Saint Calixte (Calliste) Ier

Pape et Martyr

Fête : 14 octobre 3ᵉ siècle • saint

Résumé

Pape romain du IIIe siècle, Calixte Ier gouverna l'Église sous Alexandre Sévère, instituant le jeûne des Quatre-Temps et bâtissant l'église Sainte-Marie au Trastevere. Après avoir converti de nombreux hauts dignitaires romains, il fut martyrisé en étant précipité dans un puits avec une pierre au cou. Ses reliques, longtemps conservées à Reims, ont marqué l'histoire religieuse de la cité ducale.

Biographie

SAINT CALIXTE OU CALLISTE Ier,

PAPE ET MARTYR

Corona aurea super mitram ejus expressa signo sanctitatis.

Vous verrez au-dessus de sa mitre une couronne d'or : ce sera pour vous une preuve de sa sainteté.

Eccle., XXXIX, 14.

Après la mort de saint Zéphirin, saint Calliste, Romain et fils de Domitius, fut porté sur le Siège apostolique. En effet, il ne fallait pas un pasteur moins sage ni moins généreux que lui pour gouverner l'Église, en ce temps où elle gémissait sous les sanglantes persécutions des empereurs et de leurs officiers. L'Histoire ecclésiastique nous apprend qu'il fit un décret sur le jeûne des Quatre-Temps, selon la tradition venue des Apôtres, pour attirer la bénédiction de Dieu en chaque saison de l'année, premièrement, sur l'Église universelle, puis, sur chaque particulier et sur les biens de la terre. Il bâtit, en l'honneur de la sainte Vierge, une église, appelée Sainte-Marie, au-delà du Tibre, dans un lieu où, au temps de son avènement, il était sorti de la terre une huile miraculeuse pour annoncer aux hommes l'avènement de Jésus-Christ, qui est l'oint du Seigneur. Il fit aussi construire un cimetière sur la voie Appienne, que l'on appelle le cimetière de Calliste. Les actes de son martyre nous font voir son zèle pour l'instruction des fidèles, pour la conversion des idolâtres et pour l'établissement du christianisme. Voici ce qu'ils portent :

« Au temps de l'empereur Alexandre Sévère, la partie du Capitole qui regardait le midi avait été brûlée par un feu du ciel, et la main gauche de la statue d'or de Jupiter, qui était dans un temple dédié à son honneur, s'était détachée d'elle-même et avait été fondue dans l'incendie : les aruspices et les prêtres vinrent trouver l'empereur, ou plutôt, selon la remarque du cardinal Baronius, un de ces fameux jurisconsultes, ennemi juré du christianisme, à qui il avait donné le souverain gouvernement de la ville, pour le prier d'ordonner des sacrifices publics, afin d'apaiser la colère des dieux. Mais le jeudi suivant, jour consacré au culte du même Jupiter, pendant qu'on vaquait de grand matin à cette cérémonie, il s'éleva tout à coup une furieuse tempête, bien que l'air fût auparavant fort serein ; quatre prêtres des idoles furent frappés par la foudre, et l'autel de ce faux dieu fut réduit en poudre. Enfin, il y eut un jour où l'immense cité fut couverte d'un brouillard si épais et si noir que le peuple sortait en foule pour aller chercher de l'air et de la lumière dans la campagne romaine. Un groupe de ces fugitifs, parvenu à la hauteur du temple des Urberavennates, sur l'autre rive du Tibre, entendit la psalmodie chrétienne dont les chants s'échappaient du cœnaculum chrétien consacré par saint Calliste, qui, en ce moment, assisté de son clergé, présidait l'assemblée des fidèles. La foule épatée s'amoncela bientôt en ce lieu.

