Saint Ardon (Smaragde)
Moine de l'abbaye d'Aniane
Résumé
Moine franc du IXe siècle né en Languedoc, Ardon (né Smaragde) fut le disciple et le biographe de saint Benoît d'Aniane. Modérateur des écoles de l'abbaye et administrateur du monastère dès 814, il est reconnu pour son savoir et sa piété. Il mourut en 843 après avoir contribué au rayonnement intellectuel et religieux de l'époque carolingienne.
Biographie
SAINT ARDON, MOINE DE L'ABBAYE D'ANIANE, EN LANGUEDOC (843).
Bien que la vie d'Ardon n'offre rien de remarquable au point de vue de la sainteté, nous faisons une mention spéciale de lui, notre règle étant de ne passer sous silence, autant que possible, aucun des Saints qui sont nés ou se sont sanctifiés sur notre belle terre de France.
D'après l'opinion la plus commune, Ardon était Franc, et non Goth. Il naquit en Languedoc, et changea son nom de Smaragde contre celui d'Ardon. Il fut un des premiers disciples de saint Benoît d'Aniane. Son savoir et sa vertu lui méritèrent d'être élevé au sacerdoce et à la dignité de modérateur des écoles de la maison. Son abbé avait tant d'estime pour lui, qu'il le choisissait ordinairement pour le compagnon de ses voyages.
Ce fut apparemment dans un de ces voyages qu'il fut connu de Charlemagne. Ce grand empereur
7 MARS.
lui témoigna sa considération en lui faisant présent, l'année même de sa mort, d'une pierre qui résonnait comme l'airain. La même année, c'est-à-dire en 814, saint Benoît, avant de quitter le Languedoc pour aller s'établir à Aix-la-Chapelle, près de Louis le Débonnaire, jeta les yeux sur Ardon pour lui confier l'administration du monastère d'Aniane.
On ne connaît point les autres actions de ce grand homme. Le bréviaire d'Aniane porte qu'Ardon mourut le 9 mars 843. La seule production authentique qui nous reste de la plume d'Ardon est la Vie de saint Benoît d'Aniane, qu'il entreprit d'écrire à la sollicitation de ses frères. Sa sainteté est hors de doute, puisque, depuis longtemps, on l'honorait à Aniane comme un illustre serviteur de Dieu.
Mais ce qu'il faut surtout admirer dans ce moine du IXe siècle, c'est le savoir uni à la piété. En ces siècles de transformation, toutes les sciences étaient aux mains des moines et, sans eux, elles auraient péri à jamais.
L'école d'Aniane, dont saint Ardon fut modérateur, mérite une mention spéciale parmi celles qui, à cette époque reculée, distribuaient l'instruction à la jeunesse. Saint Benoît, son fondateur, y avait amassé une bibliothèque considérable, et établi plusieurs habiles maîtres. Entre ces maîtres, il y en avait pour le chant ; d'autres pour montrer à lire ; quelques-uns pour enseigner la grammaire et les belles-lettres ; enfin, des théologiens pour expliquer l'Écriture sainte. Plusieurs, qui avaient assisté à cette école, furent ensuite élevés à l'épiscopat, et un plus grand nombre servit à rétablir les bonnes études, d'après la méthode d'Aniane, dans un grand nombre de monastères de France, d'Italie et d'Allemagne.
Hist. litt. de la France, t. V, p. 31 et suiv. ; t. IV, p. 16, 17 et passim.
Événements marquants
- Naissance en Languedoc
- Devient disciple de saint Benoît d'Aniane
- Élévation au sacerdoce et direction des écoles d'Aniane
- Rencontre avec Charlemagne et réception d'un présent en 814
- Nomination à l'administration du monastère d'Aniane en 814
- Rédaction de la Vie de saint Benoît d'Aniane