Saint Ausone d'Angoulême

Ier évêque d'Angoulême et martyr

Fête : 22 mai 1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Premier évêque d'Angoulême au Ier siècle, Ausone fut baptisé par saint Martial avant d'évangéliser l'Angoumois. Il convertit les autorités locales par ses miracles, notamment la guérison de Caligie et de la riche Calfagie. Il mourut martyr par décapitation sous les ordres d'un gouverneur païen.

Biographie

SAINT AUSONE, Ier ÉVÊQUE D'ANGOULÊME ET MARTYR

1er et IIe siècle.

Vivre, c'est servir Jésus-Christ ; mourir, c'est aller au ciel.

Comment, sur l'Ép. aux Philippines, p. 21.

Même dans les indispositions corporelles, les remèdes spirituels sont les plus bienfaisants.

Maxime de saint Philippe de Néri.

Les actes de saint Ausone n'indiquent point l'année de sa naissance, et nous apprennent seulement qu'il naquit à Mortagne, petit port de cabotage, dans l'ancienne province de la Saintonge, aujourd'hui département de la Charente-Inférieure. Son père se nommait Albin, et sa mère Eugénie : ils appartenaient à ces familles romaines qui, par suite de la conquête des Gaules, étaient venues se fixer dans nos contrées. Quoique païens, ils menaient une vie pure et honnête, et comme le centurion Corneille, dont il est parlé au livre des Actes, ils étaient naturellement religieux et craignant Dieu. Aussi furent-ils jugés dignes d'être éclairés de la lumière divine. Car lorsque saint Martial, premier évêque de Limoges, et envoyé dans les Gaules par saint Pierre lui-même, étendant son zèle jusqu'aux rives de la Gironde, vint à Mortagne prêcher le nom et la connaissance de Jésus-Christ, Albin et Eugénie se montrèrent dociles à sa parole, et reçurent de sa main le saint baptême ainsi que leurs deux enfants, Ausone et Aptone. Ceux-ci même s'attachèrent à saint Martial, et le suivirent dans ses courses apostoliques. C'est ainsi qu'ils vinrent avec lui évangéliser les populations de l'Angoumois. Mais parce que le caractère et la vertu d'Ausone parurent à saint Martial convenir le mieux à ces populations, il se l'adjoignit particulièrement comme un aide précieux dans ses travaux parmi elles, et, en les quittant, il le leur laissa comme chef spirituel ; il le consacra donc évêque de la petite communauté chrétienne qu'il était parvenu à former dans la ville d'Angoulême.

Quels furent, après le départ de saint Martial, les succès de saint Ausone dans son apostolat ? Comment triompha-t-il de la résistance des esprits jusqu'à leur faire adopter les graves enseignements de l'Évangile sur un Dieu créateur, sauveur et juge des hommes, sur l'éternité qui les attend au sortir de cette vie ? Double question qui se devine plutôt qu'elle

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ne se lit dans les quelques faits dont les Actes de saint Ausone nous ont conservé le souvenir. L'un des plus importants est la conversion de Garrulus, comte, préfet ou gouverneur d'Angoulême. Cité à son tribunal pour rendre compte de sa prédication, saint Ausone, comme autrefois saint Paul devant le proconsul Sergius Paulus, fit d'abord admirer la doctrine de Jésus-Christ, et puis il gagna celui qui voulait la persécuter et la proscrire. L'éclat de cette conversion en amena sans doute un grand nombre d'autres, par la facilité qu'eut alors le pieux évêque de prêcher publiquement la parole de Dieu. C'est aussi vers ce temps et dans ces circonstances favorables, qu'il bâtit une première église, où il put sans obstacles réunir son petit troupeau et lui dispenser les saints mystères. Du reste, le comte Garrulus, depuis son baptême, s'adonnait avec ferveur à toutes les pratiques de la piété chrétienne, et il se distinguait surtout par une grande libéralité envers les pauvres et les indigents. Il avait eu aussi la joie de voir sa sœur, nommée Caligie, abjurer à son exemple les erreurs du paganisme, de même qu'elle partageait sa miséricordieuse charité. Le Seigneur devait bientôt les en récompenser. Et en effet, il arriva que pendant une promenade que Caligie faisait avec ses compagnes le long de la Charente, elle ressentit les premières atteintes d'un mal violent, qui amena rapidement le délire et puis une paralysie complète des sens et de tous les membres. À la vue de cet état et d'une mort imminente, Garrulus n'eut qu'une pensée, celle de recourir à la puissante intercession du bienheureux Ausone. Il se rendit donc auprès de lui, et en l'abordant : « Homme de Dieu », dit-il, « ma sœur est gravement malade, mais venez et vous la guérirez par vos prières ». Il raconta ensuite l'accident dans tous ses détails, mêlant à ses paroles des larmes abondantes. Aussi le saint évêque, touché du malheur de Caligie et de la foi vive de son frère, s'empressa-t-il de le suivre. Arrivé à la demeure de Garrulus, il fut introduit dans l'appartement où sur un lit de douleur la jeune Caligie était étendue paralysée et mourante. S'approchant alors de ce lit, il pria, et prenant la main de la malade, il lui dit : « Au nom de Jésus-Christ, je vous l'ordonne, levez-vous ». À l'instant elle se leva, et saint Ausone la rendit entièrement guérie à la tendresse et à la joie de son frère.

