Saint Ours d'Aoste
Archidiacre d'Aoste, Fondateur de la Collégiale de Saint-Pierre et de Saint-Ours
Résumé
Originaire d'Écosse, saint Ours devint archidiacre d'Aoste au VIe siècle après avoir évangélisé Meyronnes. Défenseur de l'orthodoxie face à l'arianisme, il fonda la collégiale qui porte son nom pour rester fidèle à la foi catholique. Réputé pour sa charité envers les pauvres et ses miracles liés à l'eau, il demeure le copatron du diocèse d'Aoste.
Biographie
SAINT OURS, ARCHIDIACRE D'AOSTE
FONDATEUR DE LA COLLÉGIALE DE SAINT-PIERRE ET DE SAINT-OURS
VIe siècle.
Ante fures gebreux stat misericordia, et neminem permittit in carcerem mitti qui misericordiam fecerit. La miséricorde se tient à la porte de l'enfer, et elle ne permet pas qu'aucun de ceux qui l'ont pratiquée soit jeté dans l'abîme.
S. Aug., Hom. xxxix.
Saint Ours naquit dans l'île d'Écosse. Tous les auteurs qui ont parlé de lui sont d'accord sur le pays de son origine, mais ne le sont pas de même sur l'époque précise de sa vie ; cependant, il paraît certain qu'il a vécu vers la fin du Ve siècle ou au commencement du VIe. C'est à cette époque qu'il quitta sa patrie et vint se fixer à Aoste. Le motif qui guida ainsi ses pas, fut le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, le désir de soutenir la foi chancelante, et de propager les vertus chrétiennes et religieuses qui brillaient de son temps dans l'île des Saints. Ce fut le même motif qui, dans le même siècle, porta saint Gall, saint Colomban et leurs douze compagnons à quitter l'Irlande pour venir en Bretagne d'abord, puis en Suisse et enfin en Italie, où ils opérèrent une multitude de conversions et fondèrent des établissements à l'ombre desquels fleurirent un nombre prodigieux de saints.
Saint Ours, en quittant l'Irlande, s'arrêta quelque temps à Meyronnes, dans le diocèse de Digne. Cette vallée était alors désolée par l'arianisme. Il s'empressa d'annoncer au peuple la parole de vérité, et il eut la consolation de ramener à la vraie foi ceux qui étaient dans l'erreur. Après avoir évangélisé cette contrée et y avoir laissé des traces si profondes de son passage, qu'elles subsistent encore après plus de treize siècles, il arriva à Aoste, où il déploya une telle supériorité de génie, de science et de vertu, que non seulement il trouva place dans les rangs du clergé, mais il fut bientôt élevé à la dignité d'archidiacre.
Il répondit parfaitement à sa sublime vocation, car ce fut dans l'exercice des fonctions et l'accomplissement des devoirs qui se rattachaient à cette dignité, qu'il se concilia l'admiration et la confiance des peuples, et qu'il mérita le titre glorieux de Saint. En effet, il embrassa dans sa solitude toutes les parties du ministère pastoral, annonçant la parole de Dieu avec un zèle apostolique et avec le succès qui accompagne ordinairement la sainteté, donnant des conseils aux uns, des encouragements aux autres, tantôt reprenant le vice avec une sévérité tempérée par la charité, tantôt donnant à la vertu les éloges et les récompenses qu'elle mérite, visitant les paroisses du diocèse, pour y affermir les fidèles et arracher au paganisme ou à l'hérésie les âmes qui n'avaient pas encore ouvert les yeux à la lumière de l'Évangile, ou qui avaient été induites en erreur ; veillant sur les pasteurs et les ouailles, sur les jeunes lévites comme sur les anciens du sanctuaire.
Quelque pénibles, au reste, que fussent pour saint Ours les travaux de son ministère, ils étaient supportables pendant qu'il ne faisait que seconder le zèle et la sollicitude du saint évêque qui régissait alors le diocèse d'Aoste ; c'était le pieux Joconde, honoré à Aoste sous le nom de saint Joconde Ier. Ce digne pasteur déployait, lui aussi, de concert avec son archidiacre, le zèle le plus ardent, le plus actif et le plus industrieux pour le salut des âmes ; mais les temps qui couraient étaient des temps mauvais. L'hérésie d'Arius, soutenue par ceux qui disposaient alors de la force et des faveurs temporelles, s'insinuait partout comme un poison subtil. Déjà même elle infectait quelques membres du clergé. Ceux-ci ne pouvant s'accommoder des mesures adoptées par le saint évêque pour conserver ou ramener la pureté de la foi et des mœurs, soulevèrent contre lui la plus terrible persécution ; ils l'accusèrent de félonie, de trahison et de crime de lèse-majesté royale. Ils surent si bien donner à la calomnie l'apparence de la vérité, qu'ils réussirent à faire expulser Joconde du siège épiscopal avec privation de toutes les rentes attachées à l'évêché. Ce revers causa par contre-coup au cœur si bon de l'archidiacre saint Ours la plus grande douleur et lui procura en même temps un surcroît de travail et de sollicitude.
