Saint Siméon de Séleucie

Évêque de Séleucie et de Ctésiphon, Martyr

Fête : 21 avril 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Séleucie et de Ctésiphon au IVe siècle, Siméon fut arrêté sous le règne de Sapor II pour avoir refusé d'adorer le soleil. Après avoir encouragé ses compagnons et assisté au martyre de cent chrétiens, il fut décapité le Vendredi Saint 345. Ses reliques furent plus tard transférées à Martyropolis par saint Maruthas.

Biographie

XXI JOUR D'AVRIL

MARTYROLOGE ROMAIN.

A Cantorbéry, en Angleterre, saint ANSELME, évêque, illustre par sa sainteté et sa doctrine, 1109. — En Perse, la naissance au ciel de saint SIMÉON, évêque de Séleucie et de Ctésiphon, qui, ayant été arrêté par l'ordre de Sapor, roi de Perse, fut chargé de fers, et présenté à des tribunaux d'iniquité. Là, refusant d'adorer le soleil, et rendant témoignage à Jésus-Christ d'une voix libre et assurée, il fut enfermé dans une étroite prison, et y demeura longtemps avec cent autres chrétiens, parmi lesquels il y avait des évêques, des prêtres, des clercs de divers ordres. L'olhazane, père nourricier du roi, qui autrefois avait renié la foi, et qui depuis avait fait pénitence de son péché, à la persuasion de saint Siméon, souffrit le martyre avec courage. Le lendemain, jour du vendredi saint, tous les compagnons de ce saint évêque ayant été égorgés en sa présence, pendant qu'il exhortait chacun d'eux, il eut enfin lui-même la tête tranchée. Avec lui furent martyrisés Abdécalus et Ananie, ses prêtres, personnages d'un mérite distingué. Pusice, surintendant des ouvriers du roi, ayant relevé le courage d'Ananie qui paraissait chanceler, eut le cou percé vers le tendon, et on lui arracha la langue par cette ouverture. Après qu'il eut expiré dans ce cruel supplice, sa fille, qui était une vierge consacrée à Dieu, fut aussi mise à mort. 315. — À Alexandrie, les saints martyrs Arator, prêtre, Fortunat, Félix, Silvius et Vital, qui moururent en prison. — De plus, les saints Apollon, Isaac et Croates, qui souffrirent sous Dioclétien. 302. — À Antioche, saint Anastase le Simaïte, évêque. 298.

21 AVRIL.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

En Champagne, saint Amphise, confesseur. — À Paris, le vénérable Fastrade ou Fastrède, disciple de saint Bernard, et successivement abbé de Cambron, en Hainaut, de Clairvaux et de Cîteaux, lequel, après de grandes faveurs de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge, reçues pendant sa vie, mourut très-saintement dans ladite ville, en présence du pape Alexandre III et de Louis VII, qui l'aimaient et le respectaient pour sa grande piété. 1133. — Encore à Paris, le meurtre du saint enfant Guillaume, mentionné par Robert du Mont, massacré par les Juifs un jeudi saint. 1177.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe des Basiliens.** — À Antioche, saint Anastase le Sinaïte, évêque, de l'Ordre de Saint-Basile.

**Martyrologe des Bénédictins.** — À Cantorbéry, en Angleterre, saint Anselme, évêque, illustre par sa sainteté et sa doctrine, qui paraît être descendu du ciel dans ses livres pour la défense de la foi, pour le progrès des âmes et pour la règle de tous les théologiens qui ont enseigné les lettres sacrées par la méthode scolastique. — De même chez les Camaldules, à Vallombreuse et chez les Cisterciens.

**Martyrologe des Dominicains.** — En Piémont, la naissance au ciel du bienheureux Barthélemy Cervier de Savigliano, de notre Ordre, qui, très-célèbre par sa doctrine et sa sainteté, contribua beaucoup à purger les régions subalpines du mal de l'hérésie, fut tué enfin par les hérétiques, et entra glorieux martyr au céleste royaume. 1466.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

À Nicomédie, sainte Alexandra, martyre, l'une des femmes de l'empereur Dioclétien, qui souffrit avec les saints Apollon, Isaac et Cadret, serviteurs de cette princesse, mentionnés ci-dessus. Il est à remarquer que deux des femmes de Dioclétien furent mises au nombre des saintes. An 302. — En Sicile, saint Appellic ou Amphélic, martyr. — À Constantinople, saint MAXIMIEN, patriarche. An 434. — À Brescia, saint Cyprien, évêque. Vers l'an 552. — En Orient, saint ANASTASE le SINAÏTE, différent de saint Anastase nommé au martyrologe romain. Après l'an 686. — À Liège, le vénérable Wolhodon, évêque. — À Urbin, en Italie, le bienheureux Jean en Joagnole du Tiers Ordre de saint François. Vers 1370. — Au monastère de Glynnog, dans le pays de Galles, en Angleterre, saint Branon, fondateur et abbé de ce monastère qui, entre autres miracles, guérit une personne en la touchant avec l'extrémité de son bâton. VIIe s. — À Ravenne, saint Timothée, martyr, dont les reliques furent apportées de Rome dans l'église Saint-Vital de cette ville.

