Saint Sylvin

Premier Apôtre de Levroux et Confesseur

Fête : 22 septembre 1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Disciple de saint Pierre envoyé évangéliser le Berry au Ier siècle, saint Sylvin est considéré comme le premier apôtre de Levroux. La tradition l'identifie parfois à Zachée de l'Évangile. Il est célèbre pour avoir ressuscité son compagnon Sylvestre et pour les nombreux miracles de guérison opérés à son tombeau.

Biographie

SAINT SYLVIN,

PREMIER APÔTRE DE LEVROUX ET CONFESSEUR

1er siècle.

*Ille est per quem crediderunt* *Veteranque rejouissant* *Errorum increduli.*

A la parole de Sylvin, les incrédules croient et re-justent leurs anciennes erreurs.

*Prose de saint Sylvin.*

Levroux est aujourd'hui une petite ville du département de l'Indre et du diocèse de Bourges. Elle est surtout recommandable aux yeux des fidèles par les reliques de saint Sylvin, son premier Apôtre. D'après une pieuse tradition, qui est chère au pays, saint Sylvin serait le Zachée de l'Évangile, converti par le Sauveur dans les rues de Jéricho. Voici ce que la légende raconte de lui :

« Après que Jésus-Christ eut relevé par sa mort la nature humaine que le péché de nos premiers parents avait fait déchoir de sa première grandeur, il établit un sacerdoce pour travailler au salut des âmes dans les différentes contrées de la terre. Rome surtout était plongée dans les abominations de l'idolâtrie : le Sauveur y envoya le bienheureux Pierre pour y faire triompher la foi chrétienne. Mais le saint Apôtre, se souvenant des leçons du divin Maître, prit avec lui deux disciples, Sylvin et Sylvestre, et leur désigna toute la province romaine pour y déployer leur zèle et y recueillir une ample moisson d'âmes gagnées à Dieu.

« Saint Pierre ne tarda pas à apprendre que l'idolâtrie dominait dans les Gaules : il résolut donc de briser le sceptre que le démon étendait sur ces provinces, et il dit à Sylvin et à Sylvestre : « Mes très-chers frères, allez dans le pays des Gaules : dirigez vos pas vers un bourg du Berri que l'on nomme *Gabatum*. Avec la grâce de Dieu, sauvez-y les âmes que l'antique ennemi retient dans ses filets ». Sylvin et Sylvestre, après avoir reçu la bénédiction de l'Apôtre, obéissent à sa voix. Tandis qu'ils étaient en voyage et qu'ils séjournaient à Béthanie, bourg peu distant de Rome, il arriva que Sylvestre tomba malade et mourut. Saint Sylvin lui rendit les derniers devoirs comme il convenait, et revint à Rome informer saint Pierre de ce qui était survenu. Le bienheureux Apôtre remit à Sylvin son bâton pastoral et lui dit : « Retournez sur vos pas ; allez au tombeau de Sylvestre, et, au nom de Jésus-Christ, ordonnez qu'il ressuscite ». Sylvin se remit en route avec le bâton pastoral de saint Pierre, et s'étant rendu à l'endroit où reposait le corps de Sylvestre, il renverse la tombe, fait toucher au saint corps le bâton de l'Apôtre, et dit, comme il en avait reçu l'ordre : « Mon frère, au nom du Père, et du Fils qui a ressuscité Lazare, et du Saint-Esprit, revenez à la vie. C'est au nom de Jésus-Christ que je parle, revenez à la vie et remplissons ensemble le ministère que l'obéissance nous a confié ». À peine il avait dit, et voilà que Sylvestre, comme un homme qui sortirait d'un profond sommeil, ouvre les yeux et revient à la vie. Les deux Saints se remirent en route pour ne pas différer de répandre au loin les paroles du salut qu'ils avaient reçues du Maître.

« Sylvin et Sylvestre élevèrent une église qu'ils dédièrent au Seigneur et à Pierre, prince des Apôtres, où Jésus-Christ fut béni et adoré. Les boiteux, les aveugles, les paralytiques, tous les malades qui venaient y prier étaient guéris, et Sylvin, par la seule imposition des mains, délivrait les possédés du démon. Le bruit des miracles que le Seigneur opérait dans ce lieu, par le ministère de ses serviteurs, se répandit au loin. Mais bientôt Sylvin lui-même tomba malade, et, plein de mépris pour les choses de ce monde, il parlait avec enthousiasme du bonheur dont il jouirait bientôt au ciel comme serviteur de Jésus-Christ. Ses disciples et la vierge Rodène étaient abîmés dans la tristesse et lui disaient : « Père tant aimé, pourquoi nous quittez-vous si tôt ». Sylvin, qui n'avait plus qu'un souffle de vie, recueillait ses forces, et leur répondait : « Ah ! je vous en conjure, ne vous abandonnez pas à la douleur ».

