Saint Zénon de Vérone

Évêque de Vérone

Fête : 12 avril 4ᵉ siècle • sainte

Résumé

Évêque de Vérone au IVe siècle, Zénon est célèbre pour avoir délivré la fille de l'empereur Gallien d'un démon. En reconnaissance, il obtint la liberté de culte et la construction d'églises. Il est également associé à des miracles liés à l'Adige, dont une crue qui épargna son église.

Biographie

SAINT ZÉNON, ÉVÊQUE DE VÉRONE

Époque incertaine.

Tous les historiens qui ont écrit sur saint Zénon, dont nous donnons ici les actes, conviennent qu'il a été évêque de Vérone ; mais ils sont fort partagés lorsqu'il s'agit de savoir si sa mort a été violente, ou si elle a été seulement naturelle : ainsi, les uns l'appellent Confesseur, et les autres le nomment Martyr. Mais, sans décider cette question, d'où ne dépend pas absolument la gloire de ce très-digne Prélat, nous nous contenterons de rapporter ici ce qu'il y a de plus certain dans sa vie.

Il était originaire de Vérone, en Italie, et s'était retiré dans un monastère situé à l'endroit le plus écarté de la ville ; là, par des jeûnes et des oraisons continuels, il demandait souvent à Dieu la grâce et le talent de la prédication, afin de pouvoir convertir les idolâtres et exhorter tout le monde à la pénitence et à l'amour de Jésus-Christ. Ayant été élu évêque, il s'acquitta dignement, et avec succès, de ce ministère ; il retira plusieurs âmes des ténèbres de l'idolâtrie et du péché, et remporta de grandes victoires sur l'ennemi du genre humain.

La plus éclatante de toutes fut lorsqu'il délivra la fille de l'empereur Gallien ; le démon la tourmentait avec tant de violence, qu'elle semblait sur le point d'être suffoquée. Un jour qu'elle était plus tourmentée qu'à l'ordinaire, elle s'écria de toutes ses forces qu'elle ne pourrait être soulagée que par l'évêque Zénon, et le démon, qui parlait par sa bouche, avoua aussi qu'il ne la quitterait que par le commandement du Saint. L'empereur, quoiqu'un des plus insignes persécuteurs des chrétiens, oublia pour lors la haine qu'il avait conçue contre eux ; et, touché du malheur de sa fille, il envoya aussitôt chercher Zénon, qui entreprit cette cure pour la plus grande gloire de Dieu. À peine fut-il arrivé au palais, et entré dans la chambre de la possédée, que le démon commença à jeter un cri effroyable, en disant : « Zénon, tu es venu pour me chasser, et je ne puis plus subsister ici en la présence de ta sainteté qui m'épouvante ». Le Saint ayant entendu ces paroles, prit la main de la princesse, et, s'adressant à cet esprit orgueilleux, lui dit : « Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je te commande de quitter cette jeune fille et de sortir de son corps ». Le démon obéit aussitôt à cet ordre ; mais il lui dit : « Puisque je suis chassé d'ici par ta puissance, je m'en vais à Vérone, et tu m'y trouveras à ton retour ». L'empereur, quand il vit sa fille délivrée, ne sut comment témoigner sa reconnaissance au saint Évêque : il ôta la couronne royale de dessus sa propre tête et la mit sur celle du Saint, en lui disant ces paroles : « Je ne puis faire un plus digne présent au médecin salutaire qui a guéri ma fille, qu'en lui présentant la couronne que je porte ». Le peuple, qui était accouru en foule au palais, voyant un miracle si évident, renonça au paganisme et pria le Saint de l'instruire des voies du salut et de lui donner le saint Baptême : ce qu'il fit, après avoir distribué aux pauvres le prix de la couronne qu'il avait reçue de Gallien. Il demanda aussi à ce prince la permission de construire des églises en l'honneur du vrai Dieu : ce que l'empereur lui accorda de bonne grâce. Peut-être que ce miracle de saint Zénon fut cause de l'édit qu'il fit depuis en faveur des chrétiens, la huitième année de son empire ; il ordonnait à tous ceux qui occupaient des lieux appartenant aux chrétiens, de les leur rendre au plus tôt : ce qui les fit rentrer dans la possession et jouissance de leurs cimetières.

