Le Bienheureux Benoît XI

Pape

Fête : 7 juillet 14ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Nicolas Bocasini, devenu Benoît XI, fut un pape dominicain du début du XIVe siècle. Succédant à Boniface VIII dans une période de crise majeure, il s'efforça de pacifier les relations avec la France tout en condamnant fermement l'attentat d'Anagni. Reconnu pour sa piété, sa science et son humilité, il mourut à Pérouse après un court règne.

Biographie

LE BIENHEUREUX BENOÎT XI,

DE L'ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS, PAPE

Jeté entre un pape insohaité par des sujets schismatiques et la longue suite des Pontifes qui quittèrent Rome pour se rendre captifs de la France, le bienheureux Benoît XI nous fera souvenir que si la croix est en ce monde la part privilégiée des vicaires du Christ, la paix a toujours son tour.

Année Dominicaine.

Benoît XI naquit à Trévise, de l'obscure famille des Bocasini, et reçut au baptême le nom de Nicolas. La pauvreté le connut dès son berceau, et quand, à l'âge de quatorze ans, il lui voua sa vie dans l'Ordre des Frères Prêcheurs, il avait déjà pu en apprécier les rigueurs. Ce fut à Venise qu'il reçut l'habit de l'Ordre. Quatorze années nouvelles le virent dans le silence du cloître travailler à la science et aux vertus. L'Ordre abondait alors en religieux ; le ministère pressait moins, et dix années d'étude attendaient le jeune homme qui s'enrôlait dans cette laborieuse milice. Le temps de la vie active s'ouvrit enfin pour Nicolas Bocasini : il fut chargé d'enseigner à ses frères les sciences sacrées. Ce ministère, si pénible qu'il soit, ne pouvait lui offrir de difficulté : il avait sondé dans ses fortes études tous les secrets de la science, et il lui suffisait d'ouvrir son âme pour en laisser épancher l'abondance. Des commentaires sur la sainte Écriture qui sont venus jusqu'à nous attestent sa science profonde autant que sa piété. Quatorze années le virent dans cette occupation : puis, quand il eut donné dans des charges secondaires des preuves nouvelles de sa prudence et de son dévouement, son Ordre le choisit pour chef. Ce fut au Chapitre général de Colmar qu'eut lieu cette élection. On dit que les religieux y accoururent en si grand nombre que sept couvents de religieuses de l'Ordre, qui fleurissaient alors dans cette ville, durent envoyer des aumônes considérables pour les faire subsister : leur nombre montait jusqu'à neuf cents. Le choix fut pourtant unanime, et la voix de Bocasini seul lui manqua. Cette unanimité devait se renouveler plus tard, lors de son élection au pontificat suprême.

Le nouveau général se dévoua tout entier au bien de l'Ordre. Les Chapitres généraux tenus sous sa présidence attestent son zèle et sa ferveur, et l'on ne peut se lasser d'entendre les éloges que lui donnent les monuments qui nous sont restés de cette époque. L'Ordre des Frères Prêcheurs terminait alors le premier siècle de son existence. La première génération, cette pléiade d'hommes illustres qui avaient jeté tant d'éclat dans l'Église, avait rejoint saint Dominique au ciel. Saint Thomas, saint Hyacinthe, saint Pierre martyr, saint Raymond, Albert le Grand, le bienheureux Ambroise, Innocent V, et tant d'autres grands docteurs, l'entouraient déjà de l'auréole de leur génie et de leur sainteté ; les Frères Prêcheurs étaient partout en Europe ; le nombre de leurs martyrs en Orient s'élevait à plusieurs milliers ; et déjà la congrégation des Frères Voyageurs pour l'amour de Jésus-Christ avait reçu du Saint-Siège la couronne et la ceinture rouge, insignes du