« Palmatius, homme consulaire, était du nombre de ces fugitifs. Il s'imagina aussitôt que les malheurs qui venaient d'arriver n'avaient été causés que par les enchantements de ces chrétiens; et, dans cette croyance, il vint faire au prétoire le rapport de ce qu'il avait découvert. « Les désastres dont nous accable le courroux des dieux », dit-il, « ne sont que trop justifiés par les crimes qui souillent notre ville. Il est temps de purifier Rome ». — « Qu'on la purifie », répondit le préteur. « Mais de quoi s'agit-il ? » — « Des chrétiens qui profanent notre grande cité ». — « J'ai déjà prescrit nombre de fois », dit le préteur, « de les punir sévèrement, s'ils refusent de sacrifier aux dieux ». — « Eh bien ! » reprit Palmatius, « en ce moment où le deuil s'est répandu sur la cité, je viens d'entendre une multitude de chrétiens chanter leurs hymnes sacrilèges et se livrer à leurs incantations, dans la région transtibérine ». — « Allez », dit le préteur, « je vous donne plein pouvoir de contraindre ces rebelles à sacrifier aux dieux ». — Palmatius prit quelques soldats et revint à la région des Urberavennates. Par son ordre, dix soldats montèrent au cœnaculum, où l'assemblée des fidèles était réunie, sous la présidence de Calliste. Parvenus au vestibule, où se trouvait un vieillard, le prêtre Calépode, ces dix soldats furent tout à coup frappés de cécité, et ils criaient : « Apportez-nous des torches : dans cette obscurité il nous est impossible de rien voir ! » Le prêtre Calépode leur dit : « C'est le Dieu qui voit tout qui vous aura frappés d'aveuglement ! » Les soldats descendirent à tâtons.

« Palmatius, en les voyant revenir dans cet état, fut saisi d'épouvante. Il revint au tribunal. Le préteur voulut qu'on lui amenât les soldats; il constata leur cécité et s'écria devant toute la foule : « Citoyens ! vous avez la preuve des coupables maléfices de cette secte impie ! » En même temps, sur les instances de Palmatius, il prescrivit pour le lendemain un sacrifice expiatoire à Mercure. Palmatius, avec toute sa famille, était le lendemain au Capitole; il amenait des veaux et des porcs qu'on devait immoler au dieu. Le peuple se pressait autour de l'autel et les cérémonies allaient commencer, quand une vestale, nommée Juliana, saisie tout à coup par le démon, s'écria : « Le Dieu de Calliste est le Dieu vivant et véritable ! Vos impies attirent sur vous sa colère. Il détruira votre empire, parce que vous refusez de l'adorer ». Cette parole pénétra dans le cœur de Palmatius comme un trait de lumière. Il ne partageait pas le sentiment du préteur sur les prétendus maléfices des chrétiens, et le prodige subit dont il avait été témoin la veille l'avait déjà fortement ébranlé. Dans cette situation d'esprit, il sortit du Capitole. Se dirigeant vers la région transtibérine des Urberavennates, il entra seul dans le cœnaculum où les chrétiens étaient réunis, et vint se prosterner aux pieds de Calliste. « Je reconnais », lui dit-il, « que Jésus-Christ est le seul Dieu véritable. Les démons viennent de le proclamer en ma présence. Je vous en conjure donc, arrachez-moi à la servitude des démons que j'ai adorés jusqu'ici. Vous prêchez un baptême, baptisez-moi ». L'évêque Calliste répondit : « Ne vous jouez point ainsi de la vérité, par une imposture sacrilège ». — « Seigneur », s'écria Palmatius, « je ne vous trompe point. Je conduisais les soldats frappés hier d'une cécité subite et complète ; je viens d'entendre aujourd'hui Juliana, la vestale. Ces deux prodiges m'ont converti à la foi du Christ, votre Dieu et le mien ». Le prêtre Calépode dit alors à l'évêque : « Bienheureux Père, ne refusez point la grâce du baptême à cet homme qui l'implore ». L'évêque acquiesça à sa demande.

« Calépode se chargea alors d'instruire le néophyte. Palmatius passa cette journée dans le jeûne et la prière. Le lendemain, on remplit le bassin, servant au baptême, de l'eau d'un puits qui était dans cette maison. Calliste la bénit, et quand Palmatius fut amené près de la piscine, l'évêque lui demanda : « Croyez-vous de tout votre cœur en Dieu, le Père tout-puissant, créateur des choses visibles et des choses invisibles ? » — « J'y crois », répondit Palmatius. — « Croyez-vous en Jésus-Christ, son Fils ? » — « J'y crois ». — « Croyez-vous au Saint-Esprit, à l'Église catholique, à la rémission des péchés et à la résurrection de la chair ? » — En ce moment Palmatius fondit en larmes, et, d'une voix entrecoupée de sanglots, il s'écria : « Je crois, Seigneur ! je crois ! Le Seigneur Jésus-Christ, la vraie lumière, vient de m'apparaître. Je l'ai vu ; il a illuminé mon âme ! » — Calliste le baptisa donc, lui, sa femme, ses enfants et toute sa maison, qui se composait de quarante-deux personnes de l'un et de l'autre sexe. Depuis ce jour, Palmatius ne songea plus qu'à subvenir par ses richesses à l'indigence des chrétiens pauvres. Il parcourait les diverses régions de la ville et les cryptes des catacombes, à la recherche des frères détenus en prison, ou cachés dans les souterrains, et leur procurait des vêtements et des vivres.

