Bienheureux Évangéliste et Pérégrin
Confesseurs, religieux Augustins
Résumé
Évangéliste et Pérégrin étaient deux amis de Vérone au XIIIe siècle qui entrèrent ensemble chez les Augustins après une vision céleste. Reconnus pour leur humilité et leurs miracles, ils moururent à peu d'intervalle comme annoncé par des signes divins. Leur culte, centré sur leur amitié sainte, fut officiellement approuvé en 1837.
Biographie
DE L'ORDRE DES ERMITES DE SAINT-AUGUSTIN (XIIIe siècle).
Deux jeunes gens de la ville de Vérone offrirent au XIIIe siècle à leurs concitoyens le spectacle touchant d'une amitié d'autant plus solide qu'elle était fondée sur la vertu. Ils se nommaient Évangéliste et Pérégrin, étaient nés à la même époque, et les mêmes sentiments de piété les animaient l'un et l'autre. Ce fut en fréquentant la même école qu'ils firent connaissance et qu'ils se lièrent ensemble de la manière la plus intime. Lorsqu'ils eurent achevé leurs études, ils songèrent à choisir un état de vie. Ils se déterminèrent pour la profession religieuse, et donnèrent la préférence à l'Ordre des ermites de Saint-Augustin, par suite d'une vision dont ils avaient été favorisés.
Entrés et admis dans le couvent des Augustins qui était situé hors des murs de Vérone, les deux amis se montrèrent novices fervents et n'épargnèrent ni les jeûnes ni les prières pour triompher de leurs passions et vaincre l'ennemi du salut. Leur coutume était de prier souvent en plein air, à genoux, et les yeux élevés au ciel. Le prieur du couvent leur ayant demandé pourquoi ils priaient de cette façon, ils lui répondirent humblement qu'ils voyaient dans ce lieu la Sainte Vierge avec son divin Fils et sainte Anne, telles qu'elles leur avaient apparu lorsqu'ils avaient pris la résolution d'entrer dans l'Ordre de Saint-Augustin.
Ces faveurs célestes n'altérèrent en rien leur humilité. Ils mettaient leur bonheur à remplir les plus bas emplois de la maison, et à rendre à leurs frères tous les services qu'ils pouvaient. Dieu voulut bien accorder aux prières de ses serviteurs la guérison de plusieurs malades.
Tandis qu'ils marchaient l'un et l'autre d'un pas égal dans les sentiers de la perfection, un ange vint annoncer à Évangéliste que Dieu allait l'appeler à la céleste patrie. Au moment désigné, ce bon religieux se mit à genoux et rendit paisiblement son âme à son Créateur.
Pérégrin, affligé de la mort de son ami, demanda avec instance au Seigneur qu'il le réunît à Évangéliste dans la gloire. Celui-ci se montra à lui pendant son repos, tout éclatant de lumière ; il lui fit connaître que son trépas était prochain et que sa fin serait heureuse. Pérégrin rendit grâces à Dieu de cette consolante assurance qu'il recevait, et peu d'heures après il passa doucement de la terre au ciel.
On mit les deux amis dans le même tombeau, et plusieurs miracles, opérés par leur intercession, engagèrent les fidèles à les honorer d'un culte public. Les religieux augustins ayant été, par l'effet des guerres, obligés de quitter leur premier couvent et de s'établir dans l'intérieur de la ville de Vérone, y apportèrent les corps des deux bienheureux et les placèrent à un autel qui leur était dédié dans l'église de Sainte-Euphémie, qu'ils desservaient. Ce culte s'est conservé jusqu'à nos jours, et le pape Grégoire XVI l'a approuvé par son décret du 17 novembre 1837.
L'amitié qui unissait les bienheureux Évangéliste et Pérégrin devrait servir de modèle aux chrétiens. La vertu avait formé leur liaison, et elle les aidait à s'animer mutuellement dans les voies de la perfection religieuse. Hélas ! les amitiés du monde sont bien différentes ! Elles n'ont pour lien que des motifs humains et souvent le penchant pour les mêmes passions. On n'entend dans la société que plaintes contre l'inconstance, la perfidie et l'ingratitude des amis du siècle. Faut-il s'en étonner ? La raison en est bien naturelle ; ils ne peuvent s'estimer, voilà pourquoi ils se quittent avec tant de facilité.
Tiré de leur vie, qui se trouve dans le recueil des Bollandistes, tome VI de juillet, et de l'Hagiologie du Vatican, par Cornaro ; Gudenard, éd. de Lille.
Événements marquants
- Amitié d'enfance et études communes à Vérone
- Vision de la Sainte Vierge, de l'Enfant Jésus et de sainte Anne
- Entrée dans l'Ordre des ermites de Saint-Augustin hors les murs de Vérone
- Vie de prière, d'humilité et de services communautaires
- Annonce de la mort d'Évangéliste par un ange
- Apparition d'Évangéliste à Pérégrin pour lui annoncer sa fin prochaine
- Translation des corps à l'église Sainte-Euphémie de Vérone
- Approbation du culte par Grégoire XVI le 17 novembre 1837
Miracles
- Guérison de plusieurs malades par leurs prières
- Vision de la Sainte Vierge, de son Fils et de sainte Anne
- Annonce angélique de la mort
- Apparition posthume d'Évangéliste à Pérégrin