Saint Waneng

Fondateur de l'abbaye de Fécamp et patron de Ham en Picardie

Fête : 15 fevrier 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Grand capitaine et courtisan sous le roi Clotaire au VIIe siècle, saint Waneng fut le fondateur de l'abbaye de Fécamp suite à une vision de sainte Eulalie. Malgré ses hautes fonctions, il vécut une vie de piété exemplaire, protégea saint Léger contre le tyran Ebroïn, et finit ses jours humblement comme serviteur dans son propre monastère.

Biographie

SAINT WANENG,

FONDATEUR DE L'ABBAYE DE FÉCAMP ET PATRON DE HAM EN PICARDIE

15 FÉVRIER.

consacrer à Dieu sa virginité. Il choisit pour patronne et pour protectrice sainte Eulalie de Mérida. De là est venu le culte que l'on rend à cette Sainte au pays de Ham; de là vient qu'elle a été choisie pour patronne de Tugny, village situé à une lieue de cette ville.

Saint Waneng ne put réaliser son dessein de rester vierge. Dieu lui fit connaître qu'il le voulait dans l'état du mariage, afin de servir d'exemple aux personnes mariées. En effet, il se montra le modèle des époux et respecta la chasteté conjugale à une époque où les grands ne connaissaient guère cette vertu. Dieu lui donna un fils qu'il appela Désiré. Dès que cet enfant fut en état de faire usage de sa raison, il lui apprit à préférer Dieu et ses commandements à toutes les choses de la terre. Et comme il savait que les exemples ont plus de force que les préceptes, il fut pour son fils un modèle de toutes les vertus chrétiennes et ne voulut auprès de lui que des personnes vertueuses. Plus tard, cet enfant alla s'enfermer dans l'abbaye de Fontenelle. A la grande satisfaction de son père qui avait tout fait pour lui inspirer le goût de la vie religieuse, Désiré fut un excellent et saint religieux et mérita plus tard après sa mort d'être rangé par l'Église au nombre des Saints.

Le soin que saint Waneng prenait de ses enfants ne l'empêchait pas de s'acquitter des devoirs d'un grand capitaine et d'un sage courtisan; mais il savait se donner au monde sans se séparer de Dieu, et à cause de cela il fut hautement estimé et jouit de l'intimité de Clotaire qui était roi depuis 655. Il contribua par ses sages conseils à la paix du royaume, à l'amoindrissement de la puissance des maires du palais, à la diminution des impôts, et à la répression des abus qui s'étaient glissés dans l'Église. Le roi ayant donné à saint Waneng l'administration de la province de Caux, il montra dans son gouvernement un grand zèle pour la justice et une sagesse admirable. Il se crut obligé de donner l'exemple d'une sainte vie, et pour cela il se fit une loi de ne jamais se laisser aller à la raillerie, vice assez ordinaire de son temps; de ne jamais prononcer de paroles qui pussent blesser la pudeur et l'honnêteté; il évita les festins et les grands repas, dans lesquels règnent ordinairement l'avidité et l'intempérance; il s'interdit le luxe dans ses habits et dans ses ameublements. En retour il distribuait libéralement aux pauvres ce que son économie lui faisait mettre de côté. Il consacra une partie de ses revenus à bâtir des monastères; le plus célèbre fut celui de Fécamp, au pays de Caux, dans le diocèse de Rouen. Ce fut sainte Eulalie à laquelle, comme nous l'avons dit, il avait une dévotion toute particulière, qui dans une vision lui demanda de construire cette dernière abbaye. Après en avoir obtenu la permission du roi, il prépara tout ce qui était nécessaire pour élever cet édifice. Une seule chose l'arrêtait: il ne savait quel endroit choisir. Le ciel vint à son aide; le lieu lui fut indiqué dans une vision à la suite de laquelle il recouvra une santé parfaite. Il était devenu tellement malade que, pendant quelques heures, on l'avait cru mort, et que l'on avait tout disposé pour son enterrement. Le roi et les grands du royaume félicitèrent à l'envi saint Waneng de sa guérison miraculeuse. Quant à lui, il s'occupait de mettre à exécution la grande entreprise que le ciel demandait de lui.

L'abbaye de Fécamp fut rapidement construite; le roi la dota magnifiquement. On y assembla des religieuses qui furent placées sous la conduite de saint Ouen et de saint Vandrille. La première abbesse de ce monastère fut sainte Hildemarque ou Childemarque, qui, venue de Bordeaux où elle avait gouverné une communauté, vivait alors dans le diocèse de Rouen, peut-être à Fontenelle. Bientôt la nouvelle abbaye fut peuplée de saintes filles qui venaient s'y consacrer à Dieu par des vœux perpétuels. Ce lieu désert fut un véritable paradis habité par des anges visibles qui vivaient dans une entière séparation du monde et qui n'avaient de communications qu'avec Dieu par leurs prières et leurs cantiques. En peu de temps on compta dans cette abbaye jusqu'à trois cent soixante-six religieuses.