En témoignage de sa reconnaissance, Caligie contribua largement à la construction d'une seconde église que le zélé pontife fit construire au midi de la cité, et qu'il dédia à la vierge Marie, preuve manifeste de la dévotion qu'il avait su inspirer à ses chers néophytes envers l'auguste Mère de Dieu. C'est dans cette église que Caligie aimait à prier, et qu'elle dut chercher peu après quelque consolation au trépas de son frère. Celui-ci étant tombé malade, connut comme par un pressentiment divin que son dernier jour approchait. Il fit donc prier saint Ausone de le venir voir, et il lui dit : « Serviteur de Dieu et pasteur des âmes qui croient en Jésus-Christ, je sais que l'heure de ma mort est proche : c'est pourquoi, je vous en conjure, assistez-moi de vos prières, afin que mon ennemi ne se réjouisse point de ma perte et qu'il ne dise point : je l'ai vaincu ». Saint Ausone le lui promit, et Garrulus ajouta : « J'ai disposé en votre faveur de tout l'or, de tout l'argent ainsi que de tous les meubles que je possède : recevez-les pour les partager entre vos églises et les pauvres ; par cet usage, ces richesses seront salutaires à mon âme ». Après avoir ainsi institué Jésus-Christ son héritier, le malade perdit la parole, et quand il rendit le dernier soupir, on entendit, rapportent les Actes, des voix célestes qui louaient Dieu et célébraient l'heureuse mort de son serviteur. Sa conversion ne remontait qu'à trois ans et demi, mais il était déjà mûr pour le ciel. Saint Ausone prit lui-même soin

SAINT AUSONE, PREMIER ÉVÊQUE D'ANGOULÊME ET MARTYR.

de ses funérailles, honorant ainsi une mémoire toute embaumée des parfums de la charité et de la miséricorde.

Au reste, la guérison de Caligie n'était point le premier miracle qu'avait opéré saint Ausone, de même qu'elle fut suivie d'un grand nombre d'autres. Car ses Actes nous attestent que par ses prières, des infirmes et des malades étaient guéris et des possédés délivrés ; que des aveugles recouvraient la vue, des boiteux l'usage de leurs jambes, et des paralytiques le mouvement de leurs membres. Mais ces mêmes Actes ne contiennent le récit détaillé d'aucun de ces prodiges, si ce n'est du suivant. Un aveugle, connu comme tel dans la ville d'Angoulême, où il demandait l'aumône, se fit conduire auprès de saint Ausone, et se jetant à ses pieds, lui dit : « Ausone, serviteur de Dieu, je sais que vos prières peuvent m'ouvrir les yeux ». — « Qu'il vous soit fait selon votre foi », lui répondit le pieux évêque, et en même temps il lui toucha les yeux. Soudain l'aveugle recouvra la vue, et dans sa reconnaissance se mit à glorifier Dieu et à remercier son bienfaiteur. Mais parce qu'il était pauvre et presque nu, saint Ausone lui fit donner un vêtement complet, ajoutant ainsi le don de la charité à celui de la guérison.

