Le Bienheureux Carloman
Prince de France, Moine du Mont-Cassin
Résumé
Fils aîné de Charles Martel, Carloman renonça à ses vastes domaines en 747 pour embrasser la vie monastique. Après un séjour au mont Soracte, il devint moine au Mont-Cassin, se distinguant par son humilité. Il mourut à Vienne en Dauphiné après une ultime mission diplomatique pour la paix en Italie.
Biographie
LE BIENHEUREUX CARLOMAN, PRINCE DE FRANCE,
MOINE DU MONT-CASSIN, EN ITALIE (756).
Carloman fut le fils aîné de Charles Martel et de son épouse Chrotrude ou Rotrude, et frère du puissant Pépin, roi des Francs. Son père, qui mourut en 741, lui légua par testament le gouvernement des provinces d'Austrasie, de Souabe et de Thuringe.
Parvenu au faîte de la gloire et dégoûté tout à coup du monde, Carloman remit en 747 entre les mains de son frère Pépin le gouvernement de ses États, lui recommanda l'éducation de son fils aîné Drogon, et partit en pèlerinage pour Rome, où le pape Zacharie le reçut avec la plus grande distinction.
Après avoir satisfait à sa dévotion dans la capitale de la chrétienté, il se rendit sur le mont Soracte, situé à quelques milles de Rome. Il y fit bâtir un couvent en l'honneur de saint Sylvestre où il se tint quelque temps caché. Mais lorsque le lieu de son séjour devint plus connu, tous les Francs de distinction qui allaient en pèlerinage à Rome vinrent le voir, et le troublèrent souvent dans sa contemplation et dans son commerce intime avec Dieu. Cela le détermina à quitter ce lieu, et il se rendit avec un seul de ses compagnons à l'abbaye des Bénédictins du Mont-Cassin, gouvernée à cette époque par Pétromax.
Bientôt on sut dans presque toute l'Europe que Carloman avait embrassé la vie monastique au Mont-Cassin, et qu'il était un modèle des vertus chrétiennes les plus sublimes. Tous les gens de bien louèrent Dieu et admirèrent la puissance de sa grâce, qui opère dans les cœurs des hommes des transformations aussi étonnantes, qui les fait descendre volontairement du faîte des honneurs à la condition la plus humble.
Après avoir, pendant quelques années, édifié toute la communauté, il fut obligé, par un ordre de son abbé, de faire un voyage auprès de son frère Pépin, pour se concerter avec lui sur les moyens de faire cesser les ravages que les Lombards commençaient à exercer en Italie. Nous n'avons pas de renseignements certains sur le succès de cette mission. On sait seulement qu'après s'en être acquitté, il se mit en route pour revenir, et qu'il mourut dans un couvent de Vienne, en Dauphiné, riche en mérite et semblable, par son humilité volontaire, à son Rédempteur. On ne peut préciser le jour de sa mort, mais elle arriva au mois d'août ou de décembre. Pépin envoya ses restes mortels dans une chasse d'or au Mont-Cassin, où ils furent enterrés avec honneur sous le grand autel. Le nom de Carloman se trouve dans le martyrologe des Bénédictins.
Baillet et continuateurs de Godescard.
Événements marquants
- Héritage du gouvernement de l'Austrasie, de la Souabe et de la Thuringe en 741
- Renonciation au pouvoir en 747 au profit de son frère Pépin
- Pèlerinage à Rome et réception par le pape Zacharie
- Fondation d'un couvent sur le mont Soracte
- Entrée à l'abbaye du Mont-Cassin sous l'abbé Pétromax
- Mission diplomatique auprès de Pépin concernant les Lombards
- Mort à Vienne en Dauphiné