Saint Victor de Cambon
Solitaire
Résumé
Saint Victor était un solitaire du VIe siècle établi à Cambon, dans le diocèse de Nantes. Menant une vie angélique loin du monde, il fut enterré dans son oratoire où de nombreux miracles furent rapportés, notamment la préservation de ses reliques face au feu. Son culte est célébré le 31 août par l'Église de Nantes.
Biographie
SAINT VICTOR DE CAMBON, SOLITAIRE,
AU DIOCÈSE DE NANTES (VIe siècle). — SAINT AGYLE OU Y DE VOISINAT,
Saint Victor fut une de ces âmes que Dieu cache dans le secret de sa face, afin que, préservées de la corruption du siècle, elles le servent avec un cœur plus pur. Il naquit dans le territoire de Cambon, paroisse du diocèse de Nantes, près de Pontchâteau, et y passa ses jours dans la solitude. Peut-être faut-il le regarder comme un des disciples de saint Friard, de saint Martin de Vertoun ou de saint Hermeland, qui remplissaient à cette époque le pays Nantais de l'éclat de leurs vertus. Ce qu'il y a de certain, c'est que le serviteur de Dieu, éloigné du tumulte du monde, mena une vie angélique et s'acquit de grands mérites pour l'éternité. Le Seigneur l'ayant appelé à lui, son corps fut inhumé dans l'oratoire de sa cellule, et la réputation de sa sainteté s'étendit tellement, qu'on vit bientôt les fidèles venir en foule à son tombeau pour réclamer son intercession.
Ce concours dura jusqu'à l'année 878, époque à laquelle les Normands, s'étant emparés du pays de Nantes, détruisirent l'oratoire de Saint-Victor, qui était situé à une extrémité du bourg de Cambon, et renversèrent en même temps l'église paroissiale. Celle-ci fut rebâtie vers l'an 980, par les soins de Gueroch, comte de Nantes. Quant à l'ermitage, on le laissa en ruines ; mais les murailles en subsistaient encore dans le Xe siècle. On dit qu'à cette époque Geoffroy, comte de Rennes, qui faisait la guerre à Judicaël, comte de Nantes, ayant voulu loger les chevaux de ses troupes dans cet oratoire, ils périrent tous dans une même nuit, pour le punir de son irrévérence. On rapporte aussi qu'un jeune homme de Cambon, cherchant, par une curiosité coupable, à s'assurer si Victor était véritablement saint, s'empara de ses reliques et les jeta deux fois au feu, afin de les éprouver ; deux fois aussi, dit-on, elles en sortirent aussitôt avec un grand bruit et sans être endommagées. L'insensé tomba à la renverse, resta comme mort, et ne recouvra le sentiment que lorsqu'il eut été porté par son père au tombeau de saint Victor. Ce tombeau se voit encore dans l'église de Cambon ; mais il a été profané pendant la révolution. Quant aux reliques du serviteur de Dieu, il paraît qu'elles sont perdues.
L'Église de Nantes honore depuis longtemps saint Victor le 31 août.
Tiré des Saints de Bretagne, par Dom Lobineau.
Événements marquants
- Vie de solitude et de prière à Cambon
- Inhumation dans l'oratoire de sa cellule
- Destruction de son oratoire par les Normands en 878
- Tentative de profanation des reliques par le feu par un jeune homme
- Profanation du tombeau pendant la Révolution française
Miracles
- Mort subite des chevaux du comte Geoffroy ayant logé dans l'oratoire
- Reliques jetées deux fois au feu sortant intactes avec un grand bruit
- Guérison d'un jeune homme incrédule porté devant son tombeau