Saint Arcade (Arcadius)

Martyr

Fête : 12 janvier 3ᵉ siècle • saint

Résumé

Chrétien de Césarée en Mauritanie sous l'empereur Valérien, Arcade se livre aux autorités pour libérer un parent emprisonné. Il subit un martyre d'une cruauté exceptionnelle, amputé membre par membre, tout en continuant de confesser sa foi jusqu'à son dernier souffle. Il est le saint patron d'Osuna en Espagne.

Biographie

SAINT ARCADE, MARTYR

Vers 259. — Pape : Saint Denys. — Empereur : Valérien.

C'est ne pas connaître les chrétiens, de croire que la crainte de la mort puisse les faire manquer à leur devoir. Paroles de saint Arcade.

Dans la persécution de Valérien (de 257 à 260), le démon avait armé les tyrans de toute sa rage contre les disciples de Jésus-Christ. Sur le moindre soupçon, on enfonçait les maisons, on y faisait une recherche rigoureuse; et lorsqu'il s'y rencontrait quelques chrétiens, ils subissaient, avant d'être conduits devant le juge, les outrages les plus tyranniques et les plus odieux. On les contraignit d'assister à des cérémonies superstitieuses, de conduire par les rues les victimes couronnées de fleurs, de brûler de l'encens en l'honneur des idoles, de chanter à la manière des bacchantes. On espérait arracher de leur cœur, par ce moyen, la foi de Jésus-Christ. Pour éviter ces dangers, Arcade, qui, d'après saint Zénon, habitait Césarée en Mauritanie, province d'Afrique, résolut de prendre la fuite; ayant trouvé aux environs un lieu écarté, il s'y tint caché, servant Jésus-Christ dans les veilles, l'oraison, et tous les autres exercices d'une vie austère et pénitente. Le gouverneur, informé qu'il ne paraissait plus en public, envoie des soldats à sa maison : ceux-ci s'emparent d'un parent de notre Saint qui y était venu ce jour-là, et le conduisent au gouverneur ; comme il refuse courageusement de faire connaître l'endroit où Arcade s'était réfugié, on l'enferme dans une prison.

Le Saint, instruit du danger que courait son parent, et brûlant d'ailleurs du désir de donner sa vie pour Jésus-Christ, sort de sa retraite et va lui-même se montrer au juge : « Si c'est à cause de moi », lui dit-il en l'abordant et en se nommant, « que vous retenez mon parent dans les fers, accordez-lui la liberté ; je viens vous apprendre le lieu de ma retraite, qu'il n'a jamais su, et répondre aux questions que vous voudrez me faire ». — « Je consens à lui pardonner », répond le gouverneur, « mais à la condition que dès ce soir vous sacrifierez aux dieux ». — « Qu'osez-vous me proposer ? » réplique Arcadius. « Connaissez-vous les Chrétiens, et croyez-vous que la crainte de la mort soit capable de les faire manquer à leur devoir ? Jésus-Christ est ma vie, et la mort m'est un gain ; inventez tel supplice qu'il vous plaira, jamais je ne serai infidèle à mon Dieu ».