Mais, après avoir partagé avec son évêque le poids de son affliction, il eut le bonheur de partager bientôt avec lui la joie qu'il éprouva lorsque le roi Théodoric, après un mûr examen des accusations dirigées contre l'évêque d'Aoste, reconnut qu'elles étaient le fruit de l'envie, restitua ce prélat à sa première dignité, et le réintégra dans le droit de percevoir les rentes appartenant à l'évêché.
Saint Ours priait cent fois le jour et cent fois la nuit, à l'exemple de saint Patrice, apôtre de l'Irlande, qu'il vénérait comme son modèle et son maître. Il faisait souvent le signe de la croix sur son front, couchait sur la dure, ne se mettait jamais à table qu'il n'eût avec lui quelque pauvre. L'église, quand il pouvait s'y rendre, était le lieu qu'il choisissait de préférence pour ses prières, parce que c'est là qu'habite spécialement et comme sur le trône de sa miséricorde, Celui qui a passé sur la terre en faisant le bien, et qui tient entre ses mains toutes les grâces dont nous avons besoin.
Sa douceur et son affabilité donnaient libre accès auprès de sa personne à tous ceux qui avaient besoin de consolation et de conseil. Sa charité ne se bornait pas à des paroles, sa main était toujours ouverte pour répandre ses bienfaits sur les indigents. Il planta de sa propre main une vigne sur laquelle le Seigneur versa avec tant d'abondance ses bénédictions, que les raisins, ou le vin qui en provenait, guérissaient les malades lorsqu'ils en usaient avec foi. Il acheta aussi un champ, dont le produit était partagé avec les pauvres. Dans ce partage, les oiseaux mêmes n'étaient pas oubliés.
Il était assidu auprès des malades, pour les exhorter à la patience et les préparer à la mort. La veuve et l'orphelin trouvaient toujours en lui un appui et un père. Il avait un grand respect pour les églises où reposent le saint Sacrement et les reliques des Saints, et il aurait voulu que tous partagent le même sentiment.
La divine Providence ménage souvent aux hommes qu'elle veut élever à un haut degré de sainteté, certaines épreuves, qui, en épurant leur vertu, leur fournissent l'occasion de la faire éclater davantage, et forment, pour ainsi dire, le noyau de leur sainteté. Telle a été pour saint Ours la circonstance dont nous allons faire le récit.
Pendant que saint Ours travaillait sans cesse à sa sanctification par la pratique des œuvres de piété, de charité et de pénitence, pendant qu'il poursuivait avec zèle l'exercice du saint ministère, le siège d'Aoste vint à vaquer par la mort de saint Joconde. La faction des Ariens, alors nombreuse et intrigante, favorisée d'ailleurs par Théodoric, roi d'Italie, arien lui-même, se donna tant de mouvement qu'elle réussit à élever sur le siège d'Aoste un certain Plocéan, infecté de l'hérésie dominante et qui était au surplus d'un caractère dur, violent, cruel même, sévissant contre quiconque osait lui résister. Non content de professer lui-même une doctrine contraire à l'enseignement de l'Église, il employait tous les moyens de propager dans son troupeau le venin de l'hérésie.
Saint Ours, en sa qualité d'archidiacre, fut le premier à s'opposer aux entreprises du faux pasteur. Il n'oublia rien pour le retirer lui-même de l'erreur et pour en préserver du moins le troupeau dont il avait la garde ; remontrances, prières, exhortations, prédications, tout ce que le zèle le plus ardent et le plus charitable peut suggérer de moyens pour conjurer le fléau de l'hérésie, tout fut mis en œuvre. Mais, si ses efforts réussirent à préserver ou à retirer de l'erreur une multitude de personnes dociles à sa voix, rien ne put vaincre l'obstination de Plocéan.
Ce fut alors que saint Ours, pour écarter tout soupçon de connivence avec cet hérétique, et pour être lui-même plus libre dans l'exercice de son zèle pastoral, prit le parti de se retirer hors des murs de la ville, à l'endroit où était une ancienne église bâtie en l'honneur de l'apôtre saint Pierre. Il fut suivi dans sa retraite par le tiers des chanoines de la cathédrale, avec lesquels il commença le service de cette église.
C'est là l'origine de la Collégiale de Saint-Pierre et de Saint-Ours, la plus ancienne de toutes les collégiales et de tous les établissements religieux des États-Sardes.
En fondant sa Congrégation de prêtres restés fidèles au milieu des plus rudes épreuves, il les soumit à une règle, parce qu'il n'y a pas de vie commune possible sans une règle quelconque. Dans sa nouvelle position, saint Ours continuait ses exercices de piété, de mortification et de charité, et ses compagnons, ou plutôt ses disciples, s'efforçaient de suivre les exemples de celui qu'ils respectaient comme leur maître et leur modèle.
Saint Ours ne perdait pas de vue les obligations que lui imposait sa charge d'archidiacre ; car c'était pour y vaquer plus librement et avec plus de succès qu'il s'était séparé de Plocéan. Partout où la gloire de Dieu et le salut des âmes l'appelaient, il s'y trouvait ou personnellement ou par le moyen de ses compagnons, qui étaient autant de missionnaires dépendant de sa volonté.