« Un mois après, on informa le préteur que Palmatius, devenu chrétien, propageait la foi nouvelle. Ordre fut donné de l'arrêter. Le tribun Torquatus le saisit donc, et le conduisit à la prison Mamertine, d'où, le troisième jour, il fut amené, chargé de fers, au tribunal. Le préteur, en le voyant, lui fit ôter ses chaînes. « Palmatius », lui dit-il, « es-tu donc devenu fou ? Est-il vrai que tu as abandonné le culte des dieux, pour adorer un crucifié ? » — Palmatius ne répondit point à cette interpellation. Après quelques instants de silence, le préteur ajouta : « Parle en toute confiance, tu n'as rien à craindre ». — « Puisque vous me donnez cette assurance », dit Palmatius, « je dirai la vérité ». — « A la réserve des injures contre les dieux », reprit le préteur, « tu peux tout dire ». — « Excellent magistrat », dit alors Palmatius, « si vous voulez y réfléchir, vous verrez que ces dieux dont vous parlez sont de fabrique humaine. Qui devons-nous adorer ? Jugez vous-même si l'œuvre d'une main mortelle peut jamais être une divinité ; j'en appelle à votre science éclairée. Commandez à l'un de vos dieux de prendre la parole et de me répondre quand je l'interrogerai ; s'il me répond, je m'engage à le servir ». — « Mais pourtant », dit le préteur, « tu les adorais, depuis ton enfance ; pourquoi les as-tu abandonnés ? » — « J'étais vraiment aveugle », répondit Palmatius ; maintenant que la vérité s'est manifestée à mon âme, je supplie Jésus-Christ, mon Dieu, de pardonner l'erreur de mon ignorance ». Le préteur sourit à ces paroles, et, s'adressant au sénateur Simplicius, il lui dit : « Emmenez Palmatius : sa folie est inoffensive ; calmez son esprit par vos sages entretiens ; rendez-le au respect des dieux. La république a besoin d'hommes comme lui ». Le prisonnier fut alors revêtu d'habits convenables à son rang; Simplicius le conduisit dans sa demeure, et recommanda à sa femme et à ses intendants de le traiter avec les plus grands égards.

« Palmatius ne profita de la bienveillance de son hôte que pour se livrer exclusivement aux jeûnes et à la prière. Il ne cessait de supplier avec larmes le Père tout-puissant et Jésus-Christ son Fils, d'agréer sa pénitence en expiation de ses erreurs passées. Un jour, un catéchumène nommé Félix, dont la femme était paralytique depuis quatre ans, vint se jeter aux pieds de Palmatius. « Confesseur de la foi », lui dit-il, « priez pour votre servante Blanda, ma femme; obtenez qu'elle puisse se lever de son lit de douleurs, pour venir avec moi recevoir le baptême. Depuis longtemps, elle est atteinte d'une paralysie qui la prive de tout mouvement; et nos ressources se sont épuisées sans succès durant cette cruelle infirmité ». Or, la femme du sénateur était présente à cet entretien. Palmatius, sans rien répondre, se prosterna à terre, et, en pleurant, pria ainsi : « Seigneur mon Dieu, vous qui avez daigné éclairer mon âme d'un rayon de votre grâce, manifestez en ce moment la gloire éternelle de Jésus-Christ, votre Fils. Guérissez Blanda, votre servante; arrachez-la à son lit de douleurs, afin que tous reconnaissent que vous êtes vraiment le Créateur de l'univers! » Quelques instants après, on vit accourir Blanda; elle était guérie, et, s'adressant au confesseur : « Le Seigneur Jésus-Christ », lui dit-elle, « m'a prise par la main et m'a guérie. Baptisez-moi en son nom! » Palmatius envoya chercher l'évêque Calliste, qui vint et baptisa Blanda et son époux Félix. Le sénateur Simplicius, témoin de ces merveilles, se jeta lui-même aux pieds de Calliste, et lui demanda de l'admettre, lui et toute sa maison, à la grâce du baptême. « Qu'il soit fait ainsi », répondit l'évêque, « et que le Seigneur comble dans ses greniers la mesure de sa moisson! » Calliste catéchisa donc Simplicius et toute sa famille. Ensemble ils reçurent le baptême, au nombre de soixante-huit personnes de l'un et de l'autre sexe. Le prêtre Calépode, dans son allégresse, disait : « Gloire à vous, Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui daignez illuminer ainsi vos créatures et les arracher à l'empire de l'erreur! » Cependant, le préfet du prétoire, à cette nouvelle, fit arrêter les nouveaux baptisés, et les condamna à périr par le glaive. Ils subirent tous le supplice, et leurs têtes furent exposées aux diverses portes de Rome, dans l'espoir que cet exemple de rigueur arrêterait la propagation de la foi chrétienne.