Ce miracle, on le comprend, devint bientôt de notoriété publique, et le récit en parvint aux oreilles d'une jeune et riche gallo-romaine, nommée Calfagie. Demeurée orpheline dès son adolescence, elle se trouvait maîtresse d'une grande fortune, et habitait non loin d'Angoulême une de ces somptueuses villas dont les Romains avaient semé les bords de la Charente. C'était là qu'au milieu du luxe de l'opulence et qu'entourée de nombreux esclaves et serviteurs, la jeune patricienne, affligée depuis douze ans d'un flux ou perte de sang, traînait languissamment des jours tristes et douloureux. Inutilement avait-elle eu recours à la science des médecins ; son mal devenu incurable ne projetait plus sur sa vie qu'un sombre et affligeant avenir. Ce fut alors qu'elle apprit, peut-être comme autrefois le syrien Naaman, par une esclave chrétienne, le miracle que saint Ausone avait opéré en faveur d'un aveugle ; elle conçut à ce récit un vif désir de voir le pieux évêque, et ordonna aussitôt qu'on préparât son char et qu'on y plaçât une grosse somme d'or et d'argent, dont elle voulait faire don au saint pontife si ses prières lui rendaient la santé. Ses serviteurs s'empressèrent d'exécuter ses ordres ; mais l'un d'eux, nommé Arcadius, et intendant de sa maison, s'efforçait de l'arrêter, lui disant : « Vous avez prodigué aux médecins une grande partie de votre fortune, et vous n'en avez retiré aucun soulagement ; il en sera de même de l'homme que vous allez consulter ; vous l'enrichirez, et il ne vous sera d'aucun secours ». Ainsi parlait Arcadius, et soudain, par un châtiment visible du ciel, il se sentit atteint de la même infirmité que Calfagie éprouvait. Celle-ci n'en devint que plus ardente à espérer sa guérison ; elle voulut donc devancer son escorte et se mettre immédiatement en route. Arrivée en la ville d'Angoulême, elle se fit conduire vers le saint évêque, et se jetant à ses pieds, lui dit : « Ausone, serviteur de Dieu, je vous demande le baptême ».

Touché de ces paroles, et admirant dans cette jeune patricienne l'action de la grâce, saint Ausone lui répondit : « Si vous croyez du fond du cœur, le Seigneur exaucera votre demande ». Alors Calfagie reprit : « Je crois au Dieu tout-puissant qui a créé le monde : je crois en Jésus-Christ fils du Dieu vivant, que les Juifs ont crucifié, et qui est ressuscité le troisième jour ». Une profession de foi si nette et si précise parut suffisante au saint évêque, qui se faisant apporter de l'eau, baptisa la noble catéchumène au nom de la sainte et auguste Trinité. Mais la vertu du sacrement ne purifia

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pas seulement son âme; elle se répandit aussi sur son corps, car Calfagie fut à l'instant guérie de son infirmité, et elle disait à haute voix: « Je vous glorifie, Seigneur, vous qui, par votre serviteur Ausone, m'avez rendu la santé, et qui par le saint baptême avez illuminé mon âme des clartés de la foi ». En ce moment on vit arriver Arcadius avec les autres serviteurs qui le soutinrent pour l'aider à descendre du char, car son mal augmentait en violence; et ils le conduisirent à saint Ausone. « Serviteur de Dieu », dit alors Calfagie, « je vous demande humblement, que par le mérite de vos prières, vous guérissiez Arcadius, mon intendant, de même que vous avez naguère rendu la vue à un aveugle ». Telle fut la prière qu'accueillit le silence de la foule, et l'attente d'un second miracle. Cette attente ne devait pas être trompée, car le pieux évêque, ému de compassion pour cet infortuné, lui dit: « Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Arcadius, soyez guéri de votre infirmité ». À ces mots, l'intendant se redressa plein de santé, et sur un signe de Calfagie, courut prendre et déposer aux pieds d'Ausone les sommes d'or et d'argent qu'il avait apportées. Mais le saint pontife ne voulut les recevoir que pour les faire distribuer aux pauvres par les mains de Césaire, son archidiacre.

À la suite de ce récit, les actes de saint Ausone nous apprennent qu'après une grave et sérieuse épreuve, il donna à Calfagie le voile sacré des vierges, et que Caligie, dont nous avons raconté la miraculeuse guérison, le reçut également, ainsi que plusieurs autres émules de leur vie de prières et de bonnes œuvres. On sait que l'Église a toujours entouré de ses pompes et de ses bénédictions solennelles la cérémonie d'une consécration religieuse, et quoique tout détail nous fasse ici défaut, nous pouvons bien affirmer que dans cette circonstance le pieux évêque n'oublia rien de ce qui était propre à en rehausser l'éclat, et à mieux faire comprendre le mérite de ce sacrifice. Du reste, dans ces premiers temps, et jusqu'au IVe siècle, les vierges chrétiennes demeuraient dans la maison paternelle, n'en sortant que pour aller à l'église, où elles avaient une place séparée, ou pour s'appliquer, conduites par les plus âgées, aux œuvres extérieures de la charité, comme à visiter et soulager les malades et les prisonniers, à nourrir les pauvres, à recueillir et instruire les orphelins et les enfants, à servir les étrangers et ensevelir les morts. Telles furent donc sous la sage direction de saint Ausone, les occupations de ces pieuses vierges, et Calfagie placée à leur tête les maintenait dans la ferveur et les dirigeait dans le service de Dieu et du prochain.

