Saint Alype de Tagaste

Évêque de Tagaste et Confesseur

Fête : 19 aout 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Disciple et ami intime de saint Augustin, Alype fut d'abord attiré par les jeux du cirque et le manichéisme avant sa conversion. Baptisé à Milan en 387, il devint évêque de Tagaste et seconda activement Augustin dans ses luttes doctrinales. Il est reconnu pour son intégrité de juge et son zèle apostolique.

Biographie

SAINT ALYPE,

ÉVÊQUE DE TAGASTE EN AFRIQUE ET CONFESSEUR

Gratia Dei non convertimur nisi et nostra voluntate convertamur. La grâce de Dieu ne nous convertit que si nous nous convertissons aussi de notre propre volonté. Glossa super Jeremium.

Alype, issu d'une famille illustre, était de Tagaste en Afrique. Il étudia la grammaire et la rhétorique, d'abord dans sa patrie, puis à Carthage, sous saint Augustin, son compatriote ; et s'il cessa de prendre ses leçons, ce ne fut qu'à cause de la mauvaise intelligence qui survint entre son père et son maître. Il conserva cependant toujours beaucoup de respect et d'affection pour saint Augustin ; et celui-ci aimait aussi tendrement son disciple, parce qu'il remarquait en lui une inclination singulière à la vertu.

Cependant Alype se laissa aller à l'amour des divertissements du cirque pour lesquels les habitants de Tagaste étaient passionnés. Saint Augustin en fut vivement affligé ; ne l'ayant plus au nombre de ses disciples, il n'était pas à portée de lui donner de sages avertissements. Il le vit cependant un jour entrer dans son école, pour écouter ses leçons, comme il l'avait déjà fait à l'insu de son père. Voulant alors faire entendre plus clairement un passage qu'il expliquait, il emprunta une comparaison des jeux du cirque, et lança des railleries piquantes contre ceux qui se laissaient emporter à une telle manie. Il ne pensait point à Alype dans le moment. Mais celui-ci crut qu'on l'avait eu en vue, et comme il était fort bien né, il ne se fâcha point contre Augustin et l'en aima au contraire davantage. Se condamnant donc lui-même, il se retira du gouffre dans lequel il prenait plaisir à s'abîmer, et n'alla plus au cirque.

Alype obtint ensuite de son père la permission de retourner dans l'école de saint Augustin. Il embrassa depuis avec son maître les superstitions des Manichéens. Il s'en était laissé imposer par l'amour prétendu que ces hérétiques affectaient pour la continence. Tels sont les charmes de cette vertu que son ombre seule se fait aimer et respecter.

Pendant que notre Saint était à Carthage, un voleur entreprit de couper avec une cognée des barreaux de plomb qui avançaient dans la rue : on accourut au bruit qu'il faisait. Craignant d'être arrêté, il laissa là sa cognée et prit la fuite. Alype, qui passa par hasard et qui ne savait point la cause du tumulte, vit la cognée par terre et la ramassa. On se saisit aussitôt de sa personne, on le traita comme le véritable voleur, et l'on se mit en devoir de le mener devant le juge. Tandis qu'on le conduisait en prison, passa l'architecte qui avait soin des bâtiments publics. Il se chargea de prouver l'innocence d'Alype, et, pour cet effet, le mena, suivi de tout le peuple, à la maison du voleur ; on vit à la porte un jeune enfant. L'architecte lui ayant montré la cognée, il la reconnut et dit : « Elle est à nous ». On lui fit encore diverses questions, auxquelles il répondit avec la même naïveté. Ainsi la vérité parut dans tout son jour. Le peuple resta confondu, et Alype pleinement justifié. Dieu, selon la remarque de saint Augustin, permit cet événement, afin qu'Alype apprît avec quelle circonspection on doit juger les autres, de peur qu'une indiscrète curiosité ne fasse condamner un innocent sur de simples apparences.

Pour entrer dans les vues de ses parents, notre Saint alla étudier le droit à Rome. Pendant son séjour dans cette ville, il devint passionné pour les combats des gladiateurs. Malgré ce penchant détestable, il était réglé dans ses mœurs et faisait preuve de grands sentiments de probité. Il fut fait assesseur de justice dans la cour du trésorier d'Italie, et donna, dans l'exercice de cette charge, des marques éclatantes de son amour pour la justice et de son désintéressement. Il eut le courage de s'opposer aux prétentions iniques d'un sénateur puissant, auquel personne n'osait résister à cause de la grandeur de son crédit.

Saint Augustin étant venu à Rome, Alype s'unit à lui par l'amitié la plus intime, et le suivit à Milan. Ils se convertirent l'un et l'autre dans cette ville, et y furent baptisés par saint Ambroise, la veille de Pâques de l'année 387. Quelque temps après, ils retournèrent à Rome, où ils passèrent un an dans la retraite. Ils partirent ensuite pour l'Afrique. Arrivés à Tagaste, ils y formèrent une communauté de personnes pieuses, où ils vécurent dans la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres. Une telle retraite leur parut nécessaire pour assurer leur conversion ; par là ils se préparaient encore à la vie apostolique à laquelle Dieu les destinait. Trois ans se passèrent de la sorte à Tagaste. Saint Augustin ayant été fait évêque d'Hippone, toute la communauté l'y suivit et se fixa dans le monastère qu'il fit bâtir.

Alype alla par dévotion visiter la Palestine, et y vit saint Jérôme avec qui il contracta une étroite amitié. A son retour en Afrique, il fut fait évêque de Tagaste, vers l'an 393. Il aida beaucoup saint Augustin dans tout ce qu'il fit ou écrivit contre les Donatistes et les Pélagiens, assista à plusieurs conciles, entreprit divers voyages, et travailla avec un zèle infatigable pour la gloire de Dieu et de l'Église. On voit qu'il était âgé en 429, par une lettre que saint Augustin lui écrivit en cette année et dans laquelle il l'appelle vieillard. On croit qu'il mourut peu de temps après.

Alype est nommé aujourd'hui dans le martyrologe romain, et l'on fait sa fête à Alger le 19 août.

Extrait de Godescard.

Événements marquants

  • Études à Carthage sous saint Augustin
  • Adhésion temporaire au manichéisme
  • Accusation injuste de vol à Carthage
  • Assesseur de justice à Rome
  • Baptême à Milan par saint Ambroise en 387
  • Fondation d'une communauté à Tagaste
  • Voyage en Palestine et rencontre avec saint Jérôme
  • Élection comme évêque de Tagaste vers 393
  • Lutte contre les Donatistes et les Pélagiens

Citations

Gratia Dei non convertimur nisi et nostra voluntate convertamur.

— Glossa super Jeremium (en exergue)

Date de fête

19 aout

Époque

4ᵉ siècle

Décès

Vers 430 (naturelle)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Alypius (la)

Prénoms dérivés

Alype

Famille

  • Père d'Alype (père)