Saint Serenus (Cerneuf)

Jardinier, Martyr

Fête : 23 fevrier 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Grec d'origine, Serenus se retira à Sirmium pour vivre en jardinier chrétien. Dénoncé calomnieusement par une femme qu'il avait réprimandée pour son impudeur, il confessa sa foi devant le gouverneur. Il fut décapité en 307 et ses reliques furent plus tard transférées à Billom en Auvergne.

Biographie

SAINT SERENUS OU CERNEUF, JARDINIER, MARTYR

Dichoum, honus, in clientes secca rorem. Bon jardinier, appelez sur nous la rosée divine. Hymne des Matines de l'office de saint Cerneuf.

Serenus, grec de naissance, quitta ses biens, ses amis et sa patrie, pour aller servir Dieu dans la solitude, c'est-à-dire pour vivre dans le célibat et dans les exercices de la prière et de la pénitence. Il vint à Sirmium, en Panonie, où il acheta un jardin qu'il cultivait lui-même et dont les fruits et les légumes fournissaient à sa subsistance. La persécution s'étant allumée, il se cacha, dans la crainte d'être arrêté ; mais au bout de quelque temps, il revint à son jardin. Un jour qu'il était occupé à son travail, une femme, accompagnée de deux jeunes filles, entra comme pour se promener. « Que cherchez-vous ? » lui dit Serenus en l'apercevant. — « Je suis enchantée de votre jardin », répondit-elle, « et je suis venue dans le dessein de m'y promener ». — « Une femme de votre condition », répliqua Serenus, « ne se promène point à pareille heure ; vous devriez être actuellement chez vous. Il est certain qu'un autre motif que celui de la promenade vous amène ici. Je ne suis pas tel que vous le pensez ; ainsi sortez au plus tôt, et soyez désormais plus attentive à garder la retenue, j'exige votre sexe ».

Cette femme, piquée des remontrances du Saint, se retira couverte de confusion, et bien résolue de se venger ; elle écrivit donc à son mari, qui était dans les gardes de l’empereur Maximien, pour se plaindre à lui d’une prétendue violence que Serenus lui avait faite. Le mari, ayant reçu cette lettre, va trouver l’empereur et lui demande justice pour son honneur outragé. « Seigneur », lui dit-il, « pendant que notre vie se consume à votre service, nos femmes séparées de nous se trouvent exposées à l’insolence d’un corrupteur ». Le prince lui donne un rescrit adressé au gouverneur de la province, auquel il est enjoint de faire donner à ce mari insulté toutes sortes de satisfactions. Le mari part pour Sirmium, présente le rescrit au gouverneur et le prie de venger l’outrage qu’il a reçu en la personne de sa femme. « Eh ! quel est l’insolent », dit le gouverneur, « qui a osé attenter à l’honneur d’une femme dont le mari aborde de si près la personne de l’empereur ? » — « C’est », répondit l’officier, « un misérable jardinier nommé Serenus ». Le gouverneur l’envoya chercher aussitôt ; et lorsqu’il fut arrivé, il commença par lui demander son nom. « Je m’appelle Serenus », répondit-il. — LE GOUVERNEUR. « Quelle est votre profession ? » — SERENUS. « Je suis jardinier ». — LE GOUVERNEUR. « Comment avez-vous eu l’audace d’insulter la femme d’un officier de cette distinction ? » — SERENUS. « Jamais il ne m’est arrivé d’insulter aucune femme ». — LE GOUVERNEUR. « Qu’on lui donne la question pour lui faire avouer le crime qu’il a commis dans son jardin ». — SERENUS. « Je me souviens qu’une dame vint, il y a quelque temps, dans mon jardin à une heure indue, dans le dessein, disait-elle, de s’y promener. Il est vrai que je pris la liberté de lui remontrer qu’il n’était pas décent à une personne de son sexe et de sa qualité de sortir de chez elle à pareille heure ». Ce discours ouvrit les yeux au mari sur la conduite de sa femme ; il sortit couvert de confusion, sans presser davantage le gouverneur de le venger d’un homme dont il voyait l’innocence.

Cependant le gouverneur, frappé de la réponse de Serenus, vit que c’était un homme de bien ; et considérant d’ailleurs que loin de se rendre coupable, il avait repris cette femme avec une généreuse liberté, il le soupçonna d’être chrétien. Il continua donc de l’interroger pour s’éclaircir sur ce point. « Qui êtes-vous », lui dit-il, « et quelle est votre religion ? » — « Je suis chrétien », repartit Serenus sans hésiter un moment. — LE GOUVERNEUR. « Où vous êtes-vous caché, et comment avez-vous pu vous dispenser de sacrifier aux dieux ? » — SERENUS. « Il a plu au Seigneur de me réserver pour ce temps-ci. Il semblait m’avoir rejeté comme une pierre peu propre à entrer dans son édifice ; mais il a la bonté de me reprendre aujourd’hui pour m’y placer. Au reste, je suis prêt à souffrir tout pour son nom, afin qu’il me reçoive dans son royaume avec ses Saints ». — « Eh bien », lui dit le gouverneur en colère, « puisque vous avez voulu éluder par la fuite les édits des empereurs et que vous vous êtes caché afin de ne pas sacrifier aux dieux, pour réparation de ces crimes, vous aurez la tête tranchée ». A peine cette sentence eut-elle été prononcée que le Saint fut enlevé et conduit au lieu du supplice, où il eut la tête tranchée le 23 février 307.

Les reliques de saint Serenus furent quelques temps après apportées à Billom par Juvénal, évêque d’Auvergne. Le lieu où elles furent d’abord déposées s’appela Jardin-Saint-Cerneuf. Plus tard, elles furent placées dans l’église Notre-Dame : elles ont péri par le malheur des temps. Néanmoins la mémoire de saint Serenus ou Cerneuf, comme on dit en Auvergne, est restée célèbre à Billom. Il y avait autrefois, dans cette ville, une église collégiale du nom de Saint-Cerneuf : c’est aujourd’hui l’église paroissiale.

628 23 FÉVRIER.

On invoque saint Serenus pour le beau temps. Est-ce un jeu de mots ou est-ce en souvenir de sa profession de jardinier pour laquelle il avait besoin d'un temps favorable? Nous préférons cette dernière explication.

L'ancien Martyrologe attribué à saint Jérôme, et publié à Lucques par Florentinius, joint notre Saint à soixante-deux autres chrétiens qui souffrirent à Sirmium en différents temps; mais les autres Martyrologes, et surtout le romain, n'en comptent que cinquante-deux.

Tiré de ses Actes sincères, publiés par D. Ruinart.

Événements marquants

  • Départ de Grèce pour servir Dieu dans la solitude
  • Installation à Sirmium comme jardinier
  • Confrontation avec une femme dans son jardin
  • Dénonciation calomnieuse auprès de l'empereur Maximien
  • Interrogatoire par le gouverneur et profession de foi chrétienne
  • Décapitation

Citations

Je suis chrétien. Il a plu au Seigneur de me réserver pour ce temps-ci. Il semblait m’avoir rejeté comme une pierre peu propre à entrer dans son édifice ; mais il a la bonté de me reprendre aujourd’hui pour m’y placer.

— Réponse au gouverneur

Date de fête

23 fevrier

Époque

4ᵉ siècle

Décès

23 février 307 (martyre)

Catégories

Invoqué(e) pour

le beau temps

Autres formes du nom

  • Cerneuf (fr)
  • Serenus (la)

Prénoms dérivés

Serenus, Cerneuf