21 mars 2ᵉ siècle

Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes

SAINTE MATIDIE, SŒUR DE TRAJAN, ET LA VÉNÉRABLE DROSELLE, FILLE DE CET EMPEREUR (116).

Le récit des Petits Bollandistes présente Basilisse, Callinice et trois compagnes chrétiennes à Rome. Il relate leur aide aux martyrs, leurs liens avec Droselle et Matidie, puis leur supplice sous Trajan, situé vers 116 par l’ouvrage.

Au fil du temps

Ses contemporains

Figures et repères situés autour de l’époque normalisée de cette fiche.

Explorer cette époque

    Lecture guidée

    2 sections de lecture

    SAINTE BASILISSE, SAINTE CALLINICE, ET LEURS TROIS COMPAGNES

    SAINTE MATIDIE, SŒUR DE TRAJAN, ET LA VÉNÉRABLE DROSELLE, FILLE DE CET EMPEREUR (116).

    Vie 01 / 02

    Basilisse, Callinice et leurs compagnes

    Vers l’an 116 de Jésus-Christ, vivaient à Rome, dans une maison peu éloignée du palais de l’empereur Trajan, cinq filles chrétiennes qui se livraient à la pratique des conseils évangéliques : leur réunion était comme un petit couvent, ce qui montre que la vie religieuse a commencé avec le christianisme, bien qu’elle n’ait été organisée et régularisée que plus tard par saint Antoine, saint Macaire, sainte Synclétique, saint Basile, saint Césaire, saint Benoît, etc.

    L’histoire a oublié le nom de trois de ces vierges : des deux autres l’une s’appelait Basilisse et la seconde Callinice. Ces saintes filles s’occupaient de bonnes œuvres, au dehors, autant que pouvait le permettre le temps de persécution où elles vivaient. À l’exemple de la plupart des saintes femmes des premiers siècles de l’Église, elles recueillaient surtout et ensevelissaient avec zèle les corps des martyrs.

    Or, il advint qu’une fille de l’empereur, nommée Droselle, déjà catéchumène, sans doute à la persuasion de sa tante sainte Matidie, entendit parler de la manière de vivre de ces saintes épouses de Jésus-Christ, et rechercha leur compagnie. Souvent, pendant la nuit, elle s’échappa du palais impérial, et, accompagnée de quelques suivantes, venait prendre part aux exercices de la pieuse communauté. Malgré les précautions les plus minutieuses, ces sorties éveillèrent des soupçons : elles furent averties par un des conseillers de l’empereur, nommé Adrien, qui aspirait à la main de la première. Trajan, informé, donna ordre à des soldats de surveiller toutes les personnes qui sortiraient du palais, de les suivre au lieu où elles se rendraient et de les ramener par la force avec leurs complices. L’occasion ne tarda pas à se présenter : les gardes virent un soir, mais sans la reconnaître, la princesse sortir furtivement avec ses compagnes : ils les suivirent jusqu’à la maison des cinq pieuses vierges et arrêtèrent toute la sainte assemblée au nom de l’empereur. Qu’on juge de la stupéfaction et de la colère de Trajan lorsque le lendemain il aperçut sa fille au milieu de ces chrétiennes abhorrées. Il commença par la faire mettre au secret dans une chambre de la demeure impériale où tout fut tenté, mais vainement, pour arracher la foi de son cœur. Puis il se fit amener les cinq chrétiennes qu’il regardait comme coupables de lèse-majesté. Comme elles refusèrent de trouver mal ce qui était bien et de brûler de l’encens aux idoles, il les condamna à un supplice inouï jusque-là. On les dépouilla — ces vierges pures — de tous leurs vêtements ; on les réunit dans une même baignoire et on versa sur leurs corps de l’étain et du plomb fondu. Les innocentes colombes ne tardèrent pas à expirer dans cet horrible tourment, et leurs âmes allèrent au ciel se plonger dans le bain des éternelles voluptés. C’était le 21 mars de l’an 116, environ.

    Pour insulter aux chrétiens, pour insulter surtout à une vertu inconnue dans le monde avant eux — la sainte pudeur — Trajan ordonna que l’on fondît la chaudière, le plomb et l’étain dont on s’était servi pour le supplice et qu’avec le tout on fabriquât cinq statuettes de vestales qui furent exposées nues à l’entrée du bain où avait eu lieu le martyre des cinq vierges, — tant la corruption était entrée dans les mœurs païennes ! tant la nature humaine était enfoncée dans le bourbier ! tant le monde avait peu conscience, avant Jésus-Christ, de son horrible dégradation !

