans après sa mort
- Don de sa tête à la paroisse de Saint-Phal le 5 janvier 1640
- Reconnaissance des reliques en 1802, 1828 et 1842
- Enrichissement de la cathédrale de Troyes par un ossement en 1863
Miracles
- Miracles durant sa retraite
- Miracles posthumes ayant accru sa réputation