Saints Baronce et Dizier

Ermites

8ᵉ siècle • saints

Résumé

Gentilhomme du Berry sous Thierry III, Baronce quitte la vie mondaine pour l'abbaye de Lourey. Après une vision célèbre de l'au-delà où saint Pierre le défend contre les démons, il s'exile en Italie. Il finit ses jours comme ermite près de Pistoia avec son compagnon Dizier.

Biographie

SAINTS BARONCE ET DIZIER, ERMITES (700).

Du temps du roi Thierry III vivait un gentilhomme du Berry, nommé Baronce, qui, après avoir passé quelques années dans le mariage, et avoir eu entre autres enfants un fils nommé Agload, fut touché de Dieu par une grâce, dont la lumière lui découvrit la vanité du monde et la solidité des biens éternels, et lui fit prendre la résolution de ne plus penser qu'à son salut.

Il ne fut pas long sans s'apercevoir de la difficulté qu'il y aurait à bien exécuter son dessein, en demeurant dans le cours ordinaire de la vie du siècle, où il trouvait incessamment les objets qui l'avaient autrefois porté à offenser Dieu : de sorte que, pour commencer sa pénitence par le retranchement des occasions du péché, il se retira avec son fils Agload dans l'abbaye de Lourey ou Saint-Cyrun, au diocèse de Bourges, aujourd'hui de Nevers.

S'étant consacré à Dieu sous la discipline de cette maison, il y donna bientôt toutes les marques d'une conversion sincère, par la ferveur avec laquelle il s'acquittait de tous les exercices de la vie religieuse et pénitente.

Un jour, au sortir des Matines, il tomba dans un évanouissement ou une apoplexie qui le tourmenta d'abord par de grandes douleurs, et qui, lui ayant ensuite fait perdre le sentiment et intercepté la respiration, donna lieu de croire aux religieux qu'il était mort, ou qu'il allait mourir. Ils se divisèrent par bandes ; et, se succédant les uns aux autres, ils récitèrent des prières dans sa chambre, comme on a coutume d'en user devant les agonisants ou les corps morts. Baronce demeura en cet état d'immobilité jusqu'au lendemain matin.

Vers le point du jour il revint à lui, et dit trois fois : Gloire soit à vous, Seigneur. Ce retour surprit et réjouit en même temps ceux qui étaient présents ; et, après qu'on eut rendu grâces à Dieu pour sa guérison, il raconta à la communauté ce qui s'était passé dans son imagination durant son extase.

Selon ce qu'il avait cru voir, deux démons l'avaient pris à la gorge, et l'avaient tourmenté jusqu'à l'heure de tierce. Ensuite il lui avait semblé que l'ange Raphaël étant venu à son secours, lui avait détaché l'âme du corps pour la mener vers le ciel, où il lui avait fait voir quelques Bienheureux qu'il avait connus sur la terre ; qu'ayant paru devant saint Pierre, patron de Lourey, les démons l'avaient accusé de plusieurs péchés qu'il avait effectivement commis dans le siècle ; mais que l'Apôtre, prenant sa défense, avait déclaré qu'ils étaient expiés par ses aumônes, par sa confession au prêtre, par sa pénitence, et par sa profession religieuse ; que saint Pierre ayant chassé les démons, ordonna à deux enfants vêtus de blanc de lui faire voir les supplices de l'enfer, et de le ramener ensuite à son monastère ; et qu'il lui recommanda de ne plus tomber dans les fautes qu'il avait commises avant sa conversion, de distribuer aux pauvres le reste du bien qu'il avait réservé dans le monde, et de demeurer fidèle à sa vocation.

Baronce accompagna ce récit de beaucoup de circonstances fort extraordinaires ; ce qui porta l'un des religieux qui l'entendirent, à prendre la plume aussitôt pour en dresser une relation historique, qui subsiste encore aujourd'hui.

Cette vision fit néanmoins tant d'impression sur l'esprit de Baronce, que, pressé du désir de tendre à une plus grande perfection, il demanda permission à son abbé de quitter le pays, et d'aller chercher un désert hors du royaume. On eut peine à la lui accorder : mais, l'ayant obtenue enfin après de longues instances, il alla à Rome visiter le tombeau de saint Pierre, en reconnaissance de la grâce qu'il avait reçue de Dieu par son entremise, et il se retira ensuite dans le territoire de Pistoia, en Toscane, où il bâtit une cellule entre deux montagnes. Il vécut là comme une personne qui n'aurait point été de ce monde, qui n'aurait nulle attache à la terre, nulle liaison avec les hommes. Sa prière était continuelle, et il jouissait par avance de la présence de Dieu et des objets célestes par la contemplation.

Le soin qu'il prit de se cacher n'empêcha pas qu'il ne fût bientôt connu. Sa réputation attira près de lui un saint solitaire du voisinage, nommé Dizier, qui voulut profiter de ses exemples. Bientôt après, quatre jeunes hommes, touchés fortement du désir de se sauver, se joignirent à eux et se soumirent à la discipline de saint Baronce. Ayant bâti une église, ils servirent Dieu ensemble dans les exercices de la prière et de la pénitence ; et, joignant tous les avantages de la vie cénobitique à ceux de l'institut des anachorètes les plus retirés, ils parvinrent en peu de temps à un degré éminent de vertu.

Saint Baronce mourut le premier, et fut enterré dans leur église. Dizier le suivit quelques années après, et Dieu appela ensuite les quatre qui restaient, à quelque distance les uns des autres. Ils furent tous ensevelis dans le même lieu avec beaucoup d'honneur : et les miracles qui se firent à leur tombeau servirent beaucoup à confirmer la persuasion que l'on avait de leur sainteté.

D'après Baillet.

Événements marquants

  • Mariage et naissance de son fils Agload
  • Conversion et entrée à l'abbaye de Lourey
  • Extase mystique et vision du ciel et de l'enfer après un évanouissement
  • Pèlerinage à Rome au tombeau de saint Pierre
  • Retraite érémitique dans le territoire de Pistoia
  • Fondation d'une communauté avec Dizier et quatre jeunes hommes

Miracles

  • Vision extatique du ciel, de l'enfer et du jugement de son âme
  • Miracles posthumes constatés au tombeau

Citations

Gloire soit à vous, Seigneur.

— Paroles de Baronce à son réveil d'extase

Époque

8ᵉ siècle

Décès

vers 700 (naturelle)

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Barontius (la)
  • Desiderius (la)
  • Dizier (fr)

Prénoms dérivés

Baronce, Dizier

Famille

  • Agload (fils)