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## SAINT SIMÉON, ARCHEVÊQUE DE SÉLEUCIE,

## ET SES COMPAGNONS, MARTYRS

345. — Pape : Saint Jules Ier. — Empereur : Constance II.

*Vos eritis mihi testes, Vous serez mes témoins. Act 1, 8.*

Le flambeau de l'Évangile fut porté chez les Perses par les apôtres saint Matthieu et saint Barthélemy. Saint Jean eut sans doute aussi beaucoup de part à la conversion de ces peuples, puisqu'il adressa une de ses épîtres aux Parthes. Les Chaldéens et les Perses s'accordent à dire que saint Thomas et Thadée, l'un des soixante-douze disciples, avec Marie et Aggée, furent les

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principaux apôtres de l'Orient. Le nombre des chrétiens était grand parmi les Perses au IVe siècle, si l'on en juge par celui des martyrs sous le règne de Sapor. Ce roi de Perse (neuvième de la quatrième dynastie), pendant son long règne (340-380), confondant l'empire romain et la foi chrétienne dans une même haine, excita trois cruelles persécutions, dont la dernière a, dans l'histoire, le titre de grande persécution : on sait, dit Sozomène, le nombre de seize cents chrétiens qui furent martyrisés; ceux qu'on ne nomme pas sont innombrables. Parmi eux, on remarque surtout saint Siméon, évêque de Séleucie et de Ctésiphon et ses compagnons. Sapor, le roi des rois, ayant publié, en 340, un édit, qui défendait d'embrasser le Christianisme sous peine d'esclavage, notre Saint lui écrivit une lettre pleine de fermeté, où il répond ainsi à ses menaces : « Jésus-Christ s'étant offert volontairement à la mort pour le monde et l'ayant racheté par l'effusion de son sang, pourrais-je craindre de donner ma vie pour un peuple au salut duquel je suis chargé de travailler ? Dès que je ne puis vivre sans crime, je ne désire point de voir prolonger mes jours. Dieu me défend d'acquérir le droit de rester parmi les hommes aux dépens des âmes pour lesquelles son Fils est mort. Je ne suis pas assez lâche pour craindre de marcher sur les traces de mon Sauveur, et je me sens, avec sa grâce, la force de participer à la communion de son sacrifice. Quant à mon peuple, il saura mourir pour une religion qui lui procure le salut ».

La lecture de cette lettre fit entrer le roi dans une étrange colère; il ordonna sur-le-champ qu'on mît à mort les prêtres et les diacres, qu'on démolît les églises, et que l'on convertît à des usages profanes tout ce qui servait au culte du Dieu des chrétiens. « Pour Siméon », ajouta-t-il, « Siméon, qui est le chef de cette race maudite, qui méprise ma majesté royale, qui n'adore que le Dieu de César et qui se moque du mien, qu'on me l'amène et qu'on lui fasse son procès devant moi ». Les Juifs, naturellement ennemis des chrétiens, profitèrent de cette circonstance pour animer encore davantage le prince contre eux. « Grand roi », lui dirent-ils, « rien n'est plus juste que votre colère. Si vous écrivez à César, il ne fera nul cas de vos lettres; mais que Siméon lui envoie quelques lignes, il se lèvera en les recevant; il les haïra respectueusement, et commandera que tout ce qu'elles contiennent soit exécuté ».

Siméon, chargé de fers conformément aux ordres du roi, fut arrêté avec deux des douze prêtres de son église, lesquels se nommaient Abdhaïcla et Hananias. Quand il fut arrivé à Suse, sa patrie, il pria qu'on ne le fît point passer devant une église de chrétiens qui venait d'être convertie par les mages en une synagogue de Juifs, pour ne pas voir une telle profanation. Ses gardes ayant fait une grande diligence, il arriva en peu de temps à Lédan, capitale du pays de Huzites.

