Saint Porchaire
Abbé
Résumé
Abbé de Saint-Hilaire de Poitiers au VIe siècle, Porchaire fut un médiateur respecté lors des troubles du monastère de sainte Radégonde. Il finit ses jours en ermite dans la chapelle du Bois-du-Seigneur avant que ses reliques ne soient honorées dans une église portant son nom. Malgré les profanations calvinistes et révolutionnaires, une partie de ses restes a été préservée à Poitiers.
Biographie
SAINT PORCHAIRE, ABBÉ (Fin du VIe siècle).
Porchaire, abbé de la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers, florissait vers le commencement du VIe siècle. On ne connaît ni sa patrie, ni sa famille. Il se comporta très dignement dans cette charge et s'acquit une grande renommée de vertu et de sainteté. Saint Grégoire de Tours en est témoin, lorsqu'il raconte que, à l'occasion des troubles qui éclatèrent dans le monastère fondé à Poitiers par sainte Radégonde, Porchaire fut envoyé par l'évêque de Poitiers, Mérovée, auprès de Gondegesile, évêque de Bordeaux, et des autres évêques de la province, avec la mission de les rendre plus indulgents pour les religieuses dispersées. Saint Porchaire accomplit heureusement cette mission.
Quand il fut avancé en âge, suivant l'exemple des saints de ce temps, il abdiqua le gouvernement de son abbaye et se retira dans une chapelle dédiée à notre Sauveur, laquelle portait le nom du Bois-du-Seigneur ou Bois-Sacré, parce qu'on y conservait un fragment de la vraie Croix. Il passa là le reste de ses jours dans la méditation de la mort, dans la contemplation des choses célestes et dans tous les exercices de la vie cénobitique. Enfin, il sortit de ce monde au déclin du VIe siècle et fut enseveli au même endroit. Mais, dans la suite, cette humble chapelle étant devenue trop étroite pour contenir la foule des pèlerins attirés par la fréquence et l'éclat de ses miracles, le corps du Saint fut transféré dans une basilique qui a pris le nom de Saint-Porchaire, et qui est une église paroissiale.
Lorsque, au milieu du XVIe siècle, les hordes protestantes qui dévastaient la France, se faisaient un sacrilège honneur de profaner les reliques de toutes les églises, le maire de Poitiers, Rogier de Migné, et les autres magistrats voulurent, par une juste prévision des violences que devait souffrir la malheureuse ville, soustraire aux fureurs de l'ennemi public le dépôt vénéré de l'illustre église. Ils firent entourer d'un mur le tombeau du Saint, en 1558, lequel demeura si bien caché, qu'on s'en souvenait à peine lorsqu'il fut découvert en 1676. Les plus considérables des précieux ossements furent placés, le 26 mai, par Gilbert de Clerambaud, évêque de Poitiers, dans une chasse d'argent, et les moindres demeurèrent dans leur ancienne sépulture pour y satisfaire habituellement la dévotion des fidèles. Mais le malheur qu'on avait évité une fois ne put être conjuré en d'autres épreuves de l'Église. Les révolutionnaires de 1792 arrivèrent. Disciples et imitateurs des Calvinistes par la cupidité impie qui s'attaquait aux dépouilles des autels ; apostats d'un genre nouveau qui ne tremblaient pas de profaner, sous le voile d'une réforme insensée, les objets sacrés de leurs respects de la veille, ils s'emparèrent de la chasse d'argent et jetèrent à qui voulut les ramasser les restes vénérables qu'elle contenait... Dans ce désordre sacrilège, une côte du Saint fut recueillie secrètement par des mains dignes de la toucher : elle fut confiée aux pieuses filles de la Visitation, et celles-ci, fidèles gardiennes du trésor caché pendant les orages, s'en défirent en partie, après le retour du calme, en faveur de l'église paroissiale qui porte toujours le nom de Saint-Porchaire.
M. l'abbé Auber, Vies des Saints de l'Église de Poitiers.
6 JUIN.
Événements marquants
- Abbé de la basilique Saint-Hilaire de Poitiers
- Médiateur auprès de l'évêque de Bordeaux lors des troubles du monastère de sainte Radégonde
- Abdication de sa charge d'abbé
- Retraite à la chapelle du Bois-du-Seigneur
- Translation de son corps dans une basilique dédiée
Miracles
- Fréquence et éclat de miracles attirant une foule de pèlerins après sa mort