« Le bienheureux Calépode, arrêté lui-même, eut aussi la tête tranchée, le jour des calendes de mai (1er mai 222) : son corps fut traîné par la populace dans les rues de la ville, et jeté ensuite dans le Tibre, en face de l'île de Lycaon. Calliste s'était réfugié avec dix de ses clercs, dans la maison de Pontianus. De cette retraite, il sollicita quelques pêcheurs et obtint d'eux qu'ils rechercheraient le corps de Calépode. Les pêcheurs explorèrent le fleuve, découvrirent les précieux restes, et les rapportèrent au bienheureux évêque. Il reçut ce trésor avec une sainte joie. Le corps du martyr fut recouvert d'aromates et enveloppé de linges. Au chant des hymnes sacrés, Calliste le déposa, le vi des ides de mai (10 mai 222), dans la catacombe qui porte encore aujourd'hui le nom de Calépode. Cependant, le préfet du prétoire faisait activement rechercher l'évêque Calliste. On lui apprit qu'il était dans la maison de Pontianus, sur l'autre rive du Tibre, au quartier des *Urberavennates*. Il fit secrètement envelopper la maison par des soldats, avec défense d'y laisser pénétrer aucune espèce de vivres. Pendant quatre jours, Calliste resta entièrement privé de nourriture ; mais le jeûne et la prière lui donnaient des forces nouvelles. Le préfet du prétoire, redoublant alors de cruauté, donna l'ordre que chaque matin le prisonnier serait frappé à coups de bâton, et il enjoignit de mettre à mort quiconque essaierait, pendant la nuit, de pénétrer dans la maison. Or, une nuit, le bienheureux Calépode apparut à Calliste, et lui dit : « Père, prenez courage, l'heure de la récompense approche ; votre couronne sera proportionnée à vos souffrances ». Cependant l'évêque, toujours en prières, ne cessait d'adresser ses supplications au Seigneur. Parmi les soldats qui veillaient à sa garde, il s'en trouvait un, nommé Privatus, qui souffrait cruellement d'un ulcère. Il vint se prosterner aux pieds du saint évêque, en disant : « Guérissez-moi ! Votre Dieu qui a rendu la santé à une paralytique, peut bien faire disparaître les ulcères qui me dévorent ». — « Mon fils », répondit Calliste, « si vous croyez de tout votre cœur en Jésus-Christ, et que vous soyez baptisé au nom de la Trinité sainte, vous serez guéri ». — « Je crois », dit Privatus ; « et si vous daignez me baptiser de votre main, j'ai la certitude que le Seigneur me guérira ». Le bienheureux Calliste lui administra le baptême et, à l'instant, l'ulcère disparut. Privatus, dans les transports de sa reconnaissance, s'écria : « Le Seigneur Jésus-Christ, que prêche Calliste, est le seul Dieu véritable et saint. Toutes les vaines et muettes idoles seront jetées aux flammes. Le Christ est le Dieu éternel ! » Le préfet du prétoire, exaspéré à cette nouvelle, fit flageller Privatus à coups de fouet plombé, jusqu'à ce qu'il expirât. Par son ordre, on suspendit une pierre au cou de Calliste, et, d'une fenêtre de la maison, on le précipita dans un puits, qui fut ensuite comblé de matériaux jusqu'à l'orifice. Dix-sept jours après, le prêtre Astérius, accompagné de clercs, vint pendant la nuit dégager l'ouverture du puits ; il enleva le corps de Calliste et l'ensevelit avec honneur dans la catacombe de Calépode, sur la voie Aurélia, la veille des ides d'octobre (14 octobre 222). Une semaine plus tard, Astérius était arrêté par ordre du préteur, et jeté dans le Tibre, du haut du pont Milvius. Le corps de ce martyr fut retrouvé à Ostie, et enseveli dans cette ville par quelques chrétiens, le XII des calendes de novembre (21 octobre 222), sous le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Dieu qui vit dans les siècles des siècles ! »

On représente S. Calliste : 1° bénissant une église, parce qu'il passe pour avoir fondé la basilique de Sainte-Marie au-delà du Tibre, au lieu où une fontaine d'huile avait paru vers le moment de la naissance de Notre-Seigneur ; 2° une pierre au cou, avec laquelle il fut précipité dans un puits après avoir été jeté par la fenêtre.

