Vénérable Jean Léonardi

Fondateur de la Congrégation des Clercs réguliers de la Mère de Dieu

Fête : 9 octobre 16ᵉ siècle • vénérable

Résumé

Pharmacien de formation à Lucques, Jean Léonardi devint prêtre en 1572 et fonda la Congrégation des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Dédié à l'enseignement de la doctrine chrétienne et à la réforme religieuse, il mourut à Rome en 1609 après une vie d'humilité et de zèle apostolique.

Biographie

LE VÉNÉRABLE JEAN LÉONARDI,

FONDATEUR DE LA CONGRÉGATION DES CLERCS RÉGULIERS DE LA MÈRE DE DIEU

9 OCTOBRE.

Basilica, chez un saint prêtre qui lui fit faire plus de progrès dans la vie spirituelle que dans les sciences. Dès ce moment il employa la plus grande partie du jour à la prière et à l'oraison, et mortifia son corps par de grandes austérités. Rappelé bientôt par ses parents, il fut placé chez un pharmacien pour y apprendre cette profession ; mais il ne laissa pas de mener chez son maître une vie très-retirée, qu'il accompagnait de beaucoup d'austérités. Ne croyant pas néanmoins satisfaire par ce moyen à l'ardent désir qu'il avait de se donner à Dieu, il entra dans la Confrérie des Colombins. Après avoir demeuré dix ans dans cette société, aspirant à une plus grande perfection, il voulut embrasser l'état religieux pour se séparer entièrement du monde et s'engager à Dieu par des vœux solennels ; mais Dieu, qui l'avait choisi pour être le fondateur d'une Congrégation religieuse, permit qu'il rencontrât des obstacles insurmontables à ses desseins.

La mort de son père lui ayant rendu sa liberté, il reprit ses études. Il entra bientôt dans les Ordres, et fut ordonné prêtre le 22 décembre 1572. Devenu directeur de la Société des Colombins, il s'efforça, par des discours pleins de zèle et de feu, de les porter de plus en plus à la perfection, puis, avec quelques jeunes gens qu'il gagna et qui devinrent ses disciples, il s'occupa d'instruire les enfants pauvres. Chaque dimanche il les réunissait et leur apprenait la doctrine chrétienne. Ses œuvres excitèrent une admiration générale dans la ville de Lucques. L'évêque en ayant eu connaissance, non-seulement il approuva ces sortes d'assemblées, qui se faisaient dans l'église de Saint-Jean de la Magione, mais il lui permit de faire le catéchisme dans toutes les églises de la ville. Léonardi ayant obtenu une ancienne église de Notre-Dame de la Rose, ainsi qu'une maison assez vaste attenant à cette église, jeta, le 1er septembre 1574, les fondements de la Société dite des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Cette œuvre, dans ses commencements, eut des traverses à subir et des difficultés à vaincre ; mais Léonardi finit par en triompher.

Le nombre de ses compagnons s'étant augmenté, le vénérable serviteur de Dieu leur donna une règle qui ne contenait que le mot Obéissance. Avec cette obéissance il leur demandait beaucoup de recueillement intérieur, l'assiduité à l'oraison et une pauvreté exacte. Quoiqu'ils ne s'y engageassent point par vœu, tout était en commun parmi eux. Il leur faisait pratiquer l'humilité, les envoyant, avec des habits rapiécés, demander l'aumône par la ville. C'était là les moyens dont il se servait pour les conduire à la perfection ; mais le principal était l'exemple qu'il donnait lui-même de toutes sortes de vertus qu'il pratiquait dans un degré éminent, surtout celle de l'humilité. Après les avoir ainsi éprouvés, il les employa aux exercices qui regardaient le salut du prochain, but principal de sa nouvelle Congrégation. Pour les encourager, il s'appliqua à ces fonctions avec plus de ferveur qu'il n'avait fait jusqu'alors. Non content d'enseigner le catéchisme dans les églises de la ville, il allait aussi dans les villages environnants, et afin d'exciter d'autres personnes à suivre son exemple, il fit ériger une confraternité sous le titre de la Doctrine chrétienne, dont l'obligation des confrères était de s'employer à enseigner aussi aux enfants le catéchisme. Poussé par un zèle infatigable, il fonda une maison dans laquelle il recueillit les filles pauvres de la ville qui couraient risque de perdre leur chasteté. Ayant embrassé la troisième Règle de Saint-François, Léonardi leur dressa des constitutions qui furent approuvées par l'évêque de Lucques, et en 1623 elles obtinrent du pape Urbain VIII la permission de faire des vœux solennels.

ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS. 633

Étant allé à Rome pour des affaires concernant sa Congrégation, le souverain Pontife l'envoya à Naples en 1592, en qualité de commissaire apostolique. De retour à Rome, il songea à l'affermissement de sa Congrégation et présenta ses constitutions au pape Clément VIII, qui les approuva, comme aussi la Congrégation, à laquelle il accorda des privilèges, entre autres l'exemption de la juridiction des ordinaires, la soumettant immédiatement au Saint-Siège, par un bref du 13 octobre 1593. Il obtint aussi à Rome un établissement pour sa Congrégation, et le Pape lui accorda l'église de Sainte-Galle, dans laquelle on conservait une image miraculeuse de la sainte Vierge, honorée sous le nom de Notre-Dame *in Porticu*. On y tint le premier chapitre de sa Congrégation, l'an 1605. Il fut chargé par le souverain Pontife de la réforme de plusieurs maisons religieuses, entre autres de celles du Mont-Vierge (*Monte Vergine*) et de Vallombreuse. Pendant quelque temps il administra le diocèse d'Aversa en l'absence de l'évêque, qui l'avait fait son grand vicaire. Le serviteur de Dieu s'efforçait le plus qu'il pouvait de procurer la gloire de Dieu, mais ce n'était pas sans avoir à subir de nombreuses contradictions. Il tint un second chapitre général à Rome l'an 1608, après lequel il employa le peu de temps qui lui resta de vie à affermir de plus en plus sa Congrégation ; mais en 1609 il fut atteint d'une épidémie qui s'était déclarée dans la ville de Rome, et s'endormit dans le Seigneur le 9 octobre 1609. Il fut enterré dans l'église de Sainte-Galle ; mais dans la suite son corps fut transféré dans une église nouvellement bâtie et qui fut appelée Notre-Dame *in Porticu*, à cause de cette image miraculeuse qui y fut transportée.

Après la mort du Père Léonardi, sa Congrégation établit deux maisons à Naples et en d'autres lieux. Le pape Paul V leur donna, en 1614 jusqu'en 1617, le soin des Écoles-Pieuses de Rome. Le même Pontife, par un bref du 30 juillet 1615, leur permit d'ajouter à leurs trois vœux simples, de persévérance, de chasteté et d'obéissance, celui de pauvreté. Le pape Grégoire XV ordonna qu'ils feraient à l'avenir des vœux solennels, et approuva leur Congrégation, comme régulière, par un bref du 3 novembre 1621.

Le pape Benoît XIV donna un décret constatant l'héroïcité des vertus du vénérable Léonardi, et, en 1832, la Congrégation a constaté l'authenticité d'un miracle dû à son intercession.

Extrait du *Dictionnaire des Ordres religieux*, par le P. Hélyot (édition Migne).

## X° JOUR D'OCTOBRE

## ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.

Louis-François-Joseph Bernard, prêtre et religieux de l'Ordre des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Bieu ; né à Lille (Nord) en 1742 ; condamné à la déportation à la Guyane par le tribunal criminel de Poitiers (Vienne), le 15 mars 1795 ; revenu à Chartres (Eure-et-Loir) après un mois d'exil ; déporté de nouveau à la Guyane le 12 mars 1798 ; mort de la peste dans le désert de Konanama, à l'âge de cinquante-six ans. 1798. — Jean-Baptiste Cordine, né à Caumont (Calvados, arrondissement de Bayeux) en 1756, curé de Vilaines (Seine-et-Oise, arrondissement

11 OCTOBRE.

de Versailles, canton de Poissy) ; prêta, puis rétracta le serment de la constitution civile du clergé; déporté à la Guyane; mort à Kousnama à l'âge de quarante-deux ans. 1798. — François Hunot, né à Brienon (Yonne, arrondissement de Joigny), chanoine de l'église collégiale de cette ville; emprisonné à Sens pour refus de serment, puis conduit à Rochefort et déporté au-delà des mers; mort en exil et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Jacquard, né à Vaucouleurs (Meuse, arrondissement de Commercey), prêtre et religieux de l'Ordre des Augustins, dans leur maison de Paris; retourna à Vaucouleurs après la dissolution de son cloître et ne fit aucun des serments de la Révolution; emprisonné en 1795, puis déporté au-delà des mers; mort à l'âge de cinquante-cinq ans et inhumé dans l'île d'Aix. 1794. — Josselin, né à Saint-Mihiel (Meuse, arrondissement de Commercey) en 1734, curé de Tilly (arrondissement de Verdun, canton de Souilly); arrêté dans sa paroisse en 1793 pour refus de serment, envoyé à Rochefort et déporté au-delà des mers; mort en exil à l'âge de soixante ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — François-Xavier-Joseph Morenas, prêtre-bénéficier de la métropole d'Avignon (Vaucluse); arrêté dans cette ville en 1793, et condamné à mort comme contre-révolutionnaire par le tribunal criminel du département de Vaucluse. 1793.

Événements marquants

  • Apprentissage chez un pharmacien
  • Entrée dans la Confrérie des Colombins
  • Ordination sacerdotale le 22 décembre 1572
  • Fondation de la Société des Clercs réguliers de la Mère de Dieu le 1er septembre 1574
  • Approbation de la Congrégation par Clément VIII en 1593
  • Premier chapitre général à Rome en 1605
  • Mort à Rome lors d'une épidémie en 1609

Miracles

  • Authenticité d'un miracle constatée en 1832 par la Congrégation

Date de fête

9 octobre

Époque

16ᵉ siècle

Décès

9 octobre 1609 (naturelle)

Invoqué(e) pour

enseignement du catéchisme, protection de la chasteté des filles pauvres

Autres formes du nom

  • Léonardi (fr)

Prénoms dérivés

Jean

Famille

  • Parents (non nommés) (parents)
  • Père (non nommé) (père)