Saint Momble d'Irlande

Abbé de Lagny

Fête : 18 novembre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine irlandais disciple de saint Foursy, Momble devint abbé de Lagny avant de se retirer comme ermite à Condren. Ordonné prêtre par saint Éloi, il consacra sa vie à l'évangélisation, à la charité envers les pauvres et à la discipline monastique. Ses reliques, conservées à Chauny, furent en grande partie détruites par les Calvinistes en 1567.

Biographie

SAINT MOMBLE D'IRLANDE, ABBÉ DE LAGNY

Fin du VIIe siècle.

Rien ne pourra séparer ceux que la charité divine a associés. Saint Augustin.

Ce saint était Irlandais et il s'attacha à saint Fouray pour être instruit dans son école des saints exercices de la vie religieuse. Il vint avec lui en France, où il travailla généreusement, tant à la propagation de l'Évangile, qu'à l'instruction des fidèles et à l'établissement des monastères. Le principal fut celui de Lagny, à six lieues au-dessus de Paris, sur la Marne. Momble y passa plusieurs années dans la pratique des plus éminentes vertus. Il joignait l'oraison avec le jeûne, et l'étude assidue des saintes Écritures avec les pratiques les plus humiliantes de la religion. Sa douceur, sa modestie, sa patience, sa charité envers le prochain, et le mépris qu'il faisait de toutes les choses du monde étaient admirables. Comme beaucoup de nobles s'étaient retirés dans ce monastère, pour gagner le ciel, en faisant une violence continuelle à la nature, il leur servait de lumière et d'exemple, les instruisant plus par sa dévotion et par sa ferveur, qui semblait se renouveler tous les jours, que par les discours animés de l'esprit de Dieu qui sortaient de sa bouche.

Saint Éloi, informé des mérites incomparables de notre bienheureux confesseur, voulut l'avoir dans son diocèse de Noyon, pour y répandre la semence de l'Évangile ; il l'ordonna prêtre et lui commanda de travailler de tous côtés à défricher le champ du Seigneur. Momble, pour s'acquitter de cette mission, se bâtit un petit ermitage à Condren, à deux lieues de Chauny, d'où il allait de village en village combattre le vice, expliquer la loi de Dieu, éclairer les ignorants et réconcilier les pénitents. Les miracles qu'il faisait sans cesse donnaient un grand poids à sa prédication et faisaient que les pécheurs étaient obligés de se rendre à la force de ses remontrances.

Cependant, après la mort de l'abbé de Lagny, tous les religieux de cette maison, qui se souvenaient de la vie édifiante de saint Momble, l'élurent unanimement pour leur abbé et l'envoyèrent enlever de sa solitude pour le mettre dans la chaire de saint Foursy. Ce ne fut qu'après de grandes résistances qu'il se rendit à leurs désirs. Cette nouvelle dignité ne le changea point. Il conserva la même pauvreté dans ses habits, la même abstinence dans ses vivre, la même assiduité à la prière et le mépris de toutes les choses de la terre. Il travailla aussi dans ce monastère avec un courage intrépide à y maintenir l'observance régulière que saint Foursy y avait établie et dont quelques jeunes religieux, qui aimaient trop leur liberté, ne pouvaient supporter le joug. Cette fermeté lui attira des plaintes et des murmures. Obligé de quitter sa prélature et de s'en retourner dans l'ermitage de Condren qu'il avait déjà sanctifié par ses prières et par ses larmes, il y fut suivi de quelques religieux, passionnés d'amour pour la solitude, et il y assembla encore un petit nombre d'autres disciples avec lesquels il vécut dans une ferveur merveilleuse. Son temps était partagé entre les exercices de la vie contemplative et les devoirs de la charité chrétienne. Il conversait avec Dieu comme Moïse, et il combattait comme Josué les ennemis de son peuple ; il passait la nuit au pied des autels et il consacrait le jour à la prédication, aux conférences spirituelles et à l'œuvre importante de la sanctification des âmes.