## CULTE ET RELIQUES.

La maison où saint Calliste avait été gardé, fut, dans la suite, changée en une église de son nom, desservie par des religieux Bénédictins ; on y voit le puits consacré par son martyre. Le pape Paul Ier et ses successeurs, voyant les cimetières sans murailles et abandonnés depuis les dévastations des barbares, en retirèrent les corps des plus illustres Martyrs et les firent porter dans les principales églises de la ville. Ceux de Calliste et de Calépode furent transférés dans l'église Sainte-Marie, au-delà du Tibre. Vers l'an 854, ses ossements sacrés furent portés à l'abbaye de Cysoing, au diocèse actuel de Cambrai, par le comte saint Everard, à qui ce précieux trésor fut donné par le pape Léon IV en reconnaissance des services qu'il avait rendus à l'Église dans la guerre sainte contre les Sarrasins, comme le cardinal Baronius l'a remarqué sur l'année 893.

L'abbaye de Cysoing ayant été donnée, vers 887, à l'Église de Reims par Rodolphe, fils du marquis Everard, le corps de saint Calliste fut également donné à cette Église. Dodilon, évêque de Cambrai, s'opposa à leur translation, et ce ne fut qu'après les instances réitérées de l'archevêque Foulques, que les reliques furent apportées à Reims et qu'elles y furent conservées jusqu'en 1792.

Il y a plusieurs pièces authentiques qui prouvent l'existence de ces reliques à Notre-Dame avant 1793 : Un bras d'argent doré, enrichi de pierreries, contenant une relique de saint Calliste ; une châsse en cuivre avec des figures d'argent, dans laquelle étaient le chef entier et plusieurs reliques du Saint, léguées par Rodolphe, sous le pontificat de Foulques. En 1584, le 7 octobre, le cardinal de Guise signe le procès-verbal des reliques contenues dans cette châsse. En 1621, le 29 mai, le bras de saint Calliste est concédé au Chapitre de Lille, à la prière de Mgr Gabriel de Sainte-Marie, suffragant de l'archevêque de Reims et chanoine de l'église. En 1793, ces reliquaires furent envoyés à Paris avec le trésor de l'église. Quant aux reliques, un ancien serviteur de la cathédrale a affirmé tenir de son frère, qu'elles avaient été déposées sous le pavé de l'église.

Il ne reste à Notre-Dame que le souvenir de saint Calliste et une chapelle qui lui est dédiée. Au VIIe rémois, la fête de ce saint Pape était double à raison des reliques conservées dans la cathédrale.

Quand Son Em. le cardinal Gousset fut sur le point de choisir à Rome son titre de cardinal, il choisit celui de Saint-Calliste, de préférence aux autres, en souvenir de la vénération que les habitants de Reims avaient eue et ont encore pour ce Saint.

L'église de Beauvais possédait des reliques de saint Calliste que lui avait données, en 1217, l'évêque Miles de Nanteuil. Ces précieux restes ne sont plus à Beauvais depuis 1793, époque à laquelle ils furent profanés.

Nous nous sommes servi, pour composer cette biographie, de l'Histoire de l'Église, par M. l'abbé Darras, du Liber Pontificalis, des Actes de saint Calliste, et de Notes fournies par M. le vicaire général de Beauvais, et par M. Ch. Cerf, chanoine de Notre-Dame de Reims.

Événements marquants

  • Élection au Siège apostolique après la mort de saint Zéphirin
  • Décret sur le jeûne des Quatre-Temps
  • Construction de l'église Sainte-Marie au-delà du Tibre
  • Aménagement du cimetière de la voie Appienne
  • Conversion de Palmatius et de sa famille
  • Arrestation et détention dans la maison de Pontianus
  • Martyre par précipitation dans un puits avec une pierre au cou

Miracles

  • Source d'huile miraculeuse annonçant l'avènement du Christ
  • Cécité subite des dix soldats venus arrêter les chrétiens
  • Guérison instantanée de la paralysie de Blanda
  • Guérison de l'ulcère du soldat Privatus lors de son baptême

Citations

Corona aurea super mitram ejus expressa signo sanctitatis.

— Ecclésiastique, XXXIX, 14

Le Dieu de Calliste est le Dieu vivant et véritable !

— Juliana la vestale