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martyr. C'était cette congrégation qui, aidée des Frères Mineurs, venait de faire refleurir le catholicisme en Orient, et de convertir les rois tartares que nous verrons conquérir Jérusalem. Bocasini, qui avait grandi au milieu de cette forte génération, vit se lever à sa place d'autres docteurs, d'autres Apôtres et d'autres Saints. Le bienheureux Jacques de Voragine mourut sous son généralat, et tandis que ce dernier souvenir d'un autre âge tombait, le bienheureux Jourdain de Pise, le bienheureux Simon Convers, le bienheureux évêque Augustin illustraient cette sainte famille de l'éclat de leurs vertus. Alors vivait encore cette aimable fleur de la solitude, Agnès, si chère aux hommes et à Dieu, que sainte Catherine visita plus tard dans sa tombe, et dont les ossements se montrèrent sensibles à la piété de l'humble visitante. Alors vivait Marguerite du Château, l'austère amante de Jésus-Christ, qui, privée de la lumière corporelle, mérita de jouir dès cette vie des lumières plus pures du ciel. L'Ordre venait de recevoir des mains de Charles, prince de Salerne et du fils roi de Naples, la garde des reliques de sainte Marie-Madeleine ; et déjà le bienheureux Dalmace et le bienheureux père Elie se préparaient à imiter dans les déserts de la Sainte-Baume la pénitence de cette Sainte. C'était aussi vers ce temps que frère Eckard fondait en Allemagne une célèbre école ascétique d'où devaient sortir plus tard Tauler, le docteur illuminé, et le bienheureux Henri Suso.

Nicolas Bocasini se montra digne de gouverner ces hommes illustres, et sa prudence bientôt connue le fit charger par le pape Boniface VIII du soin de réconcilier la France et l'Angleterre. Sa mission eut un plein succès, et tandis qu'au retour de cette légation il visitait les couvents de l'Ordre, il apprit sa promotion au cardinalat. Il lui fallut courir à Rome. « Saint Père », dit-il au Pape, « pourquoi m'avoir imposé un si pesant fardeau ? » — « Dieu vous en réserve un plus lourd », répondit Boniface dans un instinct prophétique de l'avenir. Bientôt il dut aller en Hongrie calmer la discorde qui divisait ce royaume, et après d'autres légations, il était de retour auprès du souverain Pontife, quand Guillaume de Nogaret, député de Philippe le Bel, et Sciarra Colonna, Romain schismatique et révolté, l'insultèrent à Anagni, pillèrent son palais, et le retinrent trois jours captif. Le cardinal Bocasini demeura seul avec le cardinal Pierre auprès du Pontife outragé, tandis que les autres, réfugiés dans leurs palais, l'abandonnaient aux insultes d'une troupe de profanateurs. Boniface VIII, délivré de leurs mains, ne toucha le sol de Rome que pour y mourir.

L'état de l'Église était alarmant. Les Turcs, maîtres de la Palestine, attaquaient le Bas-Empire, et n'attendaient que l'occasion favorable pour se jeter sur Constantinople. Les Grecs semblaient conspirer entre eux contre les Latins, tant leur haine était violente contre Rome. La dynastie latine de Constantinople n'avait d'autres représentants que Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Calais. C'étaient ces procès de la puissance ottomane qui avaient préoccupé la grande âme de Boniface VIII. Il sentait le besoin de coaliser tous les États de l'Europe pour arrêter sa course victorieuse, et sans cesse des légats allaient de Rome dans toutes les capitales pour imposer sa médiation et terminer les différends. Le droit public du moyen âge reconnaissait au Pape ce privilège. Mais Philippe le Bel, prévenu contre le Pontife, supportait impatiemment son intervention : des accusations redoutables s'élevaient d'ailleurs contre Boniface ; on le disait usurpateur, hérétique et chargé de tous les crimes. Il n'en était rien, l'histoire l'a prouvé. Mais il reste que Boniface avait traité durement son prédécesseur après son abdication, et que la vigueur et l'austérité de son caractère

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lui firent quelquefois pousser la justice à ses limites extrêmes. Il avait retiré aux universités de France le droit de conférer les grades ; il avait défendu de pourvoir aux églises vacantes, porté des censures contre les ecclésiastiques qui ne s'étaient pas rendus à Rome selon ses ordres. Sa pensée fut méconnue, son zèle traité d'orgueil et d'ambition. Une bulle falsifiée par des traîtres poussa à ses dernières limites la colère du roi. Il convoqua les États généraux du royaume, refusa de reconnaître l'autorité de Boniface, et en appela au futur Concile et au Pape légitime. C'est alors que Nogaret, envoyé pour signifier cet appel, outragea dans Anagni la majesté du Saint-Siège, tandis que d'autres ambassadeurs se rendaient à Rome pour en appeler au Concile général et supplier les cardinaux d'aider le roi dans sa convocation.