Ces paroles enflamment le juge de fureur. Il cherche des tourments inouïs que les lois n'ont jamais permis pour aucun criminel. Les ongles de fer lui paraissent trop doux ; il lui semble que les fouets armés de plomb ne font qu'effleurer la peau ; il daigne à peine arrêter sa pensée au chevalet ; il a enfin trouvé ce que cherche sa rage : « Saisissez cet impie », dit-il à ses bourreaux, « faites-lui voir, faites-lui désirer la mort, sans qu'il puisse l'obtenir de longtemps. Coupez toutes les jointures de ses membres les unes après les autres, comme si vous dépouilliez un arbre de ses branches ; qu'il ne reste que le tronc. Mais que toutes les opérations se fassent lentement ; faites-le souffrir le plus que vous pourrez, afin qu'il apprenne, le misérable, ce que c'est que d'abandonner les dieux de ses pères pour suivre un Dieu étranger et inconnu ». Les bourreaux, obéissant à ces ordres cruels, prennent Arcade et le mènent au lieu où plusieurs autres victimes comme lui avaient été égorgées : lieu choisi et souhaité avec ardeur de ceux qui soupirent après la vie éternelle. Arcade y étant arrivé, lève les yeux au ciel, prie et sent que sa prière lui a donné des forces. Il présentait le cou au bourreau, dans la pensée que le gouverneur se contenterait de la mort ; lorsqu'on lui commande de donner ses mains, il les donne, et on lui coupe successivement les jointures des doigts, des bras et des épaules. Ensuite on le fait coucher sur le dos et on lui tranche aussi les doigts des pieds, puis les pieds, les jambes et les cuisses. Le Saint donnait ses membres les uns après les autres avec la même douceur que s'ils lui eussent été demandés par Dieu même de qui il les tenait. Pendant ce long martyre il ne cessait de bénir le Seigneur ; on avait oublié de lui couper la langue, il s'en servit jusqu'à la fin pour confesser Dieu, publier que les idoles n'étaient rien, et proclamer Jésus-Christ vainqueur des tyrans. La vue de son corps, qui n'était plus qu'un tronc baigné de sang, tirait les larmes des yeux de tous les spectateurs ; ils admiraient cette constance sans exemple, et ils avouaient qu'il y avait là quelque chose de divin. Quant au martyr, il offrait à Dieu ses membres épars (et là : « Ô heureux membres », disait-il, « c'est à présent que vous m'êtes chers, puisque vous avez eu le bonheur de servir votre Dieu. Il vous est avantageux d'être séparés ici pour être réunis plus tard dans la gloire. Et vous », ajouta-t-il en s'adressant au peuple, « vous, spectateurs d'une si sanglante tragédie, apprenez que tous les tourments ne sont rien pour qui envisage l'immortalité bienheureuse. Croyez-en un homme qui ne tient plus à la vie; vos dieux ne sont pas des dieux; renoncez à leur culte impie et vous reconnaîtrez enfin qu'il n'y a point d'autre Dieu que celui qui me console et me soutient dans l'état où vous me considérez. Mourir pour lui c'est vivre, et souffrir pour lui c'est être dans les délices. En récompense du peu que j'endure pour son amour, je vais recevoir une vie immortelle qui m'unira à lui pour toujours ».

En disant cela il expira doucement, le 12 janvier. Les idolâtres ne purent refuser leur admiration à l'inimitable constance de ce glorieux martyr, et les chrétiens s'en trouvèrent encore plus disposés à répandre leur sang pour Jésus-Christ. Ils recueillirent ses reliques, et ils les renfermèrent toutes dans un même tombeau.

Saint Arcade est patron d'Ossuna, dans la province de Séville en Espagne : on le représente privé de tous ses membres qui sont épars à ses côtés.

Le martyre de saint Arcade se trouve dans Dom Ruinart, traduit en français par Manpertoy, t. II, édition d'Hippolyte-Louis Gudrin (1732) ; c'est de là que nous avons tiré ce que nous en avons dit ; le P. Giry n'a point rapporté cette vie. Voir aussi Tillemont au tome V de ses Mémoires ecclésiastiques.

Événements marquants

  • Fuite dans un lieu écarté pour éviter les persécutions de Valérien
  • Arrestation d'un parent par le gouverneur
  • Livraison volontaire au juge pour libérer son parent
  • Refus de sacrifier aux idoles
  • Supplice par amputation successive de toutes les jointures des membres

Citations

Jésus-Christ est ma vie, et la mort m'est un gain

— Texte source (paroles rapportées)

Mourir pour lui c'est vivre, et souffrir pour lui c'est être dans les délices.

— Texte source (dernières paroles)

Date de fête

12 janvier

Époque

3ᵉ siècle

Décès

Vers 259 (12 janvier) (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Arcadius (la)

Prénoms dérivés

Arcade, Arcadius

Famille

  • Inconnu (parent)