Saint Louans (Luperatus)
Moine et Solitaire
Résumé
Moine de l'abbaye de Micy au Ve siècle, Louans se retira près de Chinon pour vivre en solitaire à l'exemple de saint Mexme. Sa sainteté et ses dons de guérison attirèrent les foules, et son tombeau devint un lieu de pèlerinage important confié plus tard à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. Ses reliques furent redécouvertes au XIXe siècle par des religieuses hospitalières.
Biographie
SAINT LOUANS (Ve siècle).
Vers le milieu du Ve siècle, un moine de l'abbaye de Saint-Mesmin de Micy, près Orléans, désireux de se consacrer tout entier au service de Dieu, quittait son monastère et se retirait près de la ville de Chinon, afin de le prier et de l'aimer plus librement dans la solitude. Louans, *Luperatus* s'était son nom, se proposa d'imiter saint Mexme, qui avait déjà illustré ce pays par l'éclat de ses vertus et de ses miracles. Saint Mexme fut un des plus fidèles imitateurs de saint Martin, et Louans marcha sur ses traces aussi fidèlement que leur grand maître, à tous deux, avait suivi celles de Jésus-Christ. Il ne tarda pas à éprouver tous les charmes et toutes les douceurs dont le Seigneur récompense les sacrifices qu'on fait pour lui, en quittant le monde et en s'attachant uniquement à son service. La première récompense de son amour fut une union intime et ineffable avec Dieu. Mais le Seigneur ne permit pas que son ami demeurât longtemps inconnu aux hommes : le bruit de sa vertu et de sa sainteté se répandit vite au loin et le fit connaître, comme ces humbles et douces fleurs que leur parfum trahit toujours et qui ne peuvent jamais se cacher entièrement.
Sa solitude devint bientôt bruyante : les malades venaient en foule vers cet humble solitaire, et ils s'en retournaient guéris et meilleurs qu'ils n'étaient venus ; car le Saint, en guérissant les corps, avait toujours quelques bonnes paroles pour l'âme.
Il mourut plein de grâces et de vertus, chéri de Dieu et regretté des hommes. Mais sa tombe devint glorieuse. C'est le privilège des Saints de se survivre après leur mort. Une église paroissiale fut élevée sur le lieu de sa sépulture, et comme le concours des peuples à son tombeau était considérable, le comte Thibault donna cette église à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. Des moines vinrent s'y établir, du consentement de Hardouin, archevêque de Tours, et chaque jour on y célébrait l'office canonique.
Les choses durèrent ainsi jusqu'à l'époque tristement célèbre de notre Révolution française. Les moines de Saint-Louans furent chassés et l'église détruite de fond en comble. Le culte de saint Louans avait survécu aux ruines de son sanctuaire. Les âmes chrétiennes se souvenaient encore de ses vertus et de son crédit auprès de Dieu, et de nos jours ce culte a pris un nouvel accroissement par la découverte de son corps.
Il y a quelques années, les religieuses hospitalières de Chinon avaient acheté les anciennes dépendances du prieuré de Saint-Louans pour y établir une maison de retraite destinée à recevoir les dames qui désirent vivre tranquilles et éloignées du monde. Le souvenir de saint Louans entra sans doute pour quelque chose dans l'achat de ce terrain. Mais la salubrité de l'air, la beauté enchanteresse du site, le rendaient surtout très-propre à leur dessein. La Providence avait sans doute d'autres vues.
On savait par les écrits de dom Martène et de dom Rousseau, que le corps de saint Louans avait été placé sous le grand autel ; on connaissait l'emplacement de l'ancienne église ; le chœur était indiqué d'une manière précise par les fondations encore existantes ; aussi, dès que les sœurs hospitalières furent installées, elles firent commencer les fouilles. Elles amenèrent pour récolter la découverte de quatre sarcophages, rangés sur une même ligne, quasi intacte, et placés immédiatement sous l'autel, comme l'indiquaient les documents puisés dans les auteurs que nous avons connus.
qui ont jeté un grand jour sur la littérature orientale. C'est de cette école que sont sortis Abraham Ecchellensis, MM. Joseph, Étienne Évode, et Louis Assemani. Les deux premiers ont donné d'excellents ouvrages sur l'antiquité ecclésiastique. Nous devons au troisième de judicieux écrits sur les cérémonies de l'Église.
Plusieurs auteurs du plus haut mérite, tels que Guillaume de Tyr, et le cardinal Baronius, adoptent le sentiment très-suspect de l'annaliste arabe Batychius, disent que les Maronites tirent leur nom d'un hérésiarque nommé Maron, dont ils auraient suivi les erreurs pendant cinq siècles ; mais qu'en l'année 1149 toute cette nation composée de plus de deux cent cinquante mille âmes rentra dans le sein de l'Église. Les Maronites rejettent cette opinion qui a été victorieusement combattue par un autre de leurs écrivains du XVe siècle, F. Malron. Suivant cet auteur, avant la naissance des hérésies qui ont désolé l'Orient, on appelait *Syriens* tous les chrétiens répandus dans la vaste province qui s'étendait de l'Égypte à la Cilicie ; mais, lorsque différentes sectes se furent formées, elles portèrent le nom de leurs chefs : ce fut ainsi que les Syriens, séparés de l'Église, prirent le nom de Nestorians, de Jacobites, et autres semblables. Les chrétiens restés fidèles à la foi de Rome se groupèrent autour des disciples de saint Maron : c'est de là que les hérétiques désignèrent par le nom de Maronites les catholiques de Syrie.
SAINT RAGNOBERT OU RACHO. 527
mêmes. Les trois sarcophages qui accompagnaient celui de saint Louans renfermaient les corps de saint Salique, de saint Corémar et de sainte Lachie.