C'est ici le dernier fait que les actes du bienheureux évêque nous rapportent touchant son ministère apostolique, et ils passent immédiatement au récit de son martyre. La cité d'Angoulême avait pour gouverneur, disent-ils, un homme dont ils taisent le nom, mais qui, violent et farouche, était de plus personnellement animé contre saint Ausone. Quels étaient les motifs de cette haine? L'histoire ne nous les a point fait connaître; et elle nous dit seulement que le pieux évêque, pour détourner sur la tête du pasteur un orage qui menaçait le troupeau entier, résolut de s'offrir en victime. Il se présenta donc de lui-même devant le tribunal du gouverneur, et alors s'établit entre eux le dialogue suivant: — Ausone. — Me voici, moi qui ai attiré ta colère sur ce peuple innocent: assouvis ta fureur par ma mort. — Le gouverneur. — C'est donc toi qui débites les fables impies de la religion du Christ, toi qui résistes à mes ordres, et qui as infatué une plèbe ignorante de sa croyance en ton Dieu. — Ausone. — Je suis chrétien et évêque, je confesse un seul et vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre. C'est lui seul que

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nous servons, nous qui sommes chrétiens, et que nous prions jour et nuit pour nous-mêmes, pour vous, ô prince, et pour tous les hommes. — Le gouverneur. — Persévères-tu dans ton impiété? — Ausone. — La bonne volonté qui vient de Dieu, ne peut changer. — Le gouverneur. — Adore les dieux immortels. — Ausone. — Je n'en ferai rien. — Le gouverneur. — Alors tu mourras. — Ausone. — Fais ce que tu voudras.

Voyant donc l'invincible fermeté du saint évêque, le gouverneur le condamna à avoir la tête tranchée; et la sentence fut exécutée le soir du même jour, devant une des portes de la cité et au lieu où s'élève aujourd'hui l'église Saint-Martial. À la faveur des ténèbres les fidèles recueillirent pieusement le corps de leur père et pasteur, et le déposèrent religieusement dans un tombeau qui ne tarda pas à être célèbre par de nombreux miracles. Mais aucun récit ne nous en a été conservé; nous savons seulement qu'une église et puis un monastère de vierges furent bâtis au-dessus de ce sépulcre glorieux, et que le corps de saint Ausone reposait sous le maître-autel avec ceux de saint Aptone et de saint Césaire. Ces reliques vénérées de tous furent l'objet de plusieurs translations dont la plus solennelle eut lieu le 30 mars 1118, durant l'épiscopat de Gérard, légat du Saint-Siège pour les provinces ecclésiastiques de Tours, de Bourges, de Bordeaux et d'Auch. Aujourd'hui encore l'église d'Angoulême célèbre chaque année la mémoire de cette translation. Mais en l'année 1562, les guerres de religion amenèrent la destruction de l'église et du monastère, ainsi que la profanation des corps saints qu'ils renfermaient. À peine put-on dérober au bûcher quelques ossements que les religieuses de Saint-Ausone déposèrent dans le nouveau monastère qu'elles se construisirent sur la place Beaulieu, et dont le lycée occupe aujourd'hui l'emplacement. Ces restes précieux ont eux-mêmes été dispersés en 1793, et il n'en reste dans le trésor de la cathédrale que quelques faibles fragments. Quant à l'église, elle n'a été reconstruite sur les fondements de l'ancienne qu'en l'année 1864, et c'est Mgr Charles-Antoine Cousseau, évêque d'Angoulême, qui, le 4 décembre, en bénit solennellement la première pierre. Les vierges chrétiennes qui veillaient sur le tombeau de saint Ausone, ont, elles aussi, repris leur garde d'honneur et de psalmodie sacrée, non pas, il est vrai, en la personne des religieuses bénédictines, qui avaient continué la pieuse succession des Caligie et des Calfagie, mais en celle des Filles de la Croix qui ont un nombreux pensionnat dans le faubourg Saint-Ausone, et des Filles du Carmel qui sont venues, il y a quelques années, planter leur tente près de ces mêmes lieux.

L'église d'Angoulême célèbre le 22 mai la fête de saint Ausone, et ce jour est celui qu'assigne à son martyre le bréviaire des Bénédictines, imprimé en 1606, et reproduit d'un ancien office dont un manuscrit remontait au commencement du XIVe siècle. C'est aussi la tradition qu'adopta, et que fixa définitivement, en 1633, Mgr Antoine de La Rochefoucauld, évêque d'Angoulême, dans le propre des Saints du diocèse.

