Saint Franchy

Ermite en Nivernais

Fête : 15 mai 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine au monastère de Saint-Martin de la Bretonnière, Franchy se distingua par sa piété et un miracle lié à la boulangerie. Après la destruction de son monastère, il vécut en ermite avec le frère Antoine avant de retourner mourir sur sa terre natale au VIIIe siècle. Son culte est particulièrement ancré dans le diocèse de Nevers.

Biographie

SAINT FRANCHY, ERMITE EN NIVERNAIS (VIIIe siècle).

Né dans les Amagnes — ou Terres aux Moines, ainsi dénommées parce que les moines les avaient défrichées — Franchy se retira de bonne heure au monastère de Saint-Martin de la Bretonnière.

Dieu permit autrefois au démon de la jalousie d'entrer dans le paradis terrestre, il ne faut pas nous étonner si quelquefois le même démon exerce ses ravages jusque dans les maisons les plus parfaites : c'est ce qui arriva à l'égard de saint Franchy. Sa vie toute sainte, son amour de la

15 MAI.

discipline et toutes ses vertus étaient la condamnation de la vie tiède et relâchée de quelques-uns de ses frères, et ils ne tardèrent pas à lui tendre des pièges. Comme il savait se plier à tous les besoins de la maison et se rendre propre à toutes les fonctions, il fut chargé un jour de faire le pain nécessaire au monastère ; mais ses envieux, désirant le mettre en défaut, cachèrent tous les instruments de la boulangerie. Franchy, ne les trouvant pas, mit sa confiance en Dieu : cette confiance ne fut pas trompée ; il fit le signe de la croix, commença son travail, quoiqu'il n'eût pas ce qui était nécessaire, et le pain fut prêt à l'heure et parfaitement conditionné.

Dans ces temps de guerres continuelles, les monastères n'étaient pas épargnés ; celui de Saint-Martin de la Bretonnière fut dévasté et consumé par les flammes.

Franchy prit la résolution de se retirer dans une solitude : c'est ce qu'il fit avec un des frères nommé Antoine. Là, ils menèrent la vie la plus mortifiée, vivant d'herbes et de racines. Arrivé à un âge avancé, saint Franchy résolut de revenir sur le sol natal ; il se mit donc en route avec frère Antoine, mais ses forces l'abandonnèrent et il était sur le point de rester en route. Cependant Dieu voulait qu'il fût après sa mort le protecteur des lieux qu'il avait édifiés dans son enfance et pendant sa vie ; deux taureaux indomptés, dit la légende, se présentèrent : Antoine leur prépara un joug et une espèce de véhicule, sur lequel il plaça le saint vieillard, qui put de cette manière regagner son pays natal, où il mourut plein de vertus et de mérites, vers le milieu du VIIIe siècle. On construisit, sous la protection du Saint, un monastère au lieu même où il avait passé son enfance. Au IXe siècle, l'église de ce monastère avait un titre abbatial ; elle fut brûlée peu de temps après ; et, en 1031, Hugues II, évêque de Nevers, abandonna aux chanoines de son église toutes les dépendances de l'abbaye de Saint-Franchy. On y fit reconstruire une église, qui devint paroissiale. Plusieurs autres églises du diocèse de Nevers sont sous son invocation, entre autres celle d'Amazy. L'ancienne paroisse de Poussignol, maintenant réunie à Blismes, l'honorait aussi comme son patron. Nous n'avons aucun détail sur les reliques de saint Franchy. Nous lisons dans le Légendaire d'Autun qu'elles furent transportées dans l'abbaye de Saint-Symphorien de cette ville. L'époque de cette translation n'est pas indiquée.

La fête de saint Franchy se célébrait autrefois le 16 mai ; on l'a avancée d'un jour à cause de son occurrence avec celle de saint Pélérin.

Hagiologie de Nevers.

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## LE BIENHEUREUX JACQUES DE VICOIGNE (1279).

Une âme pure et innocente, que Dieu combla des plus abondantes bénédictions, à qui il inspira de bonne heure l'amour de la retraite et du recueillement et qu'il se hâta d'appeler à lui dans les cieux, tel est, en peu de mots, l'exposé de la vie du bienheureux Jacques, religieux de Vicoigne.

Il était encore dans les années du noviciat et se préparait avec une admirable ferveur à faire ses vœux de religion, lorsqu'il fut attaqué d'une maladie mortelle. Quelques jours avant son trépas, il fut tout à coup ravi en extase ; puis, au moment où il revint à lui, on remarqua sur ses traits des signes d'une joie extraordinaire. Le maître des novices et d'autres personnes qui étaient présentes, lui en ayant demandé la cause, il leur répondit qu'il avait vu dans le ciel sa place préparée au milieu des chœurs de vierges. En même temps, il les pria de chanter avec lui cette invocation qu'il avait si souvent répétée avec ses frères : « Salut Marie ; espérance du monde ». Presque au même moment, le pieux jeune homme remettait paisiblement son âme à Dieu, l'an 1279. Trois ans plus tard, en travaillant aux fondations d'une nouvelle église, au monastère de Vicoigne, on trouva le corps virginal du saint religieux encore frais et sans corruption, quoique les linges dans lesquels on l'avait enveloppé fussent gâtés. Son visage était si bien conservé qu'on aurait cru qu'il respirait encore. Dieu, sans doute, voulut manifester ainsi la grande pureté de son serviteur et combien il chérit les âmes chastes. Les religieux levèrent respectivement le corps de leur jeune et vertueux confrère, le renfermèrent dans un beau sépulcre et le déposèrent dans leur nouvelle église, où il reçut depuis lors les hommages de leur respect et de leur amour.

M. l'abbé Destombes.

Événements marquants

  • Entrée au monastère de Saint-Martin de la Bretonnière
  • Miracle de la boulangerie face à la jalousie de ses frères
  • Destruction du monastère par les flammes
  • Retraite en solitude avec le frère Antoine
  • Retour au pays natal sur un véhicule tiré par deux taureaux indomptés

Miracles

  • Réalisation du pain sans instruments de boulangerie après un signe de croix
  • Guidage par deux taureaux indomptés pour son retour au pays natal