Toutes les vertus brillaient dans la vie de notre Saint. Mais il en est une qui était pour lui un vrai besoin ; c'est la bienfaisance. En lui cette noble disposition n'embrassait pas seulement les maux spirituels, il l'étendait encore à toutes les calamités publiques et particulières qui affligent notre humanité. Nous allons en reproduire quelques traits.
Le torrent du Buthier, qui prend sa source dans les Alpes Pennines et passe près de la ville d'Aoste, grossit un jour au point que non-seulement les propriétés riveraines, mais la ville même et ses habitants allaient en être victimes. L'église surtout de Saint-Pierre, desservie par saint Ours et les prêtres de sa Congrégation, était tellement envahie par les eaux, que personne ne pouvait plus y entrer, et ceux qui s'y étaient réfugiés comme en un lieu de sûreté, ne pouvaient plus en sortir. Alors saint Ours, voyant que tous les secours humains étaient inutiles, s'adressa avec la foi la plus vive à celui qui commande aux éléments, et, après s'être muni du signe de la croix, il lui adressa cette prière que la tradition nous a conservée :
« Seigneur, qui, après avoir créé le monde, continuez à le gouverner ; qui, lors du déluge universel, avez sauvé des eaux le genre humain, la race de tous les animaux et la semence de toutes les productions de la terre ; qui avez frayé à travers la mer Rouge une route pour soustraire les enfants d'Israël à la captivité dans laquelle ils gémissaient sous le règne de Pharaon ; qui avez sauvé le prophète Jonas du gouffre de la mer et du ventre de la baleine ; qui, à la prière du prophète Élie, avez suspendu le bienfait de la pluie pendant trois ans et six mois ; qui avez donné la main à votre fidèle apôtre saint Pierre pour le préserver du naufrage ; qui, par la force de votre parole, avez apaisé la fureur des vents et de la mer, abaissez maintenant un regard favorable sur ce peuple qui vous invoque, ne trompez pas l'espérance qu'il a mise en vous. Selon votre miséricorde, exaucez ma prière, ordonnez que la pluie cesse et que la rivière rentre dans son lit ».
Saint Ours n'eut pas plus tôt achevé sa prière que les nuages se dissipèrent, la pluie cessa, le ciel reparut et la rivière retirant ses eaux reprit son cours ordinaire. Cet événement parut trop frappant et porta trop évidemment le cachet de la main toute-puissante de Dieu pour ne pas en perpétuer le souvenir. C'est pourquoi on en fit tous les jours à Matines une commémoration spéciale jusqu'à l'an 1608, époque à laquelle le Chapitre de Saint-Ours a quitté l'usage d'Aoste pour adopter le romain.
Pendant la saison d'été, saint Ours, se trouvant au hameau de Busseia, à peu de distance du lieu de sa résidence, entendit des paysans se plaindre de l'extrême chaleur et de la soif qu'ils enduraient. Et, comme il faisait ses délices à exercer les œuvres de miséricorde, il se rappela la parole de l'Évangile : « Tout est possible à celui qui a la foi »; il frappe de son bâton la roche qu'il avait sous les pieds, et aussitôt il en jaillit une source d'eau claire et limpide qui a continué à couler et coule encore de nos jours, sans jamais cesser, quelque temps qu'il fasse. Cette fontaine porte le nom de Fontaine Saint-Ours dans des actes fort anciens. Il existe dans les archives du chapitre un titre de 1290 par lequel un certain Jacquemet donne à l'église de Saint-Ours douze pièces de terre dont la première était située au lieu dit la Fontaine Saint-Ours.
On voit un grand nombre de personnes accourir à cette fontaine pour y boire ou emporter l'eau qui en découle, dans la confiance d'en recevoir un soulagement dans leurs infirmités, confiance souvent justifiée par le succès.
Voici un trait qui prouve la bonté de son cœur et le respect qu'il professait pour la maison de Dieu et les reliques des Saints :
Un jeune homme, auquel son maître avait confié le soin de ses chevaux, passait souvent devant l'église de Saint-Pierre sans se soucier de descendre de cheval ni même de se découvrir par respect pour le saint Sacrement et les reliques des Saints qui reposaient dans l'église : ce que saint Ours ayant remarqué avec peine, il l'en avertit et le corrigea avec un zèle plein de douceur ; mais, le jeune homme n'ayant pas tenu compte de son avis, pour le punir de sa résistance, Dieu le livra à une espèce d'illusion assez singulière, mais qui lui fit trouver sa punition dans sa faute même. Il crut, un jour, avoir perdu un des chevaux confiés à sa garde, celui que son maître affectionnait le plus. Son trouble était tel que, monté sur le cheval, il le cherchait partout avec la plus grande anxiété. Il passait et repassait, comme il avait coutume de le faire, devant l'église de Saint-Pierre en pleurant et en poussant des sanglots. Saint Ours, le voyant, fut ému de compassion et lui demanda le sujet de ses pleurs. Le jeune homme, devenu plus docile, lui déclara le motif de sa douleur et lui promit d'être désormais plus soumis à ses avis, s'il lui faisait trouver le cheval qu'il cherchait. Saint Ours accepta la condition et dit au jeune homme : Combien de chevaux votre maître vous a-t-il confiés ? Six. À qui appartient le beau cheval que vous montez ? Le jeune homme, baissant les yeux, reconnut le cheval qu'il cherchait avec tant de peine, et voyant dans son illusion la main de Dieu, il descendit de cheval, entra à l'église pour remercier le Seigneur, et promit d'être plus respectueux envers son temple et les reliques des Saints.