L'authenticité de ces précieuses reliques fut juridiquement constatée. Mgr l'Archevêque se rendit sur les lieux et, par un acte épiscopal, il permit de leur rendre le culte que l'Église décerne aux reliques des Saints.
Aujourd'hui une charmante petite église, en style roman, a pris la place de celle qui fut détruite en 93, et les précieuses tombes reposent, comme autrefois, dans une crypte creusée sous l'autel principal.
Le pèlerinage a repris un nouvel essor. Ce ne sont plus les bons moines de Saint-Benoît qui desservent cette église, mais les prêtres vénérables qui ont vieilli ou qui ont contracté des infirmités précoces dans les travaux du saint ministère, composent le clergé de l'ancien prieuré de Saint-Louans.
La solitude autrefois choisie et habitée par saint Louans est encore consacrée par la prière et par la pratique des vertus chrétiennes. Les malades viennent de nouveau prier sur sa tombe : c'est ainsi que se vérifient sans cesse ces paroles de nos livres saints : La mémoire du juste ne saurait périr.
M. l'abbé Holland, aumônier des Frères, à Tours.
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## SAINT PAULIEN, ÉVÊQUE DU PUY (VIe siècle).
Paulien, évêque, gouverna l'église du Velay avant la translation de ce siège et lorsque la ville de Vétula était encore la plus importante du diocèse. Cette église avait presque péri, écrasée par les orages des persécutions ; il la releva « heureusement » par sa vertu apostolique et son zèle pastoral ; enfin, le culte des idoles étant à peu près aboli et la religion chrétienne fermement établie, il s'endormit dans une sainte mort.
Saint Paulien fut enseveli dans la ville qui porte maintenant son nom, ayant perdu ceux de Vétula et de Ruessium qu'elle portait d'abord. Il s'était acquitté de ses fonctions pastorales avec tant de gloire ; il avait « tellement » rempli tout le pays de la renommée de sa sainteté, que bientôt après sa mort il se fit de toutes parts un concours immense à son tombeau. Et comme Dieu répondait par d'innombrables miracles aux vœux des pieux visiteurs, il en résulta que la cité prit le nom du Saint de qui elle tirait toute sa célébrité.
Dans la même ville, une église avait autrefois été dédiée sous l'invocation de saint Paulien : c'était une église paroissiale, et les reliques du Saint y étaient pieusement conservées, avec celles de saint Valentin et de saint Aubin, dans une châsse de pierre placée sous l'autel principal. Le monument a été détruit et la châsse brisée dans les temps malheureux de notre révolution de la fin du XVIIIe siècle. Cependant il reste encore un des os du saint prélat, qui se trouve maintenant dans l'église de Saint-Georges de la même ville, où il est l'objet d'une grande vénération. La fête de saint Paulien se célèbre le 14 février depuis les temps les plus reculés.
Propre du Puy.
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## SAINT RAGNOBERT OU RACHO, VULGAIREMENT SAINT ROCH, ÉVÊQUE D'AUTUN (658).
Ragnobert ou Racho, vulgairement saint Roch, après le décès de Ferréol, fut élevé sur le siège d'Autun et en fut le premier évêque d'origine franque. Il signa le privilège accordé par Emmen, évêque de Sens, en 658, en faveur de l'abbé Agon et des moines du monastère Sénonais de Sainte-Colombe. Ce privilège avait pour but de favoriser le pieux dessein des frères de ce monastère, qui était de conformer leur vie en tout à la règle des saints Pères, à l'autorité évangélique et à la tradition apostolique. On rapporte qu'il fit suivre une vie régulière et plus parfaite au clergé de sa cathédrale ; modèle parfait, par ses exemples, de ceux qu'il était chargé d'instruire, il s'est rendu digne des honneurs immortels de la sainteté.
14 FÉVRIER.
Son corps, honoré par la piété des fidèles, a longtemps reposé dans une petite église qui portait son nom, et qui était située près des antiques murs d'Autun. L'an 1530, il fut transféré, en très-grande pompe, dans l'église cathédrale de Saint-Nazaire et de Saint-Celse, par l'évêque Jacques Huralt ; puis, les voûtes de cette église étant tombées en ruines sur la fin du siècle suivant, il fut encore transporté dans la basilique de Saint-Lazare, où il s'opéra beaucoup de miracles par l'intercession du Saint. Au milieu des orages qui éclatèrent à la fin du XVIIIe siècle et, lors de la sacrilège dévastation de la basilique, il fut jeté à l'aventure dans l'une des cryptes sépulcrales de la même église. Mais sa tête et la plus grande partie de ses ossements en furent retirés par des fidèles qui les conservèrent pieusement et les rendirent à l'évêque d'Autun. Le prélat fit examiner canoniquement les saintes reliques et les rapporta solennellement dans ladite église de Saint-Lazare, en même temps que les glorieuses reliques de l'Hôtel de Notre-Seigneur, le 3 septembre 1803.
Racho est le patron d'une paroisse du diocèse d'Autun qui porte son nom (arrondissement de Charolles, Saône-et-Loire).
Propre d'Autun.
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Événements marquants
- Moine à l'abbaye de Saint-Mesmin de Micy
- Retraite solitaire près de Chinon
- Imitation de saint Mexme et saint Martin
- Guérisons miraculeuses de malades
- Découverte de son corps sous le grand autel de son ancienne église
Miracles
- Guérisons de nombreux malades venus à sa solitude
- Découverte intacte de son sarcophage sous l'autel
Citations
La mémoire du juste ne saurait périr.