Saint Phal (Fidolus)
Abbé d'Isle
Résumé
Fils d'un sénateur d'Auvergne, Fidolus fut emmené captif lors des guerres franques avant d'être racheté par saint Aventin. Devenu abbé d'Isle en Champagne, il se distingua par son humilité et son zèle monastique pendant plus de trente ans. Il est célèbre pour ses nombreux miracles, notamment des guérisons d'aveugles et de possédés.
Biographie
SAINT PHAL, OU FIDOLUS,
ABBÉ D'ISLE, EN CHAMPAGNE
Le Seigneur s'est présenté à moi et m'a fortifié... et m'a délivré de tout mal et me gardera pour son royaume céleste. II Tim., IV, 18.
Saint Phal était d'Auvergne, et probablement de Clermont, où son père exerçait la charge de sénateur, ce qui revenait au titre de gouverneur de la province. Jeune encore, il s'était consacré au service des autels, pour lequel il fallait du courage et de la constance dans un pays occupé par les Wisigoths et infecté d'arianisme : car c'était vers le commencement du VIe siècle, au temps où Alaric II, dont Poitiers était le séjour habituel, régnait sur la première et la deuxième Aquitaine. Ce prince ayant été tué par Clovis en 507, dans les champs de Voulon, le vainqueur n'eut rien de plus pressé que d'envoyer son fils Théodoric s'emparer du Quercy, du Rouergue et de l'Auvergne, pendant que lui-même s'affermissait dans le Poitou. La conquête de ces trois provinces ne se fit pas sans résistance : elle fut signalée par de cruels incendies et de vastes ruines. Beaucoup de prisonniers furent pris indistinctement dans toutes les classes, et parmi eux se trouva le fils, jeune encore, du gouverneur des Arverni.
La Providence a des voies miraculeuses pour les hommes qu'elle destine à de grandes choses, et ce n'en était pas une petite de travailler alors à former les sociétés modernes, à implanter le christianisme chez elles comme l'infaillible germe de leur civilisation. Dieu se plut donc une fois encore à manifester ses desseins sur un coin du monde en révélant à un de ses serviteurs la captivité du jeune patricien.
16 MAI.
Un vieux solitaire, nommé Aventin, après avoir été cellérier de Camélius, évêque de Troyes, s'était caché à deux lieues au sud de cette ville, dans une île formée par les sinuosités de la Seine et de l'Oze. Entouré de nombreux disciples, dont il dirigeait la vie religieuse, il y avait fondé un monastère, célèbre plus tard sous le nom d'Isles-Aumont, et s'y appliquait à la pratique des plus austères vertus. Un jour qu'il était en prières, il fut averti dans une vision que bientôt arriverait près du couvent un jeune homme nommé Fidolus, emmené captif de son pays; qu'il eût à le racheter, et le reçût parmi ses frères pour y embrasser la vie commune. Aventin était encore absorbé dans ces pensées lorsque tout à coup vint à passer devant la porte de sa cellule une troupe de jeunes prisonniers. C'était l'élite de la jeunesse auvergnate, victime de la guerre, et qu'on dirigeait, par la Champagne, selon le caprice de ceux qui les avaient achetés. L'abbé s'empressa de savoir s'il n'y avait point parmi eux quelqu'un qui se nommait Fidolus, et, sur l'assurance qu'on ne lui refuserait pas le jeune clerc s'il voulait le racheter à ce titre, Aventin donna pour lui douze pièces d'or, et le pauvre esclave devint son fils spirituel. Celui-ci ne tarda pas à laisser voir quel trésor de sainteté recélait son âme déjà expérimentée dans les choses de Dieu. Aussi Aventin le regardait moins comme un disciple que comme un maître; si bien que, l'ayant fait honorer du caractère sacerdotal, il lui confia la charge de prévôt ou prieur, l'élevant par là à la première dignité du monastère après la sienne. Le Saint ne fit que se perfectionner en s'acquittant de ces graves obligations, et donna de plus en plus l'exemple de la régularité dans un égal amour du travail et de la pénitence. Une telle conduite ne put qu'augmenter le respect et la confiance de ses frères, et ils lui en donnèrent un témoignage non moins éclatant qu'unanime.
Aventin s'était fait vieux. Craintif devant l'approche des jugements de Dieu et la responsabilité de sa conscience, il souhaitait de s'en décharger en quittant les soins de la vigilance pastorale, et quand il annonça à la communauté cette détermination bien arrêtée, il n'y trouva qu'une voix pour appeler au gouvernement qu'il abandonnait le saint homme sur lequel il avait lui-même fixé son choix. Ce ne fut pas sans de longues résistances que Phal consentit à prendre le fardeau; mais cette humilité même devenait une garantie que Dieu l'aiderait à le porter. Il en fit durer la preuve autant que sa vie; et pendant que son père spirituel achevait la sienne dans une plus étroite solitude, où s'éleva bientôt après le village de Saint-Aventin, saint Phal, continuant sa propre sanctification dans celle des autres, arriva au terme de sa carrière, qu'il acheva le 16 mai, vers l'an 540, après plus de trente ans passés dans la vie monastique. D'après les dates qui semblent préférables, il devait avoir atteint à peine à sa soixantième année. Sa vie sainte, humble et mortifiée lui avait mérité le don des miracles en ce monde et le ciel en l'autre. Des miracles, il en fit sans nombre : il rendit la vue à deux aveugles en faisant sur eux le signe de la croix; par une oraison de trois jours, il guérit un enfant débile du nom d'Octavien; il rendit aussi la santé à un homme malade de la rage et qui se déchirait lui-même avec ses dents.
SAINT PHAL OU FIDOLUS, ABBÉ D'ISLE, EN CHAMPAGNE. 567
Événements marquants
- Capturé lors de la conquête de l'Auvergne par Théodoric en 507
- Racheté de l'esclavage par Saint Aventin pour douze pièces d'or
- Entrée au monastère d'Isles-Aumont
- Élévation au sacerdoce et nomination comme prévôt
- Élection comme abbé à la suite d'Aventin
- Gouvernement du monastère pendant plus de trente ans
Miracles
- Rend la vue à deux aveugles par le signe de la croix
- Guérison de l'enfant Octavien après trois jours d'oraison
- Guérison d'un homme atteint de la rage
Citations
Le Seigneur s'est présenté à moi et m'a fortifié... et m'a délivré de tout mal et me gardera pour son royaume céleste.