Saint Véroul (Vorles)

Curé de Marcenay

Fête : 17 juin 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Prêtre du VIe siècle issu d'une noble lignée bourguignonne, saint Vorles consacra sa vie au ministère à Marcenay. Il est célèbre pour un miracle de bilocution où, ravi en extase pendant la messe devant le roi Gontran, il sauva un enfant d'un incendie à Plaines. Ses reliques, transférées à Châtillon pour échapper aux Normands, furent l'objet d'une grande dévotion et de nombreux miracles contre les fléaux.

Biographie

SAINT VÉROUL OU VORLES, CURÉ DE MARCENAY (591).

Suivant une ancienne tradition, saint Vorles reçut le jour, vers le milieu du VIe siècle, au village de Marcenay, près de Châtillon-sur-Seine, d'une famille alliée aux rois de Bourgogne. Il préféra, dès sa jeunesse, les combats du Seigneur à ceux des princes de la terre, la gloire éternelle à ce qui passe, et entra dans la cléricature. Ordonné prêtre, il se dévoua au salut des âmes, et il en fut à la fois le guide et le modèle. Autant il était avide de connaître la volonté de Dieu, manifestée par les saintes Écritures, autant il était soigneux de s'en nourrir et de l'observer dans sa conduite : une modestie angélique, une aimable simplicité, toutes les vertus que Notre-Seigneur a béatifiées dans le sermon sur la montagne, brillaient à son front comme les diamants d'une riche couronne.

Il consuma sa vie dans les fonctions du saint ministère à Marcenay, prenant une part active à l'œuvre d'apaisement et de civilisation que l'Église accomplissait alors, et confirmant par des miracles l'autorité de son enseignement et l'efficacité de sa prière. Sa réputation était grande, et de toutes parts des malades venaient lui demander la guérison, et des affligés la résignation et la paix.

Aganon, écolâtre de Châtillon au IXe siècle, raconte, dans une homélie qu'il fit le jour de sa fête, le prodige suivant : Le roi Gontran, attiré par le désir de voir les merveilles que la renommée publiait de saint Vorles, vint à Marcenay, et, pendant qu'il assistait à la Messe avec les gens de sa suite, il s'aperçut que le Bienheureux, saisi d'un ravissement extatique au moment de l'Évangile, comme saint Ambroise à l'heure du trépas de saint Martin, se tenait immobile et silencieux... Après une heure entière d'attente, car personne n'osait approcher de l'autel, il le vit reprendre ses sens et continuer le sacrifice. Aussitôt la Messe dite, il s'empressa de lui demander ce qu'il avait eu et pourquoi il avait interrompu si longtemps les saints Mystères.

« À l'heure même », lui répondit le Bienheureux, « que j'offrais le divin Sacrifice, les habitants de Plaines l'entendaient à Mossy, et, en leur absence, le feu prenait à une maison où dormait un enfant ; Dieu me l'ayant fait connaître, je courus en toute hâte arrêter l'incendie et sauver l'enfant ».

À ce récit, Gontran, émerveillé, dépêche à Plaines des messagers fidèles qui trouvent en effet le peuple en émoi, et apprennent que le saint prêtre de Marcenay avait emporté, du milieu des flammes, un enfant dans ses bras et l'avait rendu plein de santé à ses parents. Ainsi assuré du miracle par son propre témoignage et celui de ses officiers, il honora saint Vorles d'une vénération

SAINT VÉROUL OU VORLES, CURÉ DE MARCENAY.

plus profonde encore et le prit pour conseiller. C'est à son influence, sans doute, qu'il dut sa conversion et la gloire de son règne.

On n'a point d'autres détails de la vie de saint Vorles; mais les miracles éclatants que Dieu a opérés à son tombeau servent de suffisant témoignage pour démontrer combien il a saintement et religieusement marché dans la voie de ses commandements, et comme il a porté sa croix en ce monde, se conformant en tout à la volonté de Dieu.

Le corps de saint Vorles reposa à Marcenay depuis sa bienheureuse mort jusqu'au IXe siècle. À l'approche des Normands, qui ravageaient le pays de France, n'épargnant rien, brûlant châteaux, chaumières, églises et monastères, outrageant sans pudeur Dieu et ses Saints, l'évêque de Langres, Isaac le Bon, transféra le corps du saint Prêtre de Marcenay à Châtillon, comme dans un lieu de sûreté : « Une assistance nombreuse l'accompagna avec des flambeaux et au chant des hymnes, qui ne fut pas interrompu durant toute la marche ». Il le déposa dans la chapelle Notre-Dame du château, le 26 mai de l'an 868. « On croit », dit Courlepée, « que l'oratoire du château a été élevé par saint Didier, évêque de Langres et martyr, au XIe siècle ». Agrandie, quand la foi devint féconde sur le sol châtillonnais et dédiée à saint Martin, elle a été encadrée, pour ainsi dire, à la fin du Xe siècle, dans l'église romane si belle et si pieuse que l'évêque de Langres, Bruno de Roucy, fit bâtir, et qui domine aujourd'hui encore la ville de Châtillon. Pendant huit siècles, les reliques de saint Vorles y furent l'objet d'une admirable dévotion : chaque année, les paroisses voisines venaient en procession le jour de la fête, et l'affluence était si grande que, pour satisfaire à la piété des pèlerins, on disait une Messe en plein air.