Ensuite Zénon retourna à son diocèse, et, se servant de la permission qu'il avait obtenue de l'empereur, il y fit bâtir des églises, convertit plusieurs infidèles à la religion chrétienne, et continua ses soins pour son troupeau jusqu'à la fin de sa vie, qu'il acheva heureusement le 12 avril de l'an 380, selon les meilleurs critiques ; vers l'an 260, selon Baronius.

La multitude des miracles que Dieu opéra depuis, au tombeau de saint Zénon, portèrent les Véronais à bâtir une belle église sous son nom. Quelques auteurs disent qu'une princesse de la famille de Gallien la fit construire à ses dépens sur le bord de l'Adige, appelée par les anciens Athesis : saint Grégoire, avec les historiens qui ont écrit sur saint Zénon, rapporte ce prodige fameux : « Un jour que le clergé et le peuple de Vérone s'étaient assemblés pour célébrer la fête de leur saint Évêque, dans l'église qui lui était consacrée, l'Adige déborda tellement, qu'elle porta ses eaux jusqu'à ce temple, et quoique la porte en fût ouverte, l'eau néanmoins n'osa pas y entrer ; mais, s'élevant jusqu'aux fenêtres, elle menaçait le clergé et le peuple d'une mort inévitable : parce qu'étant élevée de tous côtés en forme de muraille, elle les empêchait d'en sortir. Cependant, par une merveille extraordinaire, cette eau, ainsi élevée comme un mur, se rendait liquide pour soulager la soif de ceux qui étaient enfermés dans l'église, et se tenait ferme pour conserver ce lieu consacré à saint Zénon ; en sorte, ajoute saint Grégoire, qu'elle pouvait être prise comme de l'eau, mais elle ne pouvait pas couler comme de l'eau : car, s'arrêtant devant la porte, pour faire connaître à tout le monde le mérite du Saint, elle était une eau pour soulager les fidèles, et elle semblait n'être pas une eau pour entrer dans l'église, de peur de l'endommager ». Ce grand Pape, admirant ce miracle, en finit la narration en le comparant à celui du feu de la fournaise de Babylone, qui brûlait sans toucher les trois enfants que Nabuchodonosor y avait fait jeter, parce qu'ils adoraient le vrai Dieu.

Saint Zénon est caractérisé de différentes manières : voici les principales :

1° Non loin de lui, un démon tombe à l'eau. On raconte qu'à l'âge de treize ou quatorze ans, accompagnant un jour dans la rue son évêque dont il était clerc, il se mit tout à coup à éclater de rire. Le prélat fut d'autant plus étonné que le jeune Zénon était dès lors recommandable par sa gravité. Lui ayant donc demandé ce qui occasionnait son hilarité, l'enfant répondit qu'il venait de voir un diablotin dormant tranquillement sur la queue de la robe d'une dame qui marchait devant eux ; mais que cette dame, ayant ramené sa jupe avec une prestesse toute féminine, le diable était tombé dans l'eau fangeuse du ruisseau, ce dont il faisait pitoyable mine ; 2° saint Zénon pèche dans l'Adige pour subvenir à sa subsistance. Peut-être n'est-ce là qu'une application du mot de l'Évangile : « Vous serez des pêcheurs d'hommes ».

Saint Zénon est le second patron de Vérone ; Notre-Dame est la patronne principale.

12 AVRIL.

Événements marquants

  • Retraite dans un monastère écarté de Vérone
  • Élection comme évêque de Vérone
  • Délivrance de la fille de l'empereur Gallien possédée par un démon
  • Réception de la couronne impériale et distribution du prix aux pauvres
  • Obtention de la permission de bâtir des églises
  • Édit de Gallien en faveur des chrétiens suite au miracle

Miracles

  • Exorcisme de la fille de l'empereur Gallien
  • L'eau de l'Adige s'élevant comme une muraille autour de son église sans y entrer
  • L'eau de la crue devenant potable pour les fidèles enfermés
  • Vision d'un démon tombant d'une robe dans le ruisseau

Citations

Zénon, tu es venu pour me chasser, et je ne puis plus subsister ici en la présence de ta sainteté qui m'épouvante

— Paroles du démon rapportées dans le texte

Je ne puis faire un plus digne présent au médecin salutaire qui a guéri ma fille, qu'en lui présentant la couronne que je porte

— Empereur Gallien

Date de fête

12 avril

Époque

4ᵉ siècle

Décès

12 avril 380 (ou vers 260 selon Baronius) (inconnue)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

pénitence, conversion des idolâtres, délivrance des démons

Prénoms dérivés

Zénon