Saint Eulampe et Sainte Eulampie

Martyrs à Nicomédie

Fête : 10 octobre 4ᵉ siècle • saints

Résumé

Frère et sœur vivant à Nicomédie au début du IVe siècle, Eulampe et Eulampie subirent de nombreux supplices sous la persécution. Après avoir détruit une idole par la prière et survécu miraculeusement à la chaudière et à la fournaise, Eulampe fut décapité tandis qu'Eulampie expira avant l'exécution. Leur courage entraîna la conversion de deux cents témoins.

Biographie

SAINT EULAMPE ET SAINTE EULAMPIE, SA SŒUR,

MARTYRS À NICOMÉDIE, EN BITHYNIE

10 OCTOBRE.

brûlée, qu'il n'était plus qu'un squelette dont la vue faisait horreur aux assistants. Cependant il demeura sur cette cruelle couche avec autant de tranquillité que s'il eût reposé sur un lit moelleux, louant et bénissant Notre-Seigneur de l'honneur qu'il lui faisait de le rendre participant des douleurs de sa Passion.

Toutes ces persécutions furent loin de diminuer son zèle pour la gloire de Jésus-Christ; il se sentit animé d'une si sainte ardeur de combattre encore plus fortement l'idolâtrie, qu'il demanda d'aller au temple dans le dessein d'y jeter par terre les faux dieux. Sa demande réjouit extrêmement le tyran, et il l'y fit conduire avec beaucoup de pompe, s'imaginant qu'il était enfin gagné et qu'il allait sacrifier aux idoles; mais Eulampe n'y fut pas plus tôt entré, qu'après avoir élevé son esprit au vrai Dieu par une prière fervente, il s'approcha d'une fameuse statue qui était à sa droite, et par sa seule parole il la jeta par terre et la mit en poudre. Ce prodige ouvrit les yeux à un grand nombre d'idolâtres; ils reconnurent par là la faiblesse et l'impuissance des divinités qu'ils adoraient et se convertirent à la religion chrétienne. Le juge en fut encore plus irrité qu'auparavant; mais sa colère en vint au dernier excès lorsqu'il vit une jeune personne d'une ravissante beauté fendre la foule et venir se jeter au cou du Martyr pour l'embrasser et lui protester qu'elle ne le quitterait point, mais qu'elle aurait la gloire de mourir comme lui pour la défense de la foi du vrai Dieu. C'était sa sœur, nommée Eulampie, qui, ayant appris les victoires de son frère, était venue le trouver en diligence pour se rendre la compagne de son martyre. Le tyran lui fit des menaces terribles si elle ne renonçait à l'heure même à sa religion; mais elle lui fit cette généreuse réponse: « Sachez que je suis la servante de Jésus-Christ, qui est toute ma vie et toute la joie de mon âme, et que mon plus grand désir est d'être immolée pour son amour. Faites donc allumer des feux, faites venir les bêtes féroces, préparez des roues, affilez des couteaux et inventez le plus cruel supplice qui fût jamais, je suis prête à tout endurer; j'espère que je n'aurai pas moins de constance que mon frère, qui a déjà triomphé si glorieusement de vos idoles: ne vous flattez pas de la faiblesse de mon sexe ni de la délicatesse de mon corps, car je recevrai des forces du vrai Dieu, qui me rendront victorieuse de tous vos tourments ». Le président, ne pouvant souffrir ce discours, la fit sur-le-champ souffleter avec une telle rage, que sa voix fut éteinte et son visage tout défiguré par le grand nombre de coups qu'elle reçut; mais, étant fortifiée par les exhortations de son frère, elle endura ce supplice avec une patience admirable. Il commanda ensuite que l'un et l'autre fussent jetés dans une chaudière bouillante. Eulampe n'attendit point que les bourreaux exécutassent cet arrêt, mais il y entra généreusement le premier, et de là, comme d'un lieu de rafraîchissement, il convia sa sœur à le suivre, l'assurant qu'elle n'en recevrait aucun mal, et qu'au contraire elle y trouverait ces douceurs incroyables dont il avait déjà l'expérience. Eulampie n'eut pas besoin d'une plus longue exhortation: à ces paroles, elle entra joyeusement dans la chaudière, où elle chanta des cantiques de louange à la Majesté divine, avec son frère. La vue de ce spectacle convertit plusieurs idolâtres, et le juge même commença à douter de la religion de ses dieux; mais, fermant aussitôt son cœur à ces premiers mouvements de la grâce, il persista dans son opiniâtreté, et, reprenant des sentiments barbares, il fit arracher les yeux à Eulampe et suspendre Eulampie par les cheveux; puis il les condamna à être brûlés tout vifs dans une fournaise ardente. Eulampe fut jeté dedans, parce qu'ayant perdu les yeux, il ne put y entrer de lui-même; mais Eulampie y courut comme à un lieu de délices. En effet, ils n'y reçurent point de mal; car les flammes se divisant en deux parts, firent une espèce d'arcade, au milieu de laquelle ils demeurèrent paisiblement, comme s'ils eussent été dans un champ à se promener sur la verdure. A cette nouvelle merveille, le tyran désespéra de pouvoir fléchir leur courage; c'est pourquoi il eut recours au dernier supplice et les condamna tous deux à être décapités. Cette dernière sentence fut exécutée sur Eulampe, mais non sur Eulampie, que Dieu appela à lui avant que les bourreaux missent la main sur elle; car il n'était pas à propos que des mains sacrilèges et immondes touchassent son corps, qui n'avait jamais été souillé par les plaisirs du monde ni par le commerce des hommes. Toutefois, le martyrologe romain dit qu'elle eut aussi la tête tranchée, avec deux cents autres personnes, qui s'étaient converties à la vue des miracles dont nous avons parlé. Leur martyre arriva environ l'an 303 de Notre-Seigneur.

On les représente plongés dans une chaudière d'huile bouillante, puis décapités.

Tiré de Métaphraste, qui rapporte leurs Actes. Voir Surius, au tome V.

Événements marquants

  • Eulampe est torturé sur un lit de fer brûlant
  • Eulampe détruit une statue d'idole par sa parole au temple
  • Eulampie rejoint son frère et se déclare chrétienne
  • Supplice de la chaudière bouillante dont ils sortent indemnes
  • Eulampe a les yeux arrachés et Eulampie est suspendue par les cheveux
  • Épreuve de la fournaise ardente où les flammes s'écartent
  • Décapitation d'Eulampe et mort d'Eulampie avant le coup de glaive

Miracles

  • Destruction d'une statue par la parole
  • Insensibilité à la chaudière bouillante
  • Division des flammes dans la fournaise
  • Mort naturelle d'Eulampie pour éviter le contact des bourreaux

Citations

Sachez que je suis la servante de Jésus-Christ, qui est toute ma vie et toute la joie de mon âme, et que mon plus grand désir est d'être immolée pour son amour.

— Sainte Eulampie au juge

Date de fête

10 octobre

Époque

4ᵉ siècle

Décès

environ l'an 303 (martyre)

Catégories

Autres formes du nom

  • Eulampius (la)
  • Eulampia (la)

Prénoms dérivés

Eulampe, Eulampie

Famille

  • Eulampie (sœur)
  • Eulampe (frère)