Saint Joseph

Nourricier du Seigneur, Époux de la Sainte Vierge, Patriarche

Fête : 19 mars 1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Saint Joseph, nourricier du Sauveur et époux de Marie, a vu son culte se développer progressivement de l'Orient vers l'Occident. Longtemps resté discret par prudence providentielle, il fut déclaré Patron de l'Église universelle par Pie IX en 1870. Sa fête principale est fixée au 19 mars.

Biographie

CULTE DE SAINT JOSEPH.

Pourquoi, se demandera-t-on peut-être, ce grand Saint, élevé par le Saint-Esprit à de si hautes destinées, n'a-t-il pas reçu dans la société chrétienne, dès les premiers jours de l'Église, tous les honneurs qui lui semblent dus à tant de titres ? Il n'est pas impossible sans doute de soulever ici un coin du voile qui a dérobé si longtemps aux yeux la vue claire des desseins providentiels. Sous certains rapports, il en est du culte de saint Joseph comme de celui de la Sainte Vierge. À cause des idées peu élevées des hommes à la première époque de la prédication évangélique, où les honneurs divins étaient prostitués à une foule d'infâmes idoles, la Providence voulut que les honneurs légitimement dus à Marie et à Joseph restassent suspendus quelque temps. Cette abstraction pourtant ne devait pas durer toujours. La conscience chrétienne éclairée allait enfin recourir à nos protecteurs naturels et les plus puissants auprès de Jésus-Christ. La prudence devait faire place à la piété parfaitement réglée des chrétiens.

L'Église grecque paraît avoir rendu la première un culte public à saint Joseph, d'une manière générale cependant et assez peu définie. Le dimanche qui précède Noël elle célébrait la fête des ancêtres de Jésus-Christ et des justes de l'ancienne loi. Entre les uns et les autres saint Joseph, nourricier du Sauveur, occupe la place principale. Le texte suivant d'Eusèbe, évêque de Césarée, que l'on regarde comme une abréviation du martyrologe primitif de saint Jérôme, peut être considéré comme l'écho de la croyance générale. « À Bethléem », dit-il, « fête ou mémoire de saint Joseph, nourricier du Seigneur ». In Bethleem sancti Joseph nutritoris Domini.

Le 20 juillet, les Orientaux, dès la plus haute antiquité, font une fête de saint Joseph ; mais les Bollandistes pensent avec raison qu'il s'agit de la fête de saint Joseph Barsabbas ou le Juste, quoiqu'ils placent à cette date la mort de l'époux de la Sainte Vierge d'après des traditions incertaines.

Chez les Latins, le nom de saint Joseph a été inséré dans les martyrologes les plus anciens après ceux d'Uuard et d'Adon. De bonne heure sa fête fut fixée au 19 mars. Les Carmes, disent les plus célèbres hagiographes, se sont spécialement distingués par leur dévotion envers saint Joseph, laquelle prit des accroissements en Occident, surtout à la suite des croisades. Les Franciscains et les Dominicains la répandirent à l'envi de tous côtés par leurs pieuses prédications, ne séparant pas les hommages dus à ce grand Patriarche de ceux que les chrétiens fervents doivent rendre à Marie, Mère de Dieu. Vers le milieu du XIIIe siècle, Albert le Grand, de l'Ordre de Saint-Dominique, prononça un panégyrique de saint Joseph, resté célèbre, où respirent les sentiments de la plus tendre piété. Plus tard, Jean Gerson et Pierre d'Ailly prononcent sur le même sujet des discours qui eurent un retentissement considérable et exercèrent une grande influence. Enfin, Sixte IV, qui avait embrassé la règle des Cordeliers, pape de 1471 à 1484, institua ou renouvela dans le bréviaire la fête de saint Joseph. Le bréviaire romain de 1490 ne porte cette fête que du degré simple ; celui du pape Innocent VIII l'indique comme étant double. Dès le commencement du XVe siècle, plusieurs églises de France avaient adopté cette fête et la célébraient avec solennité. L'Allemagne ne tarda pas à imiter cet exemple. Le cardinal Ximenès l'introduisit dans son église de Tolède. Pie V, en réformant le bréviaire romain après le concile de Trente, régla que l'office de saint Joseph serait des Confesseurs non Pontifes, avec les leçons du second nocturne tirées de saint Bernard I, comme nous le récitons aujourd'hui. En 1621, Grégoire XV rendit cette fête de précepte ; en 1642, Urbain VIII renouvela cette obligation ; mais cette loi n'a jamais été en vigueur en France. De nos jours il s'est manifesté dans l'Église un mouvement remarquable de piété et de zèle pour l'accroissement du culte de saint Joseph. D'après des instances nombreuses et réitérées de la part des fidèles de tous les pays, beaucoup d'évêques et de théologiens, réunis à Rome pour le concile du Vatican, demandèrent au souverain Pontife que saint Joseph fût déclaré Patron de l'Église universelle, et que sa fête fût élevée au degré de double de première classe. Pie IX accorda solennellement l'une et l'autre demande par un décret de la Congrégation des Rites en date du 8 décembre 1879.

