Bienheureux Chrétien de Douai
Prêtre
Résumé
Prêtre à la paroisse Saint-Albin de Douai, le bienheureux Chrétien se distingua par sa charité inépuisable et des miracles de multiplication du pain. Bien que sa vie soit peu documentée, son culte est resté vivant à Douai à travers des processions et la vénération de ses reliques. Il est particulièrement invoqué pour la guérison des fièvres.
Biographie
LE BIENHEUREUX CHRÉTIEN, DE DOUAI.
Le nom du bienheureux Chrétien, si cher aux habitants de la ville de Douai, rappelle une vie précieuse devant Dieu, mais presque entièrement inconnue aux hommes. Elle serait même aujourd'hui tout à fait oubliée, si les pieux souvenirs d'un peuple reconnaissant ne l'avaient conservée.
On ne connaît rien de sa naissance, de sa famille, ni de ses premières années. Sa charité inépuisable envers les pauvres a été le caractère distinctif de sa vie, et une touchante tradition rapporte que, plus d'une fois, Dieu daigna multiplier en sa faveur les provisions qu'il destinait aux indigents. Peut-être faut-il rattacher à cette tradition l'assertion de quelques anciens auteurs, qui ont prétendu que les parents du bienheureux Chrétien étaient boulangers, et que lui-même avait préparé quelquefois de ses propres mains les pains qu'il distribuait aux pauvres. Quoi qu'il en soit de cette première partie de son existence, il est certain que le bienheureux Chrétien, ayant été plus tard ordonné prêtre, fut attaché à la paroisse de Saint-Albin, et continua dans ce saint état les œuvres de religion et de charité qu'il avait pratiquées jusqu'à ce jour. Quelque temps après sa mort, son corps fut renfermé dans une châsse de bois doré, et sa tête dans une petite boîte en airain. On portait ces deux précieuses reliques, avec toutes les autres que possédait la ville de Douai, dans la procession annuelle que l'on faisait autour des remparts, le dimanche avant la fête de saint Jean-Baptiste.
De plus, il y avait à Douai une confrérie érigée sous le patronage et en l'honneur du bienheureux Chrétien. Chaque année, le lundi de Pâques, on célébrait sa fête par des offices très-solennels dans l'église de Saint-Albin.
Raissius rapporte que, de son temps, on voyait encore auprès de cette église un jardin qui portait le nom de Saint-Chrétien. Sous la nef principale, dans un caveau pratiqué à dessein, on allait aussi visiter son tombeau. Cette église et tous ces monuments de la piété ont été détruits pendant la Révolution de 1793.
La maison qu'avait habitée le bienheureux Chrétien, ou plutôt celle qui avait été bâtie sur l'emplacement, se montrait encore en l'an 1800. Elle était à l'angle de la rue des Poitiers et de celle de Saint-Benoît (aujourd'hui des Bénédictins anglais). Non loin de là se trouve la fontaine de Saint-Chrétien. Les malades, bien souvent, y envoient laver leur linge en se recommandant à la protection de leur patron et concitoyen, et plus d'une fois ils ont ressenti les effets de son pouvoir auprès de Dieu. On l'invoque surtout pour la guérison des fièvres et la délivrance des femmes en couche. Cette dévotion des habitants de Douai envers le bienheureux Chrétien s'est perpétuée jusqu'à ce jour, et la confiance du bon peuple se manifeste surtout à l'époque de sa fête, le lundi de la Pentecôte. Ce jour-là, beaucoup d'habitants se font un devoir d'aller recevoir les Évangiles dans l'église de Saint-Jacques, où l'on possède encore quelques-unes de ses reliques. On fait aussi, le même jour, dans les rues de l'ancienne paroisse de Saint-Albin, une procession, à laquelle on porte avec respect et dévotion le buste du bienheureux Chrétien, où sont renfermés ces ossements précieux.
M. l'abbé Destombes.
8 AVRIL.
Événements marquants
- Pratique de la charité envers les pauvres
- Multiplication miraculeuse des provisions pour les indigents
- Ordination sacerdotale
- Service à la paroisse de Saint-Albin de Douai
Miracles
- Multiplication des provisions destinées aux indigents
- Guérisons obtenues à la fontaine de Saint-Chrétien