Le Saint Suaire de Besançon
Relique de la Passion
Résumé
Relique majeure apportée de Constantinople en 1204, le Saint Suaire de Besançon présentait l'empreinte du corps du Christ. Vénéré pour ses miracles contre la peste et préservé des incendies, il fut transféré à la cathédrale Saint-Jean avant d'être envoyé à Paris durant la Révolution française en 1794.
Biographie
LE SAINT SUAIRE DE BESANÇON.
Selon l'opinion la plus probable, le Saint Suaire fut apporté d'Orient à Besançon, après la prise de Constantinople, en 1204.
Othon de la Roche, seigneur bourguignon, s'étant distingué dans cette expédition, obtint, disent les anciennes chroniques, une des plus belles reliques de Constantinople pour sa récompense. Othon l'envoya à son père, Ponce de la Roche, seigneur de Saint-Hippolyte, qui la donna, en 1206, à Amédée de Tramelay, archevêque de Besançon. Cette relique n'était autre que le Saint Suaire de Besançon.
Il était composé de deux toiles cousues fort délicatement. Les auteurs qui l'ont vu et touché nous disent qu'il était fait de lin terrestre, commun et doux comme celui d'Égypte et ouvré comme le petit Venise, mais d'un ouvrage si ancien qu'il était inconnu et inusité depuis longtemps. Il avait huit pieds de long et quatre de large.
Le corps de Jésus-Christ, dit Dunod, y était peint d'un jaune pâle, également imprimé des deux côtés, sans aucune différence sensible, ayant les deux mains croisées l'une sur l'autre, de manière qu'on voyait distinctement les places de chaque main ainsi que celle du côté. La tête du Christ portait la barbe et les cheveux longs, et l'empreinte du corps, depuis les talons jusqu'au sommet de la tête, était en tout de cinq pieds géométriques et neuf pouces.
Cette relique vénérée était déposée dans l'église de Saint-Étienne. On montrait le Saint Suaire deux fois par an, le jour de Pâques et le jour de l'Ascension, et des multitudes innombrables venaient chaque fois le vénérer. Il fut conservé miraculeusement dans l'incendie qui dévora l'église de Saint-Étienne, au mois de mars 1349.
En 1344, la peste ravageait la ville de Besançon. Les habitants vouèrent alors une fête et une procession annuelle au Saint Suaire, et la peste cessa aussitôt. En 1668, nouvelle peste écartée encore une fois par la dévotion au Saint Suaire.
Le Saint Suaire, enveloppé d'un satin cramoisi, était conservé dans un petit coffre de vermeil, orné de pierreries. Cette précieuse relique fut gardée dans la cathédrale de Saint-Étienne, jusqu'au temps où, par ordre de Louis XIV, Vauban fit démolir l'église pour construire la citadelle (1674). Alors le Saint Suaire fut solennellement apporté à Saint-Jean. Il y resta jusqu'à la Révolution française.
Le 25 mai 1794, on lisait dans une feuille périodique du temps, le Journal de Paris : « La Convention a ordonné qu'il serait fait de la charpie d'un linge ci-devant appelé Saint Suaire, que les administrateurs de Besançon ont envoyé à Paris ».
Cet ordre fut-il ou non exécuté ? Le Moniteur et les autres journaux de l'époque gardent à cet égard le silence le plus complet, et, depuis ce temps, il n'est fait nulle part mention du Saint Suaire. On suppose avec quelque vraisemblance que les ordres de la Convention n'ont pas été mis à exécution, et que cette relique vénérée de nos pères existe encore. On conserve, à l'archevêché de Besançon, la cassette de bois où était renfermé le coffret en vermeil qui contenait ce linge précieux.
Extrait de la Vie des Saints de Franche-Comté.
Événements marquants
- Prise de Constantinople en 1204
- Donation à l'archevêque de Besançon en 1206
- Cessation de la peste à Besançon en 1344
- Préservation miraculeuse lors de l'incendie de l'église Saint-Étienne en 1349
- Transfert à l'église Saint-Jean en 1674
- Envoi à Paris par les administrateurs de Besançon en 1794
Miracles
- Cessation immédiate de la peste en 1344
- Protection contre la peste en 1668
- Conservation miraculeuse lors de l'incendie de 1349
Citations
La Convention a ordonné qu'il serait fait de la charpie d'un linge ci-devant appelé Saint Suaire