Saint Georges de Lodève

Évêque de Lodève

Fête : 19 fevrier 9ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble originaire du diocèse de Rodez, saint Georges fut moine à Conques puis à Vabres avant d'être appelé à l'épiscopat par le clergé de Lodève. Reconnu pour sa science et sa piété austère, il gouverna son diocèse avec ferveur jusqu'à sa mort en 884. Ses reliques, conservées à Lodève, furent dispersées par les calvinistes lors des guerres de religion.

Biographie

SAINT GEORGES, ÉVÊQUE DE LODÈVE (884).

Né d'une noble famille, dans le diocèse de Rodez, saint Georges fit, dès sa jeunesse, de grands progrès dans l'étude des belles-lettres, de la théologie et dans l'exercice des vertus chrétiennes. En peu de temps, par ses connaissances et son mérite, dit l'historien de sa vie, il surpassa presque ses maîtres ; ut suis etiam magistris eruditione haberetur. Sa piété et l'austérité de sa vie ne le rendaient pas moins recommandable que son savoir : il était un modèle de toutes les vertus. Sa charité était vive, ses mœurs étaient graves ; l'esprit de mortification lui était particulièrement cher, et ses vertus étaient rehaussées et embellies par une modestie solide.

19 FÉVRIER.

Dieu voulut régner dans l'âme de ce jeune et vertueux chrétien d'une manière souveraine. Il lui inspira donc le goût de la vie monastique. Saint Georges, obéissant à cette voix secrète de la grâce, dit adieu au monde et aux brillantes espérances du siècle, et pour servir le Seigneur avec plus de ferveur encore et faire des progrès plus rapides dans la voie de la perfection, il se retira dans le monastère de Sainte-Foi de Conques, alors l'un des plus florissants de la chrétienté, après avoir brisé généreusement les liens qui l'unissaient à sa noble famille.

A Conques, saint Georges grandit tout à la fois et en âge et en vertu. Aussi, ayant pris l'habit et la règle de Saint-Benoît, il fut successivement appelé aux divers ordres, et enfin ordonné prêtre.

En ce temps-là, vers l'année 862, les Normands avaient ravagé le monastère de Conques, dispersé les religieux et entassé ruines sur ruines, et l'abbé du monastère, pour se dérober à la fureur de cette cruelle invasion, s'était réfugié à Toulouse, auprès de Raymond, qui était en même temps comte de Rodez. Or, la Providence disposa toutes choses de telle manière, en ces conjonctures, que Raymond se sentit porté à fonder à Vabres dans le diocèse de Rodez, un monastère, et qu'ayant placé à la tête des religieux l'abbé de Conques, qui s'était réfugié près de lui, celui-ci crut ne pas pouvoir mieux faire pour organiser cette fondation, que de s'adjoindre saint Georges lui-même, qu'il avait connu au monastère de Conques, et qui lui semblait l'homme le plus capable de l'aider à faire fleurir l'esprit religieux et les vertus monastiques dans cette nouvelle famille de moines. C'est là que saint Georges passa une quinzaine d'années, le premier entre tous les frères par sa fidélité à la règle, par son amour de la pénitence, par sa ferveur dans l'oraison. Doux, humble, appliqué au travail, montrant l'esprit de désintéressement et de pauvreté partout et toujours, en un mot un miroir vivant de toutes les vertus, dit l'historien de sa vie. Aliasque virtutes optime edocens.

Une vie si sainte, jointe à un renom de science bien établi, rendit le nom de saint Georges populaire jusque chez tous les peuples voisins. Aussi arriva-t-il que le clergé de la ville de Lodève l'appela d'une voix unanime au siège épiscopal qui venait de vaquer. Saint Georges, bien qu'affaibli par l'âge et les austérités de toute sa vie, se résigna à accepter le fardeau de l'épiscopat, qui tombait comme du ciel sur ces épaules, et il gouverna saintement pendant quelques années le diocèse de Lodève, remplissant en toutes circonstances les devoirs d'un bon pasteur, tant qu'enfin, plein de jours et de mérites, il s'endormit doucement dans le Seigneur, vers l'an 884.

Le corps saint de ce digne pontife fut déposé dans l'église de Saint-Geniès, que saint Fulcran, l'un de ses glorieux successeurs sur le siège épiscopal de Lodève, fit rebâtir, d'après un plan grandiose, dans le courant du Xe siècle, et qui porte aujourd'hui le nom d'église Saint-Fulcran. Là, ces restes vénérés ont reçu les témoignages de la confiance et de l'amour des fidèles sans interruption, jusqu'à nos malheureuses guerres de religion où les calvinistes, guidés par un aveugle fanatisme, les jetèrent aux vents après avoir saccagé la ville.

La fête de saint Georges est fixée au 19 février, dans le diocèse de Rodez.

Nous devons cette notice à l'obligeance de M. le chanoine Bousquet, secrétaire général de l'évêché de Rodez.

Événements marquants

  • Études des belles-lettres et de la théologie dans le diocèse de Rodez
  • Entrée au monastère de Sainte-Foi de Conques
  • Ordination sacerdotale
  • Installation au monastère de Vabres vers 862 après les ravages normands
  • Élection à l'évêché de Lodève
  • Mort en 884

Citations

ut suis etiam magistris eruditione haberetur

— Historien de sa vie cité dans le texte

Aliasque virtutes optime edocens

— Historien de sa vie cité dans le texte