Sapor, informé que le chef des chrétiens était à Lédan, ordonna qu'il parût devant lui. Voyant que le saint Évêque ne l'adorait point comme il l'avait toujours fait, il lui demanda pourquoi il lui refusait cet honneur. « C'est, répondit Siméon, que je n'ai jamais comparu devant vous chargé de fers, ni pour être forcé de renier le vrai Dieu ». Les mages ayant dit au roi

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que le Saint avait conspiré contre l'État et qu'à ce titre il méritait la mort, celui-ci répliqua : « Impies que vous êtes, n'est-ce pas assez pour vous d'avoir corrompu ce royaume ? faut-il encore que vous tâchiez de nous rendre complices de votre crime ? »

Le roi, prenant alors un visage moins sévère, lui dit : « Croyez-moi, Siméon, je vous veux du bien. Adorez le soleil ; cet acte d'obéissance vous sera avantageux, ainsi qu'à votre peuple. — Siméon. Comment adorerais-je le soleil, puisque je ne puis vous adorer, quoique vous soyez d'une nature plus excellente ? nous ne reconnaissons qu'un Seigneur, qui est Jésus crucifié. — Le Roi. Si vous adoriez un Dieu vivant, j'excuserais votre folie ; mais non, vous adorez comme Dieu un homme mort sur un bois infâme. Devenez plus sage, et adorez le soleil, à la divinité duquel tout rend hommage. Si vous obéissez, je vous promets des honneurs, des richesses et les plus grandes dignités de mon royaume. — Siméon. Vous n'avez pas une juste idée de Jésus-Christ. Il est le Créateur des hommes, et le Seigneur du soleil lui-même, qui s'éclipsa à sa mort pour marquer son deuil. Il est d'ailleurs sorti glorieux du tombeau, et est monté au ciel par sa propre vertu. Quant aux honneurs que vous me promettez, ils ne me tentent point. Mon Dieu m'en prépare que vous ne connaissez pas et qui sont infiniment plus précieux que les vôtres. — Le Roi. Épargnez votre vie et celle d'une multitude innombrable d'hommes qui périront avec vous si vous persistez dans votre opiniâtreté. — Siméon. Si vous commettez un tel crime, vous en sentirez toute l'énormité, et vous en subirez la punition dans ce jour terrible où le souverain Juge vous demandera un compte rigoureux de toutes vos actions. Pour moi, je vous abandonne avec plaisir les restes d'une misérable vie. — Le Roi. À la bonne heure que vous couriez à votre perte ; mais j'ai du moins pitié de vos sectateurs, et je tâcherai de les guérir de leur folie par la sévérité de votre châtiment. — Siméon. L'expérience vous apprendra que les Chrétiens ne sacrifient point une vie éternelle pour une vie périssable, et qu'ils ne voudraient pas échanger contre votre diadème le nom immortel qu'ils ont reçu de Jésus-Christ. — Le Roi. Si vous refusez de m'honorer en présence des grands de mon royaume, et de m'adorer avec le soleil, la divinité de tout l'Orient, je ferai demain déchirer de coups et ensanglanter ce visage si beau et ce corps d'un aspect si vénérable ». — L'auteur des actes du Saint dit qu'il était un très-bel homme et que les grâces de son extérieur inspiraient des sentiments dont ses ennemis mêmes ne pouvaient se défendre. Siméon répondit au roi : « Vous vous égalez au soleil dont vous faites un Dieu, et cependant vous êtes plus grand que lui. Si vous défigurez la beauté de mon corps que je regarde présentement comme quelque chose de méprisable, Celui de qui je la tiens saura me la rendre un jour avec usure ». Le roi, désespérant de pouvoir ébranler la constance du Saint, le fit renfermer dans une étroite prison jusqu'au lendemain.

Il y avait à la porte du palais un vieil eunuque, nommé Guhsciatazades, qui avait élevé Sapor et qui jouissait à la cour de la plus haute considération. Il était le premier seigneur de Perse, et occupait la place d'arzabades ou de grand chambellan du roi. Il avait professé la religion chrétienne ; mais il adorait le soleil depuis quelque temps, pour ne pas déplaire à son maître. Ayant vu passer le saint Évêque qu'on menait en prison, il se mit à genoux pour le saluer. Siméon détourna les yeux, afin de lui faire sentir l'horreur qu'il avait de son apostasie. L'eunuque, touché de ce reproche

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secret, rentra en lui-même et détesta son crime. « Malheureux que je suis ! » s'écria-t-il, « les yeux baignés de larmes; si la conduite que Siméon vient de tenir à mon égard m'est si sensible, comment pourrai-je soutenir l'indignation du Dieu que j'ai lâchement renié ? » Plein de ces pensées, il court à sa maison, quitte les habits précieux dont il est revêtu, en prend de couleur noire, que les Perses avaient coutume de porter dans les temps de deuil, et retourne à la porte du palais.