L'abbaye de Fécamp eut bientôt une perte douloureuse à déplorer, la perte de saint Vandrille, son sage directeur. Fontenelle pleurait la mort de son fondateur, et saint Waneng celle d'un ami dévoué qui, avec saint Ouen, avait toute sa confiance. C'était le moment où Ebroïn régnait en maître et où il faisait paraître son esprit altier, violent et sanguinaire. Celui qui fut d'abord l'objet de sa haine fut saint Léger, conseiller de la reine Bathilde. Ebroïn, depuis longtemps, détestait saint Léger qu'il avait toujours rencontré sur son chemin pour s'opposer à ses mauvais desseins. Après qu'il l'eut fait arrêter, maltraiter et mutiler d'une horrible façon, il ordonna qu'on le conduisît au château de saint Waneng, auquel il avait fait des recommandations comme à un de ses émissaires. Mais c'était bien mal connaître saint Waneng; car celui-ci, loin de se prêter aux desseins du tyran, traita saint Léger comme un martyr de Jésus-Christ et chercha à lui adoucir sa captivité autant qu'il était en lui. La vengeance d'Ebroïn n'était pas satisfaite, il tira saint Léger des mains de saint Waneng et le fit mettre à mort. Dieu vengea ce crime, car trois ans après il fut lui-même massacré.

Saint Waneng honora saint Léger comme martyr et se retira à l'abbaye de Fécamp, où il se mit au rang des serviteurs de la maison : voulant finir là ses jours, dans l'humilité et la prière, il se montra un parfait modèle d'obéissance. Le travail le plus pénible et le plus bas était celui qu'il choisissait de préférence et qu'il accomplissait avec le plus de joie. Il montrait à l'abbesse la même soumission qu'il eût montrée à Jésus-Christ. Il soupirait sans cesse après la fin de son exil, qui arriva le 9 janvier 686.

On représente saint Waneng, bardé de fer, revêtu d'un manteau rouge fleurdelisé, tenant une épée d'une main, et de l'autre une église.

## RELIQUES ET CULTE DE SAINT WANENG.

Ce fut pendant les incursions des Normands que les reliques de saint Waneng furent apportées à Ham. Elles avaient d'abord été déposées dans un lieu appelé Mesnil-Saint-Waneng, hameau dépendant de la paroisse d'Esmery, sur le chemin de Roye, et éloigné de Ham de trois quarts de lieue. On croit que ce lieu avait appartenu à saint Waneng; il y possédait un château et y venait de temps en temps s'y livrer au divertissement de la chasse. Les Normands, ayant envahi le Vermandois, pillèrent le Mesnil, détruisirent la châsse de saint Waneng et jetèrent ses reliques dans les marais où les habitants les recueillirent précieusement et les conservèrent jusqu'au moment où elles furent transférées à Ham. Depuis ce temps les habitants du Mesnil ont toujours gardé le privilège de porter aux processions la châsse du saint Confesseur.

La ville de Ham a pris saint Waneng pour son patron, on ne sait au juste en quel temps. On célébra sa fête dans l'abbaye longtemps avant qu'on le fît dans la ville.

Ce fut seulement en 1516 que Hangest, évêque de Nayon, accorda la permission aux habitants, d'imiter le monastère et de faire l'office de saint Waneng. La ville d'Esmery avait aussi pris saint Waneng pour son patron; elle faisait sa fête en même temps que Ham, et en outre, le 23 septembre, elle célébrait une nouvelle fête, celle de la translation d'une relique insigne de ce Saint.

Terminons par une note sur l'état actuel des reliques de saint Waneng, que nous a adressée M. Jacob, curé-doyen de Ham.

Il ne se trouve plus qu'un fragment peu considérable de la côte de saint Waneng donnée par l'abbaye de Ham à Esmery-Hallon en 1696. La châsse de 1696 non ignobilis operis... a été conservée. Le fragment n'a d'autre authentique que cette inscription : Saint-Waneng. On peut invoquer à l'appui un témoignage public. Au rétablissement du culte, l'usage suspendu par la tourmente révolutionnaire de porter la châsse de saint Waneng aux processions a été rétabli. Pour lever tout doute, une relique insigne (tienne) a été octroyée sous Mgr Tirmarche, aujourd'hui évêque d'Aden, pour enrichir la châsse de saint Waneng.