Saint Ours, plein de charité pour le prochain, ne manquait jamais l'occasion de rendre service aux malheureux qui avaient recours à lui. En voici un exemple frappant :
Un domestique de l'évêque Plocéan s'était rendu coupable d'une faute grave pour laquelle il craignait d'avoir encouru l'indignation de son maître qu'il savait être d'une humeur fort irascible. Pour se soustraire au châtiment qui l'attendait, il se réfugia dans l'église de Saint-Pierre, où, selon les lois canoniques, il devait jouir de la franchise. Saint Ours l'ayant vu au pied de l'autel dans la contenance d'un homme troublé et déconcerté, s'approche de lui et le prie de lui découvrir confidentiellement le sujet de son alarme. Ce serviteur, qui ne demandait pas mieux que de trouver un cœur compatissant et un protecteur, lui fit naïvement le récit de son crime et le pria d'intercéder pour lui auprès de l'évêque. Saint Ours, qui ne laissait échapper aucune occasion de rendre service aux malheureux, se rendit volontiers au désir et à la prière du serviteur, alla de suite auprès de l'évêque et lui dit : « Monseigneur et mon père, un de vos serviteurs, sachant qu'il vous a gravement offensé, est venu chercher un asile dans l'église de Saint-Pierre ; je vous prie, pour l'amour de celui dans le temple duquel il s'est réfugié, de lui pardonner ». Plocéan, croyant l'occasion favorable de satisfaire sa colère et d'exercer sa vengeance contre son serviteur et surtout contre saint Ours, dissimula adroitement son dessein, et, affectant un air de bienveillance, il dit au Saint : « Allez, mon frère, et dites à mon serviteur qu'il se présente à moi avec une parfaite assurance, aucun mal ne lui sera fait ». Saint Ours n'eut rien de plus empressé que d'aller annoncer à ce serviteur le succès de son ambassade. « Allez », lui dit-il, « vous présenter à votre maître, je vous promets qu'aucun mal ne vous arrivera ». Mais, en mesurant le cœur de Plocéan sur le sien, saint Ours s'était grandement trompé, car à peine était-il sorti de chez l'évêque, que celui-ci ordonna à ses gens d'aller de suite attendre le malheureux serviteur au sortir de l'église, et de le lui conduire sous peine de subir eux-mêmes les peines qu'il lui réservait. Cet ordre fut ponctuellement exécuté. Le serviteur, qui, sur la parole de saint Ours, avait compté sur l'indulgence de son maître, fut saisi sur la porte de l'église et conduit immédiatement à Plocéan, qui, dans l'accès de sa fureur, le fit cruellement flageller depuis la tête jusqu'aux pieds, au point qu'il faillit expirer sous les coups de fouet. Il lui fit ensuite raser les cheveux et verser sur la tête de la poix bouillante, et le renvoya dans l'état le plus pitoyable. Cet infortuné, s'imaginant que saint Ours l'avait trompé, son indignation lui prêta assez de force pour se rendre auprès de lui, et, dans l'amertume dont son cœur était navré, il lui adressa ce reproche : « Pourquoi, mon père, m'avez-vous ainsi trompé ? Fallait-il me tirer de l'église où je m'étais réfugié, pour me faire tomber sous la main de ce cruel tyran ? Au lieu de m'excuser, vous m'avez livré à un traître, à mon plus cruel ennemi. Que le souverain Juge prononce entre vous et moi ! »
Un reproche si amer, joint à l'aspect déchirant que présentait le serviteur et à l'insigne mauvaise foi de Plocéan, excita dans le cœur si généreux de saint Ours, le sentiment le plus profond de compassion et d'indignation, et, se sentant animé d'un esprit prophétique, il dit à ce malheureux serviteur : « Allez trouver Plocéan et dites-lui de ma part : Sachez que dans peu de jours vous mourrez suffoqué par les démons et entraîné par eux dans les enfers. Il est juste que vous soyez reçu par ceux que vous avez servis en ne craignant pas de violer le temple du Seigneur ». Ensuite il dit au serviteur : « Quant à vous, préparez-vous à la mort, car vous ne tarderez pas à suivre votre maître pour recevoir l'un et l'autre du souverain Juge ce que vous avez mérité ; pour moi, je vous suivrai de près, et je serai peut-être le témoin du jugement qui sera prononcé sur votre altercation ».
L'événement justifia en effet la prédiction du Saint. Plocéan mourut la nuit même qui suivit, renversé de son lit par une main invisible, et il expira ainsi misérablement. Le domestique, selon la parole de saint Ours, mourut le même jour. Pour le Saint, après s'être préparé à la mort par un redoublement de piété et de ferveur, et par le jeûne et la prière, il ne tarda pas à rendre son âme à celui qu'il avait servi avec tant de fidélité.