« Au même moment, les chrétiens qui environnaient sa couche entendirent des voix mélodieuses qui chantaient dans le ciel ; l'air fut parfumé de suaves odeurs, et l'âme du bienheureux confesseur, se séparant de son corps, s'envola dans le sein de Dieu. Les chrétiens célébrèrent ses funérailles, et, deux heures après, saint Sylvestre et la bienheureuse Rodène rendaient eux-mêmes le dernier soupir, et passaient ainsi avec Sylvin au royaume du ciel, où ils jouissent du bonheur éternel avec les Saints et les élus de Dieu ».

Disons un mot de la gloire posthume de saint Sylvin de Levroux. Un puissant seigneur de la cour du roi Clotaire ne s'imposait aucun frein et menait la vie la plus désordonnée. Dieu, dans sa bonté, frappa le corps de ce courtisan endurci pour sauver son âme. Il lui survint un tel tremblement, qu'il ne pouvait même porter la main à son front ; il reconnut enfin la main de Dieu qui le châtiait, et se fit porter plusieurs jours de suite à l'église de Saint-Martin de Tours, passant de longues heures à prier le bienheureux évêque d'intercéder pour lui, et de lui obtenir miséricorde. Il n'en éprouva aucun soulagement; mais une nuit, pendant son sommeil, saint Martin lui apparut et l'avertit de se faire porter à Levroux, devant les reliques de saint Sylvin. Ce seigneur, aussitôt son réveil, donne des ordres; il se met en route, et après avoir prié dans l'église de Levroux l'espace d'environ deux heures, son infirmité disparaît, et il s'en retourne, louant la puissance de saint Sylvin, auquel il était redevable de sa guérison.

Un clerc de la ville de Toulouse, nommé Hugon, et d'illustre extraction, était tellement couvert de lèpre, que, ne pouvant supporter le dégoût qu'il inspirait à ses amis et même à sa famille, il résolut de quitter son pays, et d'aller de pèlerinage en pèlerinage, jusqu'à ce que Dieu, prenant pitié de son sort, lui eût rendu la santé. Déjà Hugon avait visité bien des églises, prié devant les reliques d'un grand nombre de Saints, et il ne ressentait aucun adoucissement. Il arrive à Levroux: il passe plusieurs jours et plusieurs nuits en prière devant le tombeau de saint Sylvin, et il recouvre une santé si parfaite qu'il ne lui reste pas la moindre trace de son affreuse maladie. Hugon ne voulut plus retourner à Toulouse; mais plein de reconnaissance pour le Saint auquel il était redevable de sa guérison, il se consacra, le reste de ses jours, au service de l'église de Levroux, où il remplit, jusqu'à sa mort, l'office de diacre.

22 SEPTEMBRE.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES. — PÉLERINAGE.]

Nous ne connaissons ni la date ni aucun détail de la première translation des reliques de saint Sylvin : nous savons seulement que le chapitre de Levroux en célébrait l'anniversaire le 1er mai, et la fête de saint Philippe était renvoyée au jour suivant. La deuxième translation fut présidée par saint Guillaume, archevêque de Bourges : on croit qu'elle eut lieu au commencement du XIIIe siècle, après la construction de l'église actuelle.