D'ailleurs, il avait une charité extrême pour les pauvres et pour toutes sortes d'affligés. Il recevait les pèlerins, vêtissait ceux qui étaient nus, donnait du pain à ceux qui avaient faim, consolait ceux qu'il voyait dans la désolation, en un mot, se faisait tout à tous, afin de les gagner tous. Dieu releva cette charité par plusieurs miracles. Momble guérit une infinité de malades, soit par le signe de la croix, soit en les oignant d'huile bénite, soit en leur conférant le sacrement de l'Extrême-Onction. Il rendit aussi la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'usage des membres aux estropiés et aux paralytiques, la netteté du corps aux lépreux et la vie aux morts. Dans toutes ces merveilles, qui lui attiraient continuellement les louanges et l'applaudissement du peuple, il conservait toujours une humilité très-profonde. Plus il paraissait grand aux yeux des hommes, plus il s'anéantissait en lui-même et désirait d'être caché. Ses occupations continues ne lui faisaient point perdre l'amour de la retraite et du silence, et, dans les fatigues de ses voyages et de ses sermons, il n'était pas moins austère et pénitent que dans le repos de sa cellule.

Enfin il plut à Dieu de récompenser ses travaux par une mort précieuse, qui ne fut qu'un passage au bonheur de l'éternité. Ce fut le 18 novembre, vers la fin du VIIIe siècle.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Ses disciples enterrèrent son corps dans son oratoire de Condren, et non pas à Lagny, comme l'a écrit Du Saussay dans son martyrologe; les légions anciennes de son office et les vieux manuscrits de sa vie ne laissent aucun doute à ce sujet.

Il se fit tant de miracles à son tombeau que, comme ce lieu était trop étroit pour recevoir les fidèles qui y accouraient, il fut résolu qu'on le transporterait dans la paroisse du village, dédiée sous le nom de Saint-Pierre. Cette translation se fit au temps de l'empereur Louis le Débonnaire, par Ekart ou Fricard, évêque de Noyon, accompagné d'Altihgaire, que quelques-uns font curé de Chauny, et d'autres évêque de Cambrai et seigneur de Condren.

À l'ouverture du sépulcre, ils trouvèrent le saint corps tout entier, quoiqu'il y eût environ cent cinquante ans qu'il était mort. Depuis, une partie de cette précieuse relique ayant été donnée aux religieux de Saint-Éloi-Fontaine, en Picardie, l'autre fut transférée à Chauny, dans la principale église, dédiée en l'honneur de Notre-Dame, qui prit pour cela saint Momble pour patron. Aussi, elle en fait l'office en ce jour avec octave; et, le 29 août, elle fait la solennité de sa translation.

Les Calvinistes, s'étant rendus maîtres de Chauny en 1567, tirèrent ces dépouilles sacrées de leurs châsses et les réduisirent en poussière, qu'ils jetèrent au vent, excepté le chef, qui est demeuré à cette église comme un grand trésor.

Cette vie a été tirée des légions de l'office de saint Momble et des manuscrits de Saint-Corneille, de Compiègne, de Lagny en Brie, et de Saint-Éloi-Fontaine. Le R. P. Mabillon en parle aussi dans son tome II des Saints de l'Ordre de Saint-Benoît.

Événements marquants

  • Arrivée en France avec saint Foursy
  • Vie religieuse au monastère de Lagny
  • Ordination sacerdotale par saint Éloi à Noyon
  • Retraite à l'ermitage de Condren
  • Élection comme abbé de Lagny
  • Retour à la solitude de Condren suite à des tensions avec de jeunes religieux
  • Mort le 18 novembre

Miracles

  • Guérisons par le signe de la croix ou l'onction d'huile
  • Restitution de la vue, de l'ouïe et de l'usage des membres
  • Résurrection de morts
  • Incorruptibilité du corps constatée 150 ans après sa mort

Citations

Rien ne pourra séparer ceux que la charité divine a associés.

— Saint Augustin (en exergue)

Date de fête

18 novembre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

18 novembre, vers la fin du VIIe siècle (naturelle)

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

guérison des malades, aveugles, sourds, estropiés, paralytiques, lépreux

Prénoms dérivés

Momble