Il y a plusieurs Saints qui portent le même nom, et qui sont honorés en divers pays, entre autres saint Ours, martyrisé dans la vallée d'Aoste, compagnon de saint Alban, martyr de Mayence, honoré le 21 juin, dans la paroisse de Burano, port de la ville d'Altino, île dans les lagunes de Venise, diocèse de Torcello, où l'on conserve son corps.
Il y a un autre saint Ours, compagnon de saint Victor, martyr de la légion thébaine, dont le corps repose à Soleure. Sa fête se fait le 30 septembre.
Le Saint dont nous venons de donner la vie est honoré comme confesseur ; il est fêté le 1er février, et son corps est conservé à Aoste. Ainsi toute confusion devient impossible.
Tous les tableaux, toutes les statues de saint Ours, antiques et modernes, le représentent avec les insignes d'archidiacre, c'est-à-dire, tenant d'une main le bourdon comme l'emblème de l'autorité et de la juridiction, et, de l'autre main, serrant sur la poitrine un livre, comme le symbole de la science religieuse qu'il devait posséder éminemment lui-même et communiquer aux fidèles. — On le représente aussi avec des oiseaux sur les épaules ou sur les bras. — On le voit très-souvent en costume religieux, portant les cheveux courts et une large tonsure, qui réduit sa chevelure à une espèce de couronne semblable à celle des révérends Pères Capucins. On le peint parfois avec des sandales, et une espèce de vêtement de peau que l'on conserve dans une grande chasse enveloppée dans un linge avec l'inscription : Vestimenta S. Ursi, vêtements de saint Ours. — On le dépeint encore frappant de son bourdon, ou d'un bâton, la roche d'où jaillit une eau miraculeuse. C'est ainsi qu'il est représenté dans le chapiteau d'une colonne de marbre du XIIe siècle, placé au cloître de la Collégiale, avec l'inscription : Fons S. Ursi. — Il y a quelques années, on a découvert, dans un réduit de l'église de Saint-Christophe, un devant d'autel en bois sculpté, représentant saint Ours, entouré de pauvres et leur distribuant des chaussures.
[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]
Le nom de saint Ours est resté attaché non seulement à la Congrégation de prêtres qu'il a fondée, mais au lieu de sa résidence ; c'est le bourg Saint-Ours, ainsi nommé de temps immémorial. On le trouve dans un acte de 1119, dans un autre de 1174. Au XIe siècle existait, et on ne sait depuis quel temps, la noble famille de Porta Sancti Ursi, qui a donné un évêque à Aoste.
Non seulement le bourg, qui s'est formé autour du lieu de la résidence de saint Ours, a pris son nom, mais encore le territoire adjacent, et ce territoire était devenu célèbre. Car, dans l'acte passé publiquement le 20 octobre 1026 entre l'évêque Burchard et Katelme, il y est fait mention d'une propriété située sur le territoire de Saint-Ours, en Italie. Déjà cette terre était mentionnée dans l'acte passé en 1013, par lequel le prêtre Létard donne aux Chanoines de Saint-Ours certaines propriétés contiguës à la terre de Saint-Ours.
Tout ceci prouve qu'au moins au commencement du XIVe siècle saint Ours était en pleine possession du titre de Saint, et par conséquent l'objet d'un culte religieux.
Dans tout le diocèse d'Aoste, saint Ours est vénéré, de temps immémorial ; mais il l'a été, d'une manière spéciale, par un grand nombre de paroisses.
Nous avons sous les yeux une bulle d'Alexandre III du 20 avril 1176 dans laquelle il mentionne la paroisse de Saint-Pierre et Saint-Ours de Donnas.
Donnas avait donc à cette époque saint Pierre et saint Ours pour titulaires. Or, Donnas comprenait alors les deux paroisses actuelles de Vert et de Pont-Saint-Martin, et ainsi les populations de ces trois paroisses étaient sous le patronage de saint Ours, l'an 1184. L'acte III compte Perlo et lasime entre les paroisses qui appartenaient au Chapitre de Saint-Ours. Perlo comprenait alors les deux paroisses actuelles de Lillianes et de Fontoinemore, et lasime les deux paroisses de Gressoney ; ces cinq paroisses ne pouvaient manquer d'être spécialement attachées au culte de saint Ours.
La très-ancienne paroisse de Derby qui, dès 1040, était du patronat des Chapitres de la cathédrale et de Saint-Ours, avait aussi saint Ours pour patron.
Les anciennes paroisses de Cogne et de Jovençan ont toujours eu et ont encore saint Ours pour patron.
Le bienheureux Eméry de Quart, dans sa constitution de 1307, énumère parmi les fêtes de précepte du diocèse, celle de saint Ours.
Saint Ours, copatron du diocèse d'Aoste, est célébré sous le rite de première classe avec octave dans tout le diocèse.
17 JUIN.
A Meyronnes, dans le diocèse de Digne, le culte de saint Ours remonte aux temps les plus reculés. Mais là, comme à Aoste, il est infiniment à regretter que les archives du célèbre sanctuaire aient été dispersées par le vent révolutionnaire. Que de choses elles nous apprendraient !
