Saint Evrard

Duc, Anachorète et Berger

Fête : 15 juillet 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Ancien duc d'Italie sous Lothaire Ier, Evrard abandonna ses titres pour vivre en anachorète au désert de Moiron. Devenu berger par humilité, il consacra sa vie à la prière et à la charité envers les pauvres. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage célèbre pour ses miracles, notamment pour les récoltes et les infirmes.

Biographie

HONORÉ AU DIOCÈSE DE LANGRES (VIIIe SIÈCLE).

Evrard était un duc d'Italie, au temps de Lothaire Ier, empereur d'Occident. Il dit adieu aux grandeurs humaines pour assurer dans une vie solitaire et pénitente le salut de son âme. Retiré au désert de Moiron (commune de Luzy, Haute-Marne), il y vécut de racines et d'herbes amères. Il faisait paître un troupeau de moutons et de porcs ; mais il les donnait aux pauvres du voisinage.

Sa charité et plusieurs miracles qu'il opéra lui avaient mérité la vénération des habitants d'Alençon.

15 JUILLET.

Ceux de Luzy lui rendirent les derniers devoirs et l'enterrèrent d'abord sous une simple tombe. Mais l'évêque de Langres, apprenant que des prodiges s'accomplissaient par l'intercession du Saint, fit exhumer ses ossements, et, comme la forêt de la Garenne et la plus grande partie de la vallée de Moiron où saint Evrard promenait son troupeau appartenait à l'évêché, il y bâtit à ses frais une chapelle et y déposa les reliques de l'anachorète.

Elle devint le but d'un pèlerinage très fréquenté. On y voyait un grand nombre d'ex-voto, tels que des crosses laissées par les boiteux et les paralytiques, après leur guérison. On y invoquait le Saint avec un succès merveilleux pour le temps favorable aux récoltes et aux travaux des champs.

Il paraît que les évêques de Langres avaient préposé à la garde du tombeau des religieux chevaliers du Corgebin, d'Esnouveaux, de la vallée de l'Anbe. Ils habitaient une maison dont les épaisses murailles et les salles voûtées en ogive attestent une construction d'un ordre militaire, comme celles des Templiers ou des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La chapelle primitive a été remplacée, au XIIIe siècle, par celle qui existe encore et qui présente les caractères de l'architecture romane.

En 1791, les habitants de Luzy, avec l'autorisation de M. de La Luzerne, accueillirent dans leur église paroissiale la châsse, le buste et le reliquaire en forme de bras qui renfermaient les reliques de saint Evrard. Des profanateurs portèrent sur ce trésor, en 1793, une main sacrilège. Mais de pieuses femmes en sauvèrent les débris qui sont toujours l'objet d'un culte éclatant. Il y a deux fêtes de saint Evrard, l'une le lundi de Pâques, l'autre le 15 juillet. À cette dernière, on porte en procession de Luzy à Verbiesles le buste du Saint. La procession des habitants de Verbiesles rencontre à mi-chemin celle de Luzy ; elles se dirigent ensemble à l'église de Verbiesles où l'on prêche alors en l'honneur du pieux berger, et la relique reprend le chemin de Luzy, précédée de la double procession qui se sépare entre les deux villages.

Il y avait une chapelle sous l'invocation de saint Evrard dans l'église paroissiale de Saint-Pierre et Saint-Paul de Langres. On y faisait un office propre de notre Saint.

On le représente agenouillé au milieu de son troupeau.

Tiré des Saints du département de la Haute-Marne, par M. Fabié Godard.

Événements marquants

  • Renoncement aux grandeurs de la cour de Lothaire Ier
  • Retraite solitaire au désert de Moiron
  • Vie de pénitence comme berger
  • Exhumation et translation des reliques par l'évêque de Langres
  • Sauvetage des reliques durant la Révolution en 1793

Miracles

  • Guérisons de boiteux et de paralytiques (ex-voto de crosses)
  • Intercession pour le succès des récoltes
  • Prodiges constatés après sa mort menant à son exhumation

Date de fête

15 juillet

Époque

8ᵉ siècle

Décès

VIIIe siècle (naturelle)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

temps favorable aux récoltes, travaux des champs, guérison des boiteux et paralytiques

Prénoms dérivés

Evrard