Saint Bohaire (Béthaire)

Évêque de Chartres et Confesseur

7ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire de Rome, Bohaire devint ermite près de Blois avant d'être nommé chapelain de Clotaire II puis évêque de Chartres en 594. Il se distingua par son dévouement héroïque lors de l'invasion de la ville par le roi Thierry, offrant sa vie et les biens de l'Église pour racheter les captifs. Il mourut vers 623 et ses reliques sont toujours vénérées dans son ancien ermitage.

Biographie

SAINT BOHAIRE OU BÉTHAIRE,

ÉVÊQUE DE CHARTRES ET CONFESSEUR (vers 623).

Bohaire naquit à Rome. Dès sa jeunesse, il quitta sa patrie, et vint à Chartres, où sa vertu et sa science ne tardèrent pas à briller d'un vif éclat ; mais l'estime des hommes effraya son humilité ; et la solitude lui offrit un asile contre les tentations d'une vaine gloire. L'évêque Pappole, cédant à ses austères désirs, lui permit de se choisir une retraite dans un lieu quelconque du diocèse de Chartres et d'y planter librement sa cellule. Bohaire vint donc s'installer sur les bords de la Cisse, à peu de distance de Blois, et y construisit une petite chapelle que Pappole dédia sous le titre de Saint-Georges, martyr. Clotaire II le tira, malgré lui, de cette retraite, pour en faire son chapelain. Après la mort de Pappole (594), le clergé et le peuple l'élurent évêque de Chartres ; mais il fallut un nouvel ordre du roi pour l'obliger à subir cette dignité qui, loin de le flatter, lui paraissait un fardeau redoutable.

Bohaire ne s'était pas trompé dans son appréciation chrétienne des difficultés et des périls de l'épiscopat. Des persécutions cruelles éprouvèrent sa vertu. De son temps, Thierry, roi de Bourgogne, ravagea la ville de Chartres et réduisit en captivité les principaux habitants. Le pontife partagea le sort de son peuple ; il donna tout ce qu'il possédait pour payer la rançon des prisonniers les plus notables, et sacrifia jusqu'au trésor de son église, pour arrêter le meurtre, le pillage et l'incendie. Chargé de fers, conduit devant le roi barbare, ce bon pasteur le supplia de prendre encore sa vie, s'il le faut, mais d'épargner son cher troupeau. Thierry, touché de cet acte de dévouement, se sentit porté à la clémence, tomba aux pieds du digne évêque, et lui promit de ne plus l'affliger ; les personnes de sa suite accueillirent de même l'homme de Dieu, embrassèrent ses genoux, et implorèrent le secours de ses prières. Ce changement subit, ou plutôt cette impression surnaturelle de la grâce divine, sauva une cité menacée des plus affreux malheurs. Thierry tint parole, fit cesser les violences, rendit la sécurité aux Chartrains alarmés, répara le mal qu'il avait fait, et restitua le bien de l'église.

Bohaire vécut encore un certain nombre d'années, au milieu du peuple qui lui devait sa délivrance. Il mourut vers l'année 623, et fut, suivant la tradition, enterré à son ermitage des bords de la Cisse. L'oratoire de Saint-Georges, qu'il avait érigé dans ce vallon, devint une église paroissiale, sous l'invocation du fondateur. Ses reliques y demeurèrent l'objet de la vénération publique ; et aujourd'hui encore, on les expose dans une châsse du XVe siècle en bois sculpté. Ce travail délicat porte le cachet religieux de l'époque ; l'artiste, s'inspirant des souvenirs du passé, a reproduit les principales circonstances d'une légende significative, entre autres, la scène où l'humble anachorète, quittant à regret sa retraite, se dirige vers la cour trompeuse de Clotaire et semble prévoir ses prochaines tribulations.

Saints de Blois, par A. Dupré.

Événements marquants

  • Naissance à Rome et voyage vers Chartres
  • Retraite érémitique sur les bords de la Cisse
  • Nomination comme chapelain de Clotaire II
  • Élection à l'évêché de Chartres en 594
  • Captivité et négociation avec le roi Thierry pour la libération de son peuple
  • Mort et inhumation à son ermitage

Miracles

  • Impression surnaturelle de la grâce touchant le roi Thierry

Époque

7ᵉ siècle

Décès

vers 623 (naturelle)

Invoqué(e) pour

protection contre les malheurs de la guerre, libération des prisonniers

Autres formes du nom

  • Béthaire (fr)

Prénoms dérivés

Bohaire, Béthaire