Le roi, informé de ce qui se passait, envoya demander à l'eunuque le motif de sa conduite. Sa réponse ne lui ayant pas donné des lumières suffisantes, il voulut qu'on le lui amenât : « Il faut », lui dit-il en le voyant, « qu'un esprit ennemi se soit emparé de vous. — Grand roi, répondit l'eunuque, ce n'est rien de ce que vous pensez. Qui eut jamais plus lieu que moi de s'attrister ? J'ai péché contre Dieu en adorant le soleil, et contre vous, en trahissant ma conscience qui désavouait l'acte extérieur d'idolâtrie que je faisais. — Quoi ! reprit Sapor transporté de fureur, c'est là ce qui vous afflige ? Eh bien, je saurai vous mettre à la raison, si vous ne quittez au plus tôt ces folles idées. — L'eunuque. J'en prends à témoin le Seigneur du ciel et de la terre; je ne vous obéirai plus en ce point, et désormais je ne tomberai pas dans un crime dont je me repens avec toute l'amertume de mon cœur. Je suis chrétien, et je vous déclare que l'envie de plaire aux hommes ne me rendra point perfide envers mon Dieu. — Le Roi. J'ai pitié de votre vieillesse, et je suis fâché que vous vouliez perdre le mérite de vos longs services. Je vous en conjure, n'adoptez pas les préjugés d'une troupe de méchants, ou vous me forcerez de vous envelopper dans leur perte. — L'eunuque. Sachez que je n'abandonnerai point le vrai Dieu pour adorer de simples créatures. — Le Roi. À vous entendre, j'adore donc des créatures ? — L'eunuque. Oui, et ce qu'il y a de plus déplorable, vous adorez des créatures inanimées et dépourvues de raison ». Le roi, outré de colère, ordonna qu'on appliquât le confesseur à la question; mais la noblesse obtint qu'il fût mis à mort sur-le-champ.

Lorsqu'on était sur le point de le conduire au supplice, il envoya prier le roi de faire publier qu'on le mettait à mort non pour avoir commis quelque crime, mais pour n'avoir pas voulu abjurer la religion chrétienne. Son but, en faisant cette prière, était de réparer le scandale qu'il avait causé par son apostasie. Le roi lui accorda ce qu'il demandait pour un effet tout contraire. Il s'imaginait que la mort d'un fidèle sujet exécuté pour cause du christianisme, détournerait les Perses d'embrasser une telle religion. S'il eût mieux connu les Chrétiens, il aurait vu que le supplice de ce brave officier devait contribuer à les affermir dans la confession de leur foi. Le généreux vieillard fut décapité le jeudi saint, le treizième jour lunaire en avril.

Cependant saint Siméon apprit dans sa prison le martyre de Gubsciata-zades; il en rendit grâces à Dieu, et se sentit plus que jamais embrasé du désir de donner sa vie pour la foi qu'il professait. « O l'heureux jour », s'écria-t-il, « que celui où je mourrai pour Jésus-Christ ! Il me délivrera des dangers et des misères de cette vie, me mettra en possession de la couronne après laquelle je soupire depuis si longtemps. Alors finiront mes peines; alors seront essuyées pour toujours les larmes que je ne cesse de répandre ». Le Saint, en parlant ainsi, avait les mains levées au ciel. Les deux prêtres qui étaient emprisonnés avec lui, regardaient avec admiration son visage, où l'ardeur de l'amour divin répandait une grâce toute céleste. Siméon passa en prières la nuit du jeudi saint. « O Jésus », disait-il, « exaucez-moi, tout indigne que je suis de vos miséricordes ! faites que je boive ce calice au

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jour et à l'heure même de votre passion; qu'on sache que Siméon a obéi à son Seigneur jusqu'à lui sacrifier sa vie ».