On peut représenter saint Ausone guérissant Caligie, la sœur du gouverneur d'Angoulême, ou la riche gallo-romaine, Calfagie et son intendant. Son attribut est naturellement le glaive, ou bien encore la hache.

## AUTRES SAINTS DE L'ÉGLISE D'ANGOULÊME.

Les autres Saints, qui sont particuliers à l'église d'Angoulême, sont :

Saint Césaire, archidiacre de Saint-Ausone (29 janvier). Il avait un office propre dans le Bréviaire des Bénédictines.

Saint Amand de Boixe (1er mars). Ce Saint, natif de Bordeaux, fut attiré à Angoulême par la

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grande sainteté de vie de saint Cybard, auprès duquel il eût voulu se fixer. Mais celui-ci lui conseilla de choisir pour lieu de sa retraite un lieu désert et sauvage, et nommé alors Buxia, aujourd'hui Boize. Saint Amand, déférant à ce conseil, se retira donc dans cette solitude, où plusieurs personnes l'ayant prié de les recevoir sous sa conduite, il bâtit pour elles un monastère que les comtes d'Angoulême enrichirent successivement de leurs libéralités, et qui donna naissance au bourg qui porte le nom du saint fondateur.

Après la mort de saint Amand, qui arriva en 600, son monastère embrassa la Règle de saint Benoît, sous laquelle il subsista jusqu'en 1792. Quant à l'église, commencée par Arnault, comte d'Angoulême, en 958, elle ne fut achevée qu'en 1170, et consacrée le 15 novembre de la même année par Bernard, archevêque de Bordeaux, assisté des évêques de Périgueux, de Poitiers, de Saintes et d'Angoulême. L'abbaye de Saint-Amand de Boize dépendait très-succinctement de l'église Saint-Pierre d'Angoulême.

Saint Sauve, évêque d'Angoulême, et saint Supère ou Exupère, son compagnon, martyr (26 juin). Le Père Longueval dit que ces deux Saints, étant allés prêcher à Valenciennes, y furent mis à mort par un seigneur nommé Winegard, vers l'an 801. Charlemagne, ayant appris ce meurtre, en punit l'auteur, et fit enterrer honorablement les corps des deux martyrs.

Dans ces dernières années, une église a été bâtie en leur honneur dans le diocèse de Cambrai. Saint Cybard (1er juillet). Voir sa vie à cette date.

Saint Aptone (26 octobre). Voir sa vie donnée en ce jour par les Rollandistes.

Saint Bénigne (3 novembre). On a cru longtemps que c'était saint Bénigne de Dijon, mais Mgr Cousseau estime que ce serait Bénigne, successeur de Dynamo sur le siège d'Angoulême, vers l'an 453, et dont le tombeau fut retrouvé, sous des ronces, dans une campagne de la Touraine, sous l'épiscopat de saint Grégoire. Chassé d'Angoulême par les Visigoths ariens et poursuivi jusqu'à dans sa retraite, il périt sous leurs coups. Son corps, rapporté dans la cathédrale d'Angoulême, fut déposé d'abord dans une crypte, sous le sanctuaire, et puis dans un magnifique reliquaire jusqu'en l'année 1562, où il fut brûlé par les protestants.

Calfagie, honorée comme Sainte par les Bénédictines de Saint-Antoine (le 13 août), était aussi fêtée par le clergé d'Angoulême ; mais Mgr Régnier, évêque d'Angoulême, et aujourd'hui archevêque de Cambrai, a rayé son nom du catalogue des Saints, parce qu'il n'a trouvé aucun monument bien authentique de ce culte.

Cette intéressante vie de saint Ausone nous a été fournie par M. l'abbé Duchasseing, chanoine à Angoulême.

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Événements marquants

  • Naissance à Mortagne en Saintonge
  • Baptême par saint Martial
  • Consécration comme premier évêque d'Angoulême
  • Conversion du comte Garrulus et de sa sœur Caligie
  • Guérison miraculeuse de Calfagie
  • Martyre par décapitation devant les portes de la cité

Miracles

  • Guérison de la paralysie de Caligie par la prière
  • Guérison d'un aveugle à Angoulême
  • Guérison d'un flux de sang de douze ans chez Calfagie lors de son baptême
  • Guérison instantanée de l'intendant Arcadius

Citations

Vivre, c'est servir Jésus-Christ ; mourir, c'est aller au ciel.

— Commentaire sur l'Épître aux Philippiens

Au nom de Jésus-Christ, je vous l'ordonne, levez-vous

— Parole adressée à Caligie