Saint Sabinien de Condat

Diacre et Moine de Condat

Fête : 23 decembre 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Diacre et moine au monastère de Condat au Ve siècle, Sabinien s'illustra par sa foi inébranlable et sa chasteté. Disciple de saint Romain, il affronta victorieusement les embûches du démon, qu'il s'agisse de bêtes venimeuses ou de visions tentatrices. Il mourut vers 480, laissant le souvenir d'un religieux exemplaire.

Biographie

SAINT SABINIEN, DIACRE, MOINE DE CONDAT,

AU DIOCÈSE DE SAINT-CLAUDE

de ses morsures en continuant leur travail, cherchèrent à découvrir le monstre, et passèrent ainsi une partie de la journée sans oser remettre la main à l'ouvrage. Alors se manifesta la foi du saint diacre Sabinien. « Pourquoi », leur dit-il, « interrompre ainsi notre travail, et craindre encore ce reptile, qui servit autrefois d'enveloppe au tentateur des hommes ? » Puis il pria un des frères de faire sur ses pieds et ses mains le signe sacré de la croix du Seigneur, et, armé de ce signe tout-puissant, Sabinien entra aussitôt sans crainte dans le lieu même où s'était enfoncé le serpent. « Voyons maintenant », dit-il en s'adressant au démon, dont le monstre n'était à ses yeux que l'instrument, « toi qui nous dresses continuellement des embûches, je ne crains plus tes morsures et je te foule aux pieds ». Les frères admiraient sa foi et son courage, et se disaient les uns aux autres : « Vraiment, notre lévite est du nombre de ceux à qui le Sauveur a fait de si belles promesses dans l'Évangile en leur disant : Voici que je vous donne puissance de marcher sur les serpents et sur les scorpions, et sur toute la force de l'ennemi, et rien ne vous nuira ».

Les moines de Condat avaient à lutter contre les éléments, contre les difficultés de la nature, pour défricher et faire fructifier un pays aussi sauvage que la région qu'ils habitaient. On voit qu'ils faisaient, à leur manière, les endiguements nécessaires pour utiliser les cours d'eau de la vallée. Sous la direction de saint Romain et de saint Lupicin, ils appropriaient à la culture de vastes terrains jusque-là déserts. Mais les obstacles naturels n'étaient pas les seuls qu'ils eussent à combattre. Dieu, qui permit aux génies du mal de s'asseoir un jour parmi les anges, laisse aussi quelquefois ces esprits de ténèbres s'introduire ici-bas, même d'une manière visible, parmi ses serviteurs et ses élus, pour les tenter et éprouver leur vertu, afin de la rendre plus glorieuse. C'est ainsi que Sabinien, dans son humble cellule, fut en butte aux plus violentes attaques du démon, qui le tourmentait la nuit et le jour, ne lui laissant quelquefois, dit son biographe, pas même un seul instant de repos. Il lui faisait souffrir toutes sortes d'incommodités, agitant et ébranlant sa demeure, et l'effrayant par des visions monstrueuses. Mais, comme un autre Antoine, le saint diacre lui opposait la vigilance et la prière. Soutenu par la foi la plus vive, il chassait l'esprit impur en invoquant le nom de Jésus-Christ.

La vertu qui brillait surtout dans Sabinien, c'était une inaltérable chasteté. L'ennemi des hommes, jaloux d'une vie si pure, essaya de le séduire par les attraits de la sensualité. Il présentait à Sabinien les images les plus lascives, les fantômes les plus voluptueux. Mais le saint diacre armait son cœur du bouclier de la prière, et dédaignait les voluptés dont le tentateur cherchait à éveiller le désir dans son âme. « Quoi que tu fasses », disait-il, « ô ennemi de nos âmes, le Christ me soutient, et tu ne saurais triompher de ma constance. Mon cœur est protégé par l'étendard de la Passion du Sauveur, et tu ne pourras le corrompre par le plaisir, ni l'abattre par la terreur ». L'historien ajoute que plusieurs fois le démon apparut visiblement au serviteur de Dieu, pour le tenter et le tourmenter, et qu'un jour même, voulant le décourager et le pousser à bout, il le frappa si violemment sur la joue, qu'il en fut tout blessé et meurtri ; que le lendemain, lorsque Sabinien se rendit au monastère, il raconta aux autres frères ce qui lui était arrivé, répandit l'huile sainte sur sa blessure, et retourna ensuite à sa cellule, où le démon n'essaya plus de le tourmenter dans la suite.

Saint Sabinien mourut à Condat, vers l'an 480, suivant Chastelain, qui indique sa fête au 23 décembre.

23 DÉCEMBRE.

Son souvenir resta en vénération parmi ses frères, et son nom fut inscrit, avec le titre de Saint, dans le calendrier du martyrologe du Jura, au 10 des calendes de janvier (23 décembre). Il est mentionné également dans les Bollandistes au 23 et au 28 février. La chronique rimée de Condat le cite, avec le titre de Saint, comme ayant brillé par ses miracles, sa science et ses vertus, avec un autre disciple de saint Romain, le bienheureux Pallade.

Extrait des Saints de Franche-Comté, par les professeurs du collège Saint-François-Xavier de Besançon.

Événements marquants

  • Entrée au monastère de Condat sous saint Romain et saint Lupicin
  • Affrontement d'un serpent par le signe de la croix lors de travaux de défrichement
  • Résistance aux tentations et visions démoniaques dans sa cellule
  • Agression physique par le démon qui le blesse à la joue
  • Guérison par l'huile sainte

Miracles

  • Neutralisation d'un serpent dangereux par le signe de la croix
  • Guérison d'une blessure infligée par le démon grâce à l'huile sainte

Citations

Voici que je vous donne puissance de marcher sur les serpents et sur les scorpions, et sur toute la force de l'ennemi, et rien ne vous nuira

— Évangile (cité par les frères)

Mon cœur est protégé par l'étendard de la Passion du Sauveur, et tu ne pourras le corrompre par le plaisir, ni l'abattre par la terreur

— Saint Sabinien

Date de fête

23 decembre

Époque

5ᵉ siècle

Décès

vers l'an 480 (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

protection contre les tentations démoniaques, protection contre les serpents

Prénoms dérivés

Sabinien