Saint Urion d'Isle-Aumont
Curé d'Isle-Aumont et Abbé
Résumé
Saint Urion fut au IVe siècle le curé d'Isle-Aumont et l'abbé de son monastère, qu'il dirigea avec une sainteté rappelant les pères du désert. Après sa mort vers 375, de nombreux miracles furent constatés à son tombeau. Ses reliques, incluant des fragments d'ornements sacrés, sont aujourd'hui conservées à Saint-André près de Troyes.
Biographie
SAINT URION, CURÉ D'ISLE-AUMONT,
AU DIOCÈSE DE TROYES, ET ABBÉ DU MONASTÈRE DE CE LIEU (vers 375).
À quelques kilomètres de Troyes est le village d'Isle-Aumont, qui peut se souvenir avec une sainte fierté d'avoir autrefois été la retraite et la réminiscence d'un grand nombre de Saints. Le monastère, témoin de leurs vertus cachées aux yeux des hommes, mais précieuses devant le Seigneur, était heureusement placé sous l'invocation de Notre-Dame.
Un des premiers saints prêtres qui le gouvernaient en même temps que la paroisse d'Isle, se nommait Urion, originaire du diocèse de Troyes. Sous sa direction, aussi zélée que prudente, cette terre bénie n'a rien à envier aux déserts de la Thébaïde et de l'Orient. Les religieux qu'elle portait, comme les chrétiens de la primitive Église, n'avaient tous qu'un cœur et qu'une âme, et menaient la vie la plus édifiante dans le recueillement de la contemplation et dans l'exercice des travaux manuels.
L'Évangile avec ses conseils et ses préceptes, les ordres de l'abbé qui les présidait, telle était la règle unique qu'ils suivaient avec une exemplaire ponctualité. Le jeûne, la pasimodie, le mépris du monde et de ses délices, le support des injures, les bienfaits de tout genre multipliés sous leurs pas, les faisaient regarder comme des anges descendus parmi les hommes.
On comprend que si les disciples étaient si parfaits, le chef devait être d'une éminente sainteté. Aussi, quand, après de longues années passées dans l'exercice des plus sublimes vertus, il plut à Dieu de donner à saint Urion la récompense bien méritée de ses travaux, la voix du peuple s'unit à celle du clergé pour le proclamer Bienheureux, et les miracles qui s'opérèrent à son tombeau, en confirmant ces hommages, vinrent révéler à ses frères de la terre la gloire dont il jouissait avec ses frères du ciel.
On bâtit une église sous son vocable, près du ruisseau d'Hozain, et l'on célébrait annuellement sa fête le 29 septembre, que l'on croit être le jour de son décès.
Plus tard, le corps fut transporté dans le monastère de Moutier-la-Celle, et l'on faisait, le 26 avril, la mémoire de cette translation.
Il ne reste rien du pieux abbé, sinon quelques fragments d'ornements sacrés et une étoffe précieuse qui enveloppait sa dépouille mortelle. Cette étoffe, ou plutôt ce débris, qui laisse encore apercevoir de magnifiques dessins, paraît appartenir à la textrine du XIIIe siècle. En 1700, les Bénédictins de Moutier-la-Celle voulurent assurer à ces reliques la vénération des siècles, par l'inscription suivante : *Sudariorum et ornamentorum sacrorum fragmenta Sancti Ureionis*. 1700.
Ces objets sont conservés avec autant de soin que de piété, dans la belle église de Saint-André, près Troyes.
Extrait des Soirées de Troyes, par M. l'abbé Defer.
Événements marquants
- Gouvernance de la paroisse d'Isle et du monastère local
- Direction spirituelle exemplaire comparée à la Thébaïde
- Décès après de longues années d'exercice des vertus
- Translation du corps au monastère de Moutier-la-Celle le 26 avril
- Authentification des reliques par les Bénédictins en 1700
Miracles
- Miracles opérés au tombeau après son décès
Citations
Sudariorum et ornamentorum sacrorum fragmenta Sancti Ureionis