Rome même était troublée : une de ses plus puissantes familles, celle des Colonna, avait bravé l'obéissance du Pape ; les deux cardinaux de cette illustre maison avaient été dégradés et soumis à l'anathème, leur ville forte ruinée, et leurs biens confisqués.

Telle était la situation de l'Église à la mort de Boniface VIII. Les cardinaux entrèrent au conclave onze jours après, et dès le lendemain ils élurent unanimement le doyen du sacré Collège, Nicolas Bocasini. Le premier acte du nouveau Pontife fut un témoignage de reconnaissance pour son prédécesseur outragé : il prit le nom que celui-ci avait reçu au baptême, le nom de Benoît.

Benoît XI était connu et respecté. Tandis qu'il était général de son Ordre, Philippe le Bel lui avait écrit pour le remercier de la part qu'avaient prise les Frères Prêcheurs à la canonisation de saint Louis, et pour lui offrir un magnifique couvent de religieuses qu'il faisait construire à Poissy, lieu de la naissance de son saint aïeul. C'était encore à sa prière qu'il avait fait la paix avec l'Angleterre. Dès qu'il eut appris son élection, Philippe lui écrivit une lettre pleine de confiance et de respect, où il félicitait l'Église d'avoir reçu un tel chef, et l'Ordre des Frères Prêcheurs de l'avoir donné au monde. Benoît XI lui répondit en ces termes : « Jugez de notre sollicitude pour votre salut et de notre tendresse pour vous par le soin que nous avons eu de vous prévenir et de vous donner ce que vous ne demandiez pas, l'absolution de toutes les censures que vous pouvez avoir encourues. Nous ne regrettons pas d'avoir agi de cette sorte... car nous sommes le Vicaire de Celui qui, dans la parabole du festin, ordonne à son serviteur d'aller dans les routes et les sentiers, et de contraindre à entrer pour remplir sa demeure. Nous l'avons fait : nous avons laissé les brebis fidèles pour courir à la brebis égarée, la prendre sur nos épaules et la rapporter au troupeau... » Le saint Pontife le supplie de considérer que Joas, roi de Juda, eut un règne glorieux, tant qu'il suivit les conseils du grand prêtre Joad ; mais que s'en étant écarté, il tomba sous le glaive de ses serviteurs. « Écoutez donc », s'écrie-t-il, « votre père, prêtez l'oreille à ses paroles, afin que Dieu, dans sa bonté, daigne affermir votre règne, et vous combler en ce monde de gloire et de prospérité ». Cette lettre plut à Philippe le Bel : le Pontife d'ailleurs se hâta d'apaiser les discussions soulevées par son prédécesseur. Il révoqua toutes les bulles défavorables à la France, annula les censures, rendit aux universités le droit de graduer, et à tout le royaume les privilèges dont il jouissait avant cette querelle. Il leva la défense de pourvoir aux églises vacantes, et déploya une activité si grande qu'en l'espace de quelques mois toute cette affaire fut assoupie.

Rome eut son tour. Pour lui rendre la paix, il pardonna aux Colonna,

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leva l'excommunication qui pesait sur eux, et leur ouvrit les portes de leur patrie ; mais il ne voulut pas rendre la pourpre romaine aux deux cardinaux de cette famille, non plus que les biens confisqués. On sentait dans la bonté du père qui pardonne, la justice du souverain.

Ces préoccupations ne purent faire oublier à Benoît XI l'ennemi du catholicisme. Dès les premiers jours de son règne, il avait félicité Charles, roi de Naples, d'avoir expulsé les Sarrasins de Mocera. Une députation venue d'Orient le fit songer bientôt à une croisade générale contre eux. Les rois Tartares, convertis au catholicisme par les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs, venaient de s'emparer d'une partie de la Palestine ; mais il fallait conserver les conquêtes et les poursuivre : ils sollicitèrent le secours de Rome. Benoît XI se mit à l'œuvre : ses légats, dispersés dans toute l'Europe, eurent ordre de réconcilier entre eux les divers États pour les faire entrer dans une coalition commune ; ils réussirent à pacifier le Danemark et les royaumes du Nord ; mais leurs efforts échouèrent en Italie. Florence refusa d'entendre la voix du Pontife, et il fallut la soumettre à l'anathème.