Il y avait, au lieu appelé le Vieux Saint-Ours, une chapelle qui, au rapport des anciens, était très-vaste. Elle est tombée en ruine au commencement du XVIIe siècle. Pour la plus grande commodité des pèlerins et des habitants du lieu, elle a été rebâtie à un kilomètre de distance, au lieu appelé Pion Saint-Ours, au milieu d'un charmant village qui est devenu le chef-lieu de la paroisse de Saint-Ours, depuis le décret impérial du 4 avril 1835, par lequel cette section de Meyronnes est érigée en succursale. Le culte de saint Ours aura beaucoup à gagner à cette circonstance, car les pèlerins sont maintenant assurés de trouver un prêtre dans le sanctuaire qui est le terme, le but de leur pèlerinage, et il leur sera plus facile d'y faire leurs dévotions, non seulement le jour de la fête principale, mais toute l'année.
Un oratoire construit sur l'emplacement de l'ancienne chapelle et une croix de pierre de taille sont là pour en perpétuer la précieuse mémoire. Là est aussi une fontaine que les pèlerins regardent comme un souvenir de la fontaine miraculeuse de saint Ours.
Voici, à propos de ce pèlerinage, ce qu'on dit l'historien du diocèse d'Embrun. Après avoir parlé de l'origine de la paroisse de Meyronnes, il ajoute :
« Le lieu de Meyronnes est renommé à cause d'une chapelle sous le titre de Saint-Ours, qui est dans son territoire. Saint Ours, sanctus Ursus, avait été prévôt (il devait dire fondateur) d'un Chapitre dans le Val d'Aoste. Sa mémoire est en grande vénération, non seulement dans la vallée de Barcelonette, mais encore dans plusieurs vallées en Piémont. Il y a toujours eu, de temps immémorial une chapelle dédiée en son honneur dans le district de Meyronnes. On l'a changée de place et rebâtie en 1773. Elle est actuellement dans le hameau qu'on appelle le Pion de Saint-Ours. Les fidèles s'y rendent en foule, le 17 juin, pour la fête de ce Saint. Les Piémontais y accourent de la Val de Maire, de la Val de Stura et de la Val de Sanpeire. Les Français ne le cèdent pas en ce point aux Piémontais. On y voit une multitude de personnes non seulement de Barcelonette, mais encore de l'Embrunais et du Gapençais. Ce qui y attire un si grand concours, ce sont les miracles qui s'y sont opérés.
« La légende de saint Ours apprend que, l'an 1653, il fut fait des informations, par l'autorité de l'archevêque d'Embrun, sur les miracles opérés à la chapelle de Saint-Ours, à Meyronnes, et qu'il fut prouvé que les nommés Jean Bovis de Meyronnes, Pierre Pautriers des Saunières, hameau de Jousiers, et Boniface Pascal d'Allas, tous trois atteints de paralysie et abandonnés des médecins, avaient été guéris miraculeusement par l'intercession de saint Ours, après avoir fait vœu à cette chapelle. En l'année 1719, le 17 juin, jour de la fête du même Saint, un enfant âgé de huit ans, de la paroisse de Risout, en Dauphine, paralytique depuis quatre ans, fut porté par ses parents à cette solennité; il y fut guéri, se leva à l'instant et marcha librement. De quoi le curé de la paroisse de Meyronnes fit dresser un procès-verbal qu'on conserve avec soin dans la chapelle ». Ici est le récit de l'histoire du diocèse d'Embrun.
Il en résulte qu'à Meyronnes, comme à Aoste, le culte de saint Ours est immémorial.
En France encore, dans le diocèse de Langres, la ville de Montbard, sur la Brenne, a laissé une multitude de Saints pour s'attacher à saint Ours et l'honorer comme son patron.
A Guillerire (Hautes-Alpes), saint Ours a aussi une chapelle qui, sous la direction du zélé M. le chanoine Garnier, sera de plus en plus visitée par les habitants du lieu et des environs.
En Savoie, dans le diocèse d'Annecy, province du Chablais, les paroisses de Bernex et de Vacheresse ont eu, de temps immémorial, saint Ours pour titulaire et patron. Ces deux paroisses sont très-anciennes. Bernex est, par sa position, très-exposée aux inondations, c'est probablement le motif qui a porté la population à se mettre sous la protection spéciale de saint Ours.
Saint Ours est encore connu et honoré dans la paroisse de La-Thuile, dépendante du même diocèse d'Annecy.
Dans le diocèse d'Ivrée, de temps immémorial, saint Ours a été honoré, non seulement comme un Saint ordinaire, mais comme patron de la ville. Il y avait une église érigée en son honneur à peu de distance de la ville. Il y avait aussi un bénéfice sous le titre de Saint-Ours.
Dans le même diocèse, la très-ancienne paroisse de Campiglia, de laquelle furent démembrées, en divers temps, toutes les églises de Valseana (Vallis Soquanae), honore, de temps immémorial, saint Ours pour son patron et son Apôtre.
Dans le diocèse de Verceil existait déjà, avant le XIIIe siècle, un couvent de Saint-Ours hors des murs de la ville, appelé tantôt l'hôpital des Ecosssis ou des Irlandais, tantôt le couvent de Saint-Ours. Cet hôpital était surtout destiné pour le service des pèlerins d'Irlande et d'Ecosse. On le trouve mentionné comme existant jusque vers le milieu du XIIe siècle. Il résulte des titres contemporains qu'il fut uni au grand hôpital de Verceil le 27 août 1343. On montre encore le lieu où était cet hôpital.