    C’est peut-être le cas, ici, de dire un mot de l’origine des monastères de filles.

    Dès le second siècle, — toutes les histoires ecclésiastiques en font foi, les ménologes des Grecs en parlent — il y avait des femmes qui, en particulier ou en communauté, menaient la vie pure des vierges : elles servaient les prêtres par charité ou piété. De là leur nom d’Agapètes, lequel exprime leur mission de dévouement. Il y eut aussi des diaconesses qui aidèrent surtout à l’administration du baptême, tant que ce Sacrement s’administra par immersion. Mais ce n’étaient point des religieuses quant au sens que l’on a depuis attaché à ce mot : elles l’étaient pour le fonds, non pour la forme. Elles vivaient dans leur propre demeure, solitaires ou réunies en petit nombre ; ne s’interdisaient pas les œuvres de miséricorde extérieure — tout ainsi que nos congrégations modernes — et se dérobaient par cette sorte de vie retirée volontaire au tourbillon du monde. Quant à la première fondatrice des monastères de filles ou de veuves proprement dits, il est difficile de la désigner sûrement. Le plus grand nombre, toutefois, reconnaît sainte Synclétique, contemporaine de saint Antoine, pour mère et fondatrice des premières religieuses proprement dites. Serait-ce parce que de sainte Synclétique nous possédons les instructions à ses religieuses et que de nulle autre les monitoires ne sont parvenus jusqu’à nous, que l’opinion générale s’est prononcée en sa faveur ? Cela nous paraît assez probable. On s’est tant habitué à accepter les opinions toutes faites quand elles ne contredisent pas l’apostolicité — une des notes de la véritable Église — que nous sommes tenté de le croire. Quoi qu’il en soit, on vient de voir un petit couvent en plein exercice à Rome, dès le commencement du IIe siècle. Parce que sainte Basilisse, sainte Callinique et leurs compagnes ne nous ont pas laissé un code de règles religieuses, est-ce à dire qu’elles n’étaient pas de véritables nonnes quant à la pratique des conseils évangéliques ? La simple raison nous conduit à voir clairement que l’Évangile a été pratiqué aussi parfaitement, si ce n’est plus, au berceau de l’Église qu’aux siècles suivants. Donc, à notre avis, il y a toujours eu des moines et des solitaires, des nonnes et des religieuses, des personnes de l’un et de l’autre sexe faisant de la prière et de l’exercice des œuvres de miséricorde leur unique occupation.

    Source 02 / 02

    Source et note éditoriale

    Cette notice reproduit le texte historique des Petits Bollandistes, relu sur les pages numérisées. Les traditions et appréciations de l’auteur appartiennent à l’époque de l’ouvrage.

    Paul Guérin, Les Petits Bollandistes, tome 3, p. 590–591. Exemplaire numérisé par la Bibliothèque nationale de France : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30733g

    Note éditoriale : Ce récit hagiographique est reproduit selon les Petits Bollandistes. Sa chronologie et les liens familiaux attribués aux personnages impériaux sont ceux de la source ancienne. Dans ce texte, le supplice concerne les cinq vierges ; Droselle est enfermée séparément au palais.

    Source officielle Les Petits Bollandistes, par Mgr Paul GUÉRIN, camérier de Sa Sainteté Pie IX.

    Questions fréquentes sur Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes

    Qui était Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes ?

    Le récit des Petits Bollandistes présente Basilisse, Callinice et trois compagnes chrétiennes à Rome. Il relate leur aide aux martyrs, leurs liens avec Droselle et Matidie, puis leur supplice sous Trajan, situé vers 116 par l’ouvrage.

    Quelle a été la mort de Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes ?

    Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes a subi le martyre pour la foi chrétienne (2ᵉ siècle).

    Quels saints étaient contemporains de Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes ?

    Parmi ses contemporains figurent : Saint Denis l'Aréopagite (Premier évêque de Paris), Saint Pothin et ses compagnons (Martyrs de Lyon), Saint Bénigne de Smyrne et Jésus-Christ (Reliques de la Passion).

    Quels sont les autres noms de Sainte Basilisse, sainte Callinice et leurs trois compagnes ?

    Autres formes du nom : Callinice.

    Annexes & entités liées

    Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

    Événements marquants

    1. Martyre de Basilisse, Callinice et de trois autres compagnes