Benoît XI, au sein de tant d'affaires, n'avait pas oublié l'Ordre qui l'avait formé. Il écrivit à ses Frères une lettre pleine d'affection, et se recommanda à leurs prières. Il fit plus. Boniface VIII avait cru devoir restreindre les privilèges des Ordres mendiants. Benoît XI, sans craindre le blâme qui pouvait en retomber sur la mémoire de son prédécesseur, annula l'effet de sa bulle, et rendit leurs privilèges à son Ordre et à celui de Saint-François.

Quand les affaires les plus pressantes furent ainsi calmées, lorsqu'il eut, par sa prudence et sa douceur, prévenu le schisme, pacifié l'Europe, rendu la paix à Rome, il se souvint des outrages faits à son prédécesseur, et lança cette bulle contre les auteurs de l'attentat d'Anagni : « Une scélératesse infâme a été commise par des hommes impies qui ont osé le plus grand des forfaits sur la personne de notre prédécesseur de bonne mémoire, le pape Boniface VIII. Jusqu'ici des justes causes nous en ont fait différer la poursuite. Nous ne pouvons retarder davantage. Il faut que nous nous levions, ou plutôt que Dieu se lève en nous, afin que ses ennemis soient dissipés, et que ceux qui le haïssent fuient devant sa face ; qu'ils soient dissipés, dis-je, s'ils se repentent de leur crime, comme l'impiété de Ninive l'a été à la prédication de Jonas ; autrement qu'ils soient confondus. Car, tandis que le même Boniface résidait avec sa cour à Anagni, sa patrie, des fils de perdition, premiers-nés de Satan, enfants d'iniquité, l'ont pris à main armée, lui leur Prélat, leur seigneur et leur Père ; dans leur insolence, ils ont jeté sur lui des mains impies, et l'ont couvert d'outrages et de blasphèmes ; et cela publiquement, devant le peuple, au regard de tous et jusque sous nos yeux. Rébellion, lèse-majesté, sacrilège, violence, rapine, vol, félonie, tels ont été leurs crimes, et tant d'autres que nous en sommes tombés dans la stupeur. Quelle âme farouche ne fondrait pas en larmes ? quelle haine ne s'amollirait jusqu'à la pitié ? quel juge si lâche ne s'empresserait à la vengeance ? quelle miséricorde ne se changerait en rigueur ? La sécurité est violée, l'immunité enfreinte ; la patrie n'a plus de sauvegarde, la demeure n'a plus d'asile ; le pontificat suprême est outragé, et par la captivité de son chef, l'Église même est réduite aux fers. Quel lieu de sûreté maintenant, quel sanctuaire encore respecté, après qu'on a violé le Pontife de Rome ? Ô crime inexpiable ! ô forfait inouï ! ô malheureuse Anagni qui a souffert en toi ces choses : que la rosée et la pluie ne tombent plus sur toi, qu'elles descendent sur les collines voisines et l'oublient, puisque, sous tes regards, quand tu pouvais l'empêcher, le héros est tombé et le fort a été abattu ! Ô les plus infortunés

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et les plus criminels des hommes, qui n'avez pas imité celui que nous prenons pour modèle, le saint roi David : son ennemi, son persécuteur, son rival était à ses pieds, mais il ne voulut pas le frapper, parce que le Seigneur avait dit : Gardez-vous de toucher à mes élus ; et il fit mourir par le glaive celui qui avait étendu sur lui la main. Cruelle douleur ! pernicieux exemple ! mal inexpiable et confusion manifeste ! Entonne, ô Église, un chant lugubre, inonde de pleurs ton visage, et que pour aider ta juste indignation, tes fils viennent de loin et tes filles se lèvent à tes côtés... » Le Pontife ajoute que Guillaume de Nogaret, Sciarra Colonna, d'autres nommés dans la bulle, et tous ceux qui les ont aidés de leur secours, leur conseil ou leur crédit, ont, de l'avis des cardinaux, encouru l'excommunication portée par les canons, et il les cite à comparaître personnellement devant lui pour la fête de saint Pierre et saint Paul, afin d'entendre la juste sentence que méritent leurs crimes, et s'y soumettre humblement, autrement, continue-t-il, sans tenir compte de leur absence, nous procéderons contre eux.

