Saint Robert de Bingen

Confesseur

Fête : 15 mai 9ᵉ siècle • saint

Résumé

Fils d'une mère chrétienne et d'un duc païen, Robert se distingua dès son enfance par une charité exceptionnelle envers les pauvres. Après un pèlerinage à Rome et une vie dédiée au service des malades et à la construction d'églises, il mourut à l'âge de vingt ans sous le règne de Louis le Débonnaire. Sa vie fut relatée par sainte Hildegarde de Bingen.

Biographie

S. ROBERT, CONFESSEUR DANS LE DIOCÈSE DE MAYENCE (IXe s.).

L'aïeul maternel de saint Robert était originaire de la Lorraine, et avait de riches possessions près de Bingen, là où la Nahe se jette dans le Rhin, au-dessous de Mayence. Il vivait du temps de Charlemagne, il était considéré parmi les princes de ce temps, et il maria sa fille Berthe, la mère de notre Saint, à un duc païen, nommé Robolaus, homme d'un caractère grossier et d'une mauvaise conduite. Berthe reçut en dot les biens que son père possédait sur le Rhin.

Robert n'avait que trois ans, lorsque son père mourut dans un combat contre les chrétiens. Berthe passa le reste de ses jours dans une continence parfaite, et consacra tous ses soins maternels à son jeune fils, qui avait reçu beaucoup de dons de la grâce, et qui, à l'âge de sept ans, demanda de son propre mouvement à être instruit dans les sciences.

Depuis ce temps, on remarqua en lui la plus tendre charité envers les pauvres : quand il rencontrait des enfants indigents, il les amenait à sa mère, en disant : « Ma mère, voilà tes enfants ! » et alors Berthe, les accueillant avec bonté, répliquait : « Mon fils, voilà tes frères ».

Un autre trait de la vie du pieux enfant mérite aussi que nous le citons. Il n'avait que douze ans, lorsque Berthe lui fit part du projet qu'elle avait de faire bâtir une église en l'honneur de Dieu. « Ne faites pas cela, ma mère », repartit Robert, « observons d'abord les paroles du Saint-Esprit ; car le Prophète dit : Faites part de votre pain à celui qui a faim, et faites entrer dans votre maison les pauvres et ceux qui n'ont où se retirer. Lorsque vous verrez un homme nu, rendez-le ; et ne méprisez point votre propre chair ».

La mère, touchée par ces paroles, éleva quelques maisons pour les pauvres et les infirmes.

Il se vota pendant trois ans au service des malheureux et des malades ; il lavait les pieds aux pauvres et s'acquittait avec joie des emplois les plus bas. Après cela, il prit la résolution de quitter la maison paternelle, de renoncer à tous les biens temporels et de se consacrer, à l'exemple de saint Alexis, au service du Seigneur, dans des pays étrangers.

Sa mère, qui l'aimait tendrement, craignant que son fils, dans un âge aussi tendre encore, ne tombât dans les pièges du monde et de l'ennemi des hommes, employa les prières et les larmes pour le détourner de son projet, et le pria de faire à Dieu le sacrifice de son cœur, sans se séparer d'elle. Elle lui accorda cependant la permission de faire un pèlerinage aux tombeaux des saints Apôtres, où il s'arrêta, en effet, pendant quelque temps, se livrant à de ferventes prières et à d'austères pénitences.

Après son retour auprès de sa pieuse mère, il passa encore quelques années dans l'exercice de toutes les vertus ; il bâtit plusieurs églises et mourut saintement à l'âge de vingt ans, sous le règne de Louis le Débonnaire. Son corps reposait à côté de celui de sa mère, dans le couvent de femmes élevé en son honneur sur le Mont-Robert (Rupert's-bergé), près de Bingen, sur la rive gauche de la Nahe.

Tiré de Renz et Weiss, p. vi, p. 459. Voyez la Vie du Saint, écrite par sainte Hildegarde. Cette Vie fut publiée par le jésuite Basée, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Mayence, par Nicolas Serratus, in t. Rerum Mogunt., c. 35 ; traduite en allemand, par Jacques Kobel, secrétaire de la ville d'Uppenheim, sur le Rhin, à quatre lieues au-dessus de Mayence, en 1524. Voyez Tritème, de scriptor. excl. in Chron. Spanheim, ad ann. 1149, et in Chron. Hirsenplend., ad ann. 1150 ; Henschoulus, t. iii mai, p. 503 ; Johannis, Rerum Mogunt., t. i, p. 106, c. 83, et le Proprium Mogunt., ad 15 mai. — Godescard, édition de Bruxelles.

Événements marquants

  • Mort de son père Robolaus alors qu'il a trois ans
  • Début de son instruction à l'âge de sept ans
  • Consécration au service des pauvres et des malades pendant trois ans
  • Pèlerinage aux tombeaux des saints Apôtres à Rome
  • Construction de plusieurs églises
  • Mort précoce à l'âge de vingt ans

Citations

Ma mère, voilà tes enfants !

— Paroles de Robert enfant présentant des indigents à sa mère

Date de fête

15 mai

Époque

9ᵉ siècle

Décès

IXe siècle, à l'âge de vingt ans, sous le règne de Louis le Débonnaire (naturelle)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Rupert (de)

Prénoms dérivés

Robert, Rupert

Famille

  • Berthe (mère)
  • Robolaus (père)
  • Anonyme (originaire de Lorraine) (aïeul maternel)