Outre cette fête du 19 mars, il en est deux autres qui sont également chères aux fidèles : la fête du Patronage de saint Joseph, fixée au troisième dimanche après la Pentecôte par la Congrégation des Rites, en 1680, et la fête des Fiançailles ou du Mariage de saint Joseph, dont l'origine est ainsi racontée par Benoît XIV dans son Traité des Fêtes. Un chanoine de Chartres, mort au XVe siècle, demanda par son testament que le Chapitre, le jour anniversaire de son décès, fût une mémoire solennelle de saint Joseph, sachant que les honneurs rendus à ce grand Saint tournent à la gloire de la Bienheureuse Vierge ; Jean Gerson, docteur et chancelier de l'Université de Paris, connu par sa dévotion particulière envers saint Joseph, proposa d'accomplir les intentions du chanoine défunt par l'institution de la fête des Fiançailles ou du Mariage de la Sainte Vierge avec saint Joseph ; en même temps il en composa l'office. Cette fête ne paraît pas avoir été célébrée alors

LA B. SYBILLINE DE PAVIE, ET LA B. MARGUERITE DE MÉTOLA. 531

en dehors de l'église de Chartres ou des pays voisins. Au XVIIe siècle, Paul III permit, par une concession spéciale, aux Frères Mineurs et aux sœurs du même Ordre, de célébrer une fête sous le même titre. Pierre Doré, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, en composa l'office, qui fut approuvé par le souverain Pontife. Enfin Benoît XIII, par un indult du 22 août 1725, permit à toutes les églises des États ecclésiastiques et à quelques autres de réciter cet office sous le rit double majeur, avec une mémoire spéciale de saint Joseph. N'omettons pas d'ajouter que le nom de saint Joseph est invoqué dans les litanies de tous les Saints approuvées par l'Église.

Il serait trop long de faire ici mention des nombreuses confréries érigées en l'honneur de saint Joseph. Au 19 mars, les Bollandistes en parlent assez longuement. Ils nous ont conservé également d'assez amples détails sur les faveurs obtenues de Dieu grâce à son intercession.

Depuis l'époque où le pape Clément X éleva la fête de saint Joseph au rang des grandes solennités et lui donna un office propre, la dévotion des fidèles prit un accroissement extraordinaire. Rome lui dédia des églises et créa des confréries sous son patronage ; tous les pays de l'Italie voulurent imiter la Ville éternelle. La première confrérie paraît avoir été celle de Saint-Joseph-aux-Prisons, dont porte Octave Pancirolo, fondée, en 1539, par tous les ouvriers romains qui travaillent le bois.

Pour refaire cette vie de saint Joseph, nous avons abrégé la remarquable histoire du dernier et du plus glorieux des patriarches, par M. l'abbé J. J. Bourassé, chanoine de l'église métropolitaine de Tours, in-8°, 1872.

Événements marquants

  • Célébration primitive par l'Église grecque le dimanche précédant Noël
  • Insertion du nom dans les martyrologes d'Uuard et d'Adon
  • Développement du culte en Occident par les Carmes après les croisades
  • Institution de la fête au bréviaire par Sixte IV (1471-1484)
  • Déclaration comme Patron de l'Église universelle par Pie IX le 8 décembre 1870

Citations

In Bethleem sancti Joseph nutritoris Domini

— Eusèbe de Césarée

Date de fête

19 mars

Époque

1ᵉʳ siècle

Décès

Incertaine (naturelle)

Invoqué(e) pour

protection de l'Église, intercession puissante auprès de Jésus-Christ

Autres formes du nom

  • Joseph nutritoris Domini (la)
  • Joseph Barsabbas (la)

Prénoms dérivés

Joseph

Famille

  • Sainte Vierge (épouse)
  • Jésus-Christ (enfant (nourricier))