Les reliques des saints Sylvin et Sylvestre ont été plusieurs fois visitées et reconnues par les archevêques de Bourges. En 1439, quelques personnes répandaient malicieusement le bruit que le chef vénéré à Levroux n'était pas celui de saint Sylvin ; les chanoines s'en émurent, et conjurèrent Mgr Henri d'Avaugour de faire constater l'état des saintes reliques. Le prélat donna commission à Guillaume Crasset et à Pierre Durand, prêtres et notaires apostoliques, de visiter les châsses. Ils trouvèrent trois coffres de médiocre grandeur. Sur l'un était cette inscription, en caractères fort anciens : châsse de saint Sylvin ; sur l'autre : châsse de saint Sylvestre, et sur le troisième : châsse de sainte Rodène. Dans la première étaient renfermés tous les os de saint Sylvin, à l'exception du chef et d'un bras qui restaient exposés, dans l'église, à la vénération des fidèles, en des châsses séparées. Ce coffre renfermait aussi les Actes et les légendes de ces trois Saints, plusieurs livres d'église d'une haute antiquité, et les lettres de Philippe Berruyer, qui constataient que le chef et le bras de saint Sylvin avaient été retirés et placés par lui dans d'autres reliquaires. L'archevêque accorda à cette occasion quarante jours d'indulgence à tous ceux qui, véritablement contrits, visiteraient l'église de Levroux, feraient quelque aumône et y prieraient pour la paix. Quelque temps auparavant, le pape Eugène IV avait accordé cent jours d'indulgence à tous ceux qui visiteraient la même église, les jours de Noël, de la Circoncision, de Pâques, de la Pentecôte, aux fêtes de la Vierge, et des saints Sylvin, Sylvestre et Rodène. En 1444, la châsse de saint Sylvin fut ouverte de nouveau, et l'official du diocèse autorisa Guillaume Vaquelin, chanoine de Saint-Agnan, à en détacher un os, long de quatre doigts, pour le faire vénérer dans la province. En 1505, les saintes reliques furent reconnues de nouveau par Mgr Guillaume de Cambrai, qui, dans ses lettres patentes, loua celles qu'avait délivrées, en 1439, son prédécesseur Henri d'Avaugour.

Les saints corps de saint Sylvin, de saint Sylvestre et de sainte Rodène, furent profanés par les Huguenots, en 1562. Les hérétiques pillèrent l'église de Levroux, et brûlèrent les saintes reliques. Mais on parvint à soustraire, à leur fureur sacrilège, les chefs des deux saints confesseurs, comme il est constaté par les lettres de Mgr Michel Phelippaux qui, en 1685, reconnut l'état de ces précieuses reliques, et les lettres authentiques qui les accompagnaient.

La Révolution de 93 n'a pas entièrement dépouillé Levroux de son pieux trésor. Le chef de saint Sylvin a été sauvé, pendant ces jours désastreux, par le nommé Gengry, qui plus tard le rendit à l'église. L'abbé Villeret, à cette époque curé de Levroux, dressa procès-verbal de cette restitution, en présence de plusieurs ecclésiastiques, des autorités locales, des personnes les plus notables de la paroisse et de deux médecins. Ce procès-verbal fut soumis à Mgr de Meret, archevêque de Bourges,

SAINT MAURICE ET SES COMPAGNONS, MARTYRS.

qui, après un sérieux examen, reconnut l'authenticité des reliques, et permit de les exposer publiquement à la vénération des fidèles. Ces deux lettres patentes sont conservées avec soin dans la châsse de saint Sylvin.

La fête de saint Sylvin et de saint Sylvestre est marquée au 22 septembre, dans le martyrologe romain. Le cinquième dimanche après Pâques et le 15 août, sont les époques du grand concours : mais il ne se passe pas de jour où plusieurs personnes ne viennent à Levroux se recommander à la protection du saint confesseur. Il s'en trouve des contrées les plus éloignées ; mais on accourt surtout des arrondissements de la Châtre et du Blanc, du Limousin, du Poitou, de la Touraine et du Blaisois.

Extrait du *Pieux pèlerinage de Saint-Sylvin de Levroux*, par le R. P. Pessac, de la Compagnie de Jésus. Nantes, 1854.

Événements marquants

  • Disciple de saint Pierre à Rome
  • Mission dans les Gaules (Berri)
  • Résurrection de son compagnon Sylvestre à Béthanie avec le bâton de saint Pierre
  • Fondation d'une église à Gabatum (Levroux)
  • Mort simultanée avec Sylvestre et Rodène

Miracles

  • Résurrection de Sylvestre à l'aide du bâton de saint Pierre
  • Guérison d'un seigneur de la cour de Clotaire atteint de tremblements
  • Guérison de la lèpre du clerc Hugon de Toulouse
  • Guérisons d'aveugles, boiteux et paralytiques
  • Exorcismes par imposition des mains

Citations

Ille est per quem crediderunt Veteranque rejouissant Errorum increduli.

— Prose de saint Sylvin

Mon frère, au nom du Père, et du Fils qui a ressuscité Lazare, et du Saint-Esprit, revenez à la vie.

— Paroles de saint Sylvin à Sylvestre

Date de fête

22 septembre

Époque

1ᵉʳ siècle

Décès

1er siècle (naturelle)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

tremblements de membres, lèpre, guérison des malades, délivrance des possédés

Prénoms dérivés

Sylvin