Saint Séraphin de Monte-Granaro
Frère laïc de l'Ordre des Capucins
Résumé
Né en 1540 en Italie, Félix devint frère laïc capucin sous le nom de Séraphin après une jeunesse de labeur et de patience face aux mauvais traitements de son frère. Reconnu pour son humilité profonde, sa charité envers les pauvres et ses dons de prophétie, il vécut quarante-six ans dans l'ordre avant de mourir en 1604.
Biographie
SAINT SÉRAPHIN DE MONTE-GRANARO,
FRÈRE LAÏC DE L'ORDRE DES CAPUCINS (1604).
L'année 1540 vit naître à Monte-Granaro, dans la Marche d'Ancône, saint Séraphin. Ses parents étaient dénués des biens de la fortune, mais riches en vertu. Sa mère surtout était si pieuse que tout le monde l'admirait et que les femmes se la proposaient pour modèle. Elle déposa dans le cœur de son fils les germes de toutes les vertus, et Félix, comme on l'avait nommé au Baptême, eut répondu aux soins que se donnait sa mère pour le former à la vertu. On ne voyait dans son extérieur et sa conduite rien de puéril. Il aimait la prière, et, connaissant déjà le prix du temps, il n'en laissait perdre aucune parcelle.
Son père, pauvre maçon, plaça de bonne heure son fils chez un paysan pour garder les bestiaux. Le jeune serviteur de Dieu eut dès lors tout le temps de se livrer à la prière. Il avait gravé une croix sur un chêne, et devant cette croix il passait des heures en adoration; ce qui ne l'empêchait pas de remplir son emploi avec la plus grande fidélité. Le soir, quand il était rentré, il prenait peu de nourriture, et, après avoir donné quelques heures au sommeil, il se levait et passait le reste de la nuit à converser avec son Sauveur.
Le temps des épreuves était venu. La mort venait de lui ravir son père. Obligé de rentrer à la maison paternelle, il eut à obéir à son frère dont le caractère était violent et colère. Ce frère était maçon: il voulut apprendre ce métier à Félix, et, sans pitié pour son âge, il le traita comme une bête de somme, sans qu'une plainte soit jamais de la bouche de celui qui était l'objet de tant de duretés. Cette situation se prolongea pendant plusieurs années.
A seize ans, ayant entendu lire le livre de Denis le Chartreux sur les fins dernières, Séraphin prit la résolution, pour sauver son âme et échapper aux dangers que l'on court dans le monde, d'entrer chez les Capucins. Il se rendit au couvent de Tolentino où il prit le nom de Séraphin, sous lequel il est connu. Il avait dix-huit ans, et il comprit qu'il n'était pas entré dans un Ordre religieux pour pratiquer la vertu, mais pour atteindre à la perfection. Il fit des progrès si rapides que ses frères en étaient étonnés. Au bout d'un an il fut admis à prononcer ses vœux. Ce fut pour lui l'occasion d'une telle joie que ce jour-là il baisait les pieds de tous les Pères.
Dès lors il s'appliqua à établir en lui une pureté parfaite de conscience et à éviter tout ce qui pourrait la ternir; il redoutait les péchés les plus légers et les avait en horreur. En récompense il obtint en abondance les lumières du ciel et devint bientôt fort habile dans la science des Saints. Il avait le cœur embrasé des flammes de l'amour divin, et, un jour que pendant une récréation on l'obligea de monter en chaire pour adresser la parole à ses frères, il sut trouver de tels accents que les religieux touchés et émerveillés bénirent Dieu de ce qu'il avait donné une foi si vive et tant de ferveur à ce pauvre frère. L'amour de Dieu était sa vie; il aurait voulu donner son sang pour prouver à Dieu son amour; il sollicita la faveur d'aller dans les pays infidèles pour y souffrir le martyre, mais ses supérieurs ne crurent pas devoir lui accorder cette faveur et priver leur communauté de ce modèle de vertus.
Une charité sincère pour le prochain accompagnait l'amour qu'il avait pour Dieu. Il était affable, bienveillant pour tout le monde et toujours disposé à rendre service. Mais c'étaient surtout les pauvres qui avaient la plus grande part à son affection. Il mettait en œuvre tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour les soulager, et pour cela il se privait souvent du nécessaire. Une famine étant survenue, il se contenta de quatre onces de pain par jour, afin de pouvoir donner davantage à ceux qui avaient faim.
Dieu, en récompense de ses vertus, lui accorda le don des miracles; il connaissait l'avenir et lisait dans le secret des cœurs; mais, comme son humilité était grande, il mettait tout en œuvre pour cacher les prodiges qu'il opérait. Sa réputation de sainteté devint telle que ses supérieurs furent obligés de lui ôter la charge de quêteur, parce que, quand il sortait, la foule se pressait sur ses pas et coupait des morceaux de son manteau.
Il fut averti de sa mort et l'annonça à ses frères. Il avait soixante-quatre ans, quand il expira, le 12 octobre 1604, après avoir édifié pendant quarante-six ans l'Ordre des Capucins. Il s'opéra de nombreux prodiges à son tombeau. En 1610, le pape Paul V permit aux habitants d'Ascoli de lui rendre un culte public, et Clément XIII le canonisa le 16 juillet 1767.
Cf. Conférence de Grésecourt: Acta Sanctorum, tome VI d'octobre; Vie de saint Séraphin, par le P. Pierre-Benoît Giovanni, capucin.
Événements marquants
- Naissance à Monte-Granaro en 1540
- Travail comme berger puis apprenti maçon sous la tutelle de son frère
- Entrée au couvent des Capucins de Tolentino à 18 ans
- Profession des vœux religieux après un an de noviciat
- Désir de martyre en pays infidèles (refusé par ses supérieurs)
- Canonisation par Clément XIII le 16 juillet 1767
Miracles
- Don de prophétie (connaissance de l'avenir)
- Lecture dans le secret des cœurs
- Prodiges opérés à son tombeau