Dans le diocèse de Verceil, on ne fait pas l'office de saint Ours ; mais le nom et l'invocation du Saint figurent dans les très-anciennes litanies usitées avant l'introduction du rite romain. Dans un nécrologe de l'église de Verceil du XIIe siècle, le 1er février, sont mentionnés sainte Brigide et saint Ours.
Il y a cependant, dans le diocèse de Verceil, une paroisse qui a saint Ours pour patron, c'est Rongio, près du grand bourg de Manserano. Le curé du lieu, interrogé sur le culte de saint Ours à Rongio, répond que le culte est immémorial dans cette paroisse et qu'on y nourrit une vive confiance en sa protection.
Dans la célèbre collégiale de Saint-Gaudens, à Novare, on vénère également saint Ours.
Dans le diocèse de Turin, on fait l'office de saint Ours, et dans la métropole il y a un autel où est un tableau très-ancien au bas duquel on lit sanctus Ursus. Autrefois, à Turin, saint Ours était le patron des corroyeurs.
A Sion, en Valais, saint Ours figurait déjà sur un missel du XIIIe siècle, au 4 février, comme à Aoste.
On implore la protection de saint Ours pour tous les besoins, toutes les infirmités et les calamités qui assiègent notre pauvre humanité. Nous voyons en effet figurer, dans le récit de ses miracles, des malheureux atteints de diverses infirmités du corps et de l'âme. Ce sont des paralytiques, des individus perclus de leurs membres, des démoniaques qui recouvrent, par son pouvoir auprès de Dieu, la santé et l'usage de leurs facultés corporelles ou mentales.
Toutefois on recourt spécialement à saint Ours contre le débordement des eaux, contre les intempéries qui menacent les moissons, dans les enfantements laborieux qui mettent en danger la vie des mères et la double vie des enfants. On recourt aussi à la protection de saint Ours, pour demander, en faveur des enfants morts sans Baptême, un petit retour à la vie afin de recevoir le Baptême, et nous avons vu des rapports revêtus de tous les caractères de la vérité, qui nous autorisent à penser que la grande foi des parents inconsolables, jointe au crédit du bon saint Ours, a obtenu, du souverain Arbitre de la vie et de la mort, quelques moments pour recevoir la grâce du Baptême.
On recourt à saint Ours pour être guéri ou préservé des maux de reins, du rhumatisme et autres maladies de cette espèce. En France surtout, c'est sur les enfants qu'on appelle particulièrement la protection de saint Ours. Il devait en effet aimer les enfants et être aimé des enfants ce Saint dont la bonté et la douceur charmaient jusqu'aux oiseaux qui voltigeaient autour de lui.
L'ancienne église dédiée à saint Pierre, que saint Ours avait desservie, fut le lieu de sa sépulture. Son corps fut déposé dans une chapelle souterraine, qui existe encore, et qui prit le nom de Confession de Saint-Ours. Elle est située au-dessous du grand chœur de l'église actuelle de la Collégiale de Saint-Ours. On y descend par deux escaliers ayant chacun douze degrés en marbre déjà bien usés par les visiteurs. Cette double entrée, commune aux monuments de ce genre, sert à éviter la rencontre et la confusion de ceux qui entrent et de ceux qui sortent. Neuf colonnes de pierre, chacune d'un seul bloc, soutiennent la voûte de la chapelle. Ces colonnes sont toutes de forme romaine, semblables à plusieurs autres qu'on a décelées en divers temps ; mais elles diffèrent presque toutes les unes des autres pour la forme et la nature de la pierre. Les unes sont rondes, les autres carrées, il y en a deux pentagones, il y en a de marbre d'Aymavilles, d'autres de pierre de grès, une de tuf. Il y a un autel où l'on célèbre souvent la sainte messe. Le buste de saint Ours y est exposé sous un pavillon soutenu de six colonnes de marbre d'Aymavilles, d'ordre dorique.
La Confession de Saint-Ours est de temps immémorial le titre d'une prébende ou d'un bénéfice qui a son recteur.
Les archives de la Collégiale conservent un grand nombre de parchemins constatant les donations faites en divers temps à la chapelle de la Confession de Saint-Ours. Ce qui prouve la grande dévotion de nos ancêtres pour le lieu qui a été le dépositaire du corps de notre saint patron.
C'est dans ce souterrain que le corps de saint Ours resta enfermé dans une châsse de bois avec ses vêtements et ses sandales, jusqu'à ce que M. le prieur Guillaume de Lyôles fit construire, en 1358, à ses frais, une riche châsse en argent destinée à renfermer ce précieux trésor. Cette châsse a été déposée d'abord dans une niche assez élevée, pratiquée à dessein dans le rétable de l'ancien maître-autel, et y resta jusqu'en 1738. Alors fut construit le grand autel en marbre qui existe maintenant, et l'on réserva pour le grand reliquaire de saint Ours un vide pratiqué dans l'autel même.
Dans tous les temps, les fidèles ont professé pour ce sacré dépôt une grande vénération. Ils en font plus de cas que d'un trésor d'or ou d'argent.
