Sainte Bertille de Marœuil
Veuve et recluse
Résumé
Issue d'une illustre famille franque, sainte Bertille vécut dans la continence avec son époux Guthland avant de se consacrer entièrement à Dieu après son veuvage. Elle se retira comme recluse à Marœuil, où elle fit bâtir une église en l'honneur de saint Amand. Ses reliques, honorées depuis le VIIe siècle, demeurent un objet de vénération à Marœuil.
Biographie
SAINTE BERTILLE, VEUVE,
RECLUSE A MARŒUIL, AU DIOCÈSE D'ARRAS (vers 687).
Bertille, proche parente de saint Adalbaud, sortait d'une famille illustre parmi les Francs par sa noblesse et ses grands biens, mais beaucoup plus illustre encore par sa piété chrétienne. Élevée par ses parents avec le plus grand soin, elle montra elle-même une rare piété dès ses plus jeunes années. Devenue grande, elle faisait ses délices de s'entretenir des choses saintes, de vaquer à l'oraison, d'entendre et de méditer la parole de Dieu, et de subvenir aux besoins des pauvres par tous les moyens qui étaient en son pouvoir. Dans son mépris pour les pompes mondaines, elle n'usait des splendides vêtements que comportait sa condition, que lorsqu'elle s'y voyait poussée par une absolue nécessité. Elle fut longtemps et ardemment recherchée en mariage par un jeune homme nommé Guthland, que sa noblesse et la pureté de ses mœurs rendaient également remarquable ; Bertille résista longtemps à ses vœux, et ce ne fut qu'à force d'instances et de prières que ses parents la firent se résoudre à lui donner sa main ; car c'était le Christ seul qu'elle souhaitait pour son Époux ; la vie solitaire et cachée en Dieu, c'était tout le bonheur auquel elle aspirait en ce monde.
Dans l'état conjugal, elle ne changea rien à son ancienne manière de vivre, en sorte que son mari, entraîné par ce salutaire exemple, et rempli d'admiration pour sa sainteté, se porta de lui-même à l'imitation des pieux exercices qu'il lui voyait pratiquer, et consentit à vivre avec elle dans la plus parfaite continence. Dieu ayant tiré Guthland de ce monde, Bertille se livra avec une nouvelle ardeur à la pratique des bonnes œuvres. Tous les biens dont elle avait hérité tant de son mari que de ses parents, elle les distribua à divers monastères et collèges de Chanoines, à la réserve d'une petite propriété nommée Marœuil (Pas-de-Calais, arrondissement et canton d'Arras), qu'elle donna même plus tard à Notre-Dame et à l'évêque d'Arras, n'en conservant que l'usufruit. Elle bâtit en ce même endroit, à ses frais, une basilique en l'honneur de saint Amand, près de laquelle elle se fit faire une petite habitation qui avait une entrée dans l'église, pour vaquer plus librement au culte de l'Époux céleste. Elle y passa plusieurs années dans la solitude, la pénitence, et surtout dans l'exercice continuel de l'oraison, jusqu'à ce qu'une nuit, rentrée dans sa demeure après des prières plus longues, et fatiguée de veiller, elle y fut saisie d'une maladie qui la conduisit au tombeau.
Son corps vénérable, enterré dans l'église de Marœuil, y reposa pendant environ quatre cents ans. En 1081, Gérard II, évêque d'Arras et de Cambrai, cédant aux pieux désirs du peuple et du clergé, délégua des abbés pour le laver de terre. Dans la suite il fut plusieurs fois transféré par autorisation épiscopale, et en ces derniers temps, la paix ayant été rendue aux églises de France, il a été heureusement reporté à Marœuil, où il est encore aujourd'hui l'objet de la vénération publique.
Propos d'Arras.
Événements marquants
- Mariage forcé avec Guthland
- Vie conjugale dans la continence
- Veuvage et distribution de ses biens aux monastères
- Retraite en tant que recluse à Marœuil
- Construction d'une basilique en l'honneur de saint Amand
- Élévation de ses reliques en 1081 par l'évêque Gérard II