Saint Arconce (Arcons)

Évêque de Viviers et Martyr

Fête : 8 janvier 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Viviers au VIIIe siècle, Arconce fut martyrisé pour avoir défendu les libertés de l'Église face aux exactions des troupes franques de Charles-Martel. Victime d'un guet-apens à la porte de la Poutre, il fut décapité par des soldats étrangers installés dans la cité. Ses reliques, honorées par des miracles, furent détruites par les Calvinistes en 1563.

Biographie

SAINT ARCONCE OU ARCONS, ÉVÊQUE DE VIVIERS (vers 737-740).

Arconce, évêque et martyr, gouverna l'église de Viviers vers le milieu du VIIIe siècle. L'antiquité de son culte est attestée tant par une chapelle dédiée sous son nom dès avant le XIIe siècle, que par un office du Rite double qu'on célébrait en son honneur. Un vieux martyrologe manuscrit, que l'on conserve au séminaire de Viviers, décrit en ces termes le martyre du saint prélat :

« Le 8 de janvier, la fête du bienheureux Arconce, martyre, évêque de l'église de Viviers, qui, pendant qu'il défendait la liberté de l'Église et qu'il confondait ses ennemis, fut accablé de coups et maltraité ignominieusement par quelques habitants de Viviers, et enfin décapité par eux à la porte dite de la Poutre ».

Son saint corps, honoré par des miracles, enseveli avec honneur par son clergé dans l'église de Viviers, à côté de la chapelle de Saint-Martin, demeura dans une châsse jusqu'à l'an 1563, où la rage effrénée des Calvinistes le brisa en même temps que le corps de saint Aule.

Pour s'expliquer le martyre de saint Arconce en plein VIIIe siècle, il ne faut pas oublier le milieu historique dans lequel se mouvait ce prélat : c'était à l'époque où les bandes de Charles-Martel venaient de refouler les Sarrasins et occupaient le Vivarais, en sentinelles avancées. Le maître avait pensé que les soldats qui avaient reconquis les propriétés de l'Église pouvaient bien en retenir une partie à titre d'indemnité. Livrés à l'impétuosité farouche d'instincts à demi barbares, les hommes d'armes des Francs se portèrent à des excès tels qu'ils firent regretter les Sarrasins eux-mêmes.

Le fait est si incontestable que plusieurs églises du Midi, celles de Lyon et de Vienne entre autres, furent complètement détruites et leurs évêques obligés de fuir.

Celui de Viviers éleva publiquement la voix pour flétrir les scandales des conquérants d'Outre-Rhin : cette race a toujours été la même : nous en avons eu la preuve en 1870-71, où nous avons vu à l'œuvre le Prussien et le Bavarois, le Saxon et les compatriotes de Luther ; et il a fallu de longs siècles, le climat, les mœurs, le génie de la Gaule chrétienne pour civiliser les Francs frères des Germains. Ce furent donc les nouveaux venus, les habitants et non les citoyens de Viviers qui, frémissant de rage, désespérant de jamais triompher des résistances du Pontife, jurèrent sa mort et s'embusquèrent à une des portes de la ville où ils l'assassinèrent lâchement.

Cette distinction entre citoyens (Cives) et habitants (Incolae) est essentielle à faire : si la légende moderne du Bréviaire viennois l'avait faite, il n'aurait pas rejeté sur la population entière de Viviers l'odieux de ce crime : ce sont les habitants, et non les citoyens, que désigne le vieux martyrologe de Viviers dont tous les termes veulent être pesés. Dans le droit romain et athénien, comme dans le langage du moyen âge, le mot citoyens désigne les natifs, les membres de la

SAINT VULSTAN, ÉVÊQUE DE WORCESTER. 483

cité inscrite sur les registres ; habitants, veut dire les gens simplement domiciliés dans la ville, les *moments*, comme on les appela plus tard. La loi romaine assigne la source profonde de cette distinction. « C'est l'origine », dit-elle, « qui fait les citoyens ; et le domicile, les habitants ». Dans les Chartes de Viviers, où il importe le plus de trouver cette distinction, on ne manque jamais de la rencontrer et d'y voir désignés par le nom de citoyens ceux qui ont droit aux privilèges inhérents au seul droit de cité : port d'armes, élection des magistrats, administration des deniers publics ; — s'il s'agit au contraire de dispositions qui regardent la généralité des habitants, on a grand soin de désigner par le nom d'habitants toutes les classes dont se compose la commune.

Le martyrologe ajoute que ce fut pour avoir défendu énergiquement les libertés de son église, qu'Arcence fut assassiné. Cette simple indication suffit pour caractériser les auteurs du meurtre : ces auteurs ne sortaient pas des rangs du peuple : celui-ci sentait bien qu'il n'avait de meilleur appui, de plus solide garantie de son indépendance que les évêques si bien nommés ses défenseurs, ses avocats. En dehors du peuple, en dehors des citoyens, où trouver ces oppresseurs dont parle le martyrologe ? Il ne reste évidemment qu'à les chercher parmi les leudes francs que la conquête avait implantés dans le pays et qui demeurèrent longtemps étrangers par leur origine autant que par leurs mœurs.

Conclusion : la mort de saint Arconce ne fut pas le résultat d'un complot général, d'une émeute populaire. Le martyrologe donne assez clairement à comprendre que le courageux Pontife fut surpris et frappé seul, sans défense, dans un infâme guet-à-pens.

Cf. Histoire religieuse, civile et politique du Vivarais, par M. Bouchier, t. 1er, page 279 et suiv. ; Thouillide, Hist., t. 2er, p. 149 ; Code Théodosien, liv. x, titre 39, loi 7 ; Chartes de Raymond 1er, évêque de Viviers, 1159.

Événements marquants

  • Gouvernance de l'église de Viviers au milieu du VIIIe siècle
  • Défense de la liberté de l'Église contre les conquérants francs
  • Dénonciation des scandales des soldats de Charles-Martel
  • Guet-apens à la porte de la Poutre
  • Décapitation par des habitants (incolae) de la ville
  • Profanation de ses reliques par les Calvinistes en 1563

Miracles

  • Corps honoré par des miracles après sa mort

Citations

Le 8 de janvier, la fête du bienheureux Arconce, martyre, évêque de l'église de Viviers, qui, pendant qu'il défendait la liberté de l'Église et qu'il confondait ses ennemis, fut accablé de coups et maltraité ignominieusement

— Vieux martyrologe manuscrit du séminaire de Viviers

Date de fête

8 janvier

Époque

8ᵉ siècle

Décès

vers 737-740 (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Arcons (fr)
  • Arcence (fr)

Prénoms dérivés

Arconce, Arcons