15 FÉVRIER.

Voici le procès-verbal de ce don : L'an 1843, le 24 du mois de mai, en présence des membres du conseil de fabrique de la paroisse de Ham et de plusieurs habitants de la ville a été faite, sous la présidence de M. Tirnarche, curé-doyen de Ham, délégué à cet effet par Mgr l'évêque d'Amiens, l'ouverture de la châtellenie de saint Waneng, pour procéder à la reconnaissance de ses reliques et les transférer dans une châtellenie neuve.

Dans cette heureuse circonstance, M. le doyen de Ham, voulant condescendre aux vœux de M. Bandelooq, alors curé d'Esmery, ainsi que des fidèles de sa paroisse, a extrait un des ossements (ileum) pour en gratifier de nouveau la paroisse d'Esmery.

Procès-verbal en bonne forme a été fait et signé de cette translation du corps de saint Waneng, et mention s'y trouve faite de la donation de cette relique.

Le dit procès-verbal se trouve déposé dans la châtellenie de saint Waneng. — TIRNARCHE, curé-doyen de Ham.

Ce procès-verbal porte l'empreinte du cachet de la Paroisse de Notre-Dame de Ham. De plus le sceau épiscopal est empreint sur cire rouge.

Copié à Esmery-Hallon, le 4 février 1867, par moi, curé. — QUÉVAL, curé d'Esmery.

L'église de Notre-Dame de Ham, autrefois église de l'abbaye, possède presque en entier le corps de saint Waneng. Quelques ossements peu considérables en ont été seulement détachés à différentes époques pour enrichir les églises d'Esmery, Eppeville, Hembleux et Fécamp.

C'est à la piété et au dévouement du sacristain Bidet et d'un nommé Ranteau, que la ville de Ham doit la conservation des précieuses reliques de son saint patron en 1793.

Témoins de l'enlèvement des châtellenies de saint Waneng et de saint Maur, ces deux fervents chrétiens recueillirent avec sollicitude les ossements sacrés, que les profanateurs avaient, sous leurs yeux, déposés dans la sacristie, et la nuit suivante ils les enterrèrent secrètement dans le cimetière avec les étoiles de soie qui les enveloppaient, et plusieurs reliquaires en bois, dont la présence au milieu des saintes reliques devait rendre impossible toute erreur, lorsqu'il serait permis de les rendre à la vénération des fidèles.

Un peu plus de deux ans après, le 20 janvier 1796, elles furent solennellement reconnues par le sieur Benard, curé de Notre-Dame de Ham, et par tous les principaux habitants de la ville, en présence de Louis-François Frémont, prêtre de Noyon, chargé de l'administration de ce diocèse, et qui les rendit au culte et à la vénération des pieux fidèles.

L'année suivante, le même Louis-François Frémont vint, avec le titre de vicaire-général, faire une nouvelle reconnaissance des précieuses reliques et les placer dans des reliquaires plus dignes que ceux où la nécessité des temps avait obligé de les déposer l'année précédente.

Enfin le 24 mai 1843, Mgr Tirnarche, alors curé de Ham, et depuis évêque d'Adras, fit une nouvelle translation des reliques de saint Waneng et de saint Maur, et les déposa avec la plus grande solennité dans des châtellenies gothiques garnies de glaces qui laissent voir la plus grande partie des ossements sacrés, et c'est dans ces châtellenies qu'elles restent exposées jusqu'à ce jour à la vénération des fidèles.

Nota. Les reliques de saint Maur que possède l'église de Ham sont assez considérables. La tradition est que ce sont les reliques du grand saint Maur, abbé. Mais il ne reste aucune preuve à l'appui de cette tradition. Si elle était fondée, ce serait un bien grand trésor qui, jusqu'ici, est resté à peu près caché. — JACOB, chanoine honoraire d'Amiens, curé-doyen de Ham. — Ham, le 24 juin 1867.

Nous avons tiré le peu que nous avons dit de saint Waneng, des Bellandistes et d'une vie publiée en 1796 et dont on ne connaît plus aujourd'hui que quatre exemplaires.

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Événements marquants

  • Mariage et naissance de son fils Désiré
  • Service auprès du roi Clotaire à partir de 655
  • Administration de la province de Caux
  • Vision de sainte Eulalie demandant la fondation de Fécamp
  • Guérison miraculeuse après avoir été cru mort
  • Protection de saint Léger contre Ebroïn
  • Retraite à l'abbaye de Fécamp comme serviteur

Miracles

  • Guérison miraculeuse après une vision alors qu'il était mourant
  • Visions de sainte Eulalie