Le Saint ayant été conduit le lendemain devant le roi et ayant refusé de l'adorer, le prince lui dit : « Quel est le résultat des réflexions que vous avez faites cette nuit ? Profitez-vous de mes bontés, ou persistez-vous dans votre opiniâtreté et dans cet esprit de fureur qui vous faisait choisir la mort ? Adorez le soleil une fois, et je vous laisserai libre pour la suite. Vous aurez votre liberté à cette condition, et je m'engage même à me déclarer votre protecteur contre vos ennemis. — Siméon. À Dieu ne plaise que je me rende coupable d'un tel crime et d'un tel scandale ! — Le Roi. Le souvenir de notre ancienne amitié m'avait porté à faire usage des voies de douceur; mais puisqu'elles sont inutiles, vous devez vous imputer votre malheur à vous-même. — Siméon. Cessez de vouloir me séduire par vos caresses. Pourquoi différez-vous de m'immoler ? La table est déjà préparée, et je n'attends plus que l'heureux moment de participer au banquet sacré où le Seigneur m'invite. — Le Roi (en s'adressant aux officiers de sa cour) : Voyez la folie de cet homme, qui consent à mourir plutôt que de renoncer à ses idées particulières ». Il condamna ensuite le Saint à être décapité.

On tira de la prison cent autres chrétiens pour les mener au supplice en même temps. Cinq étaient évêques, quelques-uns prêtres et diacres, les autres servaient dans l'église en qualité de clercs inférieurs. Le principal juge leur dit qu'ils pouvaient sauver leur vie en adorant le soleil; mais ils répondirent d'une voix unanime qu'ils souffriraient toutes sortes de tourments plutôt que d'outrager le vrai Dieu par une lâche apostasie. Les bourreaux se mirent donc en devoir de les exécuter. Siméon, qu'on rendit témoin de leur supplice, dans l'espérance qu'il se laisserait peut-être ébranler, les exhortait à persévérer dans la confession de la foi et les consolait par l'espérance d'une heureuse résurrection. Lorsque les cent chrétiens eurent été décapités, Siméon reçut aussi la couronne du martyre avec les prêtres Abdhatela et Hananias.

Tandis que le dernier ôtait ses habits, il fut tout à coup saisi d'un tremblement involontaire. Phusikius, créé depuis peu karugabare ou intendant des travaux du roi, s'en aperçut et lui dit : « Rassurez-vous, Hananias; fermez les yeux, et vous verrez dans un moment la divine lumière de Jésus-Christ ». On conduisit aussitôt Phusikius devant le roi, pour y rendre compte de ce qu'il venait de dire. Le prince lui reprocha la prétendue ingratitude dont il avait payé ses bienfaits; mais celui-ci répondit : « Je voudrais pouvoir échanger ma vie contre la mort de ces généreux chrétiens. Je renonce donc à vos honneurs remplis de troubles et d'inquiétudes. La grâce que je vous demande est de m'associer à ceux dont je viens de voir le supplice. Rien ne peut être plus heureux que leur mort. — Le Roi. Quoi ! vous préférez la mort à votre dignité ? Il faut que vous soyez extravagant. — Phusikius. Je n'extravague pas, mais je suis chrétien, et voilà pourquoi la mort, jointe à une ferme espérance en Dieu, me paraît préférable à tous vos honneurs ». Le roi, furieux, ordonna qu'on lui fît souffrir un genre de mort extraordinaire. Les bourreaux lui percèrent le cou et lui arrachèrent la langue. Il expira dans cette horrible torture. Il avait une fille qui avait consacré à Dieu sa virginité : elle fut aussi arrêtée et condamnée à mort.

Saint Siméon souffrit le martyre le 17 avril 345. Saint Maruthas fit la translation de ses reliques, et les déposa en l'église de sa ville épiscopale,

qui a pris de là le nom de Martyropolis. Notre Saint est nommé sous le 21 avril dans le martyrologe romain; mais son nom se trouve le 17 du même mois dans les menées des Grecs. Le ménologe de l'empereur Basile en fait mémoire le 14 avril.

Ce récit est tiré des Actes sincères des Martyrs d'Orient, publiés par Assemant, t. 127, p. 1. Nous l'avons emprunté presque textuellement à Godescard.

Événements marquants

  • Écriture d'une lettre de fermeté au roi Sapor en 340
  • Arrestation et transfert de Suse à Lédan
  • Refus d'adorer le soleil devant le roi Sapor
  • Emprisonnement avec cent autres chrétiens
  • Martyre par décapitation le Vendredi Saint

Citations

Jésus-Christ s'étant offert volontairement à la mort pour le monde et l'ayant racheté par l'effusion de son sang, pourrais-je craindre de donner ma vie pour un peuple au salut duquel je suis chargé de travailler ?

— Lettre au roi Sapor

Comment adorerais-je le soleil, puisque je ne puis vous adorer, quoique vous soyez d'une nature plus excellente ?

— Interrogatoire devant Sapor