La châsse qui renfermait le très-saint corps, placée d'abord sur deux colonnes de marbre, fut ensuite suspendue sous le dôme, au-dessus du maître-autel. On la descendait pour les solennités religieuses et dans les temps de calamités. En 1615, elle fut portée au concile d'Airy, près d'Auxerre, convoqué par le roi Robert le Pieux, et, quelque temps après, une grande sécheresse ayant amené dans le Châtillonnais la famine et la peste, on l'exposa sous une tente, près de l'église Saint-Mametz, voisine du château ducal. La confiance des nombreux pèlerins accourus en toute hâte fut aussitôt récompensée : le fléau cessa, et la terre, arrosée par une pluie abondante, donna une riche moisson.

En 1181, sous le pontificat d'Alexandre IV et le règne de Philippe-Auguste, le vingt-quatrième jour de mai, Manassès, évêque de Langres, fit l'ouverture juridique de la châsse, et y trouva le corps avec sa légende. Il le fit placer dans une châsse et élever sur deux piliers de marbre. La tête fut mise à part pour être garnie somptueusement.

En 1636 et 1646, les habitants de Marcenay ressentirent les effets de la protection de leur vénéré patron, à l'occasion d'une grande sécheresse qui désola leur contrée. En 1784, la paroisse de Châtillon alla aussi en procession, à Plaines, prier devant les reliques du Saint, qui y sont conservées. Elle n'était pas de retour à Saint-Vorles, que les vœux de tous étaient exaucés : la sécheresse avait fait place à une pluie bienfaisante. Enfin, en 1832, quand, dans l'espace de douze jours, le village de Plaines se vit enlever cinquante-deux de ses habitants par le choléra, saint Vorles fit connaître le crédit qu'il avait auprès de Dieu et la protection qu'il aimait à répandre sur ceux qui l'invoquent. À la suite d'une procession où furent portées ses reliques, l'épidémie ne fit plus aucune victime, et les malades furent guéris.

Une petite chapelle est élevée à Plaines, en l'honneur de saint Vorles, à l'endroit même où éclata l'incendie dont nous avons parlé. Elle rappelle aux habitants qu'ils ont au ciel un protecteur aussi puissant que dévoué. Ses reliques, conservées dans un buste et un bras de bois doré, consistent dans une partie de vertèbre du saint Pasteur.

La Révolution a jeté au vent les saintes reliques conservées à Châtillon, et brisé la châsse en ébène revêtue d'argent, dans laquelle Mgr de Montmorin les avait renfermées en 1751, ainsi que le buste et le reliquaire d'argent, donné en 1613 par les pieux fidèles de Marcenay; mais elle n'a pu détruire le culte du bienheureux Prêtre : il vit dans les âmes et son nom est resté populaire.

On représente saint Vorles en habits sacerdotaux, tenant un enfant à la main. C'est ainsi qu'à Chaource, en face de la chapelle dite du Paradis, on remarque, fixé à un pilier, un groupe de sculpture qui représente saint Vorles retirant un enfant d'une maison enflammée.

Tiré de la Vie des Saints du diocèse de Dijon, par l'abbé Dupuis; et de la Vie des Saints du diocèse de Troyes, par l'abbé Defer.

17 JUIN.

Événements marquants

  • Naissance à Marcenay d'une famille alliée aux rois de Bourgogne
  • Entrée dans la cléricature et ordination sacerdotale
  • Ministère pastoral à Marcenay
  • Bilocution et sauvetage d'un enfant des flammes à Plaines pendant une messe
  • Rencontre et conseil auprès du roi Gontran
  • Translation des reliques à Châtillon en 868 par l'évêque Isaac pour fuir les Normands
  • Ouverture de la châsse en 1181 par l'évêque Manassès

Miracles

  • Bilocution et sauvetage d'un enfant d'un incendie
  • Cessation de la sécheresse et de la peste en 1615
  • Guérison du choléra à Plaines en 1832
  • Guérisons diverses de malades et d'affligés

Citations

À l'heure même que j'offrais le divin Sacrifice... je courus en toute hâte arrêter l'incendie et sauver l'enfant

— Réponse de Saint Vorles au roi Gontran

Date de fête

17 juin

Époque

6ᵉ siècle

Décès

591 (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

protection contre les incendies, sécheresse, famine, peste, choléra

Autres formes du nom

  • Vorles (fr)
  • Véroul (fr)

Prénoms dérivés

Véroul, Vorles

Famille

  • Rois de Bourgogne (allié par la famille)