C'est à cette disposition que la Collégiale de Saint-Ours est redevable du bonheur de posséder presque en entier le corps de son saint fondateur. Nous disons presque en entier, car, en divers temps, le Chapitre de Saint-Ours a bien voulu accéder aux vives instances qui lui furent faites pour avoir quelque parcelle de ces précieuses reliques.
Ainsi, en 1273, à la prière de Son Eminence le cardinal Anchéros, passant par Aoste pour se rendre au Concile de Lyon, et à celle de Mgr Aymon de Chaltand, évêque d'Aoste, la vénérable Chapitre de Saint-Ours, assemblée en juillet même année, délibéra d'accorder au révérend Jean, du monastère de Saint-Jean, chapelain dudit cardinal et curé, de l'église de Saint-Ours à Montbard, diocèse de Langres, des reliques de saint Ours que cette ville a adopté de temps immémorial pour son patron. Alors on détacha avec le plus grand respect, en présence de tout le couvent, une particule de la tête de saint Ours. On y unit un certificat muni du sceau du Chapitre pour en constater l'authenticité, et on la remit ainsi au révérend curé de Montbard. On conserve, dans les archives de la Collégiale, l'acte authentique qui, en attestant le fait, prouve encore le respect qu'on professait, il y a cinq cents ans, pour les reliques de saint Ours. Sur le reliquaire de saint Ours, dans l'église de Montbard, on lit : Reliquiæ sancti Ursi patroni hujus urbis e manibus commissariorum. Montbard est une petite ville de Bourgogne, sur la Brenne (Côte d'Or), chef-lieu de canton.
Le célèbre sanctuaire de Saint-Ours, dont nous avons parlé, qui existe de temps immémorial à Meyronnes (Basses-Alpes), où affluent un nombre prodigieux de pèlerins, reçut une côte du Saint ; mais ce précieux trésor fut enlevé et reporté à Aoste, puis remis dans la châsse de saint Ours. Toutefois, le Chapitre de Saint-Ours, pour consoler les habitants de Meyronnes de la perte qu'ils avaient faite, ne tarda pas à leur envoyer une relique du Saint. A la Révolution, on fut obligé de la soustraire à la fureur des nouveaux Vandales et de la cacher sous le plancher de la chapelle, où l'humidité la réduisit en poussière. En 1835, M. Caire, curé de Meyronnes, obtint une nouvelle relique ; c'est une côte, la même probablement qui avait été accordée et reprise en 1676.
A Guillestre (Hautes-Alpes), on possède un petit reliquaire contenant des reliques de saint Ours, qui furent apportées d'Aoste en 1862.
Nous pouvons encore mettre au nombre des reliques de saint Ours le calice auquel son nom est resté attaché, parce que la tradition porte que c'est celui dont il se servait lui-même pour la célébration des saints mystères.
Ce calice d'argent a vingt centimètres de hauteur, seize centimètres de diamètre ; le nœud et le pied sont garnis de huit pierres précieuses. On y voit des fleurs de lis comme on en remarque dans la mosaïque de la cathédrale, qui est du VIe siècle. On a coutume de présenter ce calice aux femmes dont l'accouchement laborieux expose leur vie et celle des enfants.
La Collégiale possède des reliques bien précieuses.
L'an 1481, le 28 et le 29 du mois de décembre, sous le pontificat de Sixte IV, le très-illustre George de Chaltand, prieur de la Collégiale, avec l'assistance du Chapitre, procéda à la reconnaissance des reliques contenues dans la sacristie. La plupart étaient munies de leur authentique ; elles furent renfermées dans des reliquaires, et on en fit un recensement qui y fut aussi inséré.
Voici quelques articles de ce recensement :
Nous avons une dent et quelque autre relique du corps de saint Pierre, en l'honneur duquel cette basilique a été instituée. Ces reliques sont renfermées dans le buste d'argent construit en forme apostolique.
Le corps de saint Ours, patron de notre Collégiale, repose dans la grande châsse d'argent en partie dorée. Sa tête est renfermée dans la statue d'argent nouvellement construite. Il existe de ses reliques en plusieurs endroits du diocèse et ailleurs.
Abrégé de la Vie de saint Ours, archevêque d'Aoste, par un membre de la Collégiale du Saint-Pierre et de Saint-Ours. Aoste, 1868.
---
Événements marquants
- Naissance en Écosse (ou Irlande)
- Évangélisation de Meyronnes contre l'arianisme
- Élévation à la dignité d'archidiacre d'Aoste
- Soutien à l'évêque Joconde contre les calomnies
- Opposition à l'évêque hérétique Plocéan
- Fondation de la Collégiale de Saint-Pierre et de Saint-Ours hors des murs d'Aoste
- Miracle du torrent du Buthier
- Création de la fontaine miraculeuse par un coup de bâton
Miracles
- Guérison par les raisins de sa vigne bénie
- Apaisement du torrent du Buthier par la prière
- Jaillissement d'une source d'un coup de bâton à Busseia
- Illusion du cheval perdu pour corriger un jeune homme irrespectueux
- Prophétie de la mort de Plocéan et de son serviteur
Citations
Seigneur... ordonnez que la pluie cesse et que la rivière rentre dans son lit