La voix du Pontife ne fut pas écoutée, les coupables ne se présentèrent pas ; mais Dieu sembla se charger de la vengeance. Anagni, sous le poids de la malédiction du saint Pape, déchut rapidement, et l'an 1526, au témoignage d'un voyageur, elle offrait déjà des monceaux de ruines. Les trois fils de Philippe le Bel n'eurent point d'héritiers et se succédèrent dans l'espace de quatorze ans, laissant enfin le trône à la postérité de Charles de Valois, ami de Boniface VIII et frère de Philippe le Bel. La France, qui s'était oubliée à l'égard du Saint-Siège, devait voir bientôt, sous un roi en démence, ses provinces envahies par l'étranger, jusqu'à ce que, réduite au territoire d'une ville, elle dût enfin sa délivrance à une jeune fille inspirée du ciel. Rome ingrate envers le souverain Pontife, dont une des plus puissantes familles venait de le trahir, réclame sa part ; elle vit les Papes lui préférer pendant plus d'un demi-siècle le séjour d'Avignon, et dans cette période d'abandon, elle crut tomber, comme Anagni, jusqu'à n'être plus qu'un amas de ruines.

Benoît XI aurait pu prévenir beaucoup de ces malheurs ; le peu de temps qu'il vécut sur le trône de saint Pierre faisait espérer à l'Église un de ses plus glorieux Pontifes. Dieu ne le voulut pas. Après huit mois et quelques jours de règne, Benoît XI mourut à Pérouse, le 7 juillet 1304.

L'amour des peuples suivit Benoît XI dans sa tombe. On se souvenait de ses vertus, de son zèle, de sa douceur et de sa simplicité. Sa mère, dit-on, voulut un jour le visiter pendant son pontificat ; c'était une pauvre vieille, humblement vêtue ; les dames de Rome crurent devoir l'orner de précieuses parures. On l'annonça donc à Benoît XI qui demanda : « Quels sont ses vêtements ? » et quand on lui eut dit que par respect pour le premier trône du monde, on l'avait couverte de soie : « Ce n'est pas ma mère », s'écriait-il ; « ma mère, est une pauvre femme ». Elle dut reprendre son humble vêtement, et le Pape courant alors à sa rencontre la combla de témoignages d'affection et de respect. Les pauvres aimèrent le Pontife qui avait tant chéri la pauvreté, et se souvinrent de son tombeau. Il avait voulu que son corps fût déposé dans un humble sépulcre, dans l'église des Frères Prêcheurs de Pérouse ; mais de nombreux miracles en relevèrent la gloire ; son nom fut inscrit au martyrologe romain, et le pape Clément VII autorisa son culte. On célèbre sa fête sous le rite double, avec office et messe, dans tout l'Ordre des Frères Prêcheurs.

Année Dominicaine.

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Événements marquants

  • Entrée chez les Frères Prêcheurs à Venise à 14 ans
  • Élection comme Maître général de l'Ordre à Colmar
  • Légation en France et en Angleterre pour Boniface VIII
  • Promotion au cardinalat
  • Présence aux côtés de Boniface VIII lors de l'attentat d'Anagni
  • Élection unanime au pontificat suprême
  • Publication de la bulle contre les auteurs de l'attentat d'Anagni

Miracles

  • Nombreux miracles constatés sur son tombeau à Pérouse

Citations

Ce n'est pas ma mère ; ma mère est une pauvre femme.

— Anecdote de la visite de sa mère à Rome

Date de fête

7 juillet

Époque

14ᵉ siècle

Décès

7 juillet 1304 (naturelle)

Catégories

Autres formes du nom

  • Nicolas Bocasini (it)
  • Benedictus XI (la)

Prénoms dérivés

Nicolas, Benoît

Famille

  • Bocasini (famille d'origine)
  • Inconnue (mère)