Saint Arnoul de Cysoing
Chevalier et Martyr
Résumé
Chevalier et écuyer en Flandre au VIIIe siècle, Arnoul se distinguait par sa charité envers les pauvres, allant jusqu'à dérober les biens de son maître pour les nourrir. Un miracle transforma le pain qu'il transportait en copeaux de bois pour le protéger d'une accusation de vol. Malgré sa promotion comme gouverneur, il continua de puiser dans les réserves seigneuriales pour aider le peuple avant de subir le martyre.
Biographie
HISTOIRE DU CHEVALIER SAINT ARNOUL DE CYSOING,
MARTYR EN FLANDRE (VIIIe siècle).
« D'Arnoul Porte-Dieu et soldat fidèle, voici l'histoire :
« Dans la fleur de l'âge, il servait Dieu dévotement, se laissant conduire par la grâce.
« Irrépréhensible et à tous aimable, tel s'efforçait-il de paraître.
« Sans nul souci du lendemain, pour l'amour de Dieu il vêtissait et nourrissait les mendiants.
« Une noble gravité et la pureté, voilà ce qui le distinguait : la tempérance, voilà sa règle.
« Vivant, il était mort au monde; sa sainteté éclatait, mais sa prudence le faisait se cacher.
« Il veillait sur lui-même, n'oubliait jamais Dieu présent et s'efforçait de lui plaire.
« Son innocence ne connut jamais rien de la folle sagesse du monde.
« Priant et jeûnant, il semait dans les larmes pour récolter dans la joie.
« Il avait gardé surtout de se laisser embarrasser par les préoccupations de la terre.
« Or, il était l'écuyer fidèle d'un chef militaire riche et puissant.
« Haut de taille, plein de vigueur et de santé, c'était un vrai brave.
« La pureté de ses mœurs, autant que la parenté, le rendait cher à son seigneur.
« Mais ce qui est gracieux, ce qui dépasse le commun niveau, excite l'envie de la foule qui est en bas.
« Par des larcins furtifs, il dérobait, dit-on, à son maître pas peu de son bien.
« Ce fût un salutaire larcin, puisque ainsi il soulageait l'indigence des pauvres.
« Un jour qu'il portait du pain sous son vêtement, les serviteurs l'arrêtèrent.
« On l'accuse, on l'entraîne, on le condamne, on le tiraille, on déchire son vêtement.
« Pour sa justification, des copeaux tombent de son sein devant tout le monde.
« Les soupçons s'évanouissent. Son seigneur lui confie le gouvernement de sa maison.
« Mais sachant bien par devers lui-même ce qui en est, il s'éloigne au plus tôt, emportant ses copeaux.
« Pendant qu'il les distribuait, il vit ceux-ci reprendre leur forme première.
« Sans aucunement s'enorgueillir, il continua, comme auparavant, ses bonnes œuvres.
« Il évitait de nuire à personne et avait sans cesse présenté à l'esprit la pensée du jugement dernier.
« Lorsque parfois son maître lui donnait l'ordre de dépouiller ses sujets,
« Il préférait épargner le pauvre peuple et puiser pour ses besoins dans les greniers du seigneur.
« Mais à force de puiser, le blé peu à peu décroissait.
« On rapporte au seigneur qu'à peine sa solde militaire lui suffira pour le lendemain.
« On s'assemble, on décrète des peines contre Arnoul comme coupable de ce forfait.
« Mais Dieu, témoin des bonnes œuvres de son serviteur, va prendre sa défense.
VIES DES SAINTS. — TOME II.
Événements marquants
- Service comme écuyer d'un chef militaire puissant
- Distribution de pain aux pauvres en secret
- Miracle du pain transformé en copeaux de bois lors d'une fouille
- Nomination comme gouverneur de la maison de son seigneur
- Distribution de blé des greniers seigneuriaux aux nécessiteux
Miracles
- Transformation du pain en copeaux de bois pour échapper à une accusation
- Copeaux reprenant leur forme de pain lors de la distribution aux pauvres
Citations
Vivant, il était mort au monde; sa sainteté éclatait